Saints bretons à découvrir

Un nouveau logo pour le diocèse de Quimper & Léon

Amzer-lenn / Temps de lecture : 4 min
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Ancien logo du Diocèse de Quimper & Léon

Le diocèse de Quimper et Léon vient de se doter d’un nouveau logo. Exit l’ancien (ci-contre), avec une création graphique plus visuelle, qui comprend la silhouette géographique de la pointe Bretagne constituant l’ensemble du diocèse, plus explicite que les 3 griffes du précédent logo. Le tout est colorisé en bleu et jaune, les couleurs des armoiries du Finistère et ses deux composants le Léon et la Cornouaille. Ces deux armes étaient déjà celles des deux évêchés qui existaient sous l’Ancien Régime avant que ne soient créés, en 1790, les départements.

La croix latine a laissé place à la croix stylisée du Minihi Levenez, centre spirituel bretonnant du diocèse de Quimper et Léon, une excellente idée en soi. Cette croix est inspirée d’une croix se trouvant à Guipavas (sur l’itinéraire ancien qui monte du Passage, au Relecq-Kerhuon). Ses entrelacs et le bouton sur la face soulignent le style celtique de ce nouvel outil de communication.

A côté de cette composition plutôt réussie se positionne la mention « Eglise catholique en Finistère ».

Comme le signale un internaute sur la page Facebook du diocèse, Rennes avait fait le choix de 2 terminologies avec son logo, « diocèse » plus en communication interne et « Eglise » plus en communication externe. C’est sans doute le cas ici aussi, de manière à s’adresser à un public plus large.

Cependant, une question se pose. Pourquoi utiliser le nom du département dans un logo d’Eglise ? Car le département portant pour nom Finistère est, rappelons-le, une création issue de la Révolution Française (1790), à l’instar de la majorité des départements français, et formé à partir du Léon, au nord, des deux tiers de la Cornouaille dont Quimper, sa capitale, au sud, de l’extrême ouest du Trégor, au nord-est, ainsi que d’une fraction du Vannetais au sud-est. Les départements se posaient à travers le territoire comme prééminents par rapport aux diocèses car il était question de supprimer les références toponymiques de l’Ancien Régime (les noms des provinces), suppression motivée par l’application d’un nouveau projet politique et idéologique d’envergure nationale qui n’est pas sans rappeler l’actuelle volonté de fusionner les communes et de donner aux ensembles de nouvelles dénominations déconnectées de l’histoire locale… et des saints locaux qui y sont rattachés (cf notre article « Serait-ce le retour des ci-devant?« ). Il s’agissait alors par la constitution d’un nouveau cadre administratif, et donc de nouveaux toponymes, de valoriser cette appartenance à un nouvel ensemble national.

La terminologie « Finistère Eglise Catholique » existait déjà avec l’ancien logo, comme c’est aussi le cas sur le diocèse de Rennes, Dol & St Malo (devenu sur son site internet « Eglise catholique en Ille-et-Vilaine ».

Voir disparaître du site internet (voivisuel site diocèse quimper et Léonr visuel ci-contre) la mention bilingue « Diocèse de Quimper & Léon – Eskopti Kemper & Léon », ça fait un peu mal. Car passer de la dénomination (du moins dans le domaine de la communication) « Diocèse de Quimper & Léon » à « Eglise catholique en Finistère », n’est-ce pas effacer une part de l’histoire, les racines et l’âme du Diocèse, même si celles-ci sont, reconnaissons-le,  présentes de manière suggestive par les éléments évoqués plus haut (pavé, couleurs, croix celtique).

Mais continuer à utiliser le terme « Eskopti –  » de manière explicite, c’est aussi faire honneur à ceux qui ont fondé et fait grandir nos diocèses bretons. C’est encore faire barrage à ceux qui voudraient tant que peu à peu soient retirées les dernières traces d’une histoire chrétienne de nos territoires.

Au-delà de cela, ce nouveau logo, nous le voyons, a fait l’objet de recherches pour une identité visuelle prenant en compte la réalité territoriale et ecclésiale locale. Et donc, comme il n’y a pas encore de déclinaison en breton (ou bilingue) pour l’instant, Ar Gedour – réactif – y pallie en proposant ci-dessous une version bilingue… et consensuelle, en usant des deux terminologies.

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À propos du rédacteur Tudwal Ar Gov

Bretonnant convaincu, Tudwal Ar Gov propose régulièrement des billets culturels (et pas seulement !), certes courts mais sans langue de buis.

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Un commentaire

  1. Tout à fait d’accord. Les bureaucrates de l’Eglise n’ont même plus besoin des révolutionnaires pour jeter dans l’oubli notre héritage chrétien dont la marque extérieure est le vocabulaire et le visuel.
    On devine un désir manifeste ou inconscient selon les cas, de politique de la table rase et de démagogie pseudo-moderne. A l’heure où l’on parle de quête d’identité notamment face à un Islam conquérant et décomplexé, ils sont complètement à côté de la plaque. Ils font d’ailleurs assez souvent appel à des cabinets de designers (au prix fort avec l’argent du denier du culte) qui ne connaissent rien à l’Eglise alors que nous avons des catholiques très compétents qui feraient cela bénévolement…
    Dans le même esprit, la revue diocésaine ‘Eglise de Vannes » est devenue « Chrétiens en Morbihan » comme « Radio Sainte Anne » est devenue « Radio Bretagne sud », quant au logo de la pastorale des jeunes du diocèse de Vannes, c’est un décalque de celui du conseil général du Morbihan, avec une petite croix en plus… Sans commentaire.
    Pour revenir au logo de Quimper et Léon, là ils auraient pu pour le coup reprendre le logo du Conseil général (ou départemental comme on dit maintenant – L’Eglise n’est pas la seule à faire dans la « nouveauté » permanente) En effet, ce logo reprend de manière assez fidèle les armoiries de Quimper et celles du Léon. Ce que fait le département, pourquoi le diocèse ne le ferait pas ?
    Le principe même du logo est discutable. Sans payer de fumeux designers, nous avons déjà ce qu’il faut sous la main depuis des siècles : l’héraldique. Pourquoi ne pas reprendre les armoiries de nos sièges épiscopaux ? Cela aurait infiniment plus d’allure et renforcerait l’attachement des fidèles à leurs diocèses.
    Personnellement, je ne mets pas ma fierté dans un logo, mais plutôt dans des armoiries qui ont une histoire pluri-séculaire.
    De nombreux héraldistes amateurs ou vexillologues seraient ravis de prêter leur concours à cette initiative.
    D’ailleurs, de plus en plus de communes abandonnent leurs logos pour se créer des armoiries.
    Mais bon, ne rêvons pas trop, la force d’inertie et d’idéologie est tellement forte dans nos diocèses qu’ils faudra encore attendre longtemps pour en arriver là.

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