An diskibl all, degouezhet da gentañ er bez, a yeas ivez e-barzh ; gwelout a reas hag e kredas.
(L’autre disciple, arrivé le premier au tombeau, entra lui aussi ; il vit et il crut.)
Ces quelques mots de l’Évangile selon saint Jean sont parmi les plus sobres, et pourtant parmi les plus puissants. Ils décrivent un moment décisif, presque silencieux, où tout bascule : face au tombeau vide, sans preuve éclatante, sans apparition immédiate, un homme voit… et croit. Peut-être le suaire vide laissé sur la pierre froide a-t-il aidé ?
Toujours est-il que la Résurrection ne s’impose pas comme une évidence matérielle. Elle ne s’exhibe pas. Elle se donne à reconnaître dans un signe humble et déroutant : un tombeau vide, des linges posés là, et une absence qui devient présence autrement. C’est dans ce dénuement que naît la foi pascale.
Comme le rappelait Benoît XVI, « l’événement de la mort et de la résurrection du Christ constitue le cœur du christianisme ». Tout part de là. Sans la Résurrection, la foi chrétienne serait vaine ; avec elle, tout prend sens, tout s’éclaire, tout est renouvelé.
Le disciple « vit et crut ». Il ne comprend pas encore tout. Il ne possède pas encore toute la théologie de la Résurrection. Mais quelque chose en lui reconnaît la vérité. Cette foi naissante est déjà une rencontre.
Et nous ? Nous ne sommes pas témoins directs du tombeau vide. Pourtant, nous sommes appelés à entrer, nous aussi, dans ce mystère. Non pas avec les yeux du corps, mais avec ceux du cœur. Voir aujourd’hui, c’est discerner dans nos vies les traces du Ressuscité : dans les renaissances après l’épreuve, dans les pardons donnés ou reçus, dans les espérances qui relèvent malgré tout, dans la fidélité silencieuse de Dieu au cœur de nos nuits.
La foi pascale n’est pas une idée abstraite. Elle est une lumière qui traverse nos existences concrètes. Elle nous apprend que la mort – sous toutes ses formes – n’a jamais le dernier mot.
Chaque fête de Pâques nous remet devant cette réalité fondamentale. Elle n’est pas seulement un souvenir, mais un appel. Un appel à revenir à la source de notre baptême. Car le baptême nous a déjà fait entrer dans ce mystère : plongés dans la mort du Christ, nous sommes appelés à vivre de sa vie nouvelle. Cela signifie que, dès maintenant, une existence transformée est possible : une vie libérée de l’angoisse, une vie enracinée dans l’espérance, une vie orientée vers la lumière.
Pâques nous invite à raviver cette grâce, à ne pas vivre comme si le Christ était resté au tombeau, mais comme des hommes et des femmes déjà relevés avec lui. Alors, comme le disciple bien-aimé, entrons nous aussi. Acceptons de voir, même dans l’obscurité, et d’oser croire. La foi pascale ne supprime pas les questions, mais elle ouvre un chemin. Un chemin de vie. Un chemin de confiance. Un chemin de résurrection.
À chacun de vous, chers lecteurs, nous souhaitons de tout cœur : Pask laouen ha santel deoc’h, a wir galon !!!
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne