Le samedi 13 septembre prochain, à la chapelle saint Pierre-ès-liens, la chapelle Basse-mer, commune nouvelle de Divatte-sur-Loire (44) sera célébré la 4ème édition du Pardon des martyrs du vignoble nantais. La journée est organisée de manière conjointe par l’association Bevan Breizh (vivre la Bretagne) et l’association Mémoire du futur, chargée du mémorial des guerres de Vendée.
Comme le faisait remarquer Reynald Secher fondateur de cette association, la suppression administrative de la commune de la Chapelle Basse-mer est symptomatique de ce mémoricide qui fait suite au génocide des guerres de Vendée. En gommant le nom historique de la commune pour le remplacer par un nom artificiel hors-sol, inspiré du nom d’un insignifiant ruisseau coulant dans la commune, c’est une nouvelle damnatio memoriae pour effacer consciemment ou non la mémoire de cette tragique page de notre histoire comme c’est aussi le cas à Bouvron-toujours en Loire-Atlantique, où la municipalité veut débaptiser la place abbé Corbillé, fusillé en 1794, afin de faire table rase du passé. Bevañ Breizh et Mémoire du futur œuvre précisément pour lutter contre cet oubli de notre passé commun.
Ce pardon rend hommage à tous les fidèles qui ont donné leur vie pour la foi lors des persécutions anti-chrétiennes révolutionnaires des guerres de la Vendée militaire.
Ce pardon, qui avait disparu depuis plus de deux siècles renaît de ses cendres en empruntant aux pardons de Basse-Bretagne.
La chapelle saint Pierre ès-lien, au cœur du vignoble du muscadet, aux marches de Bretagne, aux frontières de l’Anjou et du Poitou est un haut-lieu de mémoire. Elle fut fondée au XIème siècle comme prieuré.
Lors de la Révolution, plus du tiers de la population de la Chapelle Basse-Mer a été massacrée par les colonnes infernales, dont près de 80 femmes et enfants dans cette même chapelle qui fut incendiée par les troupes révolutionnaires.
En effet, si l’on est encore en Bretagne, la Chapelle Basse-mer est au sud de la Loire et fait donc partie du territoire de la Vendée militaire.
Tombée en ruine après avoir été transformée en grange, la chapelle fut tirée de l’oubli par la volonté de Reynald Seycher, historien spécialiste du génocide vendéen et des guerres de Vendée. Pendant plus de 30 ans, des chantiers estivaux rassemblant nombre de jeunes gens venus de toute la France relevèrent cette chapelle en lui adjoignant un cloître, un nouveau bâtiment consacré à la mémoire des guerres de Vendée ainsi qu’une crypte.
C’est dans ce même esprit de transmission de la mémoire que fut fondée l’association Bevañ Breiz (vivre la Bretagne) pour rendre hommage à tous ces martyrs de la foi catholique en ressuscitant le pardon de cette chapelle qui avait disparu dans la tourmente révolutionnaire.
Les pardons ne sont pas le privilège de la Basse-Bretagne, et c’estun beau symbole que de les remettre à l’honneur même aux Marches de Bretagne. La vocation de Bevañ Breizh est de « réanimer les rituels populaires bretons dans le Pays Nantais » et de ce fait, la célébration de la messe des Martyrs (selon le rite de saint Pie V) et la procession dans les vignes jusqu’au calvaire qui fait mémoire des habitants de la Chapelle Basse-Mer, sont suivies de réjouissances profanes avec le concours du bagad de Nord-sur-Erdre.
Exposants de producteurs et artisans locaux, jeux bretons, initiation à la danse bretonne avec le concours de cercles locaux, cochon grillé et fest-noz sont au programme. Dans le même temps, Reynald Secher propose chaque année la visite guidée de la chapelle, de la crypte et du mémorial.
Inscriptions ouvertes
Les pèlerins sont attendus nombreux pour ce moment fort de la vie culturelle et spirituelle du pays nantais. Afin de faciliter les préparatifs, il est vivement conseillé de s’inscrire dès maintenant sur le site officiel : pardonvn.com.
