Saints bretons à découvrir

La première homélie du Pape / Prezeg Kentañ ar Pab

Amzer-lenn / Temps de lecture : 4 min

“Mar ne gofesaomp ket ar C’Hrist, ned a ket mat an traoù. Ni a zeuio da vout un A.A.G. denegour, ha ne vo ket an Iliz, Gwreg an Arloz. […] Pa chomer hep kofesa Jezuz-Krist, dont a ra da soñj din ur frazenn eus Léon Bloy : ‘An hini na bed ket ar C’Hrist a bed an droukspered’. Pa chomer hep kofesa Jezuz-Krist e kofesaer mondianiezh an Diaoul, mondianiezh an droukspered.”

“Pa ‘z aer war-raok hep ar Groaz, pa saver hep ar C’Hrist, pa gofesaer ar C’Hrist hep ar Groaz, ne vezer ket diskibl an Arloz. Me a ‘m befe c’hoant hon befe ar galon da gerzhout evel ma venn d’an Arloz ha da gofesa e klod nemetañ ar Groaz.”

 

Ce jeudi 14 mars 2013, à l’occasion de la messe « pro Ecclesia » célébrée dans la chapelle Sixtine, le Pape François a prononcé une homélie sans support écrit, basée sur ces trois lectures : l’une tirée du livre d’Isaïe (2, 2-5), la deuxième lecture tirée de la première lettre de Pierre (2, 4-9) et enfin un passage de l’Évangile selon St Matthieu (16, 13-19).

Une homélie quelque peu décapante, dont voici la traduction française. Ci-dessus, nous vous avons proposé deux extraits traduits en breton par Fabrig Coupechoux (Emglev an Tiegezhioù).

 

 

Dans ces trois lectures, je vois un point en commun : c’est le mouvement. Dans la première lecture, le mouvement dans le cheminement ; dans la seconde lecture, le mouvement dans l’édification de l’Église ; dans la troisième, l’Évangile, le mouvement dans la confession.

 Cheminer, édifier, confesser.


Cheminer. « Maison de Jacob, venez, marchons dans la lumière du Seigneur ». La première chose que Dieu ait dite à Abraham, c’est : Marche en ma présence et sois irréprochable. Cheminer : notre vie est un cheminement et lorsque nous nous arrêtons, cela ne va pas. Cheminer toujours, en présence du Seigneur, dans la lumière du Seigneur, en cherchant à vivre de manière irréprochable comme Dieu le demandait à Abraham, dans sa promesse.

Édifier. Édifier l’Église. On parle de pierres : les pierres ont de la consistance ; mais des pierres vivantes, des pierres ointes par le Saint Esprit. Édifier l’Église, l’épouse du Christ, sur cette pierre angulaire qu’est le Seigneur lui-même. Voilà un autre mouvement de notre vie : édifier.

Troisièmement, confesser. Nous pouvons cheminer tant que nous voulons, nous pouvons édifier beaucoup de choses, mais si nous ne confessons pas Jésus-Christ, cela ne va pas. Nous deviendrons une ONG d’assistance, mais pas l’Église, épouse du Seigneur.

Quand on ne marche pas, on s’arrête. Quand on ne construit pas sur les pierres, que se passe-t-il ? Il arrive ce qui arrive aux enfants sur la plage quand ils construisent des châteaux de sable, tout s’écroule, tout est sans consistance. Quand on ne confesse pas Jésus-Christ, cela me fait penser à la phrase de Léon Bloy : “Qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable”. Quand on ne confesse pas Jésus-Christ, on confesse la mondanité du diable, la mondanité du démon.

Cheminer, édifier-construire, confesser. Mais ce n’est pas si facile, parce que quand on chemine, quand on construit, quand on confesse, il y a parfois des secousses, il y a des mouvements qui ne sont pas vraiment les mouvements du cheminement : ce sont des mouvements qui nous tirent en arrière.

Cet Évangile se poursuit avec une situation spéciale. Le même Pierre qui a confessé Jésus-Christ lui dit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Je te suis, mais ne parlons pas de la croix. Cela n’a rien à voir. Je te suis avec d’autres possibilités, sans la croix.

Quand nous marchons sans la croix, quand nous édifions sans la croix et quand nous confessons un Christ sans croix, nous ne sommes pas des disciples du Seigneur : nous sommes des personnes du monde, nous sommes des évêques, des prêtres, des cardinaux, des papes, mais pas des disciples du Seigneur.

Je voudrais que tous, après ces jours de grâce, nous ayons le courage, vraiment le courage, de cheminer en présence du Seigneur, avec la croix du Seigneur ; d’édifier l’Église sur le sang du Seigneur, qui est versé sur la croix ; et de confesser l’unique gloire : le Christ crucifié. Et ainsi l’Eglise ira de l’avant.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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