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LE FOLKLORE DANS NOTRE MONDE MECANISE

Amzer-lenn / Temps de lecture : 6 min

L’un de nos lecteurs (merci à lui) a pu nous procurer un certain nombre de documents très intéressants que nous vous partagerons ici au fil du temps. S’ils ont certainement un intérêt historique, nous y voyons surtout, comme ici, un aspect prophétique et un intérêt pastoral d’actualité et d’avenir. 

Voici aujourd’hui un extrait de « Bro Gwened » daté d’octobre / novembre 1953. Le terme « folklore » étant actuellement galvaudé, il est nécessaire de le prendre ici suivant sa définition de l’époque, soit donc « traditions, usages et arts populaires d’une région ou d’un pays. »

 

bro gwenedLe 19 juillet 1953, le Pape Pie XII recevait en audience des groupes qui venaient de participer au Festival International du Folklore à Nice Les paroles prononcées par le Pape, à cette occasion, nous fournissent de précieux éléments d’appréciation, tant sur le plan naturel qu’à la lumière de la Foi Chrétienne, de ces traditions que certains seraient portés à reléguer au magasin des « curiosités locales ». Elles sont pour nous un encouragement à continuer avec plus d’ardeur le travail déjà entrepris par le Bleun Brug selon la pensée du Saint-Père. Voici les principaux passages de ce discours publiés dans « La Croix » du 1er août 1953. Pour le texte intégral, se reporter à « La documentation catholique » du 23 août 1953. 

 

LE FOLKLORE DANS NOTRE MONDE MECANISE

« Lorsqu’ils entendent parler de folklore, beaucoup pensent à quelque survivance des temps anciens, digne sans doute d’être mise en valeur dans des occasions exceptionnelles, mais sans grand intérêt pour la vie d’aujourd’hui. Qu’une telle idée soit assez répandue, dénonce une des conséquences plutôt regrettables de la civilisation de ce siècle. Trop souvent la société moderne arrache l’homme à son milieu naturel pour le transplanter dans la ville ou l’expatrier. Elle le met au service de vastes complexes industriels ou d’immenses administrations, elle le groupe dans des agglomérations inorganiques, selon la localisation des moyens de production. Même quand elle ne démembre pas la famille, elle l’enlève au sol où les générations précédentes l’avaient fixée. Sans doute, il s’agit là d’une réalité dont la société, provisoirement du moins, doit s’accommoder. 

 

AU-DESSUS DE LA PROFESSION IL Y A D’AUTRES TACHES

Mais, nous l’avons souligné au début de cette année en parlant aux élèves des écoles populaires, la profession et ses exigences ne constituent pas exclusivement l’essentiel de l’activité de l’homme. Au-dessus de la profession, il est d’autres tâches qui mettent en oeuvre les ressources personnelles d’esprit et de coeur, qui exaltent les sentiments profonds, ceux qui rattachent aux événements majeurs de l’existence et aussi ces joies et tristesses qui rythment de leurs alternances les épisodes de notre labeur quotidien. Ces sentiments aspirent à s’extérioriser, à se traduire sur le plan social. Mais la civilisation qui impose à l’être humain les lois de la machine, menace aussi de violenter le cours normal de ses loisirs ; elle créera trop facilement le plaisir artificiel, égoïste et banal, le plaisir tout fait qui ne demande aucun effort, aucune initiative, qui replie l’individu sur lui-même au lieu de l’épanouir dans la société. 

 

LA VERITABLE SIGNIFICATION DU FOLKLORE

C’est ici que le folklore prend sa véritable signification. Dans une société qui ignore les traditions les plus saines et les plus fécondes, il s’efforce de garder une continuité vivante, non point imposé du dehors, mais issue de l’âme profonde  des générations qui y reconnaissent l’expression de leurs aspirations propres, de leurs croyances, de leurs désirs et de leurs regrets, les souvenirs glorieux du passé et les espérances d’avenir. Les ressources intimes d’un peuple se traduisent tout naturellement par l’ensemble de ses usages, par des récits, légendes, jeux et cortèges où se déploient la splendeur des costumes et l’originalité des groupes et des figures. Les âmes restées en contact permanent avec les dures exigences de la vie, possèdent souvent d’instinct un sens artistique qui, d’une matière simple, parvient à tirer de magnifiques réussites. En ces fêtes populaires où le folklore de bon aloi a la place qui lui revient, chacun jouit du patrimoine commun et s’y enrichit plus encore s’il consent à y apporter sa part. 

 

FOLKLORE ET FOI RELIGIEUSE

Mais il ne faut pas perdre de vue que, dans les pays chrétiens ou qui le furent jadis, la foi religieuse et la vie populaire formaient une unité comparable à l’unité de l’âme et du corps. Là où la foi s’est alanguie, les traditions populaires, privées de leur principe vital, se maintiendront-elles et se renouvelleront-elles, fut-ce artificiellement ? Dans les régions où cette unité se conserve encore, le folklore n’est donc pas une survivance curieuse d’une époque révolue, mais une manifestation de la vie actuelle qui reconnait ce qu’elle doit au passé, tente de le continuer et de l’adapter intelligemment aux situations nouvelles. 

 

ROLE SOCIAL DES PROMETTEURS DU FOLKLORE

Grâce à l’activité des groupes folkloriques, de précieuses coutumes se maintiennent ou revivent. Aussi ne pouvons-nous que louer ceux qui, avec compétence et dévouement, s’appliquent à les aider, à diriger leurs efforts, à stimuler leurs initiatives et tous ceux qui leur apportent une collaboration directe. Puissiez-vous pénétrer toute la portée de votre rôle social : rendre aux hommes saturés de divertissements bien souvent falsifiés et mécanisés le goût d’un délassement riche des valeurs humaines les plus authentiques. Sans doute, cela demande  un effort réel et persévérant, mais n’est-ce pas le moyen de pénétrer la densité et les ressources de vos traditions locales et nationales ? Vous contribuez ainsi à accroître et à diffuser, pour le plus grand profit de vos contemporains, le trésor rassemblé par le travail patient de ceux qui vous ont précédés. 

 

IMPORTANCE NATIONALE ET INTERNATIONALE DU FOLKLORE

Vous gardez alerte l’âme de votre peuple en la préservant de la paresse culturelle, signée de dégénérescence d’un organisme social. 

En même temps, vous vous rendez plus aptes à apprécier les forces propres d’autres cultures, à en deviner le sens profond, à en percevoir les qualités originales. L’estime réciproque qui naîtra d’une telle attitude, ne manquera pas de seconder puissamment les efforts de ceux qui tentent d’assurer l’unité des peuples par les traités et conventions économiques, sociales et politiques. »

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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2 Commentaires

  1. Wow, ar blog-mañ zo ur gwir deñzor a gavadennoù ! Trugarez vras deoc’h ha mil bennozh Doue evit pezh a rit.

  2. Trugarez deoc’h, Fabrig !

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