Pour l’instant les cantiques bretons ne sont pas insrits. Sont prévus :
– Offertoire : Kalon Sakret Jezuz
– Consécration : Adoram Oll
– Communion : Hostia Sancta
– Sortie : Mond Davedoh
PROCESSION
– O Rouanez Karet an Arvor
– Cantique en allant à l’échafaud (Bx Pierre-René Rogue)
– Reine de l’Arvor
– Sainte Anne O bonne Mere
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne
J’avais mis un long commentaire critique sur ce pseudo massacre à La Chapelle Basse Mer sort de l’esprit fécond de l’écrivain auto proclamé spécialiste des Guerres de Vendée.
Contrairement à ses déclarations sur le massacre du tiers de la population, dont 70 (voire 74 ou 94) dans sa chapelle, c’est totalement faux. Que des malheureux aient été massacrés, certes, mais pas avec le nombre qu’il affirme ! Les archives sont là ; 223 décès sont signalés de 1790 à 1800, dont 143 en 1794, dont 72 pour le seul mois de mars (et non 750 à 1200 selon certains auteurs). Jamais le lieu où se situe la chapelle St Pierre ès Liens n’est cité.
Cette chapelle n’a jamais été l’église de La Chapelle Bassmer où, dès l’origine, à son emplacement actuel, a été édifiée une église dédiée à Notre Dame et dans laquelle se trouve une merveilleuse statue de la Vierge en son Assomption.
Elle a peut-être été le lieu de la première cathédrale du diocèse ?
Le Souvenir Chouan de Bretagne veut que nous restions crédibles et non mercantiles !
Merci pour votre message. Nous le redisons calmement : Ar Gedour n’est pas un lieu de règlements de comptes. Le premier commentaire — qui nous attaquait directement — a donc été filtré par nos outils. Comme votre message est plus respectueux que le précédent, nous le validons et vous y répondons. Je vous rappelle que nous relayons des événements locaux (ici : un pardon annoncé par un collaborateur) quand ils nous paraissent d’intérêt ; nous ne sommes ni l’arbitre de vos désaccords, ni la chambre d’écho d’oukases, d’un bord ou de l’autre.
Sur le fond, quelques repères vérifiables :
• Les tueries de mars 1794 autour de La Chapelle-Basse-Mer sont établies par la littérature historique :
— 10 mars 1794, au hameau de Beauchêne (commune de La Chapelle-Basse-Mer) : 26 victimes, dont 11 femmes, 9 enfants de moins de 11 ans et 3 nouveau-nés, lors du passage de la colonne Cordellier.
— 16-17 mars 1794 : « au moins 118 » habitants tués à La Chapelle-Basse-Mer dans l’ensemble des opérations de ces jours-là (même colonne). Les communes voisines subissent des bilans comparables (Drain, Liré, Champtoceaux, etc.), ce qui replace tragiquement les faits dans leur contexte régional.
• S’agissant d’un chiffre précis « dans la chapelle » : les registres paroissiaux ne ventilent pas toujours le lieu exact des décès. Un dépouillement publié (cote 3E 29/12, AD-44) avance 223 décès pour 1790-an IV, dont 143 en 1794 (72 pour le seul mois de mars), et note l’absence de mention explicite de « La Petite Noue » dans ces actes. Autrement dit : des morts très nombreuses en mars 1794, mais la localisation « à l’intérieur » de la chapelle ne semble pas ressortir des registres tels quels.
• Sur le statut du bâtiment : la chapelle Saint-Pierre-ès-Liens est l’ancienne chapelle d’un prieuré dépendant de Marmoutier, incendiée pendant la Révolution et restaurée à partir des années 1990. Plusieurs notices rappellent qu’elle a pu tenir, au Moyen Âge, un rôle paroissial avant de devenir chapelle secondaire lorsque le bourg s’est déplacé ; en tout état de cause, l’église paroissiale actuelle Notre-Dame de l’Assomption date, elle, du XIXe siècle (édifiée entre 1874 et 1892). Dire qu’elle « n’a jamais été l’église » est donc au minimum imprudent sans préciser l’époque dont on parle.
