GRANDES DAMES DE BRETAGNE : Comtesse Vefa de Saint-Pierre, amazone bretonne

Amzer-lenn / Temps de lecture : 16 min

Ce qu’on appelle communément le « Mouvement breton » (en breton l’Emsav), pour les historiens, se divise en deux périodes : le Premier mouvement, qui va des années 1870 à 1945, et le second qui débute au lendemain donc de la Seconde guerre mondiale, et qui a révélé de belles personnalités militantes bretonnes féminines, des femmes d’exception, digne de celles qui furent les grandes figures de la chouannerie bretonne, car toutes en avaient l’âme, le cœur, le dynamisme et la foi. Parmi ces Grandes Dames, il y eu la Comtesse Geneviève de Méhérenc de Saint Pierre (1872-1967) une figure bretonne particulièrement forte, originale, hors du commun, d’une grande foi chrétienne et bretonne. D’ailleurs, le point commun de ces Grandes Dames bretonnes est d’avoir eu ces vertus : la foi en Dieu et la foi en leur patrie, l’avenir de celle-ci reposant sur la pierre angulaire qu’est le Christ.

Geneviève de Saint Pierre, plus connue par son prénom bretonnisé en Vefa, méritait bien un livre retraçant sa passionnante vie ; une vie d’aventures, d’engagements qui mériterait même un film, si toutefois il existait un authentique cinéma breton, une vie qui pourrait faire l’objet d’une BD passionnante. En 2000, Claire Arlaux, diplômée du Centre de formation des journalistes nous avait offert une remarquable vie de Vefa de Saint Pierre « Une Amazone bretonne (1) », fruit d’une longue et rigoureuse enquête auprès de ceux qui l’avaient bien connue, et il était temps, car depuis tous ces témoins ne sont plus.  Vingt-deux ans plus tard, le même ouvrage vient d’être réédité (2), et nous ne pouvons que saluer cette initiative, car elle est l’heureuse confirmation que la biographie de Vefa de Saint-Pierre n’a pas laissée indifférent les Bretons et bien d’autres lecteurs, et que la première édition ne s’est pas retrouvée dans les solderies d’ouvrages ayant fait un bide désolant pour l’auteur et l’éditeur.

La vie de Vefa de Saint-Pierre, c’est déjà plusieurs vies : tour à tour novice religieuse, mais pour au bout de neuf années renoncer au couvent, exploratrice, reporter en Amérique et au Canada, écrivain, ardente militante du mouvement breton dont elle sera une très généreuse mécène. Mais ses trois grandes passions, qu’elle partagera avec une égale ferveur, seront dans l’ordre : Dieu, la Bretagne et la chasse.  On lui doit même d’avoir été en son domaine de Menez Kamm (littéralement le mont tordu), en Gourin, une véritable écologiste qui n’avait rien à voir avec les caricatures idéologiques actuelles. Deux petits exemples : elle était passionnée par les arbres et le reboisement ; elle connaissait toutes les essences de son vaste domaine, celles qu’il fallait bien faire croître, ceux qu’il fallait éliminer : elle exigera même que les poteaux téléphoniques et d’EDF soit peints en vert pour « s’intégrer au paysage », et elle obtiendra gain de cause.

Mais, il nous faut situer sa personne. Vefa de Saint-Pierre, physiquement, ne fût guère avantagée par la nature, son visage semblait avoir été dessiné, sinon à la hache, du moins à grands coups de crayons, dont le menton fort, en « galoche », et une chevelure courte et sans grâce accentuaient son côté masculin, de garçon manqué. Elle ne recherchait guère l’élégance et la féminité dans ses choix vestimentaires, préférant les tenues masculines, surtout celles de chasse, bien plus pratiques pour chasser, monter à cheval, parcourir son vaste domaine de Menez Kamm en Gourin. Et si l’on ajoute sa manière assez militaire de s’exprimer, son franc parler, il n’y a rien en elle qui soit l’image d’une comtesse. Qu’importe, cet aspect rustre cachait, un grand cœur, une générosité sans limites pour les causes bretonnes et une foi indestructible ; elle savait que la véritable aristocratie n’est pas l’étalage de titres, mais celle du cœur et de l’âme, et tous ceux qui l’on connue pouvaient témoigner qu’elle fut par ces qualités une véritable aristocrate … de la charité.

