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L’HISTOIRE EN FUMÉE ?…

G. Painblanc (DR)

L’embrasement de Notre-Dame, sous les yeux incrédules des témoins et des téléspectateurs du monde entier, conduit tous et chacun de nous à…revenir à soi.

Assister, impuissant, à la disparition dans les flammes d’un écrin de l’Histoire , c’est souffrir une violence faite à notre âme. Ce n’est pas le bon Dieu, ni la Sainte Vierge, qui a déclenché la catastrophe. Mais le choc asséné à notre génération, est un signal adressé à tous.

Notre-Dame est bien davantage qu’un Monument Historique. On l’a dit. C’est l’Histoire de France, et au-delà, c’est l’identité d’une nation, les racines de la civilisation, qui sont visées.

chapelle bretonne à l'abandon
chapelle bretonne à l’abandon

En regardant cette « actualité » consternante et la cathédrale réduite à ses murs, je pensais à tant de chapelles en Bretagne, également réduites à leurs murs, par l’indifférence générale, l’ignorance et l’incurie d’une génération… Je voyais la chapelle Saint Mathurin en Laniscat, dont le toit s’est effondré il y a peu de temps. Je revoyais Saint-Roch, en Plounévez-Quintin, pareillement ruinée, mais où nous avons « relancé » le pardon en Septembre, à ciel ouvert…

J’entendais la voix grave de Jean-Paul II : « France ! Fille aînée de l’Eglise, que fais-tu des promesses de ton baptême ?… » Posons-nous la question : nos chapelles, aussi bien que les cathédrales… quelle motivation les a suscitées ?… L’archevêque de Paris le rappelait : « Quand le touriste nous voit à genoux devant un morceau de pain, il s’interroge. Un tel écrin pour… mais pour quoi donc ? »

Nos ancêtres, qui voulurent une chapelle et décidèrent de la planter au milieu de leurs campagnes, avaient des raisons d’élever des « maisons de prière ». Quand s’arrête la prière, « remplacée » par le bavardage médiatique et le vacarme de nos vies « bousculées », nos chapelles tombent en ruine. Elles sont pourtant bien autre chose qu’un ornement du paysage ou un local à expositions. Si l’incendie qui vient de frapper les esprits, mettant en branle l’émouvant « chœur des cathédrales » , les sœurs de Notre-Dame, qui constellent le sol du « Royaume des Lys », allait enfin réveiller nos âmes assoupies !…

Oui, c’est à nous, à chacun de nous, de nous unir à d’autres volontés pour relever ce que nous avons laissé tomber.

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À propos du rédacteur Keranforest

Né en 1939 à Carantec. Agrégé d'anglais, essayiste, poète, romancier. Devenu prêtre, animateur du Tro Breizh, il a été longtemps chroniqueur au Télégramme de Brest. Poète élégiaque, il est aussi l'auteur de deux romans qui ont la Bretagne pour cadre.

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4 Commentaires

  1. C’est un des derniers appel au secours de Notre Dieu en cette semaine Sainte ! La Cathédrale faite en l’honneur de Notre Dame par des hommes de FOI, et qui renferme un des plus beaux trésor : LA Couronne d’épines est sans doute pour nous rappeler que dans certaines églises ou chapelles il n’y a plus de Sacrifice de la Messe les Tabernacles où plus personne ne vient prier… que ce soit en Bretagne, ou en Corse ou à Paris ou dans nos provinces les Messes ne ressemblent plus à des Sacrifices…. où des spectacles profanes se déroulent ; lorsque la Croix du Christ est moquée voire profanée, lorsque les statues de Notre Dame sont décapitées etc etc…
    Nous sommes tournés toujours plus vers le matériel, et l’on oublie le principal : DIEU et sa Très Sainte Mère, alors si le moyen que Dieu a pris est le feu…. effectivement, combien de fois Jésus s’est fâché lorsqu’IL voyait le Temple devenir un repère de brigands, de marchands et de voleurs ?

    En ce jour de deuil (samedi Saint) où Jésus est descendu aux Enfers, où aucune Messe n’est célébrée dans le Monde…. tournons notre Âme vers Celui qui est mort pour nous.

    Bonne Saintes Fêtes de Pâques à vous les auteurs de ces magnifiques “reportages bretons”.
    Et que Dieu règne sur notre pauvre France. Que sa Sainte Mère nous accompagne.

  2. Merci cher Keranforest, et ancien aumônier du Tro-Breiz(h),

    “Ce n’est pas le bon Dieu, ni la Sainte Vierge, qui a déclenché la catastrophe”, certes non, c’est bien l’incurie, le désintérêt, l’incohérence dans le suivi des soins réguliers, au fil des décennies, qui – in fine – ont exposés la cathédrale aux risques d’un départ de feu aussi ravageur…Mais, en résumé, c’est bien le niveau d’étiage de la Foi dans ce pays qui est ici mis en évidence….un pays (quand ce n’est pas l’Europe même) qui préfère regarder ailleurs – on voit bien le discours général: “Croyant? Moi jamais! Laissons ces vieilles lubies résiduelles s’éteindre aussi doucement que sûrement. D’ailleurs, soyons clair, je suis laïc moi, Mossieu! Et rationnel”. Ah oui, vous aussi? Eh bien moi, comme chrétien je suis aussi laïc, figurez-vous! Et pour ce qui est d’être rationnel, j’ai la prétention de l’être autant sinon plus que bon nombre de ceux qui s’en prévalent! -.

    J’aime les chapelles, dans leur humilité, simplicité. Dans les régions de relief, il en est de serties sur fond de décor alpin glaciaire majestueux, ou blotties dans l’intimité d’un fond de vallée pyrénéenne. On y trouve parfois un bouquet de fleurs champêtres fraichement arrangé, et c’est une joie. Marque de la vie. En Bretagne, elles sont champêtres, parfois maritimes. La couleur grise sobre et élégante du granit patiné par les siècles, rappelle la proximité de la roche, partout dans ce massif armoricain, élimé par les temps géologiques, elle rappelle aussi la Foi de cette civilisation rurale bretonne qui nous a légué comme principal trésor ce que nous sommes dans le tréfonds de notre humanité terrestre. Ar feiz, ar yezh, ar garantez evit ar vro, blaz an avel hag an avañtur…evit dizoloiñ ar bed… La Foi chrétienne, venue d’Orient via les Iles britanniques à la faveur des migrations trans-Manche -les moines-celtes savaient naviguer – , la langue venue du fond de l’Europe, contemporaine dans ses soubassements de l’araméen, de l’hébreu, du grec et du latin, l’amour de cette péninsule hors d’âge et toujours jeune. Voilà ce que nous ont légués les générations d’avant.

    Le seul Finistère possède environ 900 chapelles, une concentration sans doute unique au monde. Il suffit de changer de continent pour s’en apercevoir. Depuis des décennies, des associations, au premier rang desquelles Breiz Santel (Bretagne Sainte), la première historiquement dès les années soixante, des initiatives locales aussi montrent qu’elle suscitent l’intérêt de la population ou de passionnés. Beaucoup ont été sauvées. D’autres restent oubliées, comme abandonnées. Il n’est pas trop tard. Le monde va mal, nous allons mal, collectivement. Mais elle sont là, accueillantes, prêtes pour le moment où refleurira la Foi. Restaurées, avec la marque des vieux saints – ar sent kozh – et en attente des saints d’aujourd’hui – ar sent a-vremañ… Il est temps vieille Europe que tu retrouves ta jeunesse. La Foi jamais ne sera une obligation, mais elle est un appel et une nécessité pour qui veut comprendre la condition humaine. En réalité et en profondeur. Comme un parfum délicat et entêtant, sans quoi tout serait fade ou absurde. Il manque aux chrétiens laïcs d’aujourd’hui des lieux et occasions pour s’expliquer.

    Chapellioù Breizh, pegen kaer emaoc’h. Dont a ra an amzer ma c’helloc’h degemer ar Feiz a-nevez!….

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