Saints bretons à découvrir

Ah ! Si la bergère de Domrémy avait été bretonne !

En ce mois de mai 2020, il y aura cent ans que fut canonisée Jeanne d’Arc, déclarée  patronne de la France. Oh ! Nous voyons des esprits chagrins, bloqués, cultivant des contentieux historiques entre la Bretagne et la France, réels certes, mais qui ne sont pas notre sujet d’aujourd’hui, pour nous dire que cette héroïne  française n’est point l’affaire des Bretons. Que si cette sainte femme appartient au « roman national français », elle n’a pas sa place dans celui de la Bretagne. Certainement, sauf que la Bretagne a – et cela est ignoré, occulté – généreusement participé à l’épopée de la bergère de Domrémy.

Les Bretons à la rescousse la Pucelle d’Orléans

Les  historiens  Dom Lobineau et Arthur Le Moyne de la Borderie tiendront à souligner la geste bretonne pour Jeanne d’Arc : «Jean V conçut pour la Pucelle une estime pleine de la vénération qu’on a pour les choses saintes et surnaturelles. Il envoya près d’elle pour lui exprimer ses sentiments son confesseur, le frère Yvon Milbeo, chapelain de Notre-Dame du Folgoët, ainsi que le principal héraut de la cour de Bretagne, nommé Hermine, pour lui exprimer « l’hommage et l’admiration de la Bretagne ». Il députera près de Charles VII  le sire de Rostrenen, chargeant  ce seigneur de grande lignée  d’offrir de sa part à Jeanne une dague d’acier de grand prix et plusieurs paires de chevaux racés » (1). Cependant, Jean V tenait trop à la paix pour engager son Duché dans une nouvelle guerre franco-anglaise. Mais pour concrétiser son admiration, il autorisera son frère, le Connétable Arthur de Richemont, à lever une armée de volontaires bretons pour lui prêter mains fortes. Reconnaissante de l’aide non-négligeable des Bretons, la Pucelle fera déployer au camp de Beaugency l’étendard à croix noire et herminé de la Bretagne.

A chaque pays ses héros, mais il n’est pas interdit d’admirer ceux des autres, surtout quand leur vie est un exemple de vertus chrétiennes et chevaleresques dont tout un chacun peut méditer et tirer profit. Mais, comme bien des personnages célèbres, il est bon de voir dans ses qualités, ses vertus, sa foi, son sens de l’honneur, son patriotisme, des vertus dans lesquelles des nations peuvent se reconnaître. Et que Jeanne d’Arc soit instrumentalisée à des fins politiciennes n’est ni le problème, ni notre affaire…

Sa canonisation était attendue depuis bien longtemps. Aussi dès celle-ci officialisée, son culte s’est très vite répandu en France, et dans d’autre pays francophones. Il s’est d’autant plus répandu que l’année 1920 était tout de même dans l’immédiate après-guerre, avec son patriotisme exacerbé par la Victoire, pas toujours d’une façon recommandable et … chrétienne. Les Bretons de cette époque, conscient de leur identité toujours plus mise à mal par le jacobinisme centralisateur, des gouvernements foncièrement antichrétiens et une laïcisation de la société, étaient bien placés pour le savoir.  Malgré cela, sachant faire la part des choses, des esprits éclairés ne trouvèrent rien à redire à ce culte qui se répandait aussi en Bretagne : les églises vont donc s’orner des  statues de la nouvelle sainte, pas toujours du meilleur goût et aux accents ultra patriotiques. Les écoles et les rues à son nom vont fleurir. Rares sont les villes qui n’ont pas sacrifié à cet engouement, d’autant que le personnage faisait alors l’unanimité.

 

Des cantiques bretons à Jeanne d’Arc

Evidemment, et cela était inévitable, il va y avoir une inflation de cantiques en l’honneur de la nouvelle sainte. Des cantiques aux paroles et aux musiques, comme pour les statues, pas toujours  très inspirés, souvent d’un style patriotique pompier,  viendront enrichir le répertoire musical sacré.

