Sur les traces des Bretons de Paris – Notre-Dame des Champs – François Cadic et la Paroisse Bretonne

Abbé François Cadic
Abbé François Cadic

Françoise LE GOAZIOU vous emmène sur les traces des Bretons de Paris dans le 14ème arrondissement.

Une halte devant l’église Notre-Dame des Champs, où il est question de l’Abbé François Cadic, fondateur de la Paroisse Bretonne de Paris, mais aussi grand collecteur.

François Cadic est le onzième et dernier enfant d’une famille de cultivateurs enracinée dans le pays de Noyal-Pontivy. Les Le Bihan et les Cadic vivent en effet depuis plusieurs siècles à Noyal-Pontivy.

Sa famille a également été mêlée aux événements de la période révolutionnaire. Un grand-oncle de François Cadic, l’abbé Jean Le Bihan a recueilli des témoignages de chouans que François Cadic a utilisés pour son ouvrage Histoire populaire de la chouannerie. Il recueille aussi les chants populaires armoricains se rapportant à la Chouannerie, d’où naît l’ouvrage Chants de Chouans qui contient 34 pièces écrites en langue bretonne (dialecte vannetais) avec version française, dont douze seulement sont accompagnées de leur air.

François Cadic entre au petit séminaire de Sainte-Anne-d’Auray en 1880. Plusieurs de ses professeurs jouent un rôle dans la mise en valeur de la langue et de la culture vannetaise, tels l’abbé Jérôme Buléon, l’abbé Pierre Le Goff ou encore l’abbé Adolphe Duparc.

Il intègre le grand séminaire de Vannes qu’il quitte à la suite d’incidents que son biographe l’abbé Jean Le Moing, neveu de François Cadic, ne précise pas.

Diacre dans un collège de Blois, bachelier en théologie, il est ordonné prêtre en 1889. Il s’inscrit la même année à l’Institut catholique de Paris où il obtient en 1891 une licence d’histoire et suit en parallèle une première année de droit.

De 1891 à 1893, il est élève-titulaire à l’École pratique des hautes études de Paris où il suit notamment l’enseignement d’Henri Gaidoz.

Il enseigne l’histoire dans le collège de Jésuites de la rue de Madrid à Paris, puis occupe en 1897 la chaire d’histoire de l’Institut catholique de Paris laissée vacante par Paul Pisani.

François Cadic est influencé par les idées chrétiennes démocrates qui se développent à la fin du XIXe siècle à la suite de l’encyclique Rerum novarum (1891) du pape Léon XIII sur la condition ouvrière, relayées notamment par l’abbé Jules Lemire, que François Cadic rencontre à plusieurs reprises.

Le jeune prêtre décide de s’engager et de se mettre au service des parias de la capitale que sont alors les Bretons.

En mai 1897, il crée à Notre-Dame-des-Champs, La Paroisse Bretonne de Paris qui est déclarée officiellement à la préfecture en mai 1898.

L’association comptera jusqu’à 40 000 personnes, avec centre de culte, foyer d’accueil et office de placement, et en 1899, il en fonde la revue du même nom qui apporte de nombreuses informations utiles aux Bretons de la capitale et aussi des légendes propres au pays de Vannes.

En novembre 1901, François Cadic crée l’Institut Brizeux-Chateaubriand, destiné aux « femmes du monde ».

Il est journaliste dans l’âme et signe en 1899 et en 1900 quelques articles dans L’Ouest-Éclair, journal créé en 1899 par l’abbé Trochu. Mais c’est surtout dans le journal “La Paroisse Bretonne de Paris”, qu’il crée en avril 1899, que son talent va s’exprimer.

Il a écrit de nombreux ouvrages sur la Bretagne, rassemblant ses contes et légendes, et il est considéré, à l’image de Luzel, comme un des meilleurs collecteurs de la tradition orale de Basse-Bretagne, recueillant plus de 200 contes et légendes et 150 chansons.

Le site de la Mission Bretonne est accessible en cliquant ici.

À propos du rédacteur Erwan Kermorvant

Erwan Kermorvant est père de famille. D'une plume acérée, il publie occasionnellement des articles sur Ar Gedour sur divers thèmes. Il assure aussi la veille rédactionnelle du blog et assure la mission de Community Manager du site.

Articles du même auteur

église de kernascléden

A Kernascléden, la messe reprend tous les dimanches

Si vous êtes dans le secteur de Kernascléden, sachez que les messes reprennent  à 11h …

Les messes en breton reprennent à Sainte Anne d’Auray

Chaque premier dimanche du mois, une messe en langue bretonne est célébrée en la chapelle …

Un commentaire

  1. Bel article toutefois il fallait traverser le boulevard Montparnasse pour passer du 14 eme bretonnant à l’aristocratique 6eme…. sur les rives duquel se situe Notre Dame des Champs. Étant pur enfant du 14 elle (breton de Montparnasse quoi! ) j’ai passé mon temps entre la rue Mouton Duvernet et le Collège Stanislas ( quasiment limitrophe avec NotrevDamevdes Champs)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *