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Les chapelles chantantes, ou comment faire revivre nos chapelles

Deux constats m’ont conduit à lancer un appel. D’une part, je voyais beaucoup de chapelles rester closes douze mois sur douze, excepté (lorsqu’il avait encore lieu) le jour du Pardon. D’autre part, il existe des personnes qui croient à la puissance de la prière, et qui se retrouvent pour prier. Chez elles, dans l’église, dans une salle paroissiale ou un oratoire. Ces deux réalités : les chapelles vides, des chrétiens qui prient, peuvent se combiner. De la sorte, la prière s’élèvera de nouveau de lieux d’où elle ne monte plus, qu’une fois par an.

Le sol de la Bretagne est constellé de « maisons de prière », dans lesquelles nos aïeux se rendaient pour prier, naturellement. Au long des générations, les habitants des campagnes sont entrés, pour une courte supplication, pour un chapelet, voire une messe pour le quartier. Les chapelles, dont l’implantation, l’architecture, le mobilier nous émerveillent encore, furent voulues, conçues, bâties et décorées ,en vue d’être des lieux consacrés à la prière , à la gloire de Dieu et de tous les saints. Elles ne furent pas construites pour « le tourisme », ni comme salles d’exposition ou de concerts. Sans doute, la vanité humaine et l’esprit de rivalité, qui sont de tous les temps, ont-ils pu entrer dans certaines décisions, mais, en général, c’est toujours une démarche de foi, l’accomplissement d’un vœu, une action de grâce, qui a présidé à la construction de chaque chapelle, petite ou majestueuse. Les archives, quand on ne les a pas détruites, en font foi.

La foi des Bretons, vivant à l’époque de nos Ducs, est difficile à imaginer pour nous. Elle imprégnait les actes de la vie quotidienne. Un réseau de pasteurs, d’éducateurs, de religieux, nourrissait tout au long de l’année, l’âme de la société. Du plus humble laboureur comme Yvon Nicolazic ou Catherine Daniélou, jusqu’aux grandes familles et aux Ducs et Duchesses de Bretagne, tout le monde respirait un air de chrétienté. Nous pouvons donc être certains que la prière « unanime » s’élevait journellement de notre sol. Depuis le foyer autour duquel la famille du paysan s’agenouillait, jusqu’en l’oratoire du château et dans les monastères et les hôpitaux, les baptisés prenaient le temps de « se mettre en présence de Dieu ». Des Ursulines à Carhaix aux Minimes de Saint-Pol de Léon, des Cordeliers de Dinan aux Carmes de Pont-l’Abbé, de Bégard à Coatmalouen, la prière s’élevait de la terre des hommes,vers le Cœur de Dieu .

Où en sommes-nous, en 2017 ?

Les Chapelles Chantantes n’ont d’autre objectif que de « revenir au Seigneur » , tout en faisant mémoire des êtres qui nous ont précédés et qui nous ont laissé un héritage si original que beaucoup de pays peuvent envier à la Bretagne. Notre sol s’est couvert de « maisons de prière », remarquables par leur diversité et leur profusion. Avant que la démence révolutionnaire ne viennent déposséder les peuples de France d’une grande part de leur patrimoine, des paroisses bretonnes comptaient jusqu’à dix, voire vingt chapelles ,édifiées entre le XIVè et le XVIII è siècles, pour le service des habitants des hameaux les plus isolés.

Aujourdhui, les Chapelles Chantantes répondent à un urgent besoin d’intercéder pour notre société « dévoyée et pervertie », qui prétend se passer de son Créateur, et s’enfonce en conséquence dans des comportements qu’il est superflu de décrire. Nos très petites assemblées de priants donneront beaucoup d’espérance, là où elles se tiendront. La preuve en est déjà faite dans le Morbihan, où elles ont démarré.

Comment faire ?

Pour commencer chez vous, la chose est simple :
1- Vous repérez dans votre entourage, une ou deux personnes qui prient régulièrement ; vous repérez aussi dans votre secteur une chapelle qui reste fermée.
2- Vous fixez une date qui vous convient, à vous trois ou quatre.
3- Vous allez prendre contact avec la personne qui détient la clef (Une Association, la Mairie, ou autre) et vous expliquez la démarche : nous viendrons chanter, tel jour à telle heure ; quiconque voudrait se joindre à nous sera le bienvenu.
4- Vous allez rencontrer le pasteur en charge du secteur dont dépend la chapelle choisie par vous ; vous lui exposez la démarche et lui proposez de faire paraïtre une petite annonce dans la feuille paroissiale (Note d’Ar Gedour : n’hésitez pas à en informer Ar Gedour qui relaiera votre initiative).
5- Au jour et à l’heure fixés par vous, ayant invité les personnes qui veulent s’associer à la prière, vous vous rendez sur les lieux, munis des livrets de chants du Tro-Breiz ou de tout autre carnet de cantiques, ainsi que d’un panier contenant crêpes et thermos de café.
6- Entrés dans la chapelle vous « vous mettez en présence de Dieu ». La prière est très simple : chapelet médité, ou lecture de l’Evangile du dimanche, litanies, Chemin de Croix, ou toute autre prière, du moment que c’est une prière qui monte du cœur et pas seulement des lèvres. Les chants, « en présence des anges et de tous les saints », dont les statues nous rappellent qu’ils furent, avant nous des « pauvres pécheurs » comme nous, qui ont accepté de se laisser conduire par l’Amour en persone, nous donneront la joie de partager la foi.

Bonne marche à vous, qui décidez aujourd’hui de vous joindre aux Chapelles Chantantes, là où vous êtes, et tels que vous êtes !


Pour toute information, appelez : Denise et Alexis Kerivel, 50 rue Amiral Ronarc’h, Vannes,
06 95 77 69 47
09 50 57 29 09
e-mail : alexis.kerivel@gmail.com

À propos du rédacteur Keranforest

Né en 1939 à Carantec. Agrégé d'anglais, essayiste, poète, romancier. Devenu prêtre, animateur du Tro Breizh, il a été longtemps chroniqueur au Télégramme de Brest. Poète élégiaque, il est aussi l'auteur de deux romans qui ont la Bretagne pour cadre.

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2 Commentaires

  1. dominique de Lafforest

    merci d’avoir rectifié si vite !

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