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Et si ceux qui votent des lois iniques étaient privés d’obsèques chrétiennes ?

Amzer-lenn / Temps de lecture : 6 min

Il y a quelques jours, comme des lousdés, des députés ont voté dans le cadre de la révision de la loi bioéthique, déjà problématique sur de nombreux points, la possibilité d’avorter (pardon… d’interrompre la grossesse) jusqu’au terme.

Il s’agit de l’amendement N° 524 à l’article 20 de la loi dite de bioéthique qui permet de pratiquer une Interruption Médicale de Grossesse (IMG) sur des femmes en péril « ce péril pouvant résulter d’une détresse psycho-sociale ». 

Cette possibilité existait déjà pour des raisons médicales, cela sans obligation de délai (ce qui différencie l’IMG de l’IVG, cette dernière limitant la possibilité d’avortement jusqu’à la douzième semaine d’aménorrhée uniquement), mais désormais, grâce à cet amendement, s’il existe une détresse psycho-sociale, mettre fin à la vie naissante serait plus aisé. Nous glisserions du domaine médical au domaine social, pour justifier un acte dit médical, sans garde-fou. Car la loi sur l’IMG est une loi sur l’interruption MÉDICALE de grossesse. Bien sûr, dans les pathologies envisagées, il y a les pathologies psychiatriques ou encore psychologiques. Mais il n’est pas évident du tout qu’une femme psychotique ou schizophrène soit « soignée » par un avortement. C’est pourquoi jusqu’à ce jour les médecins étaient plutôt prudents quant à l’application de cette possibilité. Doit-on rappeler que l’avortement est un traumatisme pour n’importe quelle femme, un traumatisme que ne supporte pas forcément très bien une femme fragile psychologiquement.

En conclusion, l’IMG même la veille de la naissance de l’enfant résultait normalement d’une maladie ou d’un handicap de ce dernier. Désormais, si la loi est votée après les lectures au Sénat et une dernière fois à l’Assemblée Nationale, l’enfant peut être supprimé, même s’il n’a ni maladie ni handicap, parce que sa mère serait en détresse psycho-sociale.

De la détresse psychosociale

Mais qu’est-ce que c’est et comment donc diagnostiquer une détresse psycho-sociale ? Ben…. c’est compliqué, c’est subjectif, et on ne voit pas comment par un tel terme fourre-tout éthéro-gazeux on pourrait décider de liquider un enfant (assumons le terme, parce que si, tant qu’il était embryon ou foetus, les pro-death trouvaient un argumentaire justifiant l’IMG/ l’IVG, il est difficile de concevoir qu’au 9ème mois on puisse toujours le considérer comme un organe à virer de l’utérus, à moins d’en faire un Unter-Mensch qui mérite moins de vivre qu’un koala ou un phoque). Evidemment qu’il peut y avoir des situations de détresse, mais elles doivent être accompagnées, comme cela se passe dans une société civilisée et empreinte de fraternité. L’abbé Philippe de Kergorlay, qui accompagne des femmes en détresse depuis plus de 30 ans, donne des exemples qui illustrent la situation :

1/ Norah est sans papiers dans la rue. Enceinte d’un enfant français, elle devra attendre plus d’un an sa régularisation. Les papiers n’arrivent pas. Elle est en pleine « détresse psycho-sociale », non pas parce qu’elle est malade psychologiquement, mais tout simplement parce qu’elle est stressée par une précarité qui n’en finit pas. Il est évident que son cas n’est pas médical et qu’elle ne relève pas du tout de l’Interruption MÉDICALE de grossesse. Avec la nouvelle loi, tout se passe comme pour l’IMG, alors que ce n’est pas médical mais social. Ce sera facile pour certains travailleurs sociaux pressés ( j’en connais !) de faire craquer la femme en lui proposant comme seule possibilité pratique l’avortement plutôt qu’en l’accompagnant dans une recherche d’hébergement.

