Saints bretons à découvrir

Urgence : Il faut sauver la chapelle saint Germain !

Amzer-lenn / Temps de lecture : 15 min
La quatorzième chapelle de Languidic attend toujours sa restauration ! 

P1030880.JPGA quelques pas de Saint-Gilles Hennebont, et situé en bordure de la départementale conduisant à Languidic, une petite chapelle de quartier attend depuis bientôt quarante ans qu’on daigne enfin s’intéresser à elle ! Masquée par la végétation dans un décor de forêt vierge, la chapelle saint Germain à résisté toute seule contre vents et marées aux assauts du temps et de la végétation ambiante, et ce malgré l’indifférence des autorités civiles et religieuses.

Comme un défi à ceux qui prédisaient sa mort ou diagnostiquaient une démolition inévitable, le clocher du vénérable édifice émerge encore fièrement de l’amas de friches où on l’a laissé croupir pendant tant d’années. Mais malgré la solidité de ses pierres, et l’épaisseur de ses murs, la vieille chapelle commence maintenant à présenter quelques signes de fatigue : un premier accroc cet hiver, la toiture qui avait tenu bon jusque là vient de subir une première avarie : une branche d’arbre de grosse taille en provenance de la haie voisine, est tombée sur le faîtage provoquant quelques dégâts sur la toiture. Pour la première fois donc, une entrée d’eau assez large s’est déclarée juste au dessus du choeur. Si les murs ont tenu bon, et si l’ensemble de l’édifice est resté en état jusqu’à aujourd’hui, alors quelques questions se posent : Pourquoi rien de sérieux n’a-t-il jamais été entrepris à Saint Germain ? Y-a-t’il eu volonté de laisser pourrir l’édifice sans rien tenter pour ensuite s’excuser de devoir la raser ? Il semble étonnant que les membres responsables du secteur paroissial d’Hennebont se soient résolus à une pareille solution en 2014. Car l’année dernière encore la chapelle était intacte ! (Il aurait suffit pour s’en rendre compte d’aller sur place afin de constater que la toiture n’a pas bougée et que les murs sont encore sains)

=>http://www.ouest-france.fr/perpetuer-le-souvenir-de-la-chapelle-2002072

Deuxièmement, il apparaît aujourd’hui comme improbable que l’évêché (propriétaire des lieux) ait pu approuver même du bout des lèvres une solution aussi scandaleuse, surtout au vu des dernières dispositions diocésaines prises dans ce domaine (nouvelles résolutions positives concernant le patrimoine et l’identité locale, ainsi qu’une plus grande place pour la culture bretonne dans l’église).

 

Partout en effet c’est le même désir de transmettre l’héritage des générations précédentes qui estP1030872.JPG exprimé. De plus, on connait l’attachement de nombreux Bretons à leur identité, la fierté qui en découle et le lien très fort avec la culture locale. Il y a fort à parier que les Hennebontais comme les Languidiciens amoureux de leur patrimoine désaprouveront une destruction qui ne serait ni justifiée, ni validée démocratiquement. Pourtant, aux antipodes de cette évidence, d’autres ont décidé de tout démolir sur la base d’un diagnostic érroné! Plus inquiétant encore : La présence d’un cimetière en ces lieux n’a même pas été évoquée et aucune disposition ne semble prise à cet égard. Sans doute serait-il temps d’alerter les défenseurs du patrimoine breton avant qu’il ne soit trop tard. Sans doute serait-il temps que des autorités compétentes se chargent enfin du dossier. L’évêque de Vannes, Mgr Centène, aurait du être mis au courant de la situation, et une prise de position très ferme de la part du diocèse est maintenant attendue. Quoiqu’il en soit il devient urgent d’entreprendre quelque chose. Une réparation s’impose. Mais qui fera le premier pas ?

Sur place la colère cède parfois la place à l’humour : « Les responsables paroissiaux sont peut-être déformés par 50 ans de municipalité communiste ! « lâche-t-on avec beaucoup d’ironie.