Notre position éditoriale est simple : nous relatons un pardon qui honore des victimes — dont l’existence et l’ampleur en 1794 ne font malheureusement pas débat. Nous n’endossons pas tel ou tel « chiffre-clé » ni ne tranchons une controverse historiographique. Si vous souhaitez soumettre un article étayé (cotes d’archives, publications scientifiques) pour discuter des nombres et de leur méthodologie, nous l’examinerons avec la même exigence envers toute partie.
Le Souvenir chouan, c’est aussi — et d’abord — se souvenir du Cœur Sacré de Jésus battant au rythme de la miséricorde pour tous, et non avec un jugement hâtif pointant du doigt ceux qui penseraient différemment. Gardons-nous des querelles de chapelles : travaillons les sources, posons les faits, et honorons les morts avec dignité, au-delà des frontières que nous nous donnons.
Vous accusez légèrement les associations « Mémoire du futur » et Bevañ Breizh de « se faire du fric »
(sic )sur le dos des victimes de la Terreur. Vous supposez donc que les 634 noms des fidèles exécutés, inscrits sur le mur du cloître sont inventés de toute pièce.
Pour info, ce pardon est certes récent et moderne, mais est un hommage à tous ces morts pour la foi.
Et est en droite ligne des anciennes assemblées qui s’y tenaient avant la Révolution.
Si vous pensez que ces paysans n’ont pas été tués en haine de la foi catholique, faites réclamation à l’Eglise catholique qui en a béatifié et canonisé un certain nombre.
Que fait le souvenir chouan comme actions concrètes pour maintenir la mémoire ? la dernière fois que je suis venu chez vous, je n’ai vu qu’une bande de vieux aigris, incapables de mener une action concrète- il n’est que de voir l’état de la chapelle expiatoire du Chamt des Martyrs à Brec’h- et d’aligner une phrase en breton.
Je suis descendant direct d’un officier de la chouannerie du vannetais, passé de révolutionnaire à chouan, et je vis encore sur la terre que mon ancêtre a défendu.
Cet été, j’ai fait célébrer chez moi une messe de réparation à l’endroit même où le recteur réfractaire de ma paroisse avait dû interrompre sa messe quand il était pourchassé par les Bleus.
Si ce n’est pas en haine de la foi catholique, pourquoi tous ces gens ont été tués ?
Au lieu de critiquer les initiatives généreuses menées par de jeunes gens investis et dynamiques, venez-y , et constatez les fruits. Au passage, le bilan financier du pardon n’est pas au beau fixe, mais nous continuons malgré tout et en tant que bretonnant, je suis fier d’y faire résonner la langue bretonne par les cantiques.
Le souvenir chouan est peuplé de vieux messieurs bourgeois en cravate et de vieilles dames qui n’ont souvent aucun rapport avec notre histoire locale. Quand ils pourront se bouger et faire quelque chose de concret au-delà de leurs banquets , ils pourront l’ouvrir. Curieusement, ces personnes ne se manifestent jamais lorsqu’il y a un événement catholique en Bretagne. On ne les verra jamais servir à un pardon.
Que M. Stassinet organise un débat public avec M. Sécher s’il veut se frotter aux chiffres et faire la comptabilité des morts en règlant ses comptes. Ce n’est pas notre problème.
De notre côté, on fait rôtir du cochon et on chante en breton et en français à la messe et pendant les processions en amitié avec les camarades des marches de Bretagne.
Si vous doutez encore de l’appellation de martyrs de la foi catholique, je vous invite à méditer le cantique du BX Pierre-René Rogue, prêtre lazariste de Vannes écrit peu avant son exécution en 1796 :
https://www.argedour.bzh/le-cantique-en-montant-a-lechafaud-du-bienheureux-pierre-rene-rogue/