Saints bretons à découvrir

Gouel Sant Padrig vat deoc’h holl !

Amzer-lenn / Temps de lecture : 9 min

saint patrickBonne Fête de la Saint Patrick !
Lá fhéile Pádraig sona dhuit !
Gouel Zant Badrig vat deoc’h holl !

Nous sommes aujourd’hui le deuxième dimanche de Carême. Cependant, le 17 mars ne peut faire fi de cette fête nationale irlandaise dans laquelle bien des bretons se reconnaissent aussi.

D’origine britto-romaine, Patrick (dont le prénom de naissance était Maewyn Succat) serait né aux environs de 385 en Bretagne insulaire, à Bannaven Taberniae (ou Banna Venta Berniae), localité située probablement près de Carlisle en Cumbrie. Son père, Calpurnius, était diacre et employé de l’administration et son grand-père était prêtre (à l’époque, le clergé occidental n’était pas encore soumis à l’obligation de célibat). Sa grand-mère était de la Touraine, en France. Son père, bien que diacre, n’était pas considéré comme un homme très religieux, sa situation aisée provenant de la collecte de taxes.

Selon la légende, en 405, à l’âge de seize ans, Maewyn Succat, plus tard, saint Patrick est enlevé par des pirates irlandais, notamment Niall « aux neuf otages », qui le vendent comme esclave. Durant ses six années de captivité (dans une cage), près du bois de Fochoill, en Mayo, il est berger pour le compte d’un chef de clan irlandais. Peu religieux avant sa capture, il rencontre Dieu et devient un chrétien dévot.

En 411, il parvient à s’échapper après que Dieu lui ait dit, dans un de ses rêves, de rejoindre le rivage et de s’embarquer sur un bateau, supposé à 200 km de Waterford ou Wexford. Après trois jours de mer, il débarque sur les côtes anglaises, et peu après les côtes françaises, où il devient prêtre. À l’âge de trente et un ans ou trente deux ans, Maewyn Succat, retrouva donc sa famille. Elle l’accueillit chaleureusement et le supplia de ne plus la quitter. Mais un peu plus tard, pendant la nuit, il eut des visions et entendit « les voix » de ceux qui habitent à côté du bois de Focult à proximité de la mer occidentale, qui criaient, d’une seule voix : « Nous t’implorons saint jeune homme, de venir parmi nous. » « Rendons grâce à Dieu, ajouta-t-il, qu’après plusieurs années le Seigneur a répondu à leur appel ». Il gagne ensuite les îles de Lérins, près de Cannes en France, et s’installe au monastère de Saint-Honorat où il se consacre à des études théologiques pendant deux années. Puis, auprès de saint Germain d’Auxerre, il devient diacre puis évêque.

 En 432, il retourne en Irlande qu’il commence à évangéliser. Il sillonne toute l’Irlande prêchant, enseignant, construisant églises, monastères et écoles. Il fut réputé pour son courage héroïque, son humilité et sa bonté.

Au Rock de Cashel, lors d’un sermon, il montre une feuille de trèfle : – Voilà la figure de la Trinité sainte. Les figures de triades étaient familières à la religion celtique : le trèfle deviendra ainsi le symbole de l’Irlande, grâce à Maewyn Succat. Selon certaine sources (les moines de Lérins en particulier), St Patrick aurait représenté la chapelle de la Sainte Trinité de l’Île Saint-Honorat, qui présentait une forme architecturale proche du trèfle (une nef et trois chapelles circulaires), afin de représenter la Trinité.

Il est ordonné évêque et prend le nom de Patricius (Patrice ou Patrick en latin). En langue gaélique, Patrick s’écrit : Pãdraig.

La légende raconte que c’est à ce moment-là qu’il chasse tous les serpents du pays, action qui symbolise la conversion du peuple irlandais : les serpents représentent l’« antique ennemi », c’est-à-dire Satan, rendu responsable de l’ignorance du Dieu véritable.

Après de longues années d’évangélisation, il se retire à Downpatrick où il meurt le 17 mars 461. Il y est enterré aux côtés de sainte Brigitte et de saint Columcille, tous deux également patrons de l’Irlande.

Lorsque meurt Maewyn Succat, en 461, l’Irlande est chrétienne sans avoir compté un seul martyr, et les monastères y sont très nombreux.

Ganet e voe Padrig e Breizh-Veur, war-dro ar bloaz 385. Pa oa yaouank e voe tapet prizoniad ha kaset da Vro-Iwerzhon ha lakaet da vêsa deñved. Adtapet e frankiz gantañ e c’houlennas bezañ degemeret e-touez an dud-a-iliz ; anvet e voe da eskob Iwerzhon, hag e prezegas gant kalz a c’hred an Aviel da bobloù an enezenn-se, hag e c’hounezas kalz a dud d’ar feiz kristen ; urzhiañ a reas an Iliz eno. Mervel a eure e Kêr-Don, er bloaz 461. (memor diret)

Eus Buhez sant Padrig, eskob, skrivet gantañ e-unan (Cap. 14-16 : PL 53, 808-809)