En Bretagne, les livrets de chants n’y échapperont pas, les cantiques à Jeanne d’Arc vont se multiplier. Dans nos recherches, nous avons trouvé  10 cantiques en son honneur, tous en breton, et il est probable qu’il y en ait davantage. Furent-ils régulièrement chantés ? Assurément lors de sa fête, mais d’un usage régulier, nous ne savons. A en juger par les livrets que nous possédons, les pages contenant ces cantiques ne semblent pas être trop fatiguées par un grand usage.  Contrairement à beaucoup d’autres cantiques en français,   les cantiques à Jeanne d’Arc, comme pour ceux dédiés à des saints, des saintes étaient chantés pour leur Fête propre, et autres rares occasions. Ils n’ont donc pas été des concurrents qui prenaient la place des cantiques bretons en usages réguliers.  Citons entre bien des titres :

  • «Kanaouen da Jann d’Ark» air sur «Stourmad an Tregont», composé par l’abbé Milin curé de Lambézellec, sur feuille volante. ( Diocèse de Quimper.1895).
  • «Kanaouen en enor Jeanne d’Arc», également sur l’air « Stourmad an Tregont ou Plouzeniel-Lamber ». Ce cantique se divise en 4 parties : Jeanne d’Arc à Domrémy, à la guerre, à Reims et en prison. Cantique de 38 couplets, composé par l’abbé Carigou, curé de Landivisiau (Diocèse de Quimper. 1895).
  • «Kantik d’ar plac’h euruz Jeann d’Arc» sur feuille volante (Diocèse de Quimper. 1909)
  • «Santez Jeann d’Ark», 2 cantiques (Livrets des Editions du Diocèse de Vannes. 1923 et 1933).
  • «Santez Jeann d’Ark», 2 cantiques harmonisés par Théodore Decker, dans «Livr kannenneu aveit en orglézeu» (Diocèse de Vannes).
  • «Betek ho tron en Nenvou, Jan d’Ark» (Livret du Diocèse de St Brieuc et Treguier. 1934).
  • « Kantik da Santez Jeann d’Ark »,  sur l’air du cantique français « Nous venons encore », composé par J.L. Jézegou, curé de Saint Thégonneg. Ce cantique sera publié dans Feiz ha Breiz (numéro de mai 1909) et recueilli dans un carnet manuscrit de l’abbé J.L Jézigou « Kanaouennou ha Kanticou ». Dans ce même numéro de Feiz ha Breiz est publié une « Prière à Jeanne d’Arc » (Pedenn da Jeann d’Arc), daté d’avril 1909. 8 strophes).

Tous ces cantiques sont accompagnés de leur partition musicale, soit des airs composés spécialement, soit chantés sur des airs bretons ou français existants.  A remarquer, le nombre important de couplets, allant de six  à 38.  Autre constat : Jeanne d’Arc fait dans Feiz ha Breiz l’objet de nombreux articles, preuve que la sainte française transcendait les clivages patriotiques…

 

Prière de l’abbé Perrot à Jeanne d’Arc

Nous avons évoqué plus avant les liens unissant les Bretons à Jeanne d’Arc. Cette page de l’Histoire de Bretagne, pour modeste qu’elle fut, n’avait pas, en cette année 1920, échappé à l’abbé Yann-Vari Perrot éminent érudit et historien. Profitant de la canonisation de cette fille de France, l’occasion était trop belle pour rappeler que les Bretons ne furent pas indifférents à sa « Mission », que la France avait une dette, d’autant que 250.000  d’entre eux venaient, pour la France, de tomber aux Champs d’Honneur, et qu’il ne serait que justice que les gouvernants français s’en souviennent.

C’est donc dans le numéro 11 du mois de mai de Feiz ha Breiz que l’abbé Perrot va publier 11 pages, soit trois articles se suivant  (en breton) consacrées à Jeanne d’Arc : « Santez ar Vro », « Uvaniez Mec’hed Frans » et « Santelez Jann d’Ark ». Eloges de la nouvelle sainte, mais aussi rappels historiques  de ce que la France doit à la Bretagne, aux Bretons. C’est dans « Santez ar Vro » qu’il va introduire une prière-supplique à Jeanne d’Arc dans laquelle il s’autorise à lui rappeler ce que les Bretons firent pour sa cause. Il écrira :

    « En cette année 1920, la France  reçoit l’honneur de mettre sur les autels la plus grande et vertueuse de ses filles, Jeanne d’Arc,  une héroïne qu’il ne nous aurait pas déplu qu’elle fût de notre race. Dois-je vous avouer ma sincère admiration  pour elle, et qui m’inspira de lui adresser cette prière :

« Jeanne, le plus beau lis de la terre lorraine, Vierge d’Orléans, Martyre de Rouen, Gloire de la France, Vous qui aimiez tant les Bretons de votre siècle et qui leur étiez si chère.

Vous qui avez été jugée comme une fille sainte et raisonnable par le Breton Philippe de Coatkis, archevêque de Tours, et qui avez reçu de sa bouche, au nom de l’Eglise de France, l’ordre d’accomplir votre mission jusqu’au bout.

Vous qui, les larmes aux yeux, avez embrassé les genoux du frère du Duc de Bretagne, Arthur de Richemont, pour le remercier d’être venu à votre secours avec une armée de douze cent Bretons.

Vous qui avez demandé que soit déployé le drapeau breton, à côté du vôtre, sur la ligne de bataille, à Beaugency, le 18 juin 1429.

Vous qui avez donné une bague d’or à vos compagnons bretons Gildwen Laval et son frère André, en leur demandant de la porter de votre part à leur grand’mère.

Vous qui aimiez tellement les Bretons que vous n’avez jamais trouvé chez eux que des amis, Ô Jeanne, du haut du ciel, quand viendra le jour où toutes les cloches de Bretagne, à la suite de celles de Rome et de France, annonceront que l’Eglise vous a reconnue pour une de ses saintes, puissiez-vous être fière et heureuse de vos Bretons du XXe  siècle, comme vous l’étiez des Bretons du XVe que vous avez rencontrés sur votre route.

Les uns et les autres n’ont-ils pas fait l’impossible pour permettre aux Français d’êtres maîtres du sol de France ?

Apprenez-nous nos devoirs envers Dieu et nos devoirs envers la Bretagne, et les liens nécessaires qui doivent joindre ce double amour dans nos cœurs.

Apprenez à nos maîtres que le règne de l’ordre entre les peuples exige d’abord de reconnaître à tout homme le droit de marcher libre sur les traces de ses ancêtres.

Apprenez aux Chrétiens de ce temps que Dieu qui créa les nations dissemblables veut les voir rester ce qu’elles sont.

Et que cette vérité vaut aussi bien  pour les Bretons que pour les gens de France et d’Angleterre.

Apprenez à tous les peuples que celui qui spolie son voisin ou l’opprime dans ses droits les plus sacrés, doit voir tôt ou tard s’appesantir sur lui la malédiction divine.

Jeanne d’Arc, vous qui ne faisiez la guerre que parce que vous aimiez la paix.

Œuvrez pour rétablir la paix entre tous les peuples sur la pierre de  la foi chrétienne.

Intercédez pour les vivants et pour les morts.

Séchez les larmes de ceux qui sont en deuil.

Et faites que les Bretons à venir soient comme leur pères,  des hommes bons et sans peur. »

Pouvais- je mieux honorer cette nouvelle sainte dont le Ciel fit cadeau à une France pourtant ingrate, glissant chaque jour davantage sur la voie de l’apostasie, persécutrice de la foi, de l’Eglise, et qui pour tous ces méfaits, ne méritait pas une telle âme ?

(Traduit du breton)

Cette prière prouve que l’abbé Perrot ne voyait aucune incompatibilité à honorer une sainte figure emblématique du patriotisme français, dont pourtant les Bretons n’avaient pas à se féliciter, du moins pour tous ceux qui avaient une conscience bretonne et qu’alarmait en ces années d’après-guerre la francisation, la laïcisation accélérée de la Bretagne. Et le bon recteur de Scrignac de soupirer « Ah ! Si la bergère de Domrémy avait été bretonne ! », Et il ajoutait : « pour la Bretagne il est urgent que se lève une … Jeanne d’Arc ». Et dans sa bouche, cet éloge ne disqualifiait en rien les hommes et les femmes de Bretagne qui dans son Histoire furent des héros de la défense de ses Droits, de ceux et celles qui avec lui travaillaient inlassablement au redressement culturel et spirituel de la Bretagne (2). Il rappelait ainsi la place, les relations que les Bretons – la Bretagne, ne l’oublions pas, était alors une nation souveraine – entretenait avec Jeanne d’Arc. On notera aussi la surprenante actualité des six dernières supplications, très en phase avec notre monde actuel où des idéologues, par un universalisme destructeur, travaillent inlassablement à la disparition des patries, des identités, voire même du christianisme.

Nous pouvons voir dans cette aide des Bretons à Jeanne d’Arc, combien la France est dans son Histoire redevable à la Bretagne, autant quand elle était souveraine qu’après son annexion, de l’avoir souvent secourue. A chaque fois les Bretons ont payé le prix fort du sang versé. En retour, la France, qu’elle fut monarchique, révolutionnaire, impériale ou républicaine a été envers les Bretons ingrate, marâtre, persécutrice de leur langue, de leurs traditions et de leur foi, dissolvante de leur identité et négatrice de leurs Droits historiques..

