Saints bretons à découvrir

Musique sacrée et nouvelle évangélisation

Amzer-lenn / Temps de lecture : 5 min

En accueillant les membres de l’Association italienne Sainte Cécile venus en pèlerinage à Rome, le Pape Benoît XVI a tenu à souligner comment la musique sacrée peut promouvoir la foi et coopérer à la nouvelle évangélisation. Nul besoin d’ajouter des commentaires supplémentaires à un propos clair et argumenté.

Rappelant la Constitution conciliaire sur la liturgie, en particulier le sixième chapitre où elle traite de la musique sacrée, il a souligné comment la musique sacrée peut, avant tout, « favoriser la foi et en outre, coopérer à la nouvelle évangélisation.

À propos de la foi, il vient naturellement à l’esprit l’histoire personnelle de saint Augustin – l’un des grands Pères de l’Eglise qui vécut entre le IVe et Ve siècles après Jésus-Christ – à la conversion duquel a certainement contribué de manière significative l’écoute du chant des psaumes et des hymnes, dans les liturgies présidées par saint Ambroise.

Si, en en effet, la foi naît toujours de l’écoute de la Parole de Dieu – une écoute naturellement pas seulement par les sens, mais qui, des sens passe au cœur et à l’esprit – il ne fait aucun doute que la musique, et surtout le chant, peuvent conférer à la récitation du psaumes et des cantiques bibliques une plus grande force communicative. Parmi les charismes de Saint Ambroise, il y a avait justement celui d’une sensibilité et d’aptitudes remarquable, et une fois ordonné évêque de Milan, il mit ce don au service de la foi et de l’évangélisation. Le témoignage d’Augustin, qui était à l’époque professeur à Milan et cherchait Dieu, cherchait la foi, est à cet égard très significatif. Dans le dixième livre des Confessions, son autobiographie, il écrit: «Quand me reviennent à l’esprit les larmes que les chants d’église m’arrachaient aux premiers jours de ma foi retrouvée, et l’émotion que continuent à susciter en moi non pas le chant, mais les mots chantés, s’ils sont chantés avec une voix limpide et la modulation adaptée, je reconnais encore une fois la grande utilité de cette pratique » (33, 50). L’expérience des hymnes ambrosiens fut si forte, qu’Augustin les conserva gravés dans sa mémoire et les cita souvent dans ses œuvres; il a même écrit un ouvrage sur la musique, De Musica. Il affirme ne pas approuver, pendant les liturgies chantées, la recherche du simple plaisir sensible, mais reconnaît que la musique et le chant bien faits peuvant aider à accueillir la Parole de Dieu et à éprouver une salutaire émotion.

Ce témoignage de saint Augustin nous aide à comprendre le fait que la Constitution Sacrosanctum Concilium, conformément à la tradition de l’Église enseigne que «le chant sacré, uni aux paroles, est partie nécessaire et intégrante de la liturgie solennelle» (n ° 112 ). Pourquoi «nécessaire et intégrante»? Certes pas pour des raisons purement esthétiques, dans un sens superficiel, mais parce qu’il contribue, justement en raison de sa beauté, à nourrir et à exprimer la foi, et donc à la gloire de Dieu et à la sanctification des fidèles, ce qui est le but de la musique sacrée (cf. ibid. ). C’est précisément pour cela que je voudrais vous remercier pour votre précieux service: la musique que vous exécutez n’est pas un accessoire ou simplement un embellissement extérieur de la liturgie, mais elle est elle-même liturgie.

Vous aidez l’Assemblée toute entière à louer Dieu, à faire descendre sa parole dans les profondeurs du cœur: dans le chant, vous priez et vous faites prier, et vous participez au chant et à la prière de la liturgie qui embrasse la création toute entiere dans la glorification du Créateur.

Le second aspect que je soumets à votre considération est la relation entre la musique sacrée et la nouvelle évangélisation. La Constitution conciliaire sur la Liturgie rappelle l’importance de la musique sacrée dans la mission ad gentes et exhorte à valoriser les traditions musicales des peuples (cf. n. 119) [NDLR : les choses sont claires au niveau de la culture musicale bretonne, non ?].

Mais dans les pays de vieille tradition chrétienne aussi, comme l’Italie, la musique sacrée – avec la grande tradition qui lui est propre, qui est notre culture, celle de l’Occident – peut avoir, et a de fait, un rôle important pour favoriser la redécouverte de Dieu, une approche renouvelée du message chrétien et des mystères de la foi. Pensons à la célèbre expérience de Paul Claudel, poète français, qui se convertit en écoutant le chant du Magnificat lors des Vêpres de Noël dans la Cathédrale Notre-Dame de Paris: «A ce moment – écrit-il – je compris l’événement qui domine toute ma vie. En un instant, mon cœur fut touché et je crus. Je crus avec une force d’adhésion si grande, avec une telle élévation de tout mon être, avec une conviction si puissante, dans une certitude qui ne laissait aucune placeau doute que, depuis lors, aucun raisonnement, aucune circonstance de ma vie agitée n’ont jamais ébranlé ma foi, ni a toucher».

Mais, sans avoir recours à des personnages illustres, pensons à combien de personnes ont été touchées dans les profondeurs de l’âme par l’écoute de la musique sacrée, et encore plus à ceux qui se sont sentis à nouveau attirés par Dieu par la beauté de la musique liturgique, comme Claudel. Et ici, chers amis, vous avez un rôle important: employez-vous à améliorer la qualité du chant liturgique, sans avoir peur de restaurer et d’améliorer la grande tradition musicale de l’Eglise, qui dans le grégorien et la polyphonie a deux de ses expressions les plus hautes, comme l’indique le Concile Vatican II (cf. Sacrosanctum Concilium , 116). Et je voudrais souligner que la participation active de tout le peuple de Dieu à la liturgie ne consiste pas seulement à parler mais aussi à écouter, à accueillir avec les sens et l’esprit la Parole, et cela vaut également pour la musique sacrée. Vous qui avez le don du chant, vous pouvez faire chanter les coeurs de nombreuses personnes dans les célébrations liturgiques.

Source : Benoit-et-moi

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour. Après avoir co-écrit dans le roman Havana Café, il a publié en 2022 son premier roman "CANNTAIREACHD".

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