Hep ehan e lavaran bennozh d’am Doue en deus va miret fidel en deiz va amprouadur, en doare ma c’hellan kinnig gant fiziañs, va ene, dezhañ, en aberzh, evel ur brofadenn vev d’ar C’hrist, va Aotrou, en deus va dieubet eus va holl enkrezioù. En doare ma lavaran : Piv ez on-me, Aotrou, pe c’hoazh : Pehini eo va galvedigezh, p’hoc’h eus va galvet gant kement a vadelezh ? Hiziv, e-touez ar pobloù e c’hellan tridal dibaouez ha meuliñ brasted hoc’h anv, e kement lec’h ma’z an, n’eo ket hepken en degouezhioù mat, met ivez en trubuilhoù. Kement en em gav ganin, daoust pe zroug pe vad, a zlean degemer gant ur spered habask, ha trugarekaat bepred an Aotrou Doue en deus diskouezet din e tlean krediñ ez eo divrall e wirionded, hag en deus prouet din-me e kendalc’ho d’am selaou. Setu perak, evidon da vezañ dizesk, emaon e sell, en deizioù-mañ hag a zo ar re ziwezhañ eus va buhez, da stagañ gant an oberenn-mañ, ken santel ha ken kaer, hag heuliañ roudoù an dud-se en devoa hor Salver gwezhall diouganet ec’h embannfent e Aviel, en testeni d’an holl bobloù pagan.

Eus a belec’h eo deuet din ar furnez-se ha. Na oa ket ennon-me, pa ne ouien ket zoken niver an deizioù, ha pa ne gomprenen netra e Doue ? Eus a belec’h eo deuet din, da c’houde, an donezon-mañ ken bras ha ken talvoudus : anaout Doue hag hen karout zoken, mont betek dilezel va .bro ha va c’herent, ha dont da gaout pobloù Iwerzhon evit prezeg an Aviel ? Penaos em eus gallet gouzañv dismegañsoù a-berzh an dud difeiz ? Gouzañv dizenor va harlu ? Gouzañv kalz a heskinadennoù, betek ar chadennoù zoken, aberzhiñ va frankiz evit mad ar re all ?

Ha mar bezan kavet dellezek, ez on prest da uzañ zoken va buhez, hep marc’hata, hag a galon vat evit anv Doue. Hag amañ en Iwerzhon e hetan he dispign betek ar marv, ma ra an Aotrou Doue ar c’hras-se din-me. Rak dleour bras ez on e-keñver Doue en deus roet din ar c’hras-mañ ken bras da eilgenel kalz a bobloù da Zoue dre va labour, ha d’o ren betek leunder ar feiz. Permetet en deus c’hoazh din-me, reiñ e pep lec’h an urzhioù-sakr da gloareged evit ar bobl nevez-deuet d’ar feiz, ar bobl bet dastumet gant an Aotrou eus penn pellañ ar bed, e-giz m’en devoa prometet dre e brofeded Davedout e teuio pobloù eus penn pellañ an douar, hag e lavarint : Pourchaset o deus ho Tadoù fals idolennoù ha n’eus enno tamm talvoudegezh ebet . Pe c’hoazh : Da lakaet em eus da vezañ sklerijenn evit ar pobloù pagan, ma vi te ar silvidigezh betek, ar pennoù pellañ eus an douar.

Hag amañ e fell din gortoz e bromesa. Rak morse, a dra sur, ne vank d’he seveniñ, evel m’en deus grataet en Aviel : Dont a raio tud eus ar reter hag eus ar c’hornog, hag ec’h azezint ouzh taol a-gevret gant Abraham, Izaag ha Jakob. Evel ma kredomp-ni : eus ar bed holl e teuio krederion.

PEBEILGANENN Rom 15, 15b-16; 1, 9

P/. Ar c’hras a zo bet roet din gant Doue : bezañ ministr ar C’hrist Jezuz evit prezeg d’ar baganed bezañ beleg Aviel Doue, * Evit ober gant ar broadoù ur brofadenn plijus dezhañ.

U/. An Tad a servijan a-greiz va c’halon en ur brezeg Aviel e Vab. * Evit ober …

Tennet eus Kelc’h Katolik

Lorrica de Saint Patrick

Selon la tradition, Saint Patrick – que nous fêtons ce 17 mars- écrivit une très belle prière, connue sous le nom de “Canon de Saint Patrick” ou « Lorrica de Saint Patrick »

L’habitude s’est prise de la dire au début de la journée, il est utile de la dire au moment de partir en voyage, avant de rencontrer un ennemi du Christ, chaque fois qu’il y a lieu de penser que le diable est en train d’agir dans notre maison ou autour de nous.

Crist dom imdegail indiu
ar neim, ar loscud, ar bádud, ar guin,
condom-thair ilar fochraicce.< /span>
Críst limm, Críst reum, Críst im degaid,
Críst indium, Críst ísum, Críst uasum,
Críst desum, Críst tuathum,
Críst i llius, Críst i sius, Críst i n-erus,
Críst i cridiu cech duini immumrorda,
Críst i ngin cech oín rodom-labrathar,
Críst i cech rusc nonom-dercathar,
Críst i cech cluais rodom-chloathar.

Cette prière avait été magnifiquement reprise dans “The Pilgrim”, de Shaun Davey. Nous vous la proposons en version gaélique et avec sa traduction en français via ce lien. Hélène Goussebayle en a composé une belle adaptation en français.

Vous pouvez aussi retrouver sur Kan Iliz un chant dédié à Saint Patrick, en breton vannetais, composé par Uisant Ar Rouz et qui se chante sur l’air de O Sant Matelin benniget, cantique traditionnel entonné à Quistinic (Diocèse de Vannes).

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour. Après avoir co-écrit dans le roman Havana Café, il a publié en 2022 son premier roman "CANNTAIREACHD".

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