Saints bretons à découvrir

[ARCHIVES] Yezh ar Vezh, la langue de la honte

Amzer-lenn / Temps de lecture : 1 min

«Les choses n’ont pas changé…»

Dans le dernier numéro du magazine “Bretons”, Denez Prigent commente le film Yezh ar vezh, de Philippe Durand. Un documentaire d’époque (années 70) avec ses forces et ses faiblesses, qui s’interroge sur le sort fait à la langue bretonne. Des personnes âgées racontent la honte qui pesait sur leur langue maternelle, des plus jeunes expriment leur frustration de ne pas l’avoir reçue en héritage. Et quelques militants élèvent le ton contre cette situation. Un document à découvrir via la Cinémathèque de Bretagne :

À propos du rédacteur Tudwal Ar Gov

Bretonnant convaincu, Tudwal Ar Gov propose régulièrement des billets culturels (et pas seulement !), certes courts mais sans langue de buis.

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9 Commentaires

  1. LA DESTRUCTION DE LA LANGUE BRETONNE PAR LE PAYS DES DROITS DE L’HOMME : UN ASSASSINAT ORGANISE.

    (Extraits du Livre bleu de la Bretagne, Par Louis MELENNEC, téléchargeable gratuitement sur la toile, ou achetable au prix de 10 euros à l’Association bretonne de culture (ACB), PLOURAY (56 770). Le Livre bleu a été téléchargé 300 000 fois. Il est commenté dans plusieurs pays étrangers.

    @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

    La langue bretonne, très subtile, beaucoup plus ancienne que le français, est non seulement dévalorisée d’une manière outrancière, elle est insultée.
    Ce n’est pas une langue : c’est un jargon, un idiome, un patois, un dialecte corrompu, un baragouin, un charabia, un instrument de dommage et d’erreur. Ceux qui l’utilisent ne parlent pas, ils « patoisent », ils « baragouinent », ils « déblatèrent », ils « parlent vicieusement ».
    Cet idiome est un reste des cavernes de Cro-magnon, une séquelle de la préhistoire, un « dernier reste de la féodalité », un langage de sorciers, une « relique barbare et arriérée d’un autre âge ». Il obscurcit et en- gourdit la pensée, prolonge l’enfance de la raison et la vieillesse des préjugés, empêche de raisonner, de comprendre, d’assimiler les idées nouvelles, en particulier les « idéaux » révolutionnaires, la démocratie, la République. C’est, dit Hugo, « une tombe pour la pensée ». Il est d’ailleurs, à l’oreille, hideux, inélégant, grossier, guttural, imprononçable, et ne peut l’être qu’au prix de grimaces, et de contorsions du visage et du corps. Cette «grande vaincue de l’histoire» (sic), selon les « sçavants » français qui n’en comprennent pas le premier mot, décrète qu’elle n’a produit aucune poésie, aucune littérature, aucune œuvre littéraire de valeur. Il serait impossible que cela soit, puisqu’il n’y a pas de grammaire bretonne (!).

    Les prêtres, qui continuent à l’utiliser pour prêcher (c’est la seule langue parlée et comprise dans les diocèses de l’Ouest), sont particulièrement visés. Ils se servent de ce jargon infâme pour maintenir les Bretons dans leurs « superstitions religieuses », pour les asservir, pour faire entrer dans leurs pauvres crânes de demeurés des idées perverses, pour « les fanatiser », pour « chasser des têtes bretonnes les idées de liberté». etc. Ils deviennent des « sorciers », des « ratichons », des « calotins bretons ensoutanés ».

    Ces insultes se prolongent jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

    Dans l’administration, dans les écoles, la langue antique est péremptoirement interdite. La France met en place un système médiéval de persécutions, digne de l’Inquisition, et de sanctions à l’encontre de tous ceux qui entendent perpétuer la culture qui, jusqu’alors, avait été, pour les lettrés, un sujet de fierté.

