Saints bretons à découvrir

NANTES EN BRETAGNE, par Dominique Le Page

Amzer-lenn / Temps de lecture : 3 min

L’historien Dominique Le Page publie un livre qui retrace 1 500 ans de liens entre Nantes et la Bretagne, et permet de mieux comprendre les débats actuels. Ouest-France a publié il y a quelques jours un entretien avec l’auteur, professeur d’histoire moderne à l’université de Bourgogne,  qui a été 12 ans maître de conférences à Nantes.

 

En 851, comté de Nantes et pays de Retz intègrent la Bretagne. Quelle place pour Nantes ?

Au fil des siècles, le comté nantais devient une composante importante de la Bretagne. Cela s’accentue à la fin du Moyen-Âge. Nantes, qui est une des capitales du duché, s’impose progressivement comme lieu de séjour principal des ducs de Bretagne. Le dernier duc renforce cette position ; il y implante les organes de l’administration, fait transformer le château, à la fois lieu de résidence princière et place forte. C’est à Nantes qu’est le pouvoir. Sous l’Ancien régime, les États de Bretagne, qui réunissent les représentants du clergé, de la noblesse, et du tiers-état (les villes) vont siéger régulièrement à Nantes au XVIe siècle et encore au XVIIe siècle.

 

Comment Rennes devient-elle la capitale politique ?

En 1554, Henri II créé un parlement permanent, dont il partage les sessions entre Nantes et Rennes. Puis il l’installe à Nantes. Un accident de l’histoire, le décès du roi dans un tournoi, et l’arrivée au pouvoir de la régente Catherine de Médicis, permet aux Rennais de renverser la situation. Les Nantais défendent leur parlement tant qu’ils peuvent, mais en 1561, il est transféré à Rennes qui va s’imposer, au fil du temps, comme la capitale politique de la province, tandis que la fonction économique dominera à Nantes. Plus tard, Nantes laisse aussi partir son université. Gérard Mellier, maire de 1720 à 1729, considère qu’elle ne sert à former que « des gens de chicane ». Il préfère le négoce.

 

La position des élites économiques nantaises…

À partir des années 1920, il y a débat. C’est un peu comme aujourd’hui, la Bretagne est divisée. Les milieux patronaux nantais et nazairiens défendent un espace économique autour de l’estuaire de la Loire. Abel Durand, qui deviendra, après-guerre, président du conseil général de Loire-Inférieure, défend des régions construites sur les critères économiques ; il considère la Bretagne historique comme une Bretagne du passé. En 1941, les contraintes de la guerre vont conduire Vichy à séparer Nantes de la Bretagne, mais la décision s’inscrit dans un processus commencé avant.

 

Les défenseurs d’une Bretagne à cinq ont changé…

Avant guerre, la Bretagne historique est défendue par les conservateurs. Ce n’est plus le cas. En liaison étroite avec le réveil culturel de la Bretagne, il y a eu amplification de la revendication et élargissement de la sociologie de ses partisans. La culture y a beaucoup contribué, mais aussi l’immigration des Bas-Bretons venus travailler à Nantes. Ils ont enrichi la part bretonne de Nantes. On peut penser que l’attachement de beaucoup de Bas-Bretons à Nantes y trouve ses racines. On ne peut construire une région sans prendre en compte l’histoire quand elle dit encore quelque chose aux gens. Ce qui est le cas ici.

 

Nantes en Bretagne ? Dominique Le Page, 150 pages, 10 €, éditions Skol Vreizh.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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