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La “messe anticipée”, ou samedi contre dimanche

 « Souviens-toi de sanctifier le jour du sabbat » Ex, XX, 8.

Rappelons-nous le livre de la Genèse où Dieu, après ses six jours de création, se reposa le septième jour. Non parce qu’il était exténué, fatigué et qu’il avait besoin de repos, mais pour poser sur son œuvre un regard de contemplation. L’homme, qui « achève » la Création, doit faire de même, et se souvenir de la raison de son travail : contempler en rendant grâce le travail réalisé sous le regard de Dieu. Or, si on ne prend pas ce temps, on oublie pourquoi on agit, et ce qui est le plus important dans sa vie. Là sont les racines de ce commandement, le troisième du décalogue dans lequel il est prescrit : “tu sanctifieras le jour du Seigneur”.

forêtNous l’avons vu : dans l’Ancien Testament, les Juifs sanctifiaient le jour du sabbat pour honorer le repos de Dieu après la création. Les Apôtres, afin de bien montrer que la religion chrétienne différait de la religion juive, choisirent le dimanche comme jour du Seigneur (Dies Domini), voulant par-là honorer et sanctifier le jour de la Résurrection de Jésus et aussi de la descente du Saint Esprit à la Pentecôte. Les juifs convertis observaient les deux jours.

« Le dimanche ou les autres jours de précepte, les fidèles s’abstiendront de ces travaux et de ces affaires qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre du jour du Seigneur ou la détente convenable de l’esprit et du corps… L’institution du dimanche contribue à ce que tous jouissent du temps de repos et de loisir suffisant qui leur permette de cultiver leur vie familiale, culturelle, sociale et religieuse » . Voilà ce que dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC n° 2193 et 2194) .

Cependant, doit-on choisir la messe du samedi soir ou celle du dimanche matin… voire celle du dimanche soir ? Par commodité, il est aisé de se laisser la plage du dimanche matin, qu’elle soit libre pour rester faire la grasse matinée, honorer le culte du corps par un jogging matinal ou un trajet en vélo, ou encore permettre un dimanche sans entrave pour telle excursion.

Il n’est pas question de conspuer ceux qui vont à la messe le samedi et de béatifier ceux qui y vont le dimanche, mais de se demander si, en optant de manière régulière pour une solution qui à la base était dédiée aux situations exceptionnelles ou pour les métiers ne permettant clairement pas d’assister à la messe dominicale (dimanche matin), on le fait pour nous. En faisant ce choix, nous mettons-nous en priorité et Dieu second servi ? Le Jour du Seigneur est-il alors encore vraiment le jour du Seigneur ?

Il y a quelques années, une publication* était consacrée à la question, que nous reprenons ci-après, invitant à la réflexion commune.

____________________

Un rappel

La loi de l’Église concernant le dimanche est double  : assister à la sainte messe et cesser les œuvres prohibées (serviles, foraines…) Deux obligations donc: la première vise directement le culte de Dieu ; la seconde, le repos de l’homme. Ces deux obligations ne cohabitent pas comme par hasard. La loi de l’Église vise à promouvoir tout à la fois le culte de Dieu et le repos de l’homme, mais le second est destiné principalement à favoriser le premier. Si l’on dissocie les deux obligations, si l’on envisage la cessation des œuvres serviles sans penser au culte de Dieu, alors il faut parler de vacances, de loisirs ou de RTT, mais certainement pas de repos dominical.

Mettre le repos au service du culte, c’est ainsi que l’Église a toujours entendu le précepte dominical. Le meilleur moyen de s’en assurer est d’interroger les témoins autorisés de la Tradition.

Prenons avant tout le Catéchisme du concile de Trente (Ch. 31), disant que « Ces paroles [interdisant les œuvres serviles] nous montrent d’abord que nous devons éviter tout ce qui peut entraver le culte divin. D’où il est aisé de conclure que les œuvres serviles de toute espèce sont défendues (…) parce qu’elles seraient capables de détourner notre esprit du service de Dieu, qui est la fin du précepte » (§ 5). Voilà qui est clair.