Parlons d’abord de ses grandes passions, le goût de l’aventure, les grands espaces sauvages, la chasse. Très vite, dans ce milieu très masculin qu’est la chasse, elle va s’imposer comme une excellente gâchette.

UNE DAME DE GRANDE  FOI ET DE GRAND CŒUR

Sa seconde passion, qui se confond avec sa grande foi chrétienne est la Bretagne. Financièrement, elle est très aisée, elle va mettre sa fortune au service des causes bretonnes, mais avec intelligence, discernement, car il y a causes et causes, et elle n’est pas du genre à soutenir ce qui relève du fantasme et du bricolage sans avenir, fussent-ils bretons, car les idéalistes amateurs au sein du mouvement breton ne manquent pas, et trop souvent en viennent à parasiter, discréditer les initiatives sérieuses. Non… elle veut du direct, du rapide, de l’efficacité. Aussi elle a vite fait de jauger les gens, et de discerner les fanfarons et les bavards des personnalités d’actions. Ayant laissé derrière elle sa vie d’aventures, elle va donc se consacrer entièrement à la Bretagne, et cette cause réclame bien des urgences : défense de la langue, des traditions bretonnes, de sa culture, de son patrimoine architectural, religieux et profane, des costumes, car plus que jamais la France jacobine, républicaine, de plus en plus anti-chrétienne relance sa guerre contre tout ce qui fait l’identité bretonne. A cette guerre, éclatée en multiples petites guerres, s’ajoute la guerre faite à la foi des Bretons. En effet, il n’échappe pas aux gouvernements français successifs qu’il convient de déchristianiser les Bretons pour en faire de bons Français, car la foi est un obstacle majeur et la langue bretonne en est toute l’expression. Seul le français permet la laïcisation de la société bretonne, donc sa francisation. Vefa de Saint Pierre, très lucide sur ces questions sera sans concessions, et puisque ces Messieurs de Paris, entendent détruire la Bretagne autant physiquement que culturellement et spirituellement, elle ne sera pas femme à leur faire le moindre cadeau. Vefa de Saint-Pierre va donc afficher un nationalisme breton qui ne transigera sur rien. En cela, elle sera une digne héritière des Amazones de la chouannerie bretonne, et il n’aurait pas fallu beaucoup pour que cette fine gâchette, en d’autres circonstances, s’intéresse à d’autres gibiers. A défaut d’épauler un fusil, elle sortira, dès que les causes en vaudront la peine, son carnet de chèques. Elle va être la généreuse mécène du mouvement breton d’entre les deux guerres, permettant à bien des projets de se concrétiser. Mais attention : il ne fallait surtout pas la décevoir. Un jour de 1933, croisant au presbytère de Scrignac le tout jeune secrétaire que l’abbé Perrot venait d’embaucher, elle le toisa de la façon militaire qui lui était familière, et lui dit : « Ha ! c’est vous le secrétaire de Monsieur Perrot ? J’espère, jeune homme, que vous ne nous décevrez pas ! ». L’abbé Perrot n’avait pas les moyens de payer un salaire. La Comtesse avait donc vite jugé le jeune secrétaire, et estima qu’il en valait la peine. Ce n’est qu’en 1953, que le secrétaire apprendra que la Comtesse de Saint Pierre avait, dix années durant, assuré son salaire. Quand il voulut la remercier, superbement, elle lui répliqua : « Mon cher ami, je ne vois vraiment pas de quoi vous voulez parler ! », la question était close. Ce geste de générosité, elle le multipliera pour toutes les causes bretonnes qui en valaient la peine. Ainsi, elle va se faire la bienfaitrice des écoles catholiques de Gourin, Roudouallec, Le Faouët, de Le Saint, de Châteauneuf du Faou, et de bien d’autres, mais à une condition : que ces écoles enseignent le breton et le catéchisme en breton. La méthode sera efficace, puisque ces écoles se conformeront sans réticence aux vœux de la Comtesse. De même, elle qui n’a jamais, sinon dans son enfance, porté le costume breton, incitera les Bretons à être fiers de leurs si beaux costumes. Lors des concours de breton organisés par les écoles chrétiennes, elle offrait, avec la remise des diplômes, les récompenses, souvent une œuvre d’art des Seiz Breur ou un livre breton.

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Vefa de Saint-Pierre ne s’en tiendra pas là : le Mouvement breton foisonnait d’artistes toujours en quête de projets, souvent irréalisables fautes de moyens. L’abbé Perrot et son jeune secrétaire étaient de ceux-là, et questions projets, on pouvait leur faire confiance, et dans ceux-ci, il y avait une place pour … la Comtesse et son généreux mécénat. D’ailleurs elle n’aurait pas apprécié qu’on ne fit pas appelle à elle. Citons parmi ces projets dont elle sera la généreuse bienfaitrice : la résurrection de l’abbaye de Landévennec (2) en 1935, qui l’enthousiasmera, la construction de la chapelle Notre-Dame de Koad-Kéo à Scrignac. Lorsqu’elle venait au presbytère de Scrignac, elle demandait à l’abbé Perrot : « Alors, Monsieur le recteur, quel projet nouveau avez-vous aujourd’hui ? ». Et le bon prêtre, se frottant les mains comme à son habitude quand il était heureux, lui contait ses projets avec une telle conviction, une telle assurance de leur réussite que la brave Comtesse ne tardait pas à les faire sien … et de sortir le nerf de la guerre. Elle achètera une soutane neuve à l’abbé Perrot pour son voyage au Pays de Galles en 1935, et paiera même son voyage et celui de son jeune secrétaire. Un jour, elle « oubliera » au presbytère de Scrignac une importante somme d’argent, l’abbé Perrot s’empressera de la lui rapporter : «Madame, dit-il, vous aviez l’autre jour oublié cet argent !  » ; « Ah bon ! vous croyez ! Etes vous certain, que cet argent est à moi ? Douteriez-vous Monsieur le recteur que ce fût peut-être un ange qui était en mission de vous l’apporter ? Je crois savoir que c’est ce que vous demandez dans vos prières, n’est-ce pas ? ». Evidemment, avec un argument aussi chrétien, emprunt d’une désarmante sincérité, l’abbé Perrot amusé ne pouvait qu’accepter ce don du Ciel. La venue de Madame de Saint-Pierre au presbytère était toujours un jour de fête, car elle ne manquait jamais d’apporter du gibier qu’elle avait elle-même chassé : lièvre, lapin, faisan, cuissot de chevreuil, de sanglier ou de cerf.

Lady Mond à 20 ans
Maï à 20 ans

Discrète dans ses œuvres et dans sa charité, elle sera la preuve que l’on peut être riche et avoir le souci des autres, surtout quand ces autres sont vos compatriotes. A la même époque, une autre grande dame, issue de la paysannerie, mais parvenue par son caractère, son mariage avec le richissime Lord Mond, magnat du Nickel à côtoyer les grands du monde, mettra sans ostentation sa fortune au service de ses compatriotes. La petite paysanne bretonne, Marie Le Manac’h, qu’on appelait familièrement « Maï », deviendra Lady Mond, la châtelaine de Coat an Noz en Belle-Isle-en-Terre.  Une des fiertés du Mouvement breton d’entre les deux guerres est d’avoir eu en son sein de « Grandes Dames » par leur patriotisme breton, par leur culture bretonne, toutes animées d’une grande foi, ce qui explique en grande partie que le premier Emsav (Mouvement breton) fut, tant leur influence était grande, profondément chrétien (3).

Vefa de Saint-Pierre ne pouvait manquer d’ajouter à son originalité de diane chasseresse, d’éminente cavalière et d’exploratrice, la qualité d’être druide. Mais attention, profondément catholique, elle s’en tenait sur le druidisme à son seul caractère culturel, philosophique comme étant partie intégrante du patrimoine historique breton, celte, en aucun cas elle n’en aurait fait sa religion comme certains compatriotes qui rêvaient de ressusciter le druidisme comme religion de la Bretagne. En août 1930, au Gorsedd de Saint-Nicolas-du-Pélem, elle deviendra la bardesse « Brug ar Menez Du» ( La bruyère de la Montagne Noire), au côté de la comtesse de Boiboissel, harpiste du Gorsedd.

