DU MEMORICIDE BRETON AU MEMORICIDE FRANCAIS

Amzer-lenn / Temps de lecture : 14 min
Illustration Ar Gedour(DR)

C’est avec un grand intérêt que j’ai, comme beaucoup de Bretons conscients de leur identité, lu le dernier livre de Monsieur Philippe de Villiers intitulé « Mémoricide »(1). Avec d’autant plus d’intérêt, que j’ai vécu aussi tout ce, qu’avec raison, il dénonce. Je pense particulièrement aux cinq premiers chapitres : Le Trou noir, la bascule, chronique du mémoricide, mais plus encore à celui intitulé « Je ne reconnais plus ma France ». A une différence près toutefois; comme bien des Bretons aujourd’hui, en 2025, si nous ne reconnaissons plus la France, nous ne reconnaissons pas davantage la Bretagne. Les valeurs dites de la République, à savoir, son jacobinisme, son laïcisme à outrance, son universalisme niveleur, ont tué cette Bretagne, comme aujourd’hui elles tuent la France.

L’historien Reynald Secher, inventa le terme mémoricide, le meurtre de la mémoire, pour son livre Vendée, du génocide au mémoricide (2), car il défini parfaitement ces deux crimes contre un peuple : le tuer physiquement et le tuer dans son âme, sa culture, sa langue, son identité, afin de l’effacer de l’Histoire. Philippe de Villiers en reprenant ce terme pour la France en général est bien dans la ligne de ce dont parle Reynald Secher .

DE  QUELQUES FLORILEGES JACOBINS …

Au lendemain de la meurtrière guerre de 1914-1918, nombreux sont les Bretons qui rentrant du front, n’ont plus reconnu leur Bretagne : en quatre ans de guerre, elle avait complètement changé dans la profondeur même de son identité. Les Bretons n’étaient plus les mêmes car c’est leur foi, leurs traditions, leur mentalité qui avaient été bouleversés. Le monde d’avant était rejeté en bloc.  En quatre années de guerre, la République avait plus francisé les Bretons que les quatre siècles passés. L’assimilation avait fait son œuvre, le Breton était devenu amnésique. Lui manquait la repentance, mais la honte de lui-même y suppléait largement. Comme sous la Révolution, la Restauration, les deux Empires, les autorités françaises incitaient sans vergogne les Bretons à se renier. Il faudrait un livre pour réunir tous ces florilèges jacobins, républicains révoltants, source d’un mémoricide … breton, bien avant le mémoricide français. Quelques citations donneront une idée de la violence de cette volonté destructrice de l’homme breton. Aujourd’hui, hélas pour la France, elle se retrouve dans le triste rôle de l’arroseur arrosé :

De Combes, Président du Conseil à la tribune du Palais Bourbon « Interdisons l’usage du breton, aussi bien dans la vie public, dans les écoles et à l’église » (1902).

« Il faut extirper le dialecte breton, barbare relique d’un autre âge » (Bienvenu-Martin, ministre de l’instruction publique dans sa circulaire aux Préfets de Bretagne. 1905).

« Il y a un intérêt de premier ordre à ce que les Bretons comprennent et parlent la langue nationale : ils ne seront vraiment Français qu’à cette condition. Ce sont des Français qu’il faut pour franciser les Bretons, ils ne se franciseront pas tous seuls. » I. Carré, Inspecteur général de l’Enseignement (1922).

« Pour l’unité linguistique de la France, il faut que la langue bretonne disparaisse. » Anatole de Monzie, ministre de l’instruction Publique (Discours du 20 juillet 1925 à l’Assemblée nationale).

« Nous supplions les Bretons d’oublier leur qualité de Breton, pour ne se souvenir que de leur qualité de Français », du Président de la République Edouard Herriot en 1932 lors du quatrième centenaire de la signature du Traité de 1532, annexant la Bretagne à la France.

N’avons-nous pas dans ces citations, prises parmi tant d’autres, un condensé de ce mémoricide qui ne disait pas alors son nom ? Il y aurait beaucoup à dire sur les fameux hussards noirs de la République. Ces zélés missionnaires-inspecteurs, que loue Monsieur Philippe de Villiers, et qui surent parfaitement remplir leur mission consistant à travailler à l’effacement total dans la tête de la jeunesse bretonne de leur qualité de breton en devenir, au profit du parfait français républicain laïque qu’il se devait désormais d’être, parachevant ainsi l’oeuvre d’assimilation de la Révolution française.

…  A   QUELQUES  FLORILEGES  ANTI-MEMORICIDE

Ce travail de mémoricide dans de jeunes têtes révoltera au plus haut point un jeune prêtre breton – l’abbé Perrot – qui aura constamment à coeur de dénoncer ce crime contre les Bretons  (3):

« Il y a des écoles où l’on enseigne aux enfants à renier Dieu. Dans presque toute on leur apprend à renier leur patrie. Est-il un crime plus grand que de dresser un peuple à ne pas croire en Dieu, à ne pas croire en la patrie ? »

Ces écoles sont celles de la République. Mais il vise aussi certaines écoles catholiques, qui ignorant les mandements répétés de Monseigneur Duparc feront le même travail de destruction que les écoles publiques. Dans les deux cas, instituteurs et institutrices rivalisent de zèle pour rendre les enfants qui leur sont confiés honteux de leur langue, de leur costumes, de leur état-même de Bretons, les tenant dans l’ignorance la plus totale des richesses de leur culture et de leur histoire. Cette approche fut également retrouvée dans différents territoires coloniaux français, comme ce le fut dans les colonies de certains empires.

Mais les Bretons, face à cette destruction de la « plus longue Mémoire bretonne » ont eu leurs lanceurs d’alertes. En quelques sorte, nous avons eu dès la fin du 19e siècle et durant toute la première moitié du 20ème, des … Philippe de Villiers qui dénonçaient cette mort programmée de l’identité bretonne, et en première ligne, de sa langue. Ils auraient fort bien pu, s’il y avaient pensé, parler de mémoricide breton. Durant ces années de combats, la Bretagne avait la chance de posséder encore une véritable élite intellectuelle, politique, religieuse, culturelle, et surtout animée – même avec des différences – d’une très grande foi chrétienne et bretonne (4). Durant ces quatre siècles écoulés, il s’ensuivit des révoltes durement réprimées par les pouvoirs centralisateurs. Pourtant, malgré cela, le Breton servira loyalement la France, qui en retour se comportera en marâtre, accentuant son mémoricide breton. Alors d’autres voix se feront plus insistantes, parfois plus violentes, car le temps pressait pour que vive à jamais la vraie Bretagne. Et ces voix, avec une préscience qui en fit des voix prophétiques pour la cause bretonne, annonçaient que le malheur des Bretons pour leur Patrie, serait un jour, par un retournement des évènements, le propre malheur de la France. Parmi toutes ces voix lucides, j’ai déjà cité l’abbé Perrot. Dans les années trente il mettait en garde ses compatriotes :

« Ne vous laissez pas séduire par les influences étrangères, sans savoir d’abord ce que vous leur opposerez de votre propre culture, car si vous les invitez chez vous sans leur imposer des règles de respect, elles ne tarderont pas à chasser vos traditions les plus vénérables pour imposer les leurs ; c’est ce que fait aujourd’hui la France en Bretagne, c’est ce que feront demain ces cultures étrangères en France, puis chez nous. Alors nous aurons tout perdu !»

Et il ajoutait : « En détruisant notre foi, notre langue, nos traditions, en niant notre Histoire, la France connaîtra le jour où sa propre langue, son Histoire, ses traditions, sa foi seront détruites par des forces étrangères qui retourneront contre elle ses propres lois destructrices des peuples ! »

Admirable lucidité prémonitoire, car c’est bien aujourd’hui ce qui arrive, pour son malheur à la France, la négation de son âme, de son Histoire, de sa culture, de sa grandeur, jusqu’à sa langue si malmenée par des forces étrangères qu’elle a de manière suicidaire invité chez elle. Des forces qui lui conteste même son droit d’exister, comme la France contesta à la Bretagne son droit d’exister en tant que nation et peuple différent du peuple français. La France, comme la Bretagne, est en train de tout perdre. D’ailleurs, l’abbé Perrot était dans la ligne de l’Église et de ses papes. A la Noël 1943, en plein conflit mondial, le pape Pie XII dans son discours au monde proclamait :

« Ne prétendez imposer à aucun membre de la famille des peuples, fut-il petit ou faible, des renonciations à des droits substantiels et à des nécessités vitales, que vous-mêmes, s’il s’agissait de les appliquer à votre propre peuple, jugeriez impossibles. »

C’était encore le temps où l’Église défendait l’âme des peuples qui lui était confiés. Monseigneur Adolphe Duparc, évêque de Quimper, sans doute le plus remarquable de nos évêques bretons   disait :

« Les Bretons parce qu’ils ne savent pas l’ histoire de leur pays, ignorent tout de la Bretagne, c’est leur plus grande faiblesse ! » (Extrait de son homélie à la Messe du Bleun-Brug au Folgoët le 6 septembre 1928).

N’est-ce pas là, aujourd’hui, le sort des Français, mais aussi de bien des peuples – notamment européens – d’ignorer leur histoire, leur cultures, de rejeter leurs plus belles traditions, de cultiver la honte de ce qu’ils furent ?

