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Comment prononcez-vous le nom d’Armel Le Cléac’h ?

Armel Le Cléac’h | BPCE

Tous les médias s’extasient – à raison – devant le bel exploit nautique d’Armel Le Cléac’h. Le vainqueur breton du Vendée Globe 2017 a en effet réalisé un record en effectuant le tour du monde en solitaire en 74 jours, 3 heures, 35 minutes et 46 secondes, détrônant le précédent record détenu par François Gabart en 2013, qui avait fait 4 jours de plus.

Mais, alors que le Breton a franchi la ligne d’arrivée, une question se pose : comment prononce-t-on le nom du gagnant ? Les journalistes et la majorité des supporters prononcent “Le Cléache”, quelques-uns optant pour “Le Cléak”. Mais alors ? Quelle est la bonne prononciation ?

De mauvaises prononciations ?

Faisons un petit tour des prononciations : le même c’h breton est prononcé k quand on parle de la ville de Crac’h (ce qui donne KraK), de Brec’h (qui donne Brek), Aber-Wrac’h qui est prononcé Abervrak, ou encore différemment avec un r mou pour Penmarc’h (qui devient Pinmarre), Tourc’h (qui suivant les gens devient Tour ou Tourche). Pour les patronymes, Calloc’h est prononcé Callok, Guivarc’h devient Guivarche, et Guyonvarc’h devient Guyonvarre. Bref, on s’y perd, et ce depuis la francisation de la Bretagne, comme l’explique cette vidéo sur l’un des clichés bretons :

Ac’h !

Or le c’h breton, qui correspond à un son qui n’existe pas en langue française mais est une lettre à part entière dans l’alphabet breton, devrait se prononcer un peu comme le  J (jota) espagnol ou le CH allemand (devant certaines lettres). L’apostrophe a été introduite en 1659 par le père Julien Maunoir dans son ouvrage Le Sacré-Collège de Jésus (livre de catéchisme en breton, avec dictionnaire, grammaire et syntaxe), et cette nouvelle distinction a alors permis d’améliorer la correspondance graphie-phonie. Malheureusement, l’abandon de l’apostrophe dans la francisation des noms bretons est une erreur courante qui a compliqué les prononciations.

Revenons donc à Armel Le Cléac’h. Comment prononcer son nom breton ? Prenez l’exclamation Ac’h ! en allemand (ou Nacht, toujours en allemand), et vous l’avez ! Il ne faudrait donc pas prononcer Le Cléak mais le Cléac’h (avec un R guttural, quoi !). Et pour aller au bout du bout, ça donnerait e brezhoneg “Ar Kleac’h” voire sans doute avec une mutation qui donnerait “Ar C’hleac’h”).

Il semble toutefois que l’intéressé lui-même prononce son nom à la française.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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6 Commentaires

  1. Louis-Marie SALAÜN

    Merci Efflam pour cette précision qui ne sera pas inutile même pour les bretons qui en principe savent prononcer leur nom de famille!

    Cela me fait penser à d’autres noms mal prononcés comme le phare du Créac’h sur l’ile d’Ouessant: on entend trop souvent dire le Créach alors qu’il faut bien le prononcer de manière guttural comme pour Armel le Cléac’h.

    Justement vous parlez dans l’article de la prononciation de Penmarc’h et à ce propos je n’ai toujours pas compris pourquoi le chanteur Denez Prigent (qui parle breton couramment et la même enseigné si je ne dis pas de bêtise) dans un reportage parle de la pointe de Pinmare (je l’ai écrit en phonétique) alors que dans une interview il parle de la gwerz Penmarc’h, en prononçant bien Pèn marc’h (de manière gutturale).
    L’ex-présentateur du JT de TF1 Patrick Poivre d’Arvor pourtant breton, prononçait lui aussi “pinmare” et non Penmarc’h comme cela devrait être.

    Les mêmes difficultés de prononciations se présentent avec mon nom de famille (un peu plus compliqué que le Cléac’h certes) et je serai heureux qu’un des lecteurs ou rédacteurs bretonnant me donne l’exacte prononciation, et me dise pourquoi on trouve des Salaün avec ou sans tréma sur le U.

    Je termine en répondant à la question, titre de votre article: en ce qui me concerne je prononce bien de manière gutturale tous les mots ou nom propres se terminant par C’H

    • Le tréma, en breton (comme en français dans “Noël” par exemple) indique qu’on ne prononce pas la diphtongue induite par l’apposition de deux voyelles. “Eürus” par exemple ne se prononcera pas comme s’il y n’y avait qu’un son comme dans “eur” mais avec le “e” et le “u” distinctement prononcés.

      Ainsi, dans votre patronyme, ce tréma est là pour montrer qu’on ne prononce pas [o] mais [ay] avec le “a” et le “u” bien distincts : [‘salayn]

  2. Louis-Marie SALAÜN

    Merci pour votre explication Fabrig !

  3. j’ai également entendu prononcer “cléark” ! Est ce correct ou affecté à un accent idiotique ??

    • Ce n’est pas correct. Mais peut-être la personne avait-elle un chat dans la gorge à ce moment-là ?
      🙂

      • J’ai aussi entendu : “peorrk” (paix) – j’avais pourtant demandé à la personne de se gratter la gorge avant de répéter, mais rien n’est sorti de sa gorge hors ce son guttural !

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