En 1950, la comtesse de Saint-Pierre est déjà une femme âgée, mais encore très alerte, retirée en son manoir de Menez Kamm. Elle n’en garde pas moins de puissantes relations avec l’élite du Mouvement breton, une élite, à la suite des épreuves de la guerre bien dispersée, mais non résignée dans les espérances pour la Bretagne perdues. Si le presbytère de Scrignac fut l’Auberge du Bon Dieu où toute la jeunesse militante bretonne, et les moins jeunes aimaient se rendre, Menez Kamm sera appelé « l’Hotel celtique », tant elle recevait du monde. L’un de ces hôtes, sera le moine bénédictin Dom Godu, dernier gardien du Mont Saint-Michel et à qui l’on doit par ses relations, sa grande diplomatie, la résurrection de Landévennec. Grand érudit, parlant neuf langues, durant 15 ans, logeant à Menez Kamm, il va s’adonner à un gigantesque travail cadastral consistant à relever tous les noms de lieux d’origine gauloise, brittonique. La présence de Dom Godu à Menez Kamm attirera un grand nombre de linguistes, d’universitaires donnant au manoir une aura similaire au presbytère de Scrignac.

L’assassinat de l’abbé Perrot en décembre 1943 l’avait, comme tous le Mouvement breton, très affectée, et elle pressentait avec beaucoup d’autres personnes lucides qu’une certaine Bretagne allait sans doute disparaître. Elle qui avait tant combattue pour des écoles chrétiennes et bretonnes, voyait désormais le français prendre la place du breton, de même à l’église, les familles bretonnes ne plus transmettre la langue.

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Un autre prêtre va éclairer sa vieillesse : l’abbé Louis Le Floc’h plus connu sous son nom d’écrivain Maodez Glanndour ; elle dira de lui qu’il était son rayon de soleil, qu’il était un autre abbé Perrot en devenir, et avec son franc-parler que l’âge n’avait pas altéré, elle disait encore du jeune abbé qu’il était d’une insolente beauté, ce qui était vrai. Quand l’abbé Henri Poisson sortira son Histoire de Bretagne, puis sa Vie de l’abbé Perrot, elle achètera des centaines d’exemplaires pour les offrir à ses visiteurs. En juin 1967, au terme d’une vie bien remplie pour Dieu, la Bretagne, ses chers compatriotes, elle rend son âme à Dieu. Elle repose au cimetière de Saint-Michel.

Mais avant son grand départ pour sa patrie céleste, elle voulut que Menez Kamm continue à être cet « Hotel celtique » qui recevait tous ceux qui travaillait au renouveau breton, et pour cela elle avait pleinement confiance en la nouvelle jeunesse bretonne qui en ce début des années soixante émergeait. Elle loua donc à une jeune association bretonne son manoir, avec pour condition d’en respecter les lieux, d’être un haut-lieu de la culture bretonne. Ainsi, de 1967 à 1977, Menez Kamm fut effectivement ce lieu où défila toute une génération férue de langue bretonne, de musique bretonne, fière de retrouver ou de découvrir dans une ambiance festive de camaraderie son identité bretonne ; le vœu de Vefa de Saint-Pierre semblait donc exaucé. Hélas, il s’avéra que non.

Si sur le plan culturel breton l’aventure Menez Kamm fut très positive, il n’en sera pas de même sur le plan politique, et surtout religieux. Une grande partie de cette jeunesse bretonne dynamique va se laisser séduire, l’université et Mai 1968 aidant, par les idéologies destructrices de l’ordre social et des patries, de toutes les valeurs, les vertus que défendit avec fougue la Comtesse de Saint-Pierre. Mais surtout, cette jeunesse ne se sentira guère concernée par la foi d’une Bretagne chrétienne : Breiz, oui, mais Feiz -à de rares exceptions – n’était pas leur affaire. En outre, des soucis d’intendance et d’égos qu’aime tant cultiver le milieu breton, des dérapages vont finir par agacer, voire inquiéter les héritiers qui reprendront le domaine et mettront un terme à l’Hotel celtique. Dom Godu qui était dans les confidences de Madame de Saint-Pierre – qui lui avait fait part de ses intentions de faire de son cher manoir un lieu pour la jeunesse bretonne, comme le célèbre Ker Vreizh de la rue de Rennes à Paris – l’invitera à être prudente, de ne point en faire don.  Le vieux moine pressentait que cette jeunesse bretonne, tôt ou tard, rejetterait la foi qui avait animé leurs aînés, et qu’un bail suffirait pour tenter cette expérience. Il ne s’était malheureusement pas trompé.