L’Histoire relate également aux côtés de Jeanne d’Arc la présence d’une jeune fille, Pezrona, appelée aussi Pierrone, dite encore « Perrinaïc », originaire de Gurunhuel (Côtes d’Armor), et qui participa à ses combats. Faite prisonnière par les Anglais, jugée comme hérétique (elle prétendait aussi entendre des voix et être missionnée par le Ciel), elle périt sur le bûcher, six mois avant Jeanne  d‘Arc. Les historiens, Le Moyne de la Borderie, Jean Trévédy, M. Quellien et quelques autres,  se sont en toute confraternité disputés, non pas sur l’authenticité de Perrinaïc, mais sur sa véritable identité et du rôle en tant que « sœur d’armes » qu’elle a pu jouer auprès de la Pucelle. Les uns en faisant une aventurière aux contours incertains, voir même une mystique un peu dérangée, d’autres une … Jeanne d’Arc bretonne, et  de proposer de lui élever une monumentale statue au sommet du Menez-Bré. Projet qui restera dans les cartons, mais à l’époque provoquera l’ire de Bretons, qui estimaient que bien d’autres personnages de l’histoire de Bretagne méritaient en priorité cet honneur gravé dans le granit… (3).

D’autres pays reconnaîtront en Jeanne d’Arc une jeune fille qu’ils auraient eux aussi aimés qu’elle fût de leur peuple. Ainsi, la Russie doit prochainement ériger à Saint-Pétersbourg une monumentale statue de Jeanne d’Arc, œuvre  du  sculpteur Boris Lejeune, descendant d’un soldat de l’Empire, dans le cadre d’une renaissance des valeurs culturelles et spirituelles de la Russie et de la France (4). On notera que la Russie qui ne manque pas de héros, n’hésite pas à honorer une héroïne française. Au Japon, Ôtani Chojun, grande autorité du bouddhisme, éminent francophone est un admirateur de Jeanne et lui a consacré plusieurs ouvrages. Dans l’un d’eux, il met en parallèle son courage avec celui d’un moine, Rennyô, contemporain de Jeanne d’Arc, et qui comme elle s’opposa aux puissants de son temps. Or Monsieur Ôtani n’est pas français, n’est pas catholique, mais il a su comprendre les  très grandes valeurs spirituelles qui s’attache à la sainte française.

Dans les années soixante, le culte de Jeanne d’Arc comme celui de bien de saints et de saintes, sont jugés trop « entachés » d’une dévotion populaire où légendes, relents de paganisme (sic) et de superstitions. Un clergé moderniste prétendant à un retour à un enseignement christique, à une foi purifiée, va s’attacher à mépriser ces dévotions. Bien des églises vont se voir ainsi débarrassées de leurs  statues de saints contestés, dont celles de Jeanne d’Arc, provoquant l’éclipse de leur culte.

Innombrables sont les livres, les articles et les films consacrés à Jeanne d’Arc. Tous les grands cinéastes ont voulu la porter à l’écran. Pour la Bretagne, c’est Herry Caouissin qui dans son film Le Mystère du Folgoët relatera cet épisode de la rencontre à Beaugency de la Pucelle et de Richemont. Pour la petite histoire, l’acteur qui  joue le Connétable n’est autre que Perig Géraud-Kéraod, le fondateur des Scouts et Guides Bleimor et d’Europe…

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1) Dom Lobineau se réfère aux « Comptes  de Mauléon », trésorier de Bretagne.

2)Publié dans « La vie de l’abbé Perrot. J’ai tant pleuré sur la Bretagne » de Youenn Caouissin, éditions Via Romana. 34 euros.

3) «Le roman de Perrinaïc, réponse à M. Quellien. En défense de Perrinaïc contre ses panégyristes » par Jean Trévédy, ancien président du Tribunal de Quimper, et vice-président de la société archéologique du Finistère. Imprimerie Lafolye. Vannes (1894).

4)L’inauguration devait avoir lieu fin mai. A cause de l’épidémie du coronavirus, elle est reportée en septembre.

À propos du rédacteur Yvon Abgrall

Publiant régulièrement des articles dans la presse bretonne, il propose pour Ar Gedour des articles documentés sur le thème "Feiz & Breizh" (foi et Bretagne), d'un intérêt culturel mais aussi ancrés dans les préoccupations actuelles.

