Aet eo Job an Irien d’an Anaon (MàJ avec date des obsèques)

Amzer-lenn / Temps de lecture : 6 min

Lidet e vo an interamant dimerc’her 5 a viz c’hwevrer da 2 eur 30 e iliz sant Houardon e Landerne, ha da heul e vo lakeet er bez e Trelevenez.

Ses obsèques seront célébrées mercredi 5 février à 14 h 30 en l’église Saint Houardon à Landerneau, suivies de l’inhumation à Tréflévénez.

Job An Irien, la foi vécue en langue bretonne.Aet eo an Ao. Job an Irien d’an Anaon d’an 2 a viz Genver war-dro 7 eur d’an noz. Gallout a ra ar Vretoned leñvañ un den en deus roet e vuhez da Zoue ha da Vreizh, hep kontañ.

On ne présente plus le Père Job an Irien, fondateur du centre bretonnant Minihi Levenez, dans le diocèse de Quimper & Léon, dont vous pouviez parfois trouver sur Ar Gedour certains de ses écrits, avec son aimable autorisation.

Mais aujourd’hui, alors que se déploie le crépuscule de la Chandeleur, la Bretagne est en deuil car elle vient de perdre l’un de ses pasteurs, pour qui Dieu et la Bretagne étaient deux idéaux pour lesquels il avait consacré sa vie. Sa vie a été au service de Dieu et des Bretons, sans relâche.

Nous venons en effet d’apprendre qu’à l’âge de 88 ans, Job an Irien s’est éteint, en ce 2 février où se chante plus particulièrement, comme chaque soir lors des complies, le Nunc dimittis, le cantique que proclama le vieux Siméon lorsqu’il a vu Jésus lors de sa Présentation au Temple :

« Bremañ, o Mestr, lezit ho servijer, hervez ho komz, da dremen e peoc’h; Rak gwelet o deus va daoulagad ho silvidigezh, an hini hoc’h eus aozet dirak an holl bobloù, Gouloù da sklêrijennañ ar broadoù ha gloar evit ho pobl Israel »

Trist-kenañ eo skridaozañ Ar Gedour o zeskiñ da varv, Job. Ha kendrec’het on e vo graet gant hon lennerien ivez. Ra vo Jezuz, an hini zo sklêrijenn ar bed, an hini en deus heñchet da vuhez, degemer ac’hanout en he baradoz. Trugarez a wir galon ‘vit ar pezh ‘teus graet evit ar feiz hag ar yezh e Breizh. Ra vo skañv douar Breizh dit, e-harz ar bleunioù brug. Kenavo dit !!!

Qui était an Aotrou Job an Irien ?

anniversaire minihi levenezPour ce prêtre du diocèse de Quimper et Léon, la culture bretonne devait servir de tremplin pour faire découvrir la foi chrétienne aux habitants de la Bretagne. Si sa vocation est plus ancienne, notons qu’en 1954 il participe à un événement du Bleun Brug (« Fleur de bruyère »). Ce rendez-vous est décisif. Ordonné en 1962, il exerce comme prêtre à Pont-Croix, devenant aussi animateur de loisirs, tel un Jean Bosco bretonnant. Job An Irien fait participer les enfants et les adolescents aux concours scolaires du Bleun Brug et y fait la connaissance de Michel Scouarnec avec qui il écrit des chansons. « Par le biais extra-scolaire, les enfants apprenaient le breton car la place de la langue à l’école était nulle ». Nommé aumônier de lycée à l’Harteloire à Brest,  il essaie d’imprégner les jeunes de ses valeurs concernant l’histoire, la langue, la musique et la littérature bretonne. Job An Irien est aussi l’un des initiateurs des « Cahiers du Bleun Brug » en 1978. Dès le départ, il a en charge la littérature bretonne, présentée en breton et en français. « Quelquefois je n’avais pas de texte, alors je prenais ma plume. J’ai ensuite adapté certains écrits sous forme de chansons » se souvient-il.

L’aventure pourrait s’achever là puisque la revue s’éteint en 1984. Cependant, des jeunes ayant souhaité lors d’une récollection à Landevennec, avoir un lieu de ressourcement bretonnant, l’idée plait à Mgr Barbu et Mgr Gourvès (à l’époque vicaire général), qui créent avec Job an Irien le Minihi Levenez, lieu de transmission de la foi et du breton, soeur et frère, fréquenté par de nombreux enfants, adolescents et parents d’élèves, notamment de Diwan (dont il est l’aumônier). En 1997, Job an Irien publie un missel en langue bretonne, sous l’autorité de l’évêque de Quimper et Léon. Le centre Minihi Levenez a depuis publié également une revue ainsi que des traductions de textes liturgiques, particulièrement une partie du bréviaire « Prière du Temps Présent » ou encore plus récemment le psautier en breton. Tous les deux ans, la maison d’édition publiait également les billets de Job an Irien dans un recueil en langue bretonne traduit en français.  Sans oublier ce qui se fait au niveau du chant pour banaliser leur usage dans les paroisses, la diffusion du missel en breton  (Leor Overenn) et du nouveau testament en breton, etc… Vous pouvez même retrouver la BD Loupio e brezhoneg ! Le centre Minihi Levenez devient également au fil du temps une bibliothèque riche en ouvrage sur la langue, la foi, l’histoire… de Bretagne.

Job est aussi à l’origine des ensembles vocaux Allah’s Kanañ et Hekleo qui, si ce ne sont pas des formations clairement « estampillées catholiques », participent cependant au témoignage chrétien par le breton, tout comme le travail effectué avec René Abjean et l’Ensemble choral du Bout du Monde. L’Institut culturel de Bretagne ne s’était pas trompé en lui décernant donc en 2007 le Collier de l’Ordre de l’Hermine, récompensant son travail d’une vie pour Dieu et la Bretagne.

Alors qu’il y a un peu plus de 50 ans, on chantait encore en breton dans les églises, on enseignait le catéchisme en breton, et tout comme on élevait les enfants dans la foi, on permettait à la langue de vivre, certains ont mal appliqué le concile en considérant que tout devait être en français désormais, reléguant le breton aux antiquités du passé. Le breton avait disparu des écoles… il disparut aussi des églises. Job an Irien a nagé à contre-courant, comme l’ont fait l’abbé Marcel Blanchard à Quistinic et quelques autres prêtres, en considérant que le breton devait et doit être ce tremplin pour évangéliser. Aujourd’hui, même s’ils ne sont pas légion, il a pu voir de jeunes prêtres et diacres prendre le même chemin, entourés par des bretonnants qui participent à cette œuvre.

Nous vous invitons à redécouvrir la vidéo réalisée par Brezhoweb sur Job an Irien.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est le fondateur du site et de l'association Ar Gedour et assure la fonction bénévole de directeur de publication. Il anime aussi le site Kan Iliz (promotion du cantique breton). Après avoir co-écrit dans le roman Havana Café, il a publié en 2022 son premier roman "CANNTAIREACHD". En 2024, il a également publié avec René Le Honzec la BD "L'histoire du Pèlerinage Militaire International".

Articles du même auteur

Bretagne et religion, volume 5 : un ouvrage tout juste paru sur les témoins du christianisme breton

Amzer-lenn / Temps de lecture : 3 minDirigé par Samuel Gicquel, le volume 5 de …

[BELZ] Chapelle Chantante le 15 février 2026

Amzer-lenn / Temps de lecture : 1 minLa Fraternité Saint Patern de l’association LES CHEMINS …

Un commentaire

  1. Diskuizit e peoc’h, Job, beleg da Jezuz-Krist, mevel mad ha feal.

    Trugarez deoh a greiz kalon ‘vid ho labour en enor da Feiz ha Breiz.

    Breman, o Mestr, e c’hellit lezel ho servicher da dremen e peoc’h, hervez ho promesa.

    « Roit dezan, Aotrou, ar peoc’h peurbadus ha lakit da lugerni dirag e zaoulagad ar sklêrijenn ne vo fin ebet dezi. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *