Saints bretons à découvrir

4 juin : Sainte Ninnog, abbesse fondatrice

De “nonne” et “Oc Og”petite (petite nonne en gallois)

Ninnoc, Ninnok, Ninne (Gallois), Candide, Gwengustle, Gwendu devenue Vengu (Irlande)

Fêtée le 4 Juin, le 3 en Irlande

Invoquée dans les accouchements tardifs.

 

santez ninnogLa biographie de la sainte, de son vrai nom Gwengustle passe par le cartulaire de Quimperlé conservé au British Museum de Londres. Ce document analysé par Maître et Berthou (1904) révèle, outre la vie de la sainte, les prétentions de l’abbaye St Croix de Quimperlé sur le monastère de Lannenec et sur la paroisse de Ploemeur, tous deux fondés par Ninnog. Le moine Gurheden a rassemblé pas moins de 135 chartes fondatrices de monastères, vers 1127.

Un prince de Grande Bretagne, Brokhan, épousa Dame Menedux, écossaise, fille de Constantin de Cornouaille. Le couple se désespéra au bout de plusieurs années, de ne pas avoir d’enfant. A près moult et moult jeûnes de 40 jours, oraisons, pénitences et austérités, Menedux accoucha d’une fille qu’ils nommèrent Gwengustle. L’abbé Columchille baptisa l’enfant tenu sur les fonds baptismaux par son oncle Gurlehentelius et sa femme Guenarkhant.

Croissante en vertu et en piété, elle resta chez ses parrain et marraine jusqu’à l’âge de 15 ans. Rejetant l’oisiveté, elle s’adonnait aux travaux d’aiguilles et fréquentait monastère et chapelles. La renommée de sa rare beauté et ses dons attirèrent le fils aîné d’un roitelet écossais. Brokhan, son père, avant d’engager sa parole, consulta sa fille en lui expliquant l’intérêt de son comté dans ce mariage, une alliance de deux provinces.

Gwengustle rétorqua à son père qu’elle avait promis de n’avoir d’autre époux que le Seigneur Jésus-Christ. Après plusieurs autres tentatives pour la faire renoncer à ses voeux, Brokhan s’attrista mais se résolut aux décisions de sa fille. En 434, alors que Saint Germain, évêque d’Auxerre, de passage en Angleterre, séjournait à la cour de son père, elle écouta les prédications du saint prélat principalement concernant la sainte vie que menaient les moniales. Sa décision prise, il ne restait plus qu’à obtenir l’accord paternel pour un départ de la cour. Pour ce faire, elle se jeta aux pieds de son père en public. Ce dernier ne put qu’accepter en la présence de Saint Germain. Un vaisseau transportant la sainte, son oncle et parrain et une foule de religieux accosta à Poul Ilfin (Pouldu). Le Comte de Cornouaille Erekh, leur accorda l’asile sur ses terres. En 458, alors que le Comte chassait, un cerf se réfugia dans l’église de la petite communauté et se tapit aux pieds de la sainte. Le poursuivant, le comte accompagné de sa cour, virent présentement la manifestation de Dieu. Il épargna l’animal et accorda à la sainte les terres de la paroisse de Ploemeur où elle fit construire deux monastères à Lannenec, un pour les hommes, un autre pour les femmes (458). Elle vécut là, elle accomplit de nombreux miracles, rendit la vue aux aveugles, l’ouie aux sourds, soigna les lépreux, même ressuscita des morts… 9 ans plus tard elle reçut les saints sacrements avant de rejoindre son époux Jésus.

C’était le quatrième de Juin l’an de grâce 467, sous le règne de Hoël 1° du nom, dit le Grand Roy de Bretagne Armorique.

Source: Cartulaire de Quimperlé (1127) – Fr. Albert le grand (1636)

Recherche: Hacherez GF (aimablement mis à disposition d’AR GEDOUR)

À propos du rédacteur GF Hacherez

Hagiographe reconnu, il met à la disposition d'Ar Gedour ses nombreux travaux sur les vies de saints, méconnues du grand public

Articles du même auteur

saint gerbold

Saint Gerbold, Evêque de Bayeux

Son culte est très présent en Normandie, mais on ne sait que peu de chose …

Saint Beunon, vitrail

Saint BEUNON, Abbé de Clynnog-Fawr

Sa biographie : Il naquit en 545 en Powys dont son grand-père aurait été le prince. …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *