« Traou Kozh », ou à la découverte des curiosités populaires de la Bretagne ancienne (de Korantin Denis)

Amzer-lenn / Temps de lecture : 3 min

Il y a quelques semaines, Korantin Denis, avec Maïwenn Raynaudon, signait un ouvrage qui retraçait la Bretagne d’il y a 100 ans, qui reprenaient une partie des articles patrimoniaux publiés dans le magazine Bretons au fil des numéros. Regrouper ces articles sous la forme d’un livre de qualité était une bonne chose.

Korantin Denis récidive ici avec la publication de TRAOÙ KOZH, objets populaires de la Bretagne ancienne. Les textes de cet ouvrage sont ainsi pour la plupart issus de la rubrique mensuelle Traoù Kozh du magazine Bretons.

Dans ce livre, il est question d’objets du patrimoine, dont l’auteur nous a déjà entretenu dans le mensuel, curiosités d’un temps passé, d’une époque qui semble révolue. Pourtant, elles ont beaucoup à nous apprendre de nos ancêtres.

Traoù kozh ! Ainsi s’exprimaient les anciens Bretons à propos des « vieilles choses », ces objets remisés qui avaient passé de mode. Certains sont très connus, d’autres plus étonnants, mais chacun avait son utilité dans la société paysanne d’autrefois. Saviez-vous ainsi que, lors des mariages et pardons, tout le monde apportait sa cuillère, délicatement sculptée ? Que la toile qui enveloppait le pain était également déployée lors des repas de noce ou des veillées funèbres ?…

Et les hommes passent. Tandis que les objets fabriqués de leurs mains survivent parfois à l’éphémère. Ils se transmettent, ou se maintiennent dans l’oubli, par-delà les générations. Si leur intégrité perdure aux déprédations des siècles, ils conservent leurs cicatrices d’usage, leurs raccommodages même, obtenant la grâce de s’ennoblir avec la patine du temps. Reliques souvent négligées d’une civilisation rustique et révolue, porteuses malgré tout d’une partie de l’« âme bretonne », il appartient à qui veut de les interroger.

Productions originales de l’artisanat souvent le plus humble, ce sont les derniers artéfacts d’une société organique qui avaient en commun valeurs et croyances, partageant une même vision du monde. Le chercheur fraye la voie aux confidences, dresse l’inventaire, reconstitue des typologies cohérentes parmi les collections dispersées. Il se laisse surprendre par l’imprévu des collectes sur le terrain, acquisitions marchandes ou enquêtes menées au gré des rencontres. L’historien du terroir documente l’objet ethnographique afin d’en restituer l’ancrage et les particularismes qui lui insufflèrent sa vitalité. Objets d’étude, ils permettent la méditation. Objets témoins, ils provoquent en nous des échos évocateurs. En écoutant les résonnances, en se réappropriant les leçons du passé, nombre d’objets de la Bretagne ancienne demeureront d’autant plus émouvants qu’ils ne cesseront de délecter leurs dépositaires.

Au fil des pages de ce beau livre, découvrez, avec le talent de l’auteur, à travers une cinquantaine d’objets qui rythmaient le quotidien des Bretons, ce qu’étaient leur vie, leurs croyances, leurs traditions.

Un beau livre en 21 x 21 cm, 128 pages, à commander ici.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

Articles du même auteur

Rendez-vous au Breizh a gan le 5/12

Amzer-lenn / Temps de lecture : 2 min

advent-avent

Pour le 1er dimanche de l’Avent : « Mesi deit hep dale »

Amzer-lenn / Temps de lecture : 1 minPour ce premier dimanche de l’Avent mais aussi …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *