Sed amañ prezegenn an Ao. Dominique Thépaud, en deus lidet oferenn Perc’herinded ar Vrezhonegerion e Keranna disul tremenet.
À l’occasion du traditionnel pèlerinage des Bretonnants, qui se tenait hier au sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray, les fidèles attachés à la langue bretonne et à son usage dans la liturgie se sont rassemblés dans une basilique animée et habitée par une ferveur particulière.
La journée a débuté par une messe célébrée entièrement en breton par le Père Dominique Thépaut, ancien aumônier militaire originaire du Haut-Léon. C’est lui que l’on entend souvent sur RCF Finistère pour Pedenn an Deiz. Cette invitation participe de cette volonté d’ouvrir plus largement qu’au seul pays vannetais ce pèlerinage, et d’inviter tous ceux qui contribuent à cette pastorale en langue bretonne dans les différents diocèses.
Sa prédication, également prononcée intégralement en breton, e brezhoneg flour, a marqué les esprits. Pour beaucoup de participants, entendre la liturgie dans leur langue maternelle constitue bien plus qu’un simple attachement culturel : c’est une manière vivante de transmettre une foi incarnée dans une identité.
Après la célébration eucharistique portée par les chants bretons, quelques danses sur le parvis et un pique-nique, la journée s’est poursuivie dans une atmosphère à la fois recueillie et fraternelle. Un concert de musique sacrée, organisé par l’Académie de Musique et d’Art Sacré, a permis de mettre en valeur le patrimoine musical breton dans toute sa richesse. Les fidèles ont ensuite participé au chapelet, avant de conclure par les vêpres et le Salut du Saint Sacrement, apportant une dimension contemplative à cette rencontre.
Organisé conjointement par la commission diocésaine pour la pastorale en langue bretonne et le sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray, l’événement a été perçu comme un moment fort de retrouvailles. Il a permis à une communauté dispersée, provenant de tous les pays bretons, de se rassembler autour de ce qui la unit : la foi, la langue et une certaine vision de la transmission culturelle.
Toutefois, malgré la qualité de l’organisation et la ferveur des participants présents, certains ont pu regretter une mobilisation moins importante qu’espérée, peut-être due aux vacances scolaires mais aussi au Kan ar Bobl qui se tenait le même week-end. La présence de prêtres bretonnants, notamment, aurait pu être également plus significative pour ce rendez-vous annuel. Cependant, le fait que cela se passe un dimanche impacte de facto la présence des clercs, pris par leurs paroisses. Néanmoins, des signes encourageants étaient bien visibles, en particulier le pique-nique qui a attiré plus de monde qu’à l’habitude, ainsi que la participation de la patrouille des Scouts d’Europe de la 1ère Auray. Leur engagement, dans la continuité de l’esprit Bleimor – mouvement historiquement attaché à la valorisation de la culture bretonne au sein du scoutisme – témoigne d’une relève bien vivante. La présence d’enfants et de jeunes familles renforce également cet espoir d’une transmission durable.
Enfin, pour ceux qui n’ont pu être présents, l’homélie du Père Thépaut, prononcée e brezhoneg penn-da-benn (entièrement en breton), est accessible en vidéo grâce à la captation réalisée par Pixel de Mer pour Ar Gedour, permettant ainsi de prolonger ce moment au-delà des murs de la basilique. Pour les non-brittophones, nous avons traduit l’homélie. Vous pouvez en prendre connaissance sur ce lien.
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