La situation d’abandon actuel tranche étonnament avec l’histoire des lieux. La chapelle saint Germain fut pourtant un lieu très vivant qui nous renvoie à la fois à l’histoire de la ville d’Hennebont comme à l’histoire de Bretagne. En même temps qu’un lieu de culture et de pratique religieuse intense pour les populations rurales du secteur (Pardons, missions, processions et rogations, etc…).

P1030865.JPGCes jours-ci plus d’un millier de marcheurs du Tro Breiz doivent traverser les campagnes languidiciennes pour se rendre à Hennebont. Parmi eux de nombreux amoureux de la Bretagne et défenseurs de ses traditions. Il y a fort à parier que l’annonce de la destruction d’une chapelle bretonne par la communauté catholique locale en refroidira plus d’un. Affaire à suivre donc.

Petite histoire de la chapelle saint Germain.

A la mort du duc Jean III, deux héritiers s’opposèrent, Charles de Blois soutenu par le roi de France Philippe VI et Jean de Montfort. Etant retenu prisonnier à Paris par le roi, c’est donc son épouse Jéhanne de Flandre qui, dans sa ville d’Hennebont, dut soutenir le siège de l’armée de Blois en 1345. Jéhanne de Flandre monte sur son destrier et avec trois cents cavaliers, torche au poing, mit le feu dans le camp des assiégeants. C’est ainsi que Jéhanne de Flandre devient Jéhanne la Flamme et qu’Hennebont fut sauvé.

A cette bataille de nombreux Anglais furent tués et leurs dépouilles inhumées dans le village de StP1030851.JPG Germain, les terres appartenaient à l’hospice d’Hennebont. Ensuite au 16e siècle une chapelle fut érigée pour les Anglais sur ce même site. Cette chapelle était de style gothique flamboyant avec la particularité d’avoir des bancs en pierre le long des murs intérieurs. C’était une église protestante. Une personne de Lochrist possède une image peinte par un Allemand durant la guerre 39-45. C’était alors une chapelle en ruine, sans toit. Les pierres de taille des murs ont servi de talutage pour protéger les baraquements allemands, le charroi avait été réalisé par monsieur Julien Le Floch de Coët-Sapin, qui avait acheté un étalon réformé aux Haras d’Hennebont. Le bénitier se trouve au Château du Quellennec. Les travaux de la chapelle actuelle ont démarré en août 1911, elle fut bénie le 7 juillet 1912 à 15h00.

Aujourdhui, cette chapelle est enclavée. Elle est construite sur le terrain d’un particulier, qui souhaite avec quelques amis, la rénovation et le désenclavement. Mais malgré les sollicitations proposées, le feu vert de l’évêché se fait attendre.

Sur ce site, se déroulaient 3 grandes foires importantes pour le milieu agricole :

– La première, le lundi de carême (ou à la mi-carême ? / à vérifer)

– La seconde, le 28 mai (fête de saint Germain)

– La troisième, le 31 juillet (foire de la moisson)

P1030849.JPGLors des foires, les animaux étaient présentés. Leur emplacement était le suivant : en rentrant par l’ancienne nationale, les cochons étaient à l’entrée, les chevaux près de la chapelle actuelle côté gauche, les bovins côté droit et les moutons près de l’ancienne chapelle. Le propriétaire du terrain percevait une certaine somme, suivant les animaux présentés. Les paiements des gros animaux se faisaient aux cafés de « Tronvaria er Lagout » et à « Tavarn er Oèh » (café du ruisseau). Sur le champ de foire, se trouvait une tonne de cidre.

Sur ce site de 1941 au 7 août 1944, une unité de transmission allemande était reliée au château de Kerlivio en Brandérion, par un câble souterrain. On y trouve des blockhaus intacts.

Dans les années 1956, une kermesse fut instituée par l’Abbé Le Bruchec, Recteur de la paroisse de St-Gilles au profit de l’école. Cette tradition dura 25 ans. Depuis c’est l’abandon…

Extraits du bulletin paroissial de Languidic

(1) JANVIER 1911 – Chapél Sant Jermén

A houdé guerso é konzér a seùel ur chapél neùé de Sant Jermén. En hani goh e zou édan koéh d’er ias. Chonj e oé d’en Eutru Person kemér er mein anehi aveit seùel ur chapél neùé. Hui e oui petra en des parreit dohton a hobér kement-sé ?

Neoah Sant Jermén en devou é chapél kent ma vou pèl : a pe zei en neùé-han é vou komanset er labour, mes… tennein mein e vou ret !

(1) JANVIER 1911 – Saint Germain

Depuis longtemps, on parle de bâtir une chapelle neuve à Saint-Germain. L’ancienne est sur le point de P1030828.JPGs’écrouler. Monsieur le Curé avait pensé prendre les pierres de celle-ci pour bâtir une chapelle neuve. Savez-vous ce qui l’en a empêché ?

Cependant, Saint-Germain aura sa chapelle sans tarder. Quand viendra le printemps, le travail aura commencé, mais il faudra tirer de la pierre !

(2) AOUT 1911 – Sant Jermén

Komanset é chapél Sant Jermén – ar zoar Jéhanneu a Gerblaieu en hum gav, é kreiz plasen er ronsed. 16 mètr a hirded hé des, 6 m 25 a zigorded hag 8 m a ihuélded, hemb konz ag en tour. A pe vou achiù, é vou, me red, er vraùan chapél ag er barréz. Trugèré de ol en dud ag er hartér hag e zisko kement a volanté vat eit dastum er péh e faut.

(2) AOUT 1911 – Saint-Germain

La chapelle Saint-Germain est commencée. Elle se trouve sur les terres de monsieur Jéhanno de Kerblayo. On la trouve au milieu de la « place des chevaux ». Elle mesure 16 mètres de long, 6,25 mètres de large et 8 mètres de haut, sans compter la tour. Quand elle sera finie, elle sera, je crois, la plus belle chapelle de la paroisse. Merci à tous les gens du quartier qui montrent tant de bonne volonté à récolter tout ce qu’il faut.

(3) AOUT 1912

É kreiz er lann, er benal hag er sapin, én un tachad diamén ha neoah hanaùet mat, é oé saùet chapél goh Sant-Jermén. Goudé lézen en Disparti, ér blé 1905, er Gouvernemant e geméras en tachad doar hag er chapél. Er blé paset, é oent lakeit é guerh. Rah en dud e oui petra e zigoéhas nezé, ha perak en Eutru Person ne hellas ket prenein.

Er chapél, dilausket, e revinas muioh mui : ne huélér bermen meit er mangoérieu nuah ag er goh chapél. Loeiz Jéhanneu a Gerblaieu e ganias doar aveit seùel ur chapél neùé. Loeiz Jaffré ag er vorh, karget dré en Eutru Person, en des labouret ha saùet er chapél gaer e zou bet beniget, disul 7 a viz gourhelen, de 3 ér d’anderù.

Er véléan hag er bobl e ias é préhésion ag er vorh de sant Jermén, aveit goulen amzér gaer, ha dirak ur bobl tud, 2500 benak, en Eutru Marec, supérior séminér bras St Jak (Haïti) e venigas er chapél neùé. Goudé er vénédiksion, é oé bet kañnet ur poz benak a gañnen St-Jermén, é hortoz er predég. En Eutru Marec, krapet ar ur vur, dirak er chapél, e zivizas d’er bobl ar er brezél e zou groeit d’en Iliz. É gonzeu e oé nerhus ha donet e hrent ag ur galon lan a garanté aveit Iliz Jézus-Krouist ha krechénion Langedig. Estroh eit unan en doé ouilet épad er predeg kaer-sen.

Érauk dichen, en Eutru Marec e geméras dihuen en Eutru Person hag e daulas a blad rah er faus akuzasioneu saùet énep dehon dré en dud renavi. – En Eutru Person e zivizas arlerh, aveit trugèrékat rah en dud hag é spésial er hartériz.

