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Explication d’un cantique breton: Itron Varia Keluen

Itron-Varia-KeluenÀ quelques jours de la fête de l’Assomption arrêtons-nous sur un cantique vannetais bien connu en l’honneur de Notre-Dame.

Ce cantique figure dans le recueil de cantiques du diocèse de Vannes sous le titre : Itron Varia Keluen (Dame Marie de Quelven). Mais comme le souligne Fañch Morvannou dans « kannenoù ar feiz » – rien dans les paroles ne se réfère à la Vierge vénérée sur la colline de Quelven -.

Ce qui fait donc que ce cantique peut être chanté non seulement dans tout le vannetais mais ailleurs en Bretagne, pour honorer la Sainte Vierge.

À Quelven il est donc chanté mais avec une variante dans le refrain : « O mamm dous ha tiner » (Ô Mère douce et tendre) est remplacé par « O Guerhiéz a Gelùen » (Ô Vierge de Quelven). L’air de Quelven s’est répandu en dehors des frontières du Bro-Gwened puisqu’on le retrouve à la fois dans le Finistère pour honorer N-D du Folgoët : « Patronez dous ar Folgoat » ou dans les Côtes-d’Armor pour honorer Saint Yves : « Pa neo hirié ho pardon, Sant Erwan vinniget ».

Dans le Finistère, le cantique possède une variante musicale par rapport à « l’air de Quelven ». Ce n’est pas une exception : plusieurs cantiques chantés à des endroits différents possèdent des variantes pour se distinguer de l’air originel.

Sur le plan musical, notre cantique vannetais est écrit en mode de sol ou en tonalité de sol majeur (ce qu’indique la présence du Fa dièse à l’armure avec donc un accord majeur : Ré-Fa#-La).
À noter que dans le Finistère le cantique « Patronez dous ar Folgoet » est écrit en mode de Mi ou tonalité de Fa Majeur.
Le rythme en 6/8 donne une légèreté à la mélodie qui, à trois reprise, possède une série de notes conjointe tantôt ascendante :si-do-ré-mi (mesure 2) et ré-do-si-la (mesure 7 et 8).

Les paroles, quant à elles, nous enseignent que depuis tout temps la Sainte Vierge, fille très sainte d’une Sainte Mère (ô combien aimée et vénérée des Bretons) a été honorée en Bretagne.
Le deuxième couplet (le cantique en compte 9) témoigne l’attachement des bretons à Dieu et à la sainte Vierge : « à Dieu et à leur mère chérie les enfants de Bretagne, comme leurs ancêtres autrefois sont aujourd’hui fidèles ».
Des paroles qui, si elles restent encore vraies dans l’ensemble, sont à nuancer quand on sait que de nos jours la foi et la pratique religieuse se perdent en Bretagne comme ailleurs en France.

Le refrain se fait supplication :

« Sur vos enfants chéris, ô Vierge de Quelven  jetez un regard de compassion, un regard plein de douceur, gardez-nous en tous temps, et à l’heure dernière conduisez tous vos Bretons au royaume du Ciel ».

Puisse cette supplication monter encore aujourd’hui et demain du cœur des Bretons ! “Itron Varia Keluen pedit évidomp” !

Pour en savoir plus sur le cantique à N-D de Quelven, consultez la page du site « kan illiz » qui lui est consacré : http://www.kan-iliz.com/ar-ho-pugale-karet/

À propos du rédacteur Louis-Marie Salaün

D'origine bretonne,né en 1982 petit-fils d'écrivain catholique il est sensibilisé depuis l'enfance à la musique sacrée, la transmission et la défense de la foi. Il découvre tout jeune les cantiques bretons par le biais du duo bombarde et orgue (qu'il pratique aujourd'hui avec son beau-frère). Devenu sonneur de bombarde à l'âge de 26 ans il est en parallèle animateur liturgique dans sa paroisse de 2003 à 2010, puis chef de chœur de 2 chorales paroissiales (ND de la Trinité à Blois en 2012-2013 et le Chœur St Nicolas à Troyes depuis 2015).

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