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[LE FAOUET] Beaucoup de monde au pardon de Sainte-Barbe

sainte barbeLa chapelle Sainte-Barbe au Faouët – nous dit ce site –  avait été bâtie, selon la tradition locale, par un sei­gneur du pays, surpris à la chasse par un violent orage dont il sortit sain et sauf. Datée de 1498, cette chapelle de style gothique flamboyant a été construite dans un site magnifique, au-dessus de la vallée de l’Ellé. A l’intérieur, des vitraux retracent des scènes de la vie de sainte Barbe et différents mira­cles qu’on lui attribue, ainsi que la légende du seigneur sauvé de l’orage. Il ne fait pas de doute que ce lieu rocheux au-dessus d’une vallée profonde doit être l’objet de violents orages, comme on peut aussi le constater à la chapelle Sainte-Barbe de Pont-Augan. Ce rocher est encore appelé «Roc’ h ar Marc’h bran», le roc du cheval corbeau. Cette association du cheval et du corbeau n’est pas sans nous rappeler la mythologie celtique et par conséquent nous informer sur l’ancienneté d’un culte pré-chrétien en ce lieu. Derrière la chapelle, à gauche, un chemin en partie dallé et bordé de hêtres, mène jusqu’à la fontaine datant de 1708. L’édicule est composé d’une large niche encadrée de deux muretins ; une arcade en plein cintre repose sur deux piliers et une grande statue en granit de sainte Barbe protège l’eau de la source.

Le Pardon de Sainte-Barbe au Faouët, ce dimanche 25 juin, a attiré plus de monde que l’an passé, au dire de plusieurs habitués. Le beau temps aura sans doute incité les quelques 250 personnes à sortir, cela sans compter les nombreux promeneurs de l’après-midi.

Un bel office célébré par le Père Julien Naturel (responsable de la propédeutique et du foyer Jean-Paul II à Sainte Anne d’Auray, concélébré par le Père Jean-Baptiste de Barmon, recteur du Faouët, dans lequel nous trouvions aussi bien des cantiques bretons (cantique à Sainte Barbe, anamnèse en breton) que du grégorien (Credo III) ou des cantiques en français, le tout dans une polyphonie de qualité assurée par la chorale paroissiale, accompagnée d’un organiste de Châteauneuf -du-Faou.

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Photo Ouest-France

Si dans l’ensemble la liturgie de l’Eglise est respectée, l’exiguïté du lieu ne permet pas une mise en valeur de la Sainte Messe. En effet, celle-ci a lieu au pied de la chapelle, les marches servant de gradins. Beaucoup de personnes âgées restent d’ailleurs en haut étant donné la difficulté de descendre cet imposant escalier de pierre. Nous pourrions imaginer que la messe soit célébrée au pied du grand calvaire de l’esplanade, permettant de déployer la liturgie, et d’envisager une belle procession d’entrée avec des bannières, par exemple.

La taverne proposait elle-même des crêpes, mais dans l’ensemble, très peu de personnes ont consommé sur place. Pourtant, ces mêmes personnes n’hésiteront pas à rester au repas organisé par d’autres pardons. Cette question se pose d’autant plus que beaucoup de monde est passé durant l’après-midi, et peu de personnes ont assisté au chapelet suivi de l’adoration qui avaient lieu dans la chapelle. Il est certain que de seules vêpres, le chapelet ou l’adoration n’attirent plus. Sauf dans les pardons où les vêpres sont suivies d’une procession et du Salut du Saint -Sacrement. Se pencher sur ces questions visant à pérenniser et dynamiser un pardon qui autrefois attirait des milliers de personnes n’est donc pas accessoire.

Il serait aussi intéressant de se pencher sur la manière de garder les pèlerins sur site tout au long de la journée. Ouest-France titre (en date du 27/06/2017) que “Le pardon de Sainte Barbe a perdu de sa ferveur” :

Considéré auparavant comme l’un des plus grands pardons bretons, celui de Sainte-Barbe du Faouët a perdu d’année en année beaucoup de sa ferveur. Dimanche, la messe a été animée par la chorale paroissiale qui avait travaillé de nombreux chants en polyphonie. Et du côté de La Taverne, on servait des crêpes comme pour renouer avec les traditions du passé.