Vefa de Saint-Pierre fut l’exemple même de ces Bretonnes militantes, élites complètes d’un patriotisme catholique constructeur, car il était mué par le plus grande des vertus chrétiennes, la charité et l’amour de son prochain, en premier lieu ses compatriotes. La vie de la Comtesse Vefa de Saint-Pierre, si donc elle a fait l’objet du présent livre que nous vous recommandons, mériterait aussi une belle BD, ou encore un film d’aventures qui en vaudrait très largement bien d’autres.

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Notes :

  •  L’appel pour la résurrection de l’antique abbaye de Saint Gwenolé sera lancé au Bleun-Brug de Pleyben (1935), dans les ruines de l’abbaye, et renouvelé au Bleun-Brug de Plougastel (1937) qui reprenait les même thèmes :le millénaire de la libération de la Bretagne du joug normand.
  • Si le premier Mouvement breton (Emsav) était à dominante largement chrétien, il y avait toutefois un courant, assez marginal mais dynamique, de militants qui affichaient un « néopaganisme » teinté de druidisme, ce qui ne les empêchaient pas de reconnaître les racines chrétiennes de la Bretagne, et que, quoiqu’ils en disent, toute leur culture, leur manière de penser et vivre étaient pétries de chrétienté.

À propos du rédacteur Yvon Abgrall

Publiant régulièrement des articles dans la presse bretonne, il propose pour Ar Gedour des articles documentés sur le thème "Feiz & Breizh" (foi et Bretagne), d'un intérêt culturel mais aussi ancrés dans les préoccupations actuelles.

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Un commentaire

  1. Jean-Luc MELENCHON, héros breton : « Les écoles Diwan sont des sectes ».

    Louis Mélennec à Jean – Luc Mélenchon :
    « Cher Tonton, Lorsqu’un homme normal parle, il s’exprime par un organe qui s’appelle la bouche. Lorsque vous parlez des Bretons, vous vous servez d’un orifice qui, chez d’autres, servent à d’autres usages. « 
    Aussi stupéfiant que cela paraisse, les injures anti-bretonnes se poursuivent encore. On en trouve des centaines sur la toile.

    En 2007, Mélenchon est l’allié mental des Chinois au Tibet, auteur de théories laudatives sur l’action « civilisatrice » de la Chine au Tibet, vieil empire multinational envahi par les communistes chinois, qui représentent désormais plus de la moitié de la population. S’attribuant à lui-même la qualité de « penseur socyalyste », fustigeant ceux qu’il dénomme répétitivement des « identitaires ethnicistes sournois », des « gens d’extrême droite », tout juste bons à être manipulés – en esclaves qu’ils sont, car « il n’y a pas de nationalisme spontané, seulement des constructions idéologiques élaborées par des « nationalistes qui font campagne ».

    Voici une citation de ce grand penseur socyalyste :

    » Le vocabulaire et la grammaire de la » pseudo-langue bretonne, nommée de cette façon, n’est aucune des cinq langues parlées historiquement, mais une langue unifiée, dont la grammaire et le vocabulaire furent fixés à la demande de l’occupant nazi en 1941 par une plume ensuite condamnée à mort par contumace pour sa collaboration avec les tortionnaires de la Gestapo » (sic!) «.

    Jean-Luc Mélenchon fait-il allusion au brillantissime linguiste – grammairien breton, Roparz Hémon, l’une de nos gloires nationales, dont le seul crime fut de consacrer sa vie à sauver notre langue de la destruction programmée par le pays des droits de l’homme, depuis la géniale révolution universelle de 1789 ? Hémon est sorti libre du tribunal

    qui voulait le condamner, et a poursuivi son oeuvre à Dublin. Il a fait, avec les autres linguistes, du breton une très belle langue littéraire, qui a produit des chefs-d’oeuvre, dont plusieurs de Youenn Drézen. comme un demi-siècle plus tôt, Ben Yehoudah, réussit à créer une nouvelle langue à partir de l’hébreu ancien.

    Je répète souvent cette phrase admirable de Herbert Pagani : « Les Bretons sont les Juifs de la France ».
    La phrase a été reprise par les Kabyles :
    « Les Kabyles sont les Juifs de l’Algérie ».
    Les Kabyles, en effet, ont subi de leurs envahisseurs arabes les mêmes atrocités que les Bretons de leurs colonisateurs français. Mais personne ne parle de leurs souffrances. Honte à la France ; mais surtout aux Bretons. Je connais le prix de la lâcheté.

    Une autre « pensée » de M. Mélenchon, qui, ennemi des nations, semble avoir changé d’ avis ; ayant lu de meilleurs livres d’histoire que ceux dans
    lesquels il puisait son inspiration autrefois, il a reconnu dans l’un de ses prêches – il aime parler en public -, que les Bretons ont joué un rôle essentiel lors de l’abolition des privilèges de la noblesse et du clergé, et que la célébrissime nuit du 4 août 1789 – la séance la plus célèbre de toute la vie parlementaire -, préparée au club breton, fut présidée par l’avocat rennais Le Chapelier. Ce qui est vrai. Plus douteuse est son affirmation que, lors de la bataille de Valmy, au cours de laquelle les armées françaises repoussèrent leurs ennemis venus de l’Est, les Bretons jouèrent aussi un rôle essentiel. S’il est vrai que les Bretons, infiniment plus avancés que les Français, ont inspiré nombre de réformes en 1789, ils n’aspiraient qu’à une chose : chasser les Français détestés, et redevenir totalement indépendants. En supprimant leurs institutions, et leurs pouvoirs autonomes, les dérangés mentaux de Paris en ont fait des esclaves. Ce qu’ils sont encore aujourd’hui.
    Jean-Luc Mélenchon a appris, depuis lors, que la langue bretonne commence à exister plusieurs siècles avant le Christ, et que, selon les éminents linguistes que sont Henriette Walter et Bernard Cerquiglini, la langue française n’est qu’un « patois » qui a réussi, et une langue créole. (Ce qui ne lui enlève pas ses mérites). Pire : selon le linguiste breton Goulven Pennoad, le français est l’idiome le plus minable de toute l’Europe ! Mélenchon ne soupçonnait pas que la langue « unifiée » et trafiquée par excellence est le français. Cette langue n’existe pas encore au douzième siècle, si ce n’est à l’état de fantôme ; elle est normalisée seulement au 17ème siècle, notamment par la création de l’Académie
    française en 1635 par Richelieu, et par les écrivains qui ont reçu la consigne de la domestiquer, c’est-à-dire de l’appauvrir ; ni qu’en 1789, alors que la France n’est qu’un amas « de peuples inconstitués » (Mirabeau), elle possède au moins trente langues, dont certaines très anciennes et très riches – dont le basque et le breton -, dont les révolutionnaires inaugurent la destruction systématique. En1999, Bernard Cerquiglini dénombre 75 langues minoritaires en France !

    Trois autres pensées socyalystes du génial auteur Mélenchon :

    – Le breton est la langue de la collaboration (!!!!);

    – Les écoles Diwan sont des sectes (!!!)
    – Les Bretons n’ont jamais eu de langue : ils n’ont parlé que des patois, au nombre de cinq !!!

    (Extraits du Livre Bleu de Louis Mélennec. A diffuser partout : cela va soulager le monde entier des mensonges et des vantardises de la « république », rétrogradée désormais à sa véritable place : celle des doigts de l’homme. Nos lecteurs ont-ils enfin compris les raisons du combat de Drézen Le Gonidec, Roparz Hémon ? Savez-vous que ce pays m’a inscrit pendant 20 ans sur une liste noire, pour m’empêcher de parler ????? Mes pires ennemis n’ont pas été les Français, mais les communistes et les socialistes bretons !!!! Des MALADES !
    Une place majuscule est réservée en Bretagne au savant Mélenchon dans la vallée des Saints. Elle sera taillée dans un immense bloc en granit rose. N’y voyez aucune allusion malveillante ! Honni soit qui mal y pince !)

    BIBLIOGRAPHIE
    Cerquiglini Bernard, Les langues de la France, rapport publié sur la toile.

    Hagège Claude, Halte à la mort des langues, page 217, Paris 2000, éditions Odile Jacob.
    Le Du Claude (Kloa an Du), Histoire d’un interdit à l’école, Hor Yezh, 2000. Ouvrage majeur sur les persécutions des petits bretons à l’école, sous l’influence de la France.
    Mélennec Louis, Nombreux articles sur les langues (plus de cinquante).
    Mélennec Louis, L’oeuvre civilisatrice de la France en Bretagne.
    Mélennec Louis, Droits de l’homme.
    Morvan Françoise, Le monde comme si. Une collection de sottises.
    Pennoad Goulven, Correspondances sur la langue bretonne avec Louis Mélennec.

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