Saints bretons à découvrir
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Saint BEUNON, Abbé de Clynnog-Fawr

Ce saint n’est pas breton, mais il nous semble intéressant de vous en proposer son hagiographie sur Ar Gedour.

Beuno, Beunor, Beonus, Benno, Beuno Gasulsych
Fêté : 14 janvier, 21 avril (traditionnellement c’est le jour du décès qui est prise en compte – naissance près de Dieu- parfois c’est la date de la translation des reliques … selon les sources et les Églises).
Homonyme : Saint Benno de Metz
Thaumaturge : Épilepsie, rachitisme

Saint Beunon, vitrailSa biographie :

Il naquit en 545 en Powys dont son grand-père aurait été le prince. Son père s’appelait Beugi-Gwynllyw ( Hywgi) et sa mère la princesse Peren de Gododdin.
Pour ses études il partit au monastère de Bangor fondé par St Daniel en 525, important siège épiscopal situé dans le comté de Caerwent ( Caernarvon, Camelot). Saint Tathyw (?) l’enseigna. Là il reçut la connaissance des Saintes Écritures et devint prêtre. Il put ainsi donner la communion à son père mourant. De retour dans sa région, à Holywell, il guérit sa nièce Sainte Wénefride et lui enseigna à son tour, la connaissance de Dieu.
Il fonda deux monastères dans l’île d’Anglesey, Aberffraw et Trefdraeth.

En 607 le roi de Galles du nord, Cadvan emporta la victoire contre son adversaire Ethelred, roi de Northumberland, saxon et païen de surcroît, celui là même qui avait détruit le monastère où Beunon avait fait ses études. Responsable de plusieurs communautés religieuses, Beunon donna à son nouveau protecteur, un sceptre d’or. En remerciement le roi lui accorda un emplacement pour un nouveau monastère à Llanwunda.
Alors qu’il échafaudait son futur édifice, une femme vint l’informer que cette terre appartenait à l’enfant qu’elle tenait dans ses bras. De retour devant le roi, celui-ci refusa de l’entendre. Son cousin Gwyddeiant lui donna sa terre de Clynnog pour sa construction. Il y bâtit son église d’abord en 616. Le fils de Cadvan, Cadwallon aida le saint par ses largesse ainsi que de nombreux nobles par la suite. En 640 ou 642, un 21 Avril il mourut dans son abbaye au milieu de ses disciples.

Un oratoire a été bâti sur sa tombe, restauré en 1914. Ses reliques sont à la nouvelle église d’Eglwys.

Son culte :

La tradition populaire lui attribue de nombreux miracles, tant sur sa tombe que sur ses reliques. De son vivant il aurait guéri un homme blessé aux sourcils en lui appliquant son bâton ferré. Depuis le village s’appelle Llanael Hayarn (église du sourcil métallique). Il récompensa un oiseau qui avait repêché son livre tombé à l’eau. Au Moyen-age, les enfants malades étaient plongés dans sa fontaine et restaient quelques temps sur sa tombe pour être guéris. Il restait titulaire des deux paroisses de l’Île d’Anglesey et a plusieurs autels consacrés malgré l’anglicanisme. Lorsque au 18 ° siècle, l’Église Romaine a cessé d’être clandestine en Angleterre, les jésuites ont ravivé son culte. Actuellement, après 1400 ans, la tour de son église de Clynnog est toujours debout et des pèlerins viennent toujours à sa fontaine. Au siècle dernier, à la Pentecôte, du bétail était vendu au profit des pauvres.

Sa vérité historique :

Trop de traces matérielles existent pour qu’il soit totalement légendaire, un puits guérisseur (Ffynon Feuno), 3 monastères, 5 églises maintenant réformées, une sculpture sur la chaire de l’abbaye de Shrewbury…Compte tenu de ses origines nobles, il a été très influent à son époque. Le frère Alban Butler relève quelques traces anciennes de “celtisme” dans son culte ce qui paraît normal dans ce christianisme primitif . Avec le Comté de Caerwent (Camelot), centre religieux important, évitons de retomber dans la légende du Roi Arthur… Beunon a passé la réforme anglicane sans trop de problème hormis des plaintes selon lesquelles des animaux auraient été sacrifiés sur sa tombe… accusations normales dans cette guerre de religion entre les réformistes et les papistes.

Fondation d’une importante institution ecclésiastique (romaine) appelé ” Collège St Beuno “, en Angleterre.

 

Sources : (nombreuses en France)
– Dictionnaire d’hagiographie par Dom Baudot – Paris 1925
– Légendes célestes, Vie des saints T 2 par les littérateurs et ecclésiastiques Paris
– Histoire ecclésiastiques depuis la création…par le Baron Henrion T 17 – Montrouge
– Dictionnaire hagiographique…. par l’Abbé Pétin T 1 – Paris 1850
– Moniteur bibliographique de la Compagnie de Jésus – 1888
– Britannia America’s – Gate way to the British Isles – Article de voyage américain ” à prendre avec modération ”

À propos du rédacteur GF Hacherez

Hagiographe reconnu, il met à la disposition d’Ar Gedour ses nombreux travaux sur les vies de saints, méconnues du grand public

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