Saints bretons à découvrir

Une chapelle à vendre, cette fois à Quimper !

Amzer-lenn / Temps de lecture : 4 min

Au centre de Quimper, l’une de nos lectrices nous a signalé une chapelle à vendre…

Cette chapelle se dresse dans le quartier de Kerfeunteun et fait partie d’un ensemble de bâtiments qui, au siècle dernier hébergeaient des séminaristes.
Il faut savoir que tout ce quartier a été réhabilité très récemment et une annexe de la mairie y a été installée à l’emplacement d’un ancien manoir, l’ensemble composant un mélange équilibré entre architecture ancienne et moderne. La chapelle, très bien située, possède 36 places de stationnement au sein d’un grand parking aménagé tout autour de l’édifice.

eglise à vendre quimper

Comme le signale l’agence immobilière, « avec ses 900 m² de superficie, cette grande chapelle n’a rien à envier aux églises. L’édifice fut construit à la fin du 19ème siècle à l’emplacement de l’ancien séminaire de Quimper. Après l’adoption de la loi de séparation des églises et de l’Etat en 1905, elle fut démontée puis remontée pierre par pierre dans l’enceinte du nouveau grand séminaire jusqu’à l’achèvement des travaux en 1933. Sous une couverture en ardoise, les parties hautes de ses façades en granit sont percées de baies circulaires à oculus lobés rehaussés de vitraux. A l’intérieur du bâtiment, deux escaliers de granit en vis partent de chaque côté du portail pour conduire d’abord à une tribune largement ouverte sur la nef, sous laquelle a été aménagé un « bloc sanitaire » intégrant plusieurs toilettes. Puis l’escalier se prolonge jusqu’au grenier qui révèle une impressionnante charpente en chêne. Dix alcôves abritant chacune un autel sont aménagées de part et d’autres de la nef. Cette présence s’explique par le fait qu’avant 1965 et la fin du concile Vatican II, la concélébration des messes n’était pas autorisée dans les églises, aussi fallait-il multiplier les autels pour permettre la célébration simultanée de plusieurs offices. La grande vierge qui domine le choeur est flanquée de chaque côté d’un déambulatoire qui permettait aux prêtres malades de venir assister aux messes en empruntant un passage directement relié au séminaire. La majeure partie des vitraux sont en bon état. De belle facture, ils représentent des saints bretons et sont attribués à Claudius Lavergne, peintre-verrier qui fut également inspecteur des monuments historiques pour Prosper Mérimée. Le confessionnal et le buffet d’orgue sont toujours en place. A l’arrière du bâtiment se trouve une grande sacristie d’environ 100 m² ».

A plus de 800 000 euros, l’édifice est voué à devenir bien autre chose qu’un lieu de culte. L’annonce précise ainsi que « la sécularisation du lieu ne semble pas avoir affecté l’humeur bienveillante de la vierge Marie qui sourit toujours dans l’abside, et le visiteur ne manquera pas d’être happé par cette ambiance quelque peu céleste. L’ancienne chapelle est pourtant devenue un espace à vocation culturelle et le lieu a reçu toutes les autorisations nécessaires à l’accueil du public. Des pièces de théâtre avec de grands acteurs comme Jacques Weber y ont été données, un célèbre violoniste y a joué sur son Stradivarius et nombre d’expositions y ont été organisées. Outre son envergure et son emplacement en plein centre-ville, les nombreuses places de parking sont gage d’un accès facile et pratique pour les visiteurs, ce qui permettrait d’accentuer plus encore sa résurrection artistique. L’ensemble pourrait également se prêter à un projet hôtelier ou de restauration, les 100 m² de la sacristie pouvant être convertis en cuisine professionnelle ou en habitation privée. » 

Ben oui… se taper un gueuleton sous l’oeil bienveillant de la Vierge Marie, ça a quand même de la gueule. Un dîner aux chandelles sous les vitraux et les colonnes centenaires plutôt que de venir aux festins des noces de l’Agneau et de s’abreuver à la Source. A Rennes, une chapelle qui devient un complexe sportif, à l’instar de bien d’autres églises à travers l’hexagone. La Bretagne n’est pas épargnée. Que deviendra la chapelle de Quimper ?

Après la Révolution Française, des citoyens scrupuleux rachetaient les édifices confisqués, de manière à les sauver de la destruction. Ce fut le cas de paysans qui rachetèrent en 1810 la basilique du Folgoët au citoyen Anquetil, entrepreneur qui l’avait acquise en 1794. Aujourd’hui, elle est là et elle sert au culte parce que des laïcs se sont bougés pour la sauver.

L’oeuvre Saint Joseph possède déjà une chapelle sur Quimper. Mais si un mécène se déclarait pour acheter cette belle petite chapelle quimpéroise et évitait ainsi cette spirale, l’offrant ainsi aux générations futures ?

À propos du rédacteur Tudwal Ar Gov

Bretonnant convaincu, Tudwal Ar Gov propose régulièrement des billets culturels (et pas seulement !), certes courts mais sans langue de buis.

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Un commentaire

  1. Encore une avancée de la sécularisation ! Pedomp evit ma tistroio ar chapel-mañ en arver ar grsitenion.

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