Saints bretons à découvrir

Pourquoi la nourriture ?

Amzer-lenn / Temps de lecture : 3 min

Le Carême, temps de jeûne et de pénitence ; on précise, pour les cendres, les vendredis et le Triduum pascal : « et abstinence ». Pas de viande le vendredi, jadis le gras et les œufs étaient proscrits (d’où la tradition des œufs de Pâques et, afin de ne pas perdre la nourriture, la rupture de la mi-carême). Il y a bien une insistance sur la place de l’alimentation durant le carême. En corolaire, comme un mot clef qui synthétise, la gourmandise, qui est un des 7 péchés capitaux, est signalé, pourrai-je dire ?, à l’envie.

Tout le monde a bien en tête le rapport entre le pain, aliment de base et vital et la Parole de Dieu (Lc et Mat 4,4 et Dt 8,3). Cet aspect est incontournable évidemment mais semble faire oublier un autre aspect, très charnel et concret : l’Incarnation. Le Carême est un temps de communion renouvelée avec Jésus. Une communion qui ira jusqu’à accepter de « prendre sa croix, pour le suivre » (Mat.16,24/10,38 Lc.9,23/14,27 ; Mc 8,34). En acceptant de faire effort sur le besoin primaire qu’est l’alimentation, le chrétien fait l’expérience d’une foi qui concerne le corps, jusqu’aux entrailles. Lorsque l’estomac se manifeste, celui qui fait carême ne doit pas s’en offusquer. Au contraire, il peut en faire une occasion de penser à celui qui a vécu en tout (excepté le péché qu’il a pourtant fréquenté jusque dans la tentation) notre condition humaine. En investissant cet aspect : manquer de pain, le pénitent (celui qui fait carême) pourra comprendre mieux encore comment celui qui est le Verbe engendré du Père, le Fils : Verbe ou Parole de Dieu, engendré et donc de même nature que Dieu, tout comme il se fit homme, Lui qui est Dieu peut dire à ces disciples, ayant rompu le pain : « Voici, ceci est ma chair » ainsi que pour le vin; «Ceci est mon sang » (Mt26,26-27 ; Mc14 ;23-25 ; Lc 22,5- 20 ; 1Co11,23-26). La Foi catholique n’est pas seulement cérébrale, faite de symbolisme. Elle est concrète et réaliste où se mêlent visible et invisible.

A lire aussi en cette période de Carême : Un c’hoareiz berr/ Un bref Carême, un petit conte extrait des «Sorhienneu ha farseu koh er hornad » (historiettes et vieilles farces du coin) publiées en 1925 par Guillam Er Borgn (1866-1927) En in-noz (l’oiseau de nuit) de son nom de plume. Natif de Séglien, entre pays de Pontivy et pays Pourlet. C’était un conteur et chansonnier hors pair plein d’humour et de truculence. Il enchantait les veillées, les noces et les fêtes paysannes par ses chansons et ses histoires tantôt irrévérencieuses et drôles, tantôt graves et effrayantes.

Actif collaborateur de la revue Dihunamb ! fondée par Loeiz Herrieu en 1905, il y fit paraître nombre de ses chansons et de ses contes ainsi que sa pièce de théâtre Er Spontailheù (1909).  Ses écrits ont été compilés et édités en 1981 par son petit-neveu Herri Er Borgn (lecteur assidu d’Ar Gedour : 1937-2014) sous le titre : « Obéreù en In-noz » (les oeuvres de l’oiseau de nuit)

Voici donc cette histoire (fictive) du bref carême de l’île d’Hoedic, où tout un chacun pourra trouver quelques concordances avec l’actualité :

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À propos du rédacteur Tad Kristof

Tad Kristof a été ordonné prêtre en juin 2000. Il a exercé notamment en Afrique où il a créé "Tud a Vreizh" à Libreville. Passionné par la Bretagne, il contribuera à la dimension spirituelle d'Ar Gedour en répondant aux questions qui lui seront posées.

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