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2 Commentaires

  1. A noter aussi auprès de Jeanne la présence d’un autre Breton célèbre…Gilles de Rais.Je me permets de recommander l’excellent ouvrage d’Olivier Hanne “Jeanne d’Arc”, 2018 et ne puis résister au plaisir de citer Jeanne, tourmentée par ses accusateurs qui lui demandèrent si elle s’estimait en état de Grâce:” Si j’y suis, que Dieu m’y garde, si je n’y suis, que Dieu m’y mette”…

  2. Restons celtes !

    1) Voici la “Robert Bruce’s March To Bannockburn”, ou “Scots wha hae”: ( http://pocombelles.over-blog.com/page-3889735.html ), hymne de la garde écossaise de Jeanne d’Arc,au son de laquelle elle est entrée à Orléans; pour la version originelle: https://www.youtube.com/watch?v=W2Ni9rWfgkg

    2) Rappelons le contexte historique dans lequel Henri Wallon, mon trisaïeul (1812-1904), a canonisé Jeanne d’Arc .
    Ayant publié diverses biographies , sa Jeanne d’Arc , rééditée tout au long du XIXème siècle , plongeait en extase les républicains , comme le symbole de la résistance à l’oppression , jusqu’à mourir pour la patrie ; mais portait à l’épectase ( rime avec : extase ) les royalistes , comme étant l’archétype de la « vierge et martyre » , victime de sa foi ; comme il recevait le « tout-Paris » dans sa maison des Petites Dalles( https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Petites_Dalles ) , l’évêque d’Orléans ( https://www.youtube.com/watch?v=JoV8JlyxZVE ) lui révéla détenir aux archives épiscopales les minutes du procès de Jeanne d’Arc ; le seul ennui est qu’elles étaient inexploitables , en cursive gothique ; ni une, ni deux, Jules Quicherat ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Quicherat ) , directeur de l’École des Chartes , paléographe et franc-maçon , déchiffra le texte, Dupanloup apportant les arguments théologiques , et Wallon , les arguments historiques ; en 1894 , premier grade , le titre de vénérable ; en 1909 , deuxième grade , la béatification ; entretemps , avec la loi Combes , intervinrent les inventaires ( http://www.cparama.com/forum/cominac-t14879.html ) et la rupture des relations diplomatiques avec le St Siège . Rupture très handicapante pendant la première guerre mondiale ( le franc germinal dévalué ; 1,5 million de Morts Pour La France, autant de veuves , d’orphelins et d’invalides ; et rebelote avec la grippe espagnole ; bref , c’était le blues , version XXL … ) ; Georges Clémenceau , président du Conseil de 1917 à 1920 , grand franc-maçon sous l’Éternel , mandate Gabriel Hanotaux , ancien ministre des Affaires étrangères , via Henri-Louis Chapon, évêque de Nice ( qui avait refusé en 1901 de se « faire embrocher » par la Légion d’honneur ) , pour reprendre contact avec le Vatican : « D’accord , je vous ai traité de pape boche ! Cependant , mes compatriotes ont le moral dans les chaussettes ; vous ne pourriez pas me canoniser la petite Jeanne ? » ; Benoit XV de répliquer : « Banco ! » … Et c’est ainsi que la plus illustre des filles de France fut canonisée en 1920 par deux francs-maçons … comme quoi la Providence tire des lignes droites par des chemins sinueux !

    3) C’était en 1854, lors d’une des fastueuses soirées données à la Villa Eugénie, résidence d’été de la famille impériale, à Biarritz; au cours d’une controverse historique, un fâcheux soutenait descendre de Jeanne d’Arc; et Napoléon III de susurrer malicieusement : “En ligne directe ?”

    4) Une citation de ” Quand la Chine s’éveillera … ” , d’Alain Peyrefitte , tome 2 , format poche , p.68 :
    « Quand je remis au président Kuo Mo-jo la médaille en argent de notre Assemblée nationale, il prit le profil de Marianne pour celui de Jeanne d’Arc. Je lui expliquais que Marianne était le symbole de la République.
    « Pourquoi, me dit-il, Jeanne d’Arc n’en serait-elle pas le symbole ? Elle aussi a lutté pour la conquête de l’indépendance et de la dignité nationales. » Il ajouta : « Nos deux républiques ont en commun leur origine révolutionnaire et leur passion pour l’indépendance ».

    Kuo Mo-jo , le Goethe chinois : http://www.leconflit.com/2018/02/kuo-mo-jo-ou-guo-moruo-1892-1978.html
    & https://fr.wikipedia.org/wiki/Guo_Moruo

    Je verrais bien une chanson balayant le symbole maçonnique ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Marianne ) et suggérant , conformément au vœu du Goethe chinois , d’ériger le buste de Jeanne d’Arc au fronton des mairies . Infarctus garanti chez les frères trois points !

    Et si vous voulez d’autres anecdotes de la même veine , j’en ai plein ma besace .

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