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Faire payer l’accès aux cathédrales : oui ou non ?

Photo Ar Gedour (DR)

L’animateur Stéphane Bern a été nommé par le gouvernement comme “Monsieur Patrimoine” afin de réfléchir à des pistes pour la préservation de nos monuments historiques. Plongeant dans le modèle anglo-saxon, plusieurs solutions émergent, des idées intéressantes et bousculant un peu certaines notions. Il faut savoir qu’un quart des 44 000 monuments historiques sont en mauvais état, cela sans parler des sites non protégés. Comment sauver ces trésors ?

Via le financement participatif sur certaines plate-formes et par la Fondation du Patrimoine, de nombreuses restaurations ont lieu, la population se rendant compte qu’elle doit aussi se prendre en main pour sauvegarder châteaux et églises, chapelles et manoirs.

Parmi les diverses pistes, il a été évoqué l’entrée payante aux cathédrales. En effet, les monuments religieux, confisqués par l’Etat Français à la Révolution Française et après, deviennent un poids si lourd que les collectivités n’ont plus les moyens de les entretenir.

Comment récupérer une manne qui permettrait d’entretenir et de restaurer ces édifices ? Dans les colonnes du Parisien, l’animateur a évoqué l’exemple anglais :

“A Londres, l’entrée à l’abbaye de Westminster est fixée à 24 euros ! Une autre idée intéressante outre-Manche : le National Heritage. Ce club compte 4 millions d’adhérents qui versent entre 150 et 200 euros par an. L’argent sert à entretenir et restaurer tous les monuments gérés par l’English Heritage. En contrepartie, ses membres ont une carte pour visiter tous les monuments et avoir accès une fois par mois à un événement dans un de ces lieux.”

Nous évoquions récemment sur Ar Gedour le cas d’une chapelle dont l’entrée était de 2 euros, obligeant même celui qui va prier à payer une obole, de manière à participer aux frais. Demain nos cathédrales, après-demain nos chapelles ? Même si cela se comprend, il y a tout de même un problème car c’est la liberté religieuse qui est en jeu. Faire payer l’accès en-dehors des offices peut-être une solution, mais cela signifie que celui qui veut accéder juste pour prier, pour se confesser… devra trouver d’autres pistes. Nos lieux de cultes deviennent alors plus des musées qu’autre chose. Ils perdent leur âme.

Si bien évidemment l’Etat voit que finalement, confisquer à l’Eglise tous ses biens n’était pas une si bonne idée, on comprend cependant que celui-ci se demande comment financer des gouffres financiers. Soit dit en passant, il est regrettable de voir que bien souvent, les catholiques eux-mêmes, sauf des passionnés, ignorent les besoins. Qu’est-ce qui empêche une communauté de rechercher des financements pour refaire le toit ou pour traiter le bois, pour restaurer l’autel ou renouveler le mobilier, en partenariat avec les collectivités locales ?

Ce n’est pas parce que c’est la propriété de l’Etat que l’Etat peut tout prendre en charge ! Les prêtres sont affectataires de ces lieux, et nous en sommes les utilisateurs. Travailler en partenariat pour que ces joyaux puissent être entretenus peut donc sembler logique.

Encore faut-il se bouger pour cela. c’est de l’énergie, c’est du temps. Mais si nous, chrétiens, ne sommes pas à même de travailler pour que ces écrins qui sont au coeur de notre foi, gardent leur éternelle splendeur pour Dieu et pour nous, alors nous ne pourrons nous opposer à des solutions telles que l’accès payant à ces lieux de culte.

Et vous qu’en pensez-vous  ?

À propos du rédacteur Tudwal Ar Gov

Bretonnant convaincu, Tudwal Ar Gov propose régulièrement des billets culturels (et pas seulement !), certes courts mais sans langue de buis.

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