Toutefois, comme un mauvais préjugé envahit les esprits actuels, préjugé qui affirme que l’Église du concile de Trente était une Église fort éloignée des origines, nous allons d’une enjambée remonter au VIe siècle, pour y entendre la voix du concile d’Agde (506) : « Nous ordonnons aux fidèles, par un précepte spécial, d’entendre toute la Messe le dimanche, et de ne pas quitter [l’église] avant la bénédiction du prêtre. » Encore cette insistance sur le culte divin.

 

Entrons à présent dans l’ère des persécutions. Nos ancêtres dans la foi sanctifiaient alors le dimanche sans qu’il y eût obligatoirement de repos dominical (il faudra pour cela attendre le IVe siècle, avec la naissance de l’État chrétien). En 305, le concile d’Elvire menace d’excommunication ceux qui manqueraient trois fois de suite à la messe le dimanche. Vers 230, la Didascalie (un texte syrien ou palestinien) s’adresse aux chrétiens avec une belle éloquence : « Abandonnez tout au jour du Seigneur et courez avec diligence à vos églises, car c’est là votre louange (envers Dieu). Sinon quelle excuse auront, auprès de Dieu, ceux qui ne se réunissent pas, au jour du Seigneur, pour entendre la parole de vie et se nourrir de la nourriture divine qui demeure éternellement ? » Remontons encore dans le temps : nous trouvons au IIe siècle l’Apologie de saint Justin, expliquant que les chrétiens se réunissent « le jour du soleil » (c’est-à-dire le dimanche) pour rendre le culte à Dieu. [NDCR. Et encore plus tôt, voici ce que l’on trouve dans la “Didachè”, à propos de la réunion dominicale. La Didaché est un “livre anonyme” qui “fut tellement apprécié des premiers chrétiens qu’il fut parfois tenu pour inspiré. Son auteur n’est pas connu. Il a dû voir le jour entre 100 et 150, vraisemblablement dans la région syrienne. C’est une sorte de catéchisme à l’usage des fidèles, composé de textes divers, préexistant à l’état dispersé, concernant la morale chrétienne, la hiérarchie ecclésiastique, les fêtes liturgiques, l’administration du baptême et de l’eucharistie. … Le document émane d’une communauté de Juifs convertis au christianisme au tournant du premier siècle. … Voici les prescriptions de la Didaché pour le Jour du Seigneur : “Réunissez-vous le jour dominical du Seigneur, rompez le pain et rendez grâce, après avoir d’abord confessé vos péchés, afin que votre sacrifice soit pur. Celui qui a un différend avec son compagnon ne doit pas se joindre à vous avant de s’être réconcilié, de peur de profaner votre sacrifice, car voici ce qu’a dit le Seigneur : ‘Qu’en tout lieu et en tout temps, on m’offre un sacrifice pur; car je suis un grand roi, dit le Seigneur, et mon nom est admirable parmi les nations.” Source: A. HAMMAN, L’Empire et la Croix, in DANIEL-ROPS, Histoire de l’Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p.26. “[I]nsensiblement, une fissure devait se dessiner entre eux (les premiers chrétiens) et les autres Juifs. Par exemple, la fête hebdomadaire rituelle, le Sabbat, minutieusement consacrée à la prière, se plaçait le samedi. En tant que Juifs, les premiers fidèles l’observaient. Mais à côté, une autre fête s’était imposée à eux, celle du Jour du Seigneur, où l’on commémorait la Résurrection : dans les épîtres de Saint Paul (I Cor., XVI, 2), dans les Actes (XX, 7), comme dans le texte non canonique dit Lettre de Barnabé datant d’environ 132, on trouve la preuve que ce ‘premier jour de la semaine’ était fête chrétienne. Il en résulte une rivalité entre ces deux journées, et peu à peu, ce fut le dimanche qui l’emporta. … La substitution des nouvelles observances aux anciennes ne sera complète qu’à la fin du second siècle. DANIEL-ROPS, ibid., p. 27.] Tous ces témoignages montrent que, dans la sanctification du dimanche, le culte rendu à Dieu a toujours tenu la première place.

 

Une réforme pas à pas

L’innovation introduite dans le nouveau droit fut précédée de plusieurs demandes et autorisations. Les premières apparurent au début du pontificat de Paul VI (2). Puis une Instruction (3) fixa en 1967 les règles de cette célébration. En 1968, la faculté d’autoriser la messe anticipée fut confiée à chaque évêque diocésain. Et, en 1983, l’innovation fit son entrée triomphale dans le nouveau droit, au canon 1248 § 1.

Il faut rappeler le contexte dans lequel cette nouveauté a vu le jour. Un mot résume l’état d’esprit des hommes d’Église dans les années 1960 : l’aggiornamento, c’est-à-dire, selon certains, l’adaptation à la société moderne. Il y a une bonne adaptation et il y en a une mauvaise. S’adapter à un contexte que l’on n’a pas choisi est permis : l’Église s’est ainsi toujours adaptée aux circonstances que lui imposaient les sociétés qu’elle n’avait pas encore amenées au Christ (« christianisées ») – ou qu’elle ne pouvait plus maintenir sous le règne du Christ (4).

 

Du Ski au Syndicat

Une note de la Commission épiscopale (française) de liturgie, datée du 15 janvier 1969, donne les motifs qui ont amené à autoriser les messes le samedi soir. « Dans le monde tel qu’il se présente maintenant, il y a, le dimanche, des chrétiens qui sont en état de loisir, il y a des chrétiens qui travaillent. » Soit. Examinons à présent ces motifs dans le détail.

Voici d’abord pour les chrétiens en « état de loisir ». Il y a premièrement ceux qui « veulent éviter la fatigue du dimanche matin quand il s’agit de préparer toute une famille pour la messe, ou qui reçoivent des amis non croyants et veulent passer toute la journée avec eux ». Deuxièmement, il y a ceux qui partent en week-end : « c’est le cas de jeunes ou d’adultes qui font partie d’un groupe dont les activités de loisirs commencent très tôt le dimanche matin ou qui se rendent dans un lieu où il n’y a pas de messe (ski…) ». Ou encore « c’est le cas de personnes ou de familles qui, s’étant échappées soit le samedi midi, soit même le vendredi soir (…) pourront disposer de tout leur dimanche pour des activités de loisir ». Enfin vient le cas du conjoint incroyant, à qui l’on pourra consacrer tout son dimanche : « Dans les foyers où l’un des époux est incroyant, l’époux croyant pourra participer à la messe du samedi soir et consacrer à son conjoint toute la journée du dimanche… »

Quant à ceux qui sont « en état de travail », il y a premièrement ceux dont la profession rend difficile l’assistance à la messe (motif sérieux, mais déjà résolu en grande partie par Pie XII) ; il y a deuxièmement « la mère de famille que ses occupations retiennent le dimanche » ; il y a troisièmement les « chrétiens engagés dans les structures sociales, politiques, syndicales ou autres et qui sont en réunion à l’heure de la messe paroissiale ou toute la journée du dimanche ».

 

Plages de l’atlantique

Rome elle-même a donné le ton. En 1964, une concession est donnée pour cause de « tourisme » et de « sports d’équipe » ; en 1965, nouvelle concession accordée à l’archevêque d’Alger, où figurent les motifs de « culture », de « voyage » et de « légitime détente ». A nouveau, en 1967, Paul VI concède à l’archevêque de Bordeaux la possibilité d’anticiper la messe dominicale dès le samedi soir, car « beaucoup de fidèles se rendent le dimanche sur les plages de l’Atlantique ou dans les Pyrénées et peuvent difficilement assister à la messe… » !

 

Pour réaliser toutes ces aspirations, le repos dominical est l’occasion idéale. A une condition, toutefois : que le culte rendu à Dieu, à savoir la messe, ne vienne pas troubler ce repos. Et voilà le divorce entre les deux obligations ! On pense au repos dominical en oubliant qu’il est au service du culte de Dieu. Désormais ce culte divin gêne le repos de l’homme, à qui on donne la place d’honneur : il gêne le sport d’équipe, le tourisme, le séjour sur les plages ou en montagne ; il gêne les réunions politiques et syndicales ; il gêne l’incroyant (pensez!) ; alors on le relègue au samedi soir, à une place secondaire, et l’inversion complète est achevée. Au culte de Dieu, qui tenait la première place, on a substitué à présent le repos de l’homme. Belle adoption, en vérité, de l’esprit moderne, qui place l’homme au centre de tout, et refuse à Dieu la première place qui lui est due !