Sur la place des Halles, la fête profane n’accueillait que quelques auto-tamponneuses et un concours de palets. « Ce n’est pas mieux qu’en haut sur le plateau. La Sainte-Barbe est aujourd’hui bien tristounette. Les petites chapelles s’en tirent mieux avec leurs petits comités », confiait ce Faouëtais.(OF 27/06/2017)

Nous avons interviewé quelques personnes du secteur et à chaque fois, le discours est le même : “oui mais vous savez, ca ne sera jamais plus comme avant” s’exclame une dame de 70 ans. Sa voisine enchérit : “on ne peut rien y faire”. Et c’est ce défaitisme ambiant qui traduit le manque d’ambition pour ces pardons, pourtant lieux d’évangélisation, comme nous aimons à le répéter. Le pardon attire encore aujourd’hui, mais si celui-ci continue sur la lancée actuelle, il périclitera et s’éteindra doucement. Alors même qu’il a le moyen de devenir un haut-lieu de pèlerinage. Nous ne pouvons nous résigner à laisser dire que rien n’est possible. Redonnons l’espérance et montrons que les choses peuvent changer, comme à Saint Gildas-des-Bois (44) où le pardon est parti de rien il y a quelques années et attire aujourd’hui beaucoup de monde.

La mise en place d’un comité de chapelle chargé de développer ce pardon pourrait peut-être contribuer à un renouveau.

POINTS FORTS : 

  • Ce pardon est en quelque sorte LE pardon du Faouët, comme le Pardon de Saint Fiacre. Il y vient donc beaucoup de monde, bien plus que les seules personnes du quartier.
  • Certains ajustements sont à prévoir mais dans l’ensemble la liturgie est relativement respectée. Animée par la chorale paroissiale, tout comme pour le Pardon de St Fiacre, la messe transpire d’une certaine solennité, notamment grâce à des chants bien choisis et par la présence de ce choeur.
  • Plusieurs générations sont présentes, et sont capables de chanter le chant local dédié à Sainte Barbe
  • A l’instar de “En Hent” organisé dans le Finistère, une marche-pèlerinage est entamée avant la messe par certains paroissiens et des enfants, de l’église paroissiale jusqu’à la chapelle, pour la messe, suivi d’un pique-nique. Une très bonne initiative à mettre absolument en avant, notamment auprès des jeunes.

 

POINTS A AMELIORER

 

  • Certaines personnes (dont plusieurs de nos lecteurs) sont prêtes à venir en costume breton avec les bannières de leurs secteurs. Si une procession était mise en place, nul doute que cela attirerait donc beaucoup de monde. A l’Esprit Saint de s’occuper ensuite de toucher ceux qui ne viendraient que pour le côté culturel. Un renouveau de ce pardon en ce sens ne se positionne alors plus dans un maintien de tradition, mais dans une volonté missionnaire partant d’un pardon enraciné. Nous renvoyons nos lecteurs aux paragraphes 143 et suivants de l’encyclique du Pape François « Laudato Si ». Ces passages concernent ce qu’il appelle « l’écologie culturelle ».
  • Il n’y a pas à notre connaissance de comité de chapelle. Pourtant, il serait souhaitable qu’il en soit créé un, et que soit trouvée une manière de garder les pèlerins sur le site -qui a été totalement rénové- jusqu’aux vêpres.
  • L’accueil pour recevoir les offrandes de messes devrait être plus visible. Les habitués savent que c’est à la chapelle. Les autres non.
  • Sainte Barbe est patronne des pompiers. Pourquoi ne pas associer les pompiers aux festivités, ce qui à la fois ouvrirait le pardon vers des périphéries et de plus proposerait une activité complémentaire sur site.

 

 

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d’Ar Gedour.

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Un commentaire

  1. Santez Barbon ! . .. si la messe était en langue bretonne, avec bien entendu les merveilleux cantiques bretons, je reste persuadé qu’il y aurait bien plus de monde . ..!

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