Saints bretons à découvrir

Le Bagad Brieg présente “Le Roi est mort”

Amzer-lenn / Temps de lecture : 2 min

Le Bagad Brieg a présenté ce week-end sa nouvelle création “Le Roi est mort”, avec la participation de la compagnie Sonjévéyé. Vous pouvez retrouver la performance ci-dessous. Si le Bagad Brieg nous a habitué à des interprétations sortant des sentiers battus, c’est encore le cas ici, dans une créa ambulatoire musicale dynamique et à la mise en scène bien léchée, qui se rapproche de la Dark Noz des Eostiged ar Stangala.

Nous pouvons souligner la créativité de l’ensemble, dont le style n’est pas sans rappeler ici le son de feu Black Label Zone. Les connaisseurs se seront certainement aperçus  que le spectacle est introduit par une longue composition basée sur le Dies Irae (Jour de colère), séquence liturgique médiévale appelée aussi Prose des Morts, chantée jusqu’il n’y a pas si longtemps le 2 novembre pour la commémoraison des fidèles trépassés ou pour les messes de Requiem. Le ton est donné. Et en effet, la mise en scène surprenante s’appuyant sur le théâtre de rue donne dans le dark, dans le sombre, dans un semblant de steampunk tribal où il semble que l’Homme ne se réalise que dans la rauque attitude. Il parait que la pythie vient en mangeant. On se prend donc à déguster le menu, et on apprécie l’alchimie et une certaine magie, d’autant qu’on aime le style inimitable du Bagad Brieg, mais on se demande encore pourquoi la beauté de la Bretagne, particulièrement dans ce terroir, semble devoir s’éclipser derrière la noirceur d’un folklore pagan fantasmé qui pourrait flirter avec le concert strygo-anthologique de Lestat dans la Vallée de la Mort ou avec le sacre du pape des fous, mascarade médiévale issue des saturnales romaines. Pourquoi s’enfer, me direz-vous, puisqu’on est dans le spectacle (dans un univers qui plait à beaucoup) et dans la marrade musicale entre potes, avec ce grain de folie propre à Brieg qui libère une véritable créativité artistique ?

C’est vrai… et on peut se laisser happer par le show, mais au crépuscule d’une ère sanitaire qui semble se répliquer au rythme des mois noirs, on est en droit d’attendre quelques notes de lumière et d’espérance.

À propos du rédacteur Tudwal Ar Gov

Bretonnant convaincu, Tudwal Ar Gov propose régulièrement des billets culturels (et pas seulement !), certes courts mais sans langue de buis.

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