ET L’ON FIT TAIRE LE CHANT DE L’ALOUETTE ET L’ANGELUS

Illustration Ar Gedour / EFK.AI (DR)

Comme Philippe de Villiers, dans les années 1960, j’ai pu voir avec effarement tous les « grands bradages » de la société d’avant, en clair de tout ce que nos ancêtres avaient laborieusement bâtit au cours des siècles ; tout devait être largué. Comme sous la Révolution, on allait créer un homme nouveau, y compris dans l’Église : un certain clergé entendait créer un « chrétien nouveau » avec une foi d’adulte, loin des encombrantes traditions.

C’est alors que le chant de l’alouette qui montait à l’aurore très haut dans l’azur allait bientôt s’éteindre en même temps que le chants des moniales et des moines, et que les cloches de l’Angélus. Breton, je voyais du jour au lendemain, nos admirables cantiques et notre langue décrétés, en même temps que le chant grégorien et le latin, indésirables dans la nouvelle liturgie. Dans ce mémoricide en cours, prenait place de multiples petits mémoricides identitaires qui blessait mon âme bretonne. Dans le même temps où dans les églises ont cassait les autels, les chaires de Vérité, dehors, dans toutes nos si belles campagnes, on jetait à bas, en quelques secondes, les talus et les chênes séculaires, tout cela au nom du progrès et de l’Homme Nouveau, universel et sans racines. Le temps des mémoricides, des déracinements, de leur accomplissements était venu : il avait d’abord été vendéen, breton, et maintenant il était français, pour devenir, en moins d’un demi siècle, européen.

Le pape François, et on lui en sera gré, a lors de son voyage en Corse le 7 décembre dernier réaffirmé, et ce à la suite de ses prédécesseurs, le lien étroit qu’il y avait entre la foi, les traditions populaires et la culture d’un peuple. Nous étions loin de cette Eglise de l’enfouissement et des braderies des années précédentes. Il justifiait ainsi les combats de nos aînés pour sauver l’âme de leur peuple.

Concernant le devenir de la langue d’un peuple, je pourrai ici citer encore bien des personnalités bretonnes pour notre langue, mais je citerai plutôt un grand ami de Philippe de Villiers, l’écrivain Boualem Sansal, franco-algérien amoureux de la culture et de la langue française (5). Dans son livre Le français, parlons-en ! il dit très justement :

« Un peuple qui perd sa langue devient un étranger dans son pays ».

Nos aînés bretons n’ont pas dit autre chose. Monsieur Sansal nous parle de la langue française, qui si elle se trouve aujourd’hui assez malmenée, n’est tout de même par encore à l’agonie.  Mais ce n’est pas la langue française qui est devenue étrangère dans son pays mais la langue bretonne. Selon un dernier sondage de l’Institut TMO, et rendu public par le Conseil Régional de Bretagne, il ne reste que 107.000 locuteurs de la langue bretonne dans les cinq départements bretons, soit 2,7 % de la population. En 1990, il y en avait 250.000, soit une perte des deux tiers en trente cinq ans, et ce malgré les écoles bilingues. A ce rythme, l’optimisme n’est guère de mise. La langue bretonne n’est même plus minoritaire en Bretagne, elle a quasiment disparue de la vie publique, dans l’Église, elle n’est plus qu’une option, voire une curiosité amusante. Le mémoricide breton en cours est tout dans ce sondage. Pour s’en convaincre, il suffit d’interroger des Bretons, enfants ou adultes : rares sont ceux qui savent ce que signifie leur nom, leur prénom ou celui de leur village. Jusqu’aux années 1980, des prénoms bretons étaient encore interdits, mieux valait s’appeler Térébenthine (sic) que Tanhouarn (6).

Mais l’avertissement le plus prémonitoire de l’abbé Perrot à certains de ses compatriotes militants tentés par certaines idéologies, fut : « Si aujourd’hui (1921) la France, depuis la Révolution française, est tombée si bas pour peut-être ne plus jamais se relever, c’est parce qu’en elle toutes les vertus chrétiennes se sont éteintes les unes après les autres ! »

Il indiquait ainsi la voie à ne pas suivre, celle d’une France apostate, se reniant elle-même. Le refus d’inscrire les racines chrétiennes de l’Europe dans la Constitution européenne est en soi un mémoricide à l’échelle du continent.

