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Anne de Bretagne : l’Association Bretonne crée une bannière

Amzer-lenn / Temps de lecture : 5 min

Pour marquer à la fois  le 100ème anniversaire de la consécration de la Bretagne à Sainte Anne (26 juillet 2014) et et le 500ème anniversaire de la mort de la duchesse Anne, l’Association Bretonne lance une souscription auprès de ses membres (et même vers tous ceux qui le souhaitent, vous peut-être) pour réaliser une bannière unique, par les Ateliers Le Minor, qui a récemment terminé la nouvelle bannière de Sainte Anne La Palud. Il s’agira là encore d’un ouvrage d’art exceptionnel alliant les 7 saints fondateurs et la Duchesse Anne, comme vous pouvez le constater sur la maquette (recto/verso) et dont les explications sont données ci-après. 

Vous souhaitez effectuer un don (pour lequel vous recevrez un reçu fiscal)? Nous vous invitons à contacter l’Association Bretonne via le lien ci-dessus ou à nous contacter pour recevoir les coordonnées directes. 

 

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Cliquez sur l’image pour l’agrandir / Klikañ war an tresadenn evit brasaat anezhañ.

 

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Explications des motifs de la bannière : 

RECTO

Charles VIII mourut accidentellement au château d’Amboise le 7 avril 1498 pour s’être cogné trop brutalement le front contre une porte basse. 

C’est cette même année qu’Anne de Bretagne créa un Ordre de Chevalerie dédié à Saint-François d’Assise : l’Ordre de la Cordelière, ou Ordre des Dames chevalières de la Cordelière. Cette cordelière n’était qu’un simple ruban de soie blanche, ou de soie noire pour les veuves, entrelacé de quatre nœuds en huit, appelés « lacs d’amour », du vieux français « lacis » (cordon, lacet), représentant l’Amour, la Foi jurée et l’Amitié indissoluble.

Il ne semble avoir aucun doute sur le fait que la création de cet Ordre et la mise en chantier d’un navire de guerre du même nom , en cette même année 1498, soient nés de la même cause, c’est-à-dire du veuvage de la Reine Anne.

Le monogramme « A » couronné rappelle que la duchesse de Bretagne fut deux fois Reine de France. 

Quant aux armoiries en parti : armes du royaume de France  et du duché de Bretagne, elles rappellent l’Union du duché au royaume, suite au Traité  du 4 août 1532. Ceint de la Cordelière, cet écusson est devenu le « logo » de l’Association Bretonne montrant ainsi l’attachement de ses Membres à la Bretagne, leur souci de défendre son identité et ses libertés essentielles, le tout dans la fidélité à leur patrie, la France. 

Il est fort intéressant de rappeler l’histoire du navire que la duchesse Anne tient en ses bras. Plusieurs fois baptisé, Anne de Bretagne lui donna le nom définitif de « La Cordelière ». Armée de deux cents canons et de 1200 hommes, elle était le fleuron de la Marine ducale. Elle opéra en Méditerranée de 1501 à 1504 (?). C’est à cette époque que l’Angleterre effectuait régulièrement des descentes meurtrières sur les côtes bretonnes et, à l’occasion de l’une d’elles, l’amiral anglais Howard, capitaine du « Le Régent » débarqua au Conquet et incendia le manoir d’Hervé de Portzmoguer, amiral de Bretagne.

Le 10 août 1512, lors de la fête de Saint-Laurent, une réception est organisée sur « la Cordelière » alors que les Anglais s’apprêtent à débarquer à la Pointe Saint-Mathieu, à la sortie de la rade de Brest. Son capitaine, Hervé de Portzmoguer en est averti et lève aussitôt l’ancre vers l’ennemi, emmenant à son bord les invités de la réception. L’enga-gement est d’une grande violence ; « la Cordelière »  est accrochée par les grappins du vaisseau anglais « Le Régent » qui, commandé par Howard, avait sept-cents hommes d’équipage.

Portzmoguer entrevoit la défaite et décide de faire sauter son navire et, par là même celui des Anglais, en mettant le feu à ses propres munitions ; il prépare son équipage et ses invités à mourir en disant : « Nous allons fêter Saint-Laurent qui périt par le feu !». Forte explosion : les deux navires coulèrent côte à côte, emportant plus de deux mille âmes ! Des campagnes d’archéologie sous-marine eurent lieu, en vain, en 1997 et 2001, afin de retrouver ces navires.   

 

VERSO

Sur le verso de la bannière, nous trouvons une Bretagne romantique, avec ses côtes rocheuses tourmentées, certes, fortement surlignées de noir, comme pour mieux la protéger des assauts de l’océan.

Quant à l’intérieur des terres, l’ensemble des courbes parallèles se superposent et matérialisent ainsi les coups de vent hivernaux balayant en rafales la péninsule armoricaine. 

Cet aspect peu hospitalier n’empêcha guère aux Vème et VIème siècles , l’émigration bretonne en Armorique, lors du passage de la Gaule Armorique à la Bretagne, hormis les « pays » de Rennes et de Nantes. C’est donc pendant cette période que débarquèrent sur nos côtes : Sant Paol Aorelian, en 517, en Ouessant ; Sant Tudual, originaire du Pays de Galles, débarqua dans le Léon ; Sant Brieg, originaire aussi du Pays de Galles  débarqua aux alentours de 580 ; Sant Malo est venu de l’actuel Pays de Galles en 541 ; Sant Samzun, a débarqué sur les côtes bretonnes vers 565, en provenance de l’un des pays celtiques d’Outre-Manche ; Sant Kaourintin est né en Cornouaille armoricaine et fut le premier évêque de Kemper ; quant à Sant Padern, il était d’origine gallo-romaine et devint le premier évêque de Gwened (Vannes). Ils furent appelés les « Sept saints fondateurs de Bretagne ».

Les pays de Rennes et de Nantes, restés en liaison avec la civilisation latine, ne furent adjoints à la Bretagne que sous Nominoë. La Bretagne s’organisa alors en sept diocèses  fondés chacun par un clerc proclamé « Saint » par le peuple.

Ces sept diocèses d’origine, ainsi constitués, formeront avec ceux de Rennes et de Nantes les neuf diocèses bretons et perdureront sans changement jusqu’à la révolution, lors de la création des départements.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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