Concluons que la messe anticipée du samedi a contribué, à sa place, à la diminution de la connaissance et de la pratique du précepte dominical.

Ces motifs expliquent pourquoi, dans les chapelles de la Fraternité Saint-Pie X, aucune des messes célébrées le samedi soir n’est une messe dominicale : la liturgie n’y est jamais celle du lendemain, mais celle du samedi. Si l’on est empêché d’aller à la messe le dimanche matin, on satisfera au précepte par la messe du dimanche soir. Et si l’empêchement dure toute la journée du dimanche, on recourra alors aux sages et traditionnelles règles de la dispense.

La messe anticipée a surtout anticipé… la ruine du dimanche. N’anticipons rien en la matière. Le dimanche, c’est le dimanche, ce n’est pas le samedi. La Palisse n’aurait pas dit autrement !


(2) 21 juin 1963 – 6 août 1978.

(3) Eucharisticum Mysterium, SRC, 25 mai 1967

(4) Un exemple d’adaptation légitime : la messe du dimanche soir. Traditionnellement, la messe dominicale avait pour elle la place d’honneur : le matin. Le pape Pie XII toutefois a autorisé cette messe le soir, non pour adopter l’esprit du monde, mais pour des raisons de bien commun : pour les détenus, empêchés par le règlement d’entendre la messe le matin (1946) ; pour les ouvriers obligés de travailler le dimanche matin (1947) ; pour les prêtres empêchés de célébrer leurs trois messes le matin (1947).

*Fideliter 189 – Mai / Juin 2009

À propos du rédacteur Tudwal Ar Gov

Bretonnant convaincu, Tudwal Ar Gov propose régulièrement des billets culturels (et pas seulement !), certes courts mais sans langue de buis.

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18 Commentaires

  1. Une explication de la signification du dimanche, de sa sanctification, de son sens et sa beauté aurait été plus constructif voire instructif.

    D’un autre point de vue plus local, il aurait été intéressant de fouiller dans les pratiques bretonnes, peut-être notamment dans les pratiques religieuses des marins bretons au fil de l’histoire y compris dans l’actualité. Il y avait là un sujet connexe qui reste intéressant d’un point de vue sociologique.

    Le jugement de valeur n’est bien-sûr pas indispensable aux articles, où préférer montrer les belles dynamiques de Foi que conspuer comme le feraient les païens. La bienveillance ou la bénévolance est sans doute ce qui caractérise davantage les chrétiens, y compris en Bretagne, certe avec parfois une exigence qui élève, que l’on préférera pour véhiculer un message évangélique vrai et sincère, sans détour.

    • Il a été précisé en en-tête de l’article de Tudwal que le texte – qui n’est pas de lui – est mis ici pour inviter à la réflexion commune. Votre propos est juste et vous initiez ainsi cette réflexion sur un sujet qui à notre sens mérite d’être abordé.

    • Quand on “fouille dans les pratiques locales”, on ne trouve rien de plus que la tradition de l’Eglise. Quant à ceux qui ne peuvent assister à la messe dominicale faute de prêtre, l’Eglise leur recommande de prier le dimanche en communion avec les autres chrétiens, avec le désir d’aller à la messe quand ils le pourront. pas de quoi en faire une étude sociologique. C’est juste une question d’ordre pratique : pas de prêtre, pas de messe.

  2. Même si l’intention est respectable, il quand même fort de café de prendre comme texte de réflexion un auteur qui fait partie d’une sensibilité dont nous connaissons l’esprit de défiance envers l’Eglise catholique romaine, esprit toujours bien ancré, malgré les effort des dernier pontifes romains à leur égard …

    • Fort de café ? Quand dans l’Eglise on nous demande à longueur de temps de faire de l’oecuménisme et du dialogue interreligieux, on devrait donc le faire avec tout le monde sauf avec des frères (qui restent chrétiens, je le précise) ?
      Est-il besoin aussi de préciser qu’Ar Gedour laisse aussi la place aux protestants, comme vous pouvez par exemple le voir sur cet article : https://www.argedour.bzh/franck-keller-pasteur-a-carhaix-chaque-peuple-a-son-genie-son-patrimoine-propre-et-il-est-important-de-savoir-preserver-les-racines-qui-font-partie-de-ladn-des-peuples/

      Lorsqu’un sujet mérite réflexion, nous l’abordons. Le texte est-il mauvais ? Que le sujet vous chagrine est une chose, que vous apportiez votre propre avis sur la question en est une autre. On peut tout à fait ne pas être d’accord avec le contenu de cet article. C’est pourquoi je vous invite, plutôt que de stigmatiser ce texte (quoiqu’on pense de l’auteur) à donner des arguments contrant cette réflexion si vous n’êtes pas en phase avec elle, ou à la préciser le cas échéant. Cela s’appelle un débat, et c’est justement l’objet de cette publication.

    • La FSSPX, forte de son expérience pastorale, a pas mal de choses à apporter à L’Eglise, même si l’on n’est pas d’accord sur tout avec eux. Le pape François lui-même le reconnaît. Le véritable oecuménisme consiste d’abord à dialoguer avec ceux qui sont le plus proches de nous.

  3. Le ton quelque peu polémique et offensif n’est pas inadapté, même s’il est vrai que dans l’Eglise, on préfère plutôt le langage feutré et consensuel qui en fait évite de parler du fond des choses. On peut très bien exercer la charité chrétienne avec un langage vigoureux qui « réveille » ou « décape » là où les déclarations molles et ennuyeuses(à la mode des évêques de France) ne recueillent que l’indifférence. D’un autre côté, ne dit-on pas selon la formule consacrées des églises diocésaine de France qu’il « faut savoir se laisser interpeller dans son vécu, se laisser déranger.. » c’est d’ailleurs ce qu’a fait le Christ dans sa prédication ainsi que nombre de saints…
    S’il est vrai que la messe anticipée dominicale a ses côtés pratiques-avec toutes les raisons citées dans l’article- et est totalement licite (le dimanche commençant au samedi soir, avec ses premières vêpres célébrées en fin d’après-midi), il est légitime de se poser la question des priorités. Après, chacun juge en conscience…
    Un autre aspect n’a pas été abordé : face à la diminution du nombre de prêtres, la messe anticipée permet de desservir des proisses qui autrement ne le seraient pas. Vaut-il mieux alors assister à la messe dans sa paroisse le samedi soir, ou bien aller le dimanche dans une autre paroisse pour mieux sanctifier le jour du Seigneur ? La question est légitime.
    Par contre, l’article met en relief une autre possibilité sous-exploitée dans nos paroisses : la messe du dimanche soir qui est un excellente alternative malheuresement assez rare. A ma connaissance, il n’existe que trois messes du dimanche soir dans le diocèse de Vannes : à Lorient, Vannes et Sainte-Anne, et cela est fort dommage, car achever le repos dominical par la messe est aussi une bonne chose. il serait souhaitable que les messes du dimanche soir soient plus nombreuses, et pas seulement dans les paroisses de centr-ville.

    • Jobig, vous écrivez que “face à la diminution du nombre de prêtres, la messe anticipée permet de desservir des proisses qui autrement ne le seraient pas. Vaut-il mieux alors assister à la messe dans sa paroisse le samedi soir, ou bien aller le dimanche dans une autre paroisse pour mieux sanctifier le jour du Seigneur ? La question est légitime.”

      Il est bien évident que la messe anticipée peut vraiment être une solution momentanée à la pénurie de prêtres, notamment dans nos paroisses rurales. Je connais un bon nombre d’anciens qui ne veulent pas / ne peuvent pas faire des dizaines de kilomètres pour avoir la messe du dimanche “centralisée”. Entre parenthèses, il n’est pas inutile de souligner, comme me l’a dit un prêtre encore récemment que si certains ne peuvent effectivement se déplacer (et il faut absolument penser à eux), il est quand même regrettable de voir les gens capables de se déplacer pour aller chez le médecin, au supermarché… mais pas pour voir Jésus.

      La question qui se pose, pour chacune des générations, n’est donc pas tant d’aller à la messe le samedi ou le dimanche en fonction de ce qui est proposé dans les paroisses que celle de savoir quelle est notre priorité : va-t-on à la messe anticipée pour une question de confort et de simple “mise en règle” qui nous placerait donc prioritaires à Dieu ou est-ce pour d’autres raisons (pastorales, santé, travail…) qui seraient légitimes ? En faisant cette observation, je n’assène pas une réponse, mais je pose la question. Comme vous le dites, c’est à chacun de voir cela en conscience… mais cette publication de Tudwal permet de s’interroger.

  4. “Dieu premier servi” doit être notre ligne de conduite ! Les Apôtres ont choisi le dimanche pour être sanctifié comme l’a très bien décrit Tudwal… donc.

    Merci Monsieur Tudwal Ar Gov d’avoir écrit cet article conforme à l’esprit : Dieu premier servi !

  5. Je n’ai rien à redire sur sujet, sur la question de la sanctification dominicale, c’est un sujet intéressant. Même si on peu s’en faire toute une histoire en oubliant une quantité de fondamentaux. C’est une manière courante de faire diversion, de montrer ce qui serait améliorable, ce qui est à condamner pour éviter de se poser des questions sur nos propres manquement. C’est très humain, sans doute moins chrétien. Alors il est aussi bien et indispensable de voir ce qui fonctionne, ce qui évolue joyeusement dans la vérité, et c’est sans doute plus pédagogique pour avancer ensemble. Le choix de la rédaction aurait lors mieux fait, bien mieux fait, de trouver des sources dans différentes sensibilités de tradition catholique pour étayer la réflexion, et pourquoi pas dans d’autres églises ou religions.

    Fort de café effectivement, et faire appel à l’œcuménisme pour cette sensibilité en question est juste surréaliste ! Kaffe calva, evel just ! Derc’h ! Disons-le, cette sensibilité qui conspue œcuménisme, cette sensibilité qui manœuvre davantage contre que pour l’église catholique romaine, aucune loyauté, une vérité aménagée, etc. Alors oui, il est plus aisé d’échanger avec des orthodoxes ou des protestants de bonne volontés, honnêtes, qu’avec des frères de lait. C’est bien triste #enfant_prodigue. J’admire la patience des papes dans le dialogue qu’ils portent avec eux. Il y a tant d’autres sensibilité qui œuvrent courageusement, avec leur particularités, loyalement et en totale fidélité et obéissance à l’Église … merci pour elle.

    Pour revenir au sujet, effectivement “va-t-on à la messe anticipée pour une question de confort et de simple “mise en règle” “. Y aller le dimanche soir après avoir fait la fête tout le WE, pour soigner sa gueule de bois ! T aller le dimanche matin par convention sociale … Pas de jugement mais effectivement, la question est posée, une question qui ne relève que d’un examen de conscience personnel, avec le Christ.

    Je profite de ce post pour dire que j”apprécierais voir davantage de messes tôt le matin en semaine, pour ceux qui travaillent. Je sais que c’est sans doute compliqué mais je voulais dire ce souhait.

  6. Pour préciser le sujet évoqué dans un précédent post :
    Comment s’aménage la sanctification dominicale pour les marins, breton ou d’ailleurs ? Les saisons, le milieu, la manque d’aumônier, etc
    Dans l’histoire, sur les terre-neuvas ou thoniers par exemple. Et aujourd’hui chez les marins pêcheurs, plaisanciers, navigateurs, militaires … Ce que disent les textes et ce que sont les pratiques. Merci pour vos éclairages.

  7. Merci pour cet article qui permet de s’interroger sur la banalisation de la messe du samedi soir.
    L’argument du tourisme et des loisirs ne tient guère, à ce train là pourquoi pas une messe anticipée au vendredi ou repoussée au lundi pour être libéré le “week end”, le “jour du Seigneur” n’est il plus que le jour du football ou de la balade ? Et vu la moyenne d’âge des pratiquants, ce n’est guère le travail qui retient les gens de dimanche matin.
    Pour rejoindre un autre commentaire, la messe du samedi soir permet de desservir les petites paroisses, les prêtres célébrant souvent 2 messes le dimanche matin. Mais la messe le dimanche soir me semblerait plus appropriée.
    Autrefois il y avait une nette distinction entre messe basse et messe chantée, dans les grandes paroisses qui ont encore plusieurs messe, il serait bon que la messe du dimanche matin apparût comme étant la “grand messe”, contrairement à ce qu’on voit à ND de Paris où l’archevêque célèbre celle du dimanche soir.
    Je m’éloigne un peu, mais une remarque en ce début de semaine sainte :
    La vigile pascale a dans certaines paroisses lieu en début de soirée, quand il fait encore jour, et on y fait le minimum de lectures (voire moins que le minimum “syndical”) ce qui fait qu’hormis la bénédiction du feu et le cierge pascal on se croirait à une quelconque messe du samedi soir.
    “La Veillée pascale se célèbre entièrement de nuit : elle ne peut commencer qu’après la
    tombée de la nuit; elle doit être achevée avant l’aube du dimanche[82]. Cette règle doit être
    interprétée strictement. Les abus contraires et les coutumes introduites ici ou là qui font
    célébrer la Veillée pascale aux heures où l’on célèbre d’habitude les messes dominicales
    anticipées, sont réprouvés”. Congrégation du culte divin
    Si on ne fait pas attention la vigile pascale va finir par être célébrée le samedi matin, comme avant la réforme de Pie XII.
    En quelques rares endroit la vigile a lieu très tôt le dimanche matin, ce qui est plus logique que le samedi à 18 ou 19 h.

  8. Merci pour cet article intéressant qui porte à réflexion… Après des années à n’assister qu’à des messes forme extraordinaire, je vais de temps en temps à des messes de rite ordinaire et beaucoup de choses me sautent aux yeux : hélas ce qui devait rester exceptionnel (communion donnée par les fidèles par ex) est devenu la règle… Il semblerait que beaucoup de choses devraient être réapprises par les fidèles et le clergé… mais comment ne pas passer pour un ringard et un grincheux dès qu’on aborde ces choses ? :/

  9. Dans les communautés Ecclesia Dei également il n’y a jamais de messes anticipées, mais des messes basses tôt ou tard en plus de la grand messe, et c’est très bien !

  10. Bonjour,
    on oublie ici un point important: le shabbat et toutes les fêtes commencent la veille au soir! Reprenons la genèse: “il y eut un soir, il y eut un matin …”
    Les juifs marquent leur entrée en shabbat (samedi) au son du shofar le vendredi au coucher du soleil.

    Donc le samedi soir pour les chrétiens c’est déjà dimanche.

    • Merci à vous, Babeth, qui portez un prénom d’origine hébraïque (n’est-ce- pas?) de rappeler cette évidence, que tout chrétien devrait connaître: le Chabbath commence la veille au soir.

      Il y aurait beaucoup à dire sur cet article. Mais une des clés de lecture se situe sans doute à la fin: “Fraternité Saint-Pie X”. Après, chacun sa sensibilité (éventuellement argumentée), en matière de Foi. Il me semble que l’éventail des Chrétiens (disons des catholiques en France, pour limiter le débat) est très large – du laxisme vaguement gauchisant au rigorisme rigide à l’opposé: à chacun de placer le curseur où il veut et/ou peut, en fonction de sa situation géographique ou sociale, de ses conditions de vie et de son avancement dans le cheminement, parfois surprenant ou erratique, de la Foi. Attention malgré tout au cléricalisme, tout de même.

      Si l’auteur de ce texte a quelque expérience autre que livresque, ce que j’espère et souhaite pour lui, il aura sans doute remarqué que la divinité qui est à l’origine du monde (et qu’au fond aucune religion dite Abrahamique – pour le judaïsme et le christianisme j’en suis sûr, pour l’islam je le pressens fortement), cette unique divinité donc (même si elle est perçue un peu différemment par chacune des religions précitées) considère sa créature avec un immense respect, mais aussi avec tendresse ou délicatesse, quand ce n’est pas avec une pointe d’humour discret (si! si!). A aucun moment ce texte ne parle d’aventure, ce qui me parait surprenant…

      Enfin, puisque nous sommes sur un site breton, savez-vous que beaucoup seraient contents de trouver une messe en breton le samedi soir, à portée de voiture? Nos évêques seraient bien inspirés d’y réfléchir sérieusement.

      Pep overenn a zo mat, sur a-walc’h. Dispar ha birvidoc’h e chom reoù e brezhoneg e kalon kalzig a Vretoned zo

    • Un bout de phrase manquait dans le post précédent. il fallait lire:

      …/… et qu’au fond aucune religion dite Abrahamique ne se permet de nommer …/…

      Ma tigarezit.

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