Avec l’optimisme qui le caractérise, Philippe de Villiers, dans le chapitre III de son livre, nous invite à ne pas désespérer d’un relèvement salutaire « Tout est perdu, tout est sauf ! » nous dit-il, et que « l’arbre sec refleurira ». Il est vrai qu’ici et là, en Bretagne, en France nombre d’initiatives, de prises de conscience vont dans ce sens, mais encore bien trop fragiles car presque toutes reposent sur quelques personnes plus dynamiques que d’autres, et c’est sans compter sur la force des médias, du mensonge. Mais si l’arbre sec français doit refleurir, qu’il nous soit permis à nous Bretons de penser d’abord à faire refleurir l’arbre sec breton en invitant les élites françaises à cesser de se comporter en mémoricides, dignes héritiers des révolutionnaires. Pour que l’arbre refleurisse, nous devons lui redonner de bonnes racines qui s’alimenteront dans le bon terreau que sont les vertus chrétiennes, et en supprimer les branches mortes. C’est la leçon de ce livre.

Est-il donc exagéré de parler d’un mémoricide breton, et par comparaison, de le renvoyer au mémoricide français ? …

Notes :

  1. Mémoricide, éditions Fayard. 21 euros 90.
  2. Vendée, du génocide au mémoricide. Reynald Secher. éditions du Cerf (2011).
  3. Dans mon livre Vie de l’abbé Perrot. J’ai tant pleuré sur la Bretagne (épuisé), et l’édition de poche Yann-Vari Perrot. Une âme pour la Bretagne (toujours disponible) aux Editions Via Romana et Ar Gedour, j’ai, sans employer le mot mémoricide (je n’y avais pas pensé …), parlé de tous les bouleversements de la société que cite de Villiers, et j’aurais pu donner à mon livre le titre de cet article, car il dénonce le mémoricide breton que pratique depuis cinq siècle, et surtout depuis la Révolution française, la France.
  4. Lire notre article «Il y a cent ans, le Congrès Panceltique de Quimper de 1924 », qui permet de mesurer l’ampleur d’une authentique élite bretonne politique, économique, culturelle et religieuse qui fût, notamment lors de ce Congrès des lanceurs d’alertes sur le mémoricide breton qui était alors dans une phase très active.
  5. Boualem Sansal, écrivain franco-algérien, opposant au régime algérien, actuellement en prison en Algérie. Le français parlons en ! Éditions du Cerf (2024) 19 euros.
  6. C’est l’écologiste Cécile Duflot qui donnera à sa fille le prénom de Térébenthine.

À propos du rédacteur Youenn Caouissin

Auteur de nombreux articles dans la presse bretonne, il dresse pour Ar Gedour les portraits de hauts personnages de l'histoire religieuse bretonne, ou encore des articles sur l'aspect culturel et spirituel breton.

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4 Commentaires

  1. Excellent article !
    Trugarez !

  2. Très belle publication sur la trajectoire historique et culturelle du peuple breton qui est une catastrophe d’ampleur depuis L’Ancien régime Louis XIV en particulier remettant en cause le pouvoir provincial , la révolution française à effacer celui complètement et  » créer un homme nouveau  » ensuite un homme sans spiritualité :  » l’homme matériel » devenu un consommateur désenchanté de nos jours , sans boussole c’est à dire où l’absence de sens de l’existence devient un problème majeure c’est pourquoi celui-ci recherche « les paradis artificiels  » ( mots évoquant la fracture profonde de l’âme) par le biais des drogues , comme les alcooliques à la recherche de spiritueux ( dans ce mots réside le sens de spirituel ) au fond , l’être coupé de sa nature profonde, sa vocation transcendante qui l’élève vers Dieu .

    « Si Dieu n’existe pas tout est permis  » cette phrase lapidaire exprime le désarroi d’un écrivain face aux vides , un cri de désespoir .

    Le message du pape Léon XIV invite à l’espérance dans la promesse du Messi , une vie spirituelle par le biais de la Foi . Nous avons la liberté de choisir et c’est bon et c’est bien !

    Entre le succès , le pouvoir , l’argent et les plaisirs que donnent le monde présent , et nous soucier de votre destinée sur le chemin de vie en prenant les commandes de celle -ci .

  3. Trugarez !

  4. Nous avons coutume d’écouter Philippe mais parfois il se saoule de ses paroles et sa manie de nous asséner Clovis dont nous n’avons que foutre à l’Ouest, Louis IX passablement crétin avec sa reliquomanie, le proxo Louis XIV assassin des Picards, Normands, Bretons, Cévenols, des habitants du Palatinat et fossoyeur de la Monarchie ces gens-là ne sont pas nos idoles, sans parler de ses bidouillages en qualifiant de Vendéens Charrette, de Conti et autres…STOP! Cet ex-sous-Préfet reste un technocrate de Paris, un jacobin.
    Je ne reçois plus ar Gedour ni B/I depuis le 29/05.

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