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La liturgie et les recommandations pour le Vendredi Saint

Amzer-lenn / Temps de lecture : 6 min

20150702_210821.jpgDans certaines paroisses, la liturgie de la Croix est bien pauvre, parfois négligée pour se consacrer totalement à la Veillée Pascale. Où se trouve la richesse portée par les hymnes et les cantiques comme Crux fidelis ( Croix fidèle, arbre unique et noble entre tous, aucune forêt n’en produit qui t’égale, en fleurs, en feuillage et en fruits) ou Christus factus est… ? Des paroles profondes qui n’ont pas d’égales en langue française, du moins dans le répertoire paroissial. La liturgie dépouillée peut pourtant dégager une certaine solennité soulignant la gravité de l’instant, marquant les esprits et touchant les coeurs. Chaque péché commis est un clou planté dans le corps mutilé du Christ, chaque manquement Lui devient un coup de fouet supplémentaire. Mais lorsque se dévoile la Croix miséricordieuse, alors nous voyons la grandeur de ce Don, nous prosternant au pied de cette Croix. Et la liturgie nous aide à rentrer pleinement dans ce mystère. Voici un extrait de la lettre-circulaire concernant la préparation et la célébration des fêtes pascales, publié par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi qui peut nous aider à y voir plus clair :

 

58. En ce jour où « le Christ, notre Pâque, a été immolé » [63], l’Église médite sur la Passion de son Seigneur et époux, et vénère la Croix et, se souvenant qu’elle est née du côté du Christ endormi sur la Croix, elle intercède pour le salut du monde entier.

59. L’Église, en ce jour, selon une très ancienne tradition, ne célèbre pas l’Eucharistie; la communion est donnée aux fidèles uniquement pendant la célébration de la Passion du Seigneur; toutefois, on peut, à n’importe quelle heure du jour, porter la communion aux malades et aux infirmes qui ne peuvent participer à cette célébration [64].

60. Le Vendredi saint est un jour de pénitence obligatoire dans toute l’Église, que l’on observe par l’abstinence et le jeûne [65].

61. La célébration des sacrements est strictement interdite ce jour-là, à l’exception de la pénitence et de l’onction des malades [66]. Les funérailles seront célébrées sans chant, sans orgue et sans cloche.

62. On recommande de célébrer aujourd’hui dans les églises l’Office de lecture et les Laudes, avec la participation du peuple (cf. n. 40).

63. La célébration de la Passion aura lieu l’après-midi, vers trois heures. Une raison pastorale pourra faire choisir une heure plus opportune, où il sera plus facile de rassembler le peuple, par exemple depuis midi ou à une heure plus tardive, mais non au-delà de neuf heures du soir [67].

64. L’ordonnance de cette action liturgique (liturgie de la Parole, vénération de la Croix, communion), qui vient de la tradition ancienne de l’Église, sera observée religieusement et fidèlement, et personne n’a le droit de la changer de son propre chef.

65. Le prêtre et les ministres s’avancent vers l’autel en silence et sans chant. Si l’on doit dire quelques mots d’introduction, que ce soit avant l’entrée des ministres. Le prêtre et les ministres, après avoir salué l’autel, se prosternent ; que ce prosternement, qui est un rite propre à ce jour, soit conservé avec soin : il exprime en effet l’humble « condition du premier homme » [68] ainsi que le chagrin et la douleur de l’Église. Pendant l’entrée des ministres, les fidèles demeurent debout, puis ils se mettent à genoux et ils prient en silence.

66. Les lectures seront assurées intégralement. Le psaume responsorial et le chant avant l’Évangile seront chantés de la manière habituelle. Pour la proclamation de la Passion selon saint Jean, on suivra les mêmes directives qu’au dimanche précédent (cf. n. 33). Après le récit de la Passion, on fera l’homélie, à la fin de laquelle on pourra inviter les fidèles à demeurer quelques instants en méditation [69].

67. La prière universelle doit conserver son formulaire reçu de l’antiquité, avec toute l’ampleur des intentions qui signifie la valeur universelle de la Passion du Christ qui a été suspendu à la croix pour le salut du monde entier. Pour une grave nécessité publique l’Ordinaire du lieu peut autoriser ou imposer une intention spéciale [70]. Dans l’ensemble des intentions proposées par le Missel, le prêtre pourrait choisir celles qui sont les plus aptes à nourrir la prière de l’assemblée, pourvu toutefois que soit assurée la série habituelle des intentions de la prière universelle [71].

68. Pour la présentation de la croix, celle-ci doit être suffisamment grande et belle. On choisira l’une ou l’autre forme de présentation que donne le Missel. Ce rite doit être accompli avec une splendeur digne du mystère de notre salut : aussi bien l’invitation faite en élevant la croix (« Voici le bois de la croix… ») que la réponse du peuple seront chantées, et l’on n’omettra pas un silence plein de respect après chaque prosternation, le prêtre célébrant demeurant debout et tenant la croix élevée.

69. La croix sera présentée à chaque fidèle, la vénération de la croix par chacun étant un élément de très grande valeur dans cette célébration. Ce n’est qu’en cas d’un très grand nombre de participants qu’on pourrait prendre le rite de vénération accompli par tous ensemble[72].

70. On ne doit présenter qu’une seule croix à la vénération cela est exigé par la vérité du signe. Pour la vénération de la croix, on chantera les antiennes, le chant des reproches (Impropères) et l’hymne en l’honneur de la croix, qui rappellent sur un mode lyrique l’histoire du salut[73] , ou d’autres chants appropriés (cf. n. 42).

71. Après la célébration, on dépouille l’autel, en y laissant toutefois la croix entourée de quatre chandeliers. On prépare dans l’église un lieu convenable (par exemple la chapelle où l’on a conservé le Saint-Sacrement la veille au soir), et on y placera la croix du Seigneur, pour que les fidèles puissent la vénérer et l’embrasser, et demeurer là en méditation.

72. Les « pieux exercices » comme le Chemin de la Croix, les processions de la Passion, la mémoire des douleurs de la Vierge Marie, ne doivent pas du tout être négligés pour des raisons pastorales. Les textes et les chants qu’on y emploie seront accordés à l’esprit de la liturgie de ce jour. L’heure doit être harmonisée avec l’heure de la célébration principale, de sorte que l’action liturgique apparaisse de loin supérieure, de sa nature, à tous ces « pieux exercices »[74]

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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