2/ Rose a été incarcérée enceinte et sans papiers. Le travailleur social lui a expliqué que accoucher en prison, ce serait une galère et qu’à la sortie ce serait l’angoisse. Quand je la rencontre, elle est en pleine « détresse psycho-sociale ». Mais dès que je lui promets un hébergement à la sortie, elle décide de garder l’enfant envers et contre tout. Il y avait une pression illégale, une grave faute déontologique au sein de la Pénitentiaire, mais avec la nouvelle loi, plus d’état d’âme ! Rose aurait pu avorter la veille de la naissance de son enfant avec la bénédiction de la nouvelle loi.

3/ Diane, 19 ans, a été chassée par son père. Elle est enceinte, dans la rue. Là aussi, totale détresse « psycho-sociale ». Avec mon aide matérielle et morale, elle se reconstruit peu à peu et décide de se battre pour l’avenir de l’enfant qu’elle porte. Aujourd’hui on peut lui proposer l’avortement dernière minute comme seule issue possible.

Norah, Rose ou Diane sont des femmes qui n’étaient pas malades. Elles étaient en pleine « détresse psycho-SOCIALE », mais l’avortement était certainement la dernière chose dont elles avaient besoin. Ce qu’elles demandaient, c’était un accompagnement humain et réaliste, Une espérance sans faille, un respect inconditionnel de leur situation, sans les mutiler d’un enfant qui est souvent leur dernière raison de vivre. Aujourd’hui, on peut leur dire froidement jusqu’au dernier mois de grossesse : « Mademoiselle, votre seule possibilité c’est d’avorter. » Et on la laisse tomber si elle refuse. A elle de choisir ! Le choix risque d’être vite fait, la mort dans l’âme.

P. Philippe de Kergorlay

Pourquoi ne pas les interdire de funérailles chrétiennes ?

Toutes ces attaques contre la vie, contre le plus faible, contre l’être humain, alors qu’on défend la nature, les animaux et qu’on nous somme de devenir écolos, doivent désormais trouver une réponse claire, nette et précise, d’autant que si l’amendement a bien été voté (cf document ci-contre), le Sénat a encore son mot à dire avant la seconde lecture au Parlement. Les évêques ont fait des déclarations importantes, Alliance Vita aussi. Il faut évidemment garder la porte ouverte à la discussion, sans pour autant donner d’assentiment, mais on ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif. Aussi, pourrait-on imaginer que les évêques puissent rappeler l’excommunication latae sentenciae pour tous ceux qui auraient voté ou fait la promotion de cette loi permettant un infanticide qui ne dit pas son nom ?

Et puis tant qu’à faire, car ils peuvent toujours se moquer d’une quelconque excommunication, pourquoi ne pas les interdire en plus de funérailles chrétiennes ? Au moment où sonne le glas de l’existence, les fins dernières interrogent même le mécréant. Sachant ce qui les attend, peut-être alors réfléchiront-ils alors  avant de voter des lois iniques…

À propos du rédacteur Tudwal Ar Gov

Bretonnant convaincu, Tudwal Ar Gov propose régulièrement des billets culturels (et pas seulement !), certes courts mais sans langue de buis.

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3 Commentaires

  1. Je connais une personne née à 5 mois et demi et qui aujourd’hui vit très bien. Une autre personne née à 7 mois. idem. Ce sont donc bien des bébés dès leur présence in utero et non pas des « projets « de bébé, des organes, de la matière humaine…..

  2. Normalement, ces personnes sont excommuniées d’office et n’ont pas droit à des obsèques religieuses….

  3. A l’époque oubliée des boat-peopol, une jeune-fille (femme) réfugiée dans un foyer à Brest étant enceinte la recommandation médical était l’avortement. Jeune foyer avec nos premiers enfants, l’ayant accompagné, aujourd’hui son fils, à qui elle a donné le prénom de l’un de nos enfant, est heureux père de deux petits enfants. Etant jeunes catholiques nous n’avons que partagé notre joie d’espérance envers et contre tous. La note présentée par les bien pensant fut chèrement payée mais, tous les ans, depuis nous avons la joie de nous retrouver dans une intimité pleine de paix

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