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[LORIENT] Un colloque international sur “la transmission familiale, vecteur d’une redynamisation du breton” en novembre à l’UBS

La transmission familiale comme vecteur fondamental d’une redynamisation de la langue bretonne ? C’est le sujet qu’abordera le colloque international qui sera organisé les 23 et 24 novembre prochains, par le Conseil culturel de Bretagne (CCB), en partenariat avec l’Université Bretagne Sud (UBS). Aux côtés d’acteurs culturels travaillant pour la transmission et l’enseignement de la langue bretonne, des spécialistes de six universités européennes – Universités de Cardiff (Pays de Galles), de Galway (Irlande), d’Edimbourg (Ecosse), de Barcelone (Catalogne), de la Sorbonne (Paris) et Rennes 2 (Bretagne) – seront présents, pour tenter d’apporter collectivement des outils aux problématiques de l’avenir des langues minoritaires, rapporte le quotidien Le Télégramme.

Bon, même si nous évitons d’utiliser le vocabulaire de langue minoritaire, qui est à double-tranchant, soulignons toutefois que cette initiative peut déboucher sur des pistes intéressantes.

 

Faire un constat et apporter des idées.

« Apporter des idées, des avis de spécialistes aux élus du Conseil régional pour favoriser une politique linguistique qui soutient la transmission familiale à partir de ce qui se passe chez nos voisins européens (irlandais, gallois, catalans etc) » : voilà tout l’enjeu du colloque, énonce d’emblée par Bernez Rouz, président du CCB. L’ambition du colloque est claire : dresser un état des lieux de la transmission familiale à partir des exemples de plusieurs langues minorisées d’Europe Occidentale, démontrer l’importance de la transmission familiale pour la pérennité de la langue bretonne et des langues minorisées ; proposer des outils aux élus pour favoriser sa prise en compte dans les politiques publiques.

Pour autant, toutes les pistes données ne remplacerons pas la volonté ferme des familles de procéder à cette transmission. En bref, pour paraphraser un évêque que nous avions cité il y a quelques mois, une élite aura beau donner les indications, si les familles ne s’en saisissent pas…


« Les écoles Diwan sont apparues en 1977, la première génération d’élèves issus des écoles bilingues a potentiellement des enfants aujourd’hui.

 “Que la notion de transmission familiale pérennise une langue prend tout son sens”, poursuit le président. Face au succès du premier colloque universitaire organisé par le CCB en 2014 à Rennes, sur la thématique de l’identité bretonne, elle a, cette fois, sollicité un partenariat avec l’UBS. « Les universités apportent une approche scientifique à la réflexion », soutient le président.

Transmission intergénérationnelle, place du breton dans les crèches et autres camps d’été bretonnants dédiés aux familles : alors qu’intervenants et associations mûriront des pistes de réflexion autour de tables rondes et prises de parole, l’UBS emploiera les grands moyens pour valoriser l’événement. « Une semaine entière sera dédiée à la culture bretonne sur le campus lorientais », explique Damien Surget, vice-président chargé de la culture à l’UBS. Activités diverses, créations artistiques, fest-noz universitaire : « Mais aussi un bagad universitaire, que nous aimerions mettre en place de façon permanente. Ça serait une première mondiale », s’enthousiasme le vice-président. Quand l’union fait la force et que le collectif aide à pérenniser le local…

 

Retour sur 100 ans de transmission du breton

À partir des années 1920, la transmission familiale du breton commence à se contracter fortement. Au début des années 1950, 2 à 3 % seulement des parents brittophones transmettent le breton à leurs enfants. En parallèle, différents phénomènes entravent sa transmission : absence d’enseignement, de diffusion à la télévision, et exode rural massif.

La création, en 1977, du réseau des écoles associatives Diwan (« le germe »), où l’enseignement est dispensé en breton, constitue un acte fondateur. Les effectifs progressent : plus de 4 300 élèves y sont scolarisés de la maternelle jusqu’au baccalauréat en 2017-2018.

D’autres réseaux d’enseignement bilingues se sont mis en place, dans l’enseignement public en 1979 avec Div Yezh Breizh (« deux langues »), et dans l’enseignement privé catholique avec Dihun (« l’éveil »), en 1990. Ces deux réseaux cumulent plus de 13 000 élèves en 2017-2018.

Des actions dans la sphère de la petite enfance ont vu le jour depuis avec notamment Divskouarn (« deux oreilles ») et Babigoù Breizh (« bébés bretons »).

L’ensemble de ces organisations sont vitales pour faire le lien entre les milieux familial et scolaire.

Au milieu des années 1980 des structures associatives ou coopératives d’enseignement du breton aux adultes comme Stumdi, Roudour, Skol an Emsav sont créées. Elles forment des brittophones qui ont pu faire du breton la langue familiale. Ces nouveaux apprenants transmettent en effet à leur tour la langue bretonne à leurs enfants. Ils sont un élément primordial de la chaîne de la transmission.

Puisque la place du breton dans les crèches sera évoquée, gageons qu’un travail commun sera engagé avec l’initiative Ganedigezh (incubateur de projets en langue bretonne liés à la petite enfance) qui prospère actuellement en Bretagne. Toute une réflexion et une action se forge actuellement sur la jeunesse, via ce projet mais aussi d’autres visant chaque tranche d’âge, dont certains sont évoqués sur le site Ar Gedour. C’est aussi un sujet primordial soutenu par Emglev an Tiegezhioù depuis de nombreuses années.

À propos du rédacteur Tudwal Ar Gov

Bretonnant convaincu, Tudwal Ar Gov propose régulièrement des billets culturels (et pas seulement !), certes courts mais sans langue de buis.

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