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L’Eucharistie pour les âmes des défunts

La question de l’Eucharistie pour les funérailles et les messes suivantes célébrées pour les défunts est d’une importance primordiale, importance qui n’est pas forcément saisie dans certaines de nos paroisses, voire par les familles qui veulent passer par l’église mais qui en sont parfois très loin. Et les réponses à leur donner sont parfois difficiles à trouver. Voici donc une contribution de Tad Kristof, prêtre nouvellement arrivé sur Ar Gedour :

Nous croyons et nous professons que Jésus est ressuscité, que le Fils qui s’est fait homme et qui est passé par là (la mort) est ressuscité pour être le « premier d’entre les morts » or notre Dieu est le Dieu des vivants ; ainsi Jésus, le Fils, Verbe qui s’est fait homme, a inauguré la résurrection des morts qu’il est allé chercher jusque dans les enfers.

La présence de Jésus est totale et parfaite, selon  les réalités de ce monde terrestre, dans l’Eucharistie. Dans les autres sacrements Jésus, Dieu est parfaitement agissant ; dans l’Eucharistie Jésus se donne à contempler CONCRETEMENT et physiquement jusqu’à se laisser toucher et manger. Or qui voit le Fils, voit le Père et la réactualisation de la demande de Jésus : «Faites ceci en mémoire de moi» se fait par la puissance de l’Esprit-Saint. Ainsi par la présence de Jésus concrètement, physiquement présent, parfaitement présent, c’est aussi la Trinité qui est TOTALEMENT perceptible.

Lors de la messe, c’est le voile qui se déchire pour que l’homme, qui croit, voie Dieu.

Or Dieu, notre Dieu trois fois Saint, est le Dieu de la Vie. En Jésus il nous a sauvé de la mort. Lorsque nous prions devant Dieu réellement présent en faveur de nos défunts et plus largement des âmes du purgatoire, nous nous associons à sa volonté miséricordieuse qui veut que tous les hommes soient sauvés. A chaque eucharistie, notre prière pour le salut des âmes est une participation au doux projet de Dieu de sauver tous les hommes. Si nos prières n’ajoutent rien à la puissance effective de Dieu, il reste que nous ressentons, en priant ardemment et avec foi, déjà, dès ici-bas, à l’instant même, sa Victoire et voyons, par notre espérance, le salut de Dieu déjà effectif. A cet instant les âmes exultent avec nous car elles voient par notre prière, qui communie en Dieu et avec eux, la réalité éternelle de Dieu qui nous sauve et les sauve donc aussi. Plongé dans cette espérance le purgatoire devient moins douloureux pour les âmes et nos eucharisties sont comme des baumes qui apaisent le temps de purification nécessaire pour elles.

Les eucharisties pour les âmes des défunts sont plus apaisantes que la demande de l’homme riche qui est mort et demande à Moïse d’envoyer le pauvre Lazare de tremper son doigt dans l’eau pour le rafraîchir un peu (Lc16).

Par les eucharisties en leur faveur, les âmes sont si profondément nourries de l’espérance du Salut qu’elles sont réconfortées et apaisées afin de poursuivre leur chemin de purification dans une paix qui devient joie profonde jusqu’à provoquer des chants d’allégresse aptes à rejoindre ceux des anges qui louent Dieu en permanence dans son éternité. C’est ce que nous faisons d’ailleurs dès ici-bas chaque fois que nous chantons le Gloria et le Sanctus.

Il semble utile de se référer à ce passage de Lumen Gentium :

« En attendant que le Seigneur, escorté par ses anges, revienne dans la gloire et que, le mort une fois détruite, toutes choses lui soient soumises, certains disciples du Christ cheminent sur la terre tandis que d’autres, après cette vie, subissent la purification, d’autres enfin sont glorifiés, contemplant Dieu … tel qu’il est. – …- Mais tous, forment une seule et même Eglise ; tous sont étroitement solidaires les uns des autres, comme les membres d’un seul et même corps. »

La messe pour les morts à cette vie terrestre est d’antique et multiséculaire tradition, aucune célébration ne peut avoir plus d’effet bénéfique sur les âmes des défunts. Les messes pour les morts sont, dans l’espérance, l’actualisation de l’affirmation de Jésus :

« Je suis la Résurrection et la Vie.  Celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra pas pour toujours » Jn11,25-26.

À propos du rédacteur Tad Kristof

Tad Kristof a été ordonné prêtre en juin 2000. Il a exercé notamment en Afrique où il a créé "Tud a Vreizh" à Libreville. Passionné par la Bretagne, il contribuera à la dimension spirituelle d'Ar Gedour en répondant aux questions qui lui seront posées.

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