Saints bretons à découvrir

Aet eo an Aotrou Herménégilde Cadouellan da Anaon

Amzer-lenn / Temps de lecture : 4 min

C’est avec tristesse que nous avons appris le décès du Père Herménégilde Cadouellan, prêtre bretonnant très érudit, qui a pu collaborer occasionnellement à Ar Gedour et en était un lecteur fidèle depuis ses débuts. Son travail sur le christianisme celtique et l’inculturation bretonne a été très important. Son engagement sur le terrain et au sein de la commission diocésaine pour la pastorale du breton ont fait de lui un acteur incontournable de la dimension « Feiz & Breizh ».

La Bretagne et plus particulièrement le diocèse de Vannes ainsi que le Kreiz Breizh, perd beaucoup aujourd’hui avec la disparition de cette figure, au moment même où un jeune prêtre bretonnant – l’abbé Matthieu Vannier – arrive sur le même doyenné, celui de Gourin. Comme une transmission.

Un érudit souhaitant transmettre

Résident à Langonnet où il passait sa retraite tout en desservant la paroisse, il a publié en 2020 l’ouvrage « Des croisées de chemins en Bretagne (1960-1975), les GEES », une histoire largement méconnue, relayant des efforts de jeunes Bretons, garçons et filles, pour donner -via ces Groupes d’études économiques et sociales- un avenir à la Bretagne alors qu’ils étaient lycéens. Une démarche menée avec l’aide de personnes d’autres générations, sur des thèmes allant de l’environnement local, comme le tissu économique, l’agriculture et sa modernisation, l’industrie, les conditions de travail, l’attraction commerciale ou les loisirs mais aussi la solidarité nationale et internationale. A l’époque, des congrès et des stages étaient organisés, en faisant intervenir des personnalités politiques et des experts. La fin des années 1960 et le début des années 1970 voient l’affirmation d’un régionalisme culturel, notamment autour de la langue bretonne et l’influence de mai 1968 et des luttes ouvrières en Bretagne. Certains, considérant que tout cela ne devait pas être qu’affaire de spécialistes, ont choisi de prendre leur avenir en main. « C’est un élan qui montre que les efforts des jeunes des GEES méritent d’être mis en lumière, pour que d’autres se mettent en route », dira le père Cadouellan dans une interview au journal Ouest-France.

 

Un engagement pour la Bretagne

Originaire de Silfiac, il entre au Petit Séminaire de Sainte Anne d’Auray en septembre 1945 après une année à St Yves à Gourin, tenu par les Frères de Ploërmel.  Il fait son service militaire de mai 1954 à fin avril 1956 en Allemagne (Bade-Wurtemberg) puis rejoint le Grand séminaire de Vannes.

Il a été ordonné prêtre le 14 mars 1959 avec 11 autres camarades, et il fut nommé enseignant au Petit Séminaire de Sainte Anne après trois ans d’études supérieures dont deux à la faculté de Rennes avec des professeurs de qualité, selon ses propres propos.

Pour lui, la langue du coeur était le breton. Dès les années 1970, il a énormément travaillé pour la Bretagne et plus particulièrement à la liturgie en breton, collaborant avec les différents mouvements culturels bretons du diocèse, et rayonnant même au-delà. Il a toujours su, avec ses paroissiens, garder ce lien culturel breton dans la liturgie. Chargé de transmettre aux propédeutes et séminaristes du Diocèse de Vannes cette importance de l’inculturation pour l’annonce de l’Evangile, il faisait partie de la commission diocésaine pour la pastorale en langue bretonne du diocèse de Vannes, même si son état de santé ne lui permettait plus ces derniers mois de participer aux réunions.

« Comme prêtre participant à la culture bretonne dans le diocèse de Vannes et en Bretagne, j’ai rencontré de nombreuses équipes d’hommes et de femmes qui ont participé à ce travail avec leurs qualités et leur formation et j’en bénéficie ici maintenant à Langonnet et cela date des années 1960 et ne s’est pas fait en un jour » disait-il.

Nous vous livrons ce qu’il nous disait récemment  : « notre Bretagne a évolué depuis 1950 mais elle est là et les Bretons n’ont plus honte. Nous sommes sans doute intégrés dans l’espace français et dans le monde. Pas question d’être séparés ou marginalisés, pas plus que d’être assimilés. Nous avons à danser notre danse dans la ronde du monde. Au travail ! Labour zo, Paotred ha Merhed  Breizh ! »

Kenavo deoc’h, Aotrou Person ! Kenavo deoc’h Hermé, ha trugarez a galon deoc’h ‘ vit o servij. Ur poan bras eo evit an holl o deus bet tro d’ober anaoudegezh ganeoc’h !

  • Lidet ‘vo an obidoù en Iliz Langoned d’an 18 a viz Gouere, da 2e30.
  • Les funérailles seront célébrées en l’église de Langonnet le lundi 18  juillet à 14h30.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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