« Hañni, émé ean, n’en des refuzet nitra, na tennet ardran é mod erbet, aveit sekour seùel er chapél-men. Trugèré e laran dehé a greiz kalon, ha me e houlen aveité bénédiksion en Eutru Doué ha Sant Jermén beniget. »

Er gospereu e oé bet kañnet arlerh, ha rah en dud ou hélias, er ré chomet ér méz èl er ré e oé ér chapél. En dé-sen, krechénion Langedig en des diskoeit, hoah ur huéh, pegement é mant staget doh ou fé, ha peh ker bras é ou haranté é kevér Sant Jermén. Èl ma lar er gañnen :

« Ou haranté aveit er sant,

Padusoh eit er mein stertan,

Des groeit dehé seùel arré

D’er sant bras ur chapél neùé. »

Én amzér de zonet é vou overen é chapél St Jermén, en déieu ma oé laret guéharal.

P1030827.JPG(3) AOUT 1912

Au milieu de la lande, des genêts et des pins, dans un terrain reculé mais cependant bien connu, avait été bâtie la vieille chapelle de Saint-Germain. Après la loi de Séparation (de l’Eglise et de l’Etat), en l’an 1905, le gouvernement confisqua le terrain et la chapelle. L’année dernière ils furent mis en vente. Tout le monde sait ce qui arriva alors, et pourquoi monsieur le curé ne put l’acheter.

La chapelle délaissée se dégrada de plus en plus : on ne voit maintenant que les murs nus de la vieille chapelle. Louis Jéhanno de Kerblayo offrit un terrain pour bâtir une chapelle neuve. Louis Jaffré, du bourg, chargé par monsieur le recteur, a travaillé pour ériger la belle chapelle neuve qui a été bénie, le dimanche 7 juillet à 3 heures de l’après-midi.

Les prêtres et les fidèles allèrent en procession du bourg jusqu’à Saint-Germain pour demander du beau temps, et devant une foule de 2500 personnes environ, le Père Marec, Supérieur du grand séminaire de Saint-Jacques en Haïti, bénit la chapelle neuve. Après la bénédiction, un couplet du cantique fut entonné en attendant le sermon. Le Père Marec, monté sur le mur devant la chapelle neuve, parla à la foule des persécutions dont souffrait l’Eglise. Ses paroles étaient énergiques et provenaient d’un coeur plein d’amour pour l’Eglise de Jésus Christ et pour les chrétiens de Languidic. Plus d’un avait pleuré pendant ce si beau sermon.

Avant de descendre, le Père Marec prit la défense de monsieur le recteur et il démonta toutes les fausses accusations lancées contre lui par des mécréants. Monsieur le recteur prit la parole ensuite pour remercier tous les gens et spécialement ceux du quartier.

« Personne, dit-il, n’a rien refusé, ni ne s’est défilé pour aider à pour bâtir la chapelle. Je leur dis merci de tout coeur et je demande pour eux la bénédiction de Dieu et de Saint-Germain lui-même ». Les vêpres furent chantées ensuite et tous les gens y avaient assisté, tant ceux qui étaient dehors que ceux qui étaient dans la chapelle.

Ce jour-là, les chrétiens de Languidic ont montré encore une fois combien ils étaient attachés à leur foi, et combien est grand leur attachement à Saint-Germain. Comme le dit le cantique :

« Leur attachement au saint,

Plus persistant que les pierres les plus dures,

Leur a fait bâtir de nouveau

Au célèbre saint, une chapelle neuve. »

Prochainement il y aura la messe à la chapelle de Saint-Germain, les jours où on la disait autrefois.

(4) AVRIL 1914 : Tolpereh er bautred iouank

Er sul ketan a viz merh, tolpereh er bautred iouank, hanùet « Stiren Langedig », e zou oeit de hoari mellad get er ré a Lokrist, é pratel vras Sant Jermén. Arlañné, dré ziù huéh, pautred Langedig e oé bet béh geté hum zihuen doh ré Lokrist, mes er blé-men, « Stiren Langedig » en des doublet arnehé, ha forh és é ma deit er meud geti. Er ré vihan ag er stiren en des gouniet tèr viktoér doh hañni de ré Lokrist, hag er ré vras en des gouniet tèr viktoér eùé doh unan d’er ré vras a Lokrist.

Disul devéhan, pautred Langedig e zou hoah oeit de Sant Jermén, de houren get er ré a Lannestér. Er ré-men e oér mat er vechér, ha gouniet ou doé, nen des ket guerso, eih viktoér doh unan de bautred Lokrist. Er Stiren en des kollet eùé geté, mes pas kement-sé alkent. Er ré vihan n’en des ket gellet gobér nitra a du erbet, achiùet ou des en hoari kein doh kein. Er ré vras en des gouniet diù viktoér doh unan d’er ré a Lannestér ; nen des ket kement-sé a gem entra étré en niù vanden. Marsé, kent ma vou pèl, é hellei hoah donet de ben ag er ré-men. Monet e hra mat en treu enta get er Stiren.

Arlerh en hoari, ol er bautred iouank e zou oeit de chapél Sant Jermén, hag énou ou des pédet ha kañnet én inour d’er sant. Èl-sen é teli gobér perpet er guir gristenion : komans hag achiù en hoari, just kerklous èl er labour, dré er béden, meit ma vou neoah en hoari honest ha dibéh.

(4) AVRIL 1914 : Regroupement de jeunes garçons

Le premier dimanche de mars, le groupe de jeunes garçons appelé « Etoile de Languidic » est venu jouer à la balle avec ceux de Lochrist dans le grand pâtis de Saint-Germain. L’année dernière les gens de Languidic avait eu de la peine, par deux fois, à se défendre contre ceux de Lochrist, mais cette année « l’Etoile de Languidic » les a dépassés, si bien qu’ils ont remporté la victoire. Les plus jeunes de « l’Etoile » ont gagné 3 à 0 contre ceux de Lochrist, et

les adultes on gagné également 3 à 1 contre ceux de Lochrist. Dimanche dernier, les joueurs de Languidic sont revenus à Saint-Germain se mesurer à ceux de Lanester. Ceux-ci jouent comme des professionnels et ils avaient gagné, il n’y a pas longtemps de cela, 8 à 1 contre Lochrist. « L’Etoile » a aussi perdu contre eux mais pas d’autant quand même. Les plus jeunes n’ont pu se démarquer contre eux, ils ont fini à égalité. Les adultes ont gagné 2 à 1 contre ceux de Lanester. Il n’y donc a pas de grande différence entre les deux équipes. Peut-être que l’Etoile pourra bientôt venir à bout de ceux-ci. Donc tout va bien pour « l’Etoile » !

Après le match, tous les jeunes garçons sont partis à la chapelle Saint-Germain et ils y ont prié et chanté en l’honneur du saint. C’est ainsi que doivent toujours faire les vrais chrétiens : commencer et finir le jeu par la prière comme on le fait pour le travail, pourvu que le jeu soit honnête et fair-play.

À propos du rédacteur Erwan Kermorvant

Erwan Kermorvant est père de famille. D'une plume acérée, il publie occasionnellement des articles sur Ar Gedour sur divers thèmes. Il assure aussi la veille rédactionnelle du blog et assure la mission de Community Manager du site.

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5 Commentaires

  1. Marquette-Goasdoué

    Souscrivons donc et sauvons cette chapelle bretonne. J’y suis prêt Jacques Goasdoué

  2. SAINT GERMAIN
    Plusieurs paroisses de Bretagne ont élevé des chapelles en l’honneur de Saint Germain. L’église paroissiale de Glomel ; à Langonnet, Berné, Séglien, des chapelles. Ici, à Langonnet, nous avons des pèlerins qui viennent du sud-Kerné .Pour quelles raisons, les Bretons ont-ils gardé présent le culte de cet évêque gallo-romain qui fut évêque d’Auxerre? Pourquoi ce souvenir qui a traversé les siècles… ?
    Qui était Germain (378-448) ?
    C’est surtout sa vie d’évêque qui a attiré l’attention de son biographe Constantius. Germain est choisi par les chefs et la population comme évêque d’Auxerre non sans résistance de sa part : il a 40 ans. Fils d’une riche famille, il est marié; après des études en Gaule et à Rome, il a exercé « une haute charge gouvernementale et administrative. » Devenir évêque en Gaule au Vème siècle (418) est sûrement une haute fonction mais cela ne va pas sans changements dans sa situation. Lorsqu’il obéit à l’appel, il ne fait pas les choses à moitié : son épouse Eustachie devient comme une sœur ; il distribue sa fortune aux pauvres. Il vit comme un moine et mène un régime alimentaire sans pain de froment, ni vin, ni vinaigre, ni huile ; il dort à la dure mais sa maison est ouverte à tous. « Il mena une vie de solitude au milieu des hommes et vécut comme un ermite dans la fréquentation du monde. »
    Et en effet, il joue un rôle important dans ce monde gallo-romain finissant : il intervient auprès des autorités de l’Empire pour protéger ses compatriotes de fiscalités trop lourdes.
    Ce qui est frappant aussi, c’est qu’il intervient en faveur des Bretons et des Armoricains. Il se rendra en effet deux fois en Grande Bretagne (la petite est encore appelée l’Armorique). La première fois en 429, c’est pour combattre le pélagianisme. C’est la doctrine enseignée à travers le monde chrétien par un moine breton nommé Pélage (350-420). Pélage enseigne que tout chrétien peut atteindre à la sainteté par ses propres forces. Cette doctrine niait la grâce et le péché originel. ; d’où sa condamnation. Germain par sa prédication démontre que les disciples de Pélage ne font pas le poids. De plus comme les Saxons et les Pictes menacent militairement les Bretons, il aide ceux-ci à repousser leurs attaques. Cette victoire est nommée la victoire de l’Alléluia. C’est au temps de Pâques, les Bretons bien placés en divers groupes poussent le cri pascal ‘Alléluia !’ Pris de panique, les ennemis décampent devant un ennemi qu’ils jugent trop important pour leurs forces.
    De plus, il va être à l’origine de la fondation solide des chrétientés celtiques.
    Saint Patrick, l’évangélisateur de l’Irlande, aurait été formé et ordonné à Auxerre. Saint Iltud qui deviendra le fondateur du monastère de Llaniltud au Pays de Galles se rattache aussi à l’école de formation d’Auxerre. Ce monastère gallois était ‘l’un des plus illustres de la Bretagne insulaire remarquable tant par la formation spirituelle que par la culture littéraire, biblique et même agronomique des moines. Le lieu devint ainsi une école recherchée pour l’aristocratie bretonne de l’époque.’ C’est de là que partiront beaucoup des saints fondateurs de Bretagne continentale: Samson, Pol, Brieuc, Gildas…
    Il traversera une seconde fois la Manche vers 445-448 pour de nouveau combattre le pélagianisme qui s’est réveillé mais l’hérésie est le fait d’un petit nombre de gens.
    Au retour, il est attendu par une délégation armoricaine. Ils se sont révoltés contre le gouverneur romain Aetius, qui face aux Francs, gouverne entre Seine et Loire . Aetius, incapable de les mater, les abandonne à la répression des Alains, un peuple barbare. Leur chef, Goar, accepte de laisser tranquilles les Armoricains si Germain va plaider leur cause (et sans doute obtenir des compensations pour les Alains) auprès de l’Empereur qui vit à Ravenne. Germain s’y rend mais meurt à Ravenne le 31 juillet 448. Il avait environ 70 ans.
    On ne sait pas avec précision pourquoi il s’est intéressé, non seulement à la foi, mais aussi à la vie et aux menaces qui pesaient sur les Bretons et les Armoricains. Certains avancent que, dans sa vie de haut fonctionnaire, il aurait été le préfet maritime du litus armoricanus et nervicanus, c’est à dire chargé de la surveillance de la Manche et de l’Atlantique Cette responsabilité lui avait fait connaître et apprécier les populations des deux côtés de la Manche et sans doute formaient-elles la majorité de ses équipages… En tous cas, la reconnaissance des Bretons perdure au fil des siècles…

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