    Des escouades d’instituteurs français sont envoyés dans les écoles bretonnes, avec des directives précises réitérées par les préfets et les sous-préfets : « assassiner la langue bretonne », « éradiquer totalement l’idiome local », (de nombreux textes et directives ministérielles accablantes sont conservés, cette politique étant initiée, surveillée, amplifiée depuis Paris) ; « la corrompre, afin qu’on ne le comprenne plus » (sic), interdire, manu militari au besoin, de parler breton (des gendarmes rendent parfois visites aux parents dans les fermes, pour les intimider), infliger des punitions aussi vexantes que possibles aux enfants, sinon aux parents, qu’on culpabilise chaque fois que cela est jugé nécessaire.
    Les prêtres, curés et religieux, qui prêchent dans la langue nationale bretonne, la seule qui soit comprise, sont privés de leur salaire (la séparation de l’église et de l’Etat n’intervient qu’en 1905).

    Dans les écoles, les enfants sont terrorisés. On les montre du doigt, on rit d’eux lorsqu’ils confondent un terme français avec un terme breton ; on les entraîne à se moquer des autres ; on les isole au piquet, on leur donne des coups de règle sur les doigts, des gifles, voire coups de pied ; on les punit lorsqu’on les surprend à parler breton dans la cour ; on accroche à leur cou un objet infamant tel qu’un sabot, une corne de vache, ou tout autre objet ridicule. Dans certaines écoles, fait criminel pour ceux qui s’en sont rendus coupables, on accroche au cou de ces malheureux l’ardoise d’infamie : « Breton = cochon ». (Cette dernière pratique a marqué les esprits, d’une manière définitive, les Bretons ne l’oublieront pas, et ne la pardonneront jamais).
    Une autre ignominie est inventée : la culture de la délation. L’enfant surpris à parler le breton, conserve le « symbole » infamant au cou, jusqu’au moment où il réussit à dénoncer à l’instituteur un autre délinquant. Cer- tains n’osant rentrer chez eux, attendent la nuit, et contournent le village. Les parents, conditionnés, infligent de nouvelles punitions à l’enfant, après le coucher du soleil. Ces faits sont attestés par des témoignages accablants.
    Les prêtres sont l’objet de sanctions graves : avertissements, suspensions, blâmes, privations de salaire (la loi de séparation de l’église et de l’État n’est votée qu’en 1905). Le ministère Combes invente le concept « d’usage abusif du breton », pour empêcher qu’il ne soit utilisé dans les églises : c’est un abus, puni de sanctions sévères, pour un breton, de parler la langue que ses ancêtres utilisent comme seule langue depuis 2000 ans.
    Le pire, sans doute, dans ce pays traditionnellement très religieux : on prive les enfants de confirmation, et même de communion, s’ils ne connaissent pas suffisamment le Français. La langue du colonisateur, dénommée « langue nationale » dans un pays qui en possède une, bien avant les français, autorise les plus zélés à traiter le breton de « langue étrangère », sur leur propre territoire (!).
    Des journalistes, des hommes politiques connus, que l’on avait cru sains d’esprits, préconisent des mesures extrêmes : « Il faut frapper les curés » ; « tapons dessus, de toute la rigueur des lois, de tous les poings des gendarmes » (La Lanterne) ; « il faut prendre des mesures énergiques, sans hésiter » ; « il faut utiliser des commissaires de police courageux, des préfets, des magistrats, des fonctionnaires républicains pour entreprendre la colonisation de la Bretagne » (!); « il faut faire totalement disparaître la langue bretonne » (de Monzie, ministre, 1925) ; « la seule réponse, c’est d’emprisonner tous ceux qui formulent les revendications linguistiques bretonnes » (Albert Dalimier, ministre du travail, 1932).
    Détail abominable : la « Déclaration Universelle des droits de l’Homme », pendant qu’on procède à un véritable lavage des cerveaux, est enseignée par « la » république, qui détient tous les pouvoirs, dans les écoles. Les enfants n’ont d’autre solution que de croire ce qu’on leur enseigne. On les a tellement infériorisés, tellement convaincus qu’ils appartiennent à une race de sous-débiles, qu’ils regardent la lumière française comme étant leur planche de salut. Le drame qu’ils vivent est affreux.

    Les résultats de cette politique sont spectaculaires. En 1850, l’exception des villes, toute la moitié ouest de la Bretagne est encore bretonnante. En 1850, 160 communes du Finistère sur 160 parlent le breton. On dénombre à l’époque 1,6 million de locuteurs. En 1940, la langue de communication, dans les campagnes bretonnes, chez les marins, chez les artisans, les commerçants des villages et des petites villes, est le breton. En 2000, ce chiffre est tombé à zéro.
    En 2008, les efforts de la France ont abouti à un résultat inespéré pour un colonisateur : il reste 200 000 locuteurs bretons, tous âgés. Pour entretenir l’illusion, et perpétuer l’hypocrisie, la France a « autorisé» la création de quelques classes bilingues, mais freine de toutes ses forces en s’opposant à toute progression de la langue nationale. Après un simulacre de débat au Parlement, elle a fait semblant d’autoriser les langues régionales, ce qui est fermement démenti sur le terrain. La politique de la France est l’éradication totale du breton.

    POUR LIRE LES ARTICLES DE LOUIS MELENNEC, ET ECOUTER SES EMISSIONS SUR LA LANGE BRETONNE, tapez simplement dans le case Google : Mélennec langues.

  2. Ya ével just! Trugarez braz deoc’h Aotrou Melennec! Oui merci à vous pour cet article si juste qui décrit bien la tyrannie exercé par la République pour détruire tout ce qui reste non seulement de tradition mais encore ce qui existait dans l’Ancien Régime(comme si tout ce qui existait avant la République était mauvais)!
    Malgré les écoles Diwan, la double signalisation, les chanteurs, notre langue bretonne sera en péril si on ne l’enseigne plus, si on ne démontre pas à la jeunesse l’utilité de son existence mais aussi tant que la République persistera à vouloir sa disparition.

  3. LES CRIMES COMMIS PAR LA FRANCE EN BRETAGNE : L’ASSASSINAT DU PLOUKISTAN OCCIDENTAL PAR LE PAYS DES DOIGTS DE L’HOMME.

    Le rapport qui suit a été lu par Louis Mélennec à Bruxelles, en 2009, lors du congrès annuel des nations persécutées par les Etats dits « centraux ». Il est intégré dans le Livre Bleu de la Bretagne.
    Le monde entier est au courant de ces horreurs ; il a fallu une volonté de fer pour les faire connaître. Plusieurs pays nous ont aidés à diffuser ce rapport partout, par Internet : la Russie, le Canada, l’Allemagne, la Suisse, la Catalogne, la Kabylie …..
    Il est plus que jamais d’actualité. La France avait réussi, en se répandant en Europe avec ses armées, et dans le monde en colonisant un territoire de 10 millions de kilomètres carrés, soit 20 fois sa superficie, à accréditer des mensonges monstrueux. Le plus stupide : alors que les droits de l’homme commencent leur long parcourt deux mille ans avant le Christ, et que la religion chrétienne a énoncé d’une manière claire toutes les libertés individuelles, dans le strict respect de la personne humaine, la France a voulu faire accroire qu’elle les a inventés !!! Ce roman a convaincu jusqu’à ces dernières décennies les naîfs, les faibles, les insuffisants de l’esprit.
    Il est demandé à tous les Bretons du monde de le diffuser, jusqu’à la fin des temps, afin que le vrai visage du pays des  doigts de l’homme soit définitivement mis à nu, et que les droits des Bretons leur soient intégralement restitués par le colonisateur).
    Je dédie la réédition de ces extraits à M. Philippe de Grosvalet : son œuvre en faveur du rétablissement de la vérité historique pour nos petits Bretons de Nantes et de Loire Atlantique est si immense, qu’elle est connue même à l’étranger.

    La restauration de la vérité de l’histoire bretonne avance à grand pas. Même dans notre honorable université bretonne, on commence à comprendre qu’il n’y a jamais eu de traité de réunion de la Bretagne à la France en 1532, mais une brutale annexion, imposée par la force, la peur, l’achat des consciences. Honorable début, après tant d’inepties lues dans tous les livres : il faut un commencement à tout.
    Le peuple français n’est pour rien dans ce qui nous est arrivé : nous avons été victimes de fous authentiques, ceci à partir de la révolution dite aujourd’hui des doigts de l’homme.
    ………………….

    1 – LA BRETAGNE EST DÉTRUITE EN TANT QU’ENTITÉ POLITIQUE
    Civilisation antique, pourvue d’une culture spécifique, avec un sentiment d’appartenance très fort, bien qu’annexée par le royaume de France depuis 1491, bien qu’ayant souffert des rois français, la Bretagne avait réussi, après le règne sanglant de Louis XIV, à retrouver le droit de s’administrer elle-même, cela jusqu’à 1789 inclusivement. Elle gérait ses finances avec économie ; son opposition acharnée à l’oppression de la Cour de France lui avait permis de maintenir un niveau d’imposition de moitié inférieur à celui appliqué dans le royaume des Français.
    En 1789, divisée en départements, la Bretagne disparait de la carte politique. Son antique parlement – les « Etats de Bretagne » – est aboli. Elle perd tout droit de regard sur la législation appliquée sur son territoire, le droit de voter ses impôts, de gérer ses recettes fiscales et son économie, ainsi que de s’administrer elle-même… Dirigée par les fonctionnaires français chroniquement incompétents des ministères centraux, tous les postes importants sont attribués à des Français. Etant privée de toute initiative, elle s’étiole et s’enlise. Elle avait commencé à dépérir à partir du moment ou les bureaux de Colbert et de Louis XIV s’étaient emparés de son économie, l’avait pressurée d’impôs illégaux, avait saboté son économie en l’empê chant de commercer librement avec ses alliés commerciaux traditionnels, en particulier l’Angleterre. Les gouvernements français du XIXe siècle la transforment, par

    leur stupidité, en Ploukistan occidental de l’Europe occidentale. Les préfets jouent à la fois le rôle de courroies de transmission – toutes les décisions sont prises à Paris –, d’espions qui surveillent et dénoncent, et de pères fouettards. Les écoles, le clergé font l’objet d’une surveillance attentive. Rien n’a d’ailleurs vraiment changé : aujourd’hui, toutes les fonctions électives (celles de députés et des sénateurs, en particulier), sont « pré-sélectionnées » par les états-majors parisiens ; ce système suscite la risée, car cette pré-sélection est empoisonnée par une soumission quasi-aveugle.

    2 – LA BRETAGNE EST DETRUITE EN TANT QUE NATION.
    Les « révolutionnaires » de Paris ont décrété qu’il n’y a, dans le territoire qu’on va prendre l’habitude de dénommer « l’hexagone », qu’une nation : la seule, l’unique, l’exemplaire, la géniale, le moule unique et universel : la Nation française – celle dont Nicolas Sarkozy a dit, ridiculement, qu’elle a été créée par l’ Etat (!) (comme si un Etat pouvait créer une Nation, il ne peut que la détruire, ce qu’il a tenté de faire en Bretagne !). Toutes les nations périphériques sont niées, néantisées, interdites d’exister : les Basques, les Flamands, les Béarnais, les Corses, les Savoyards, toutes nations plus anciennes que la Nation française. Les Français, par l’effet de cette bouffissure qui se développe à la faveur de l’enseignement du complexe de supériorité qu’on leur inculque dans les écoles, se transforment en nationalistes furieux, imbus d’un sentiment de mépris ridicule qui, aujourd’hui fait rire à leurs dépens.
    La Nation bretonne, la plus antique avec celle des Basques, est particulièrement persécutée, stigmatisée. Là où le nationalisme français est une éminente vertu, le
    nationalisme breton devient un crime, ce mot étant utilisé ici sans aucune forme d’exagération. Au nom du nationalisme français, la France s’autorise à conquérir de très vastes territoires, souvent à dépouiller les indigènes de leurs terres, ou les acheter, sous contrainte, pour des prix absurdement préjudiciables (en Algérie, 300 000 hectares changent de mains sous l’effet de cette politique). Même si l’œuvre coloniale comporte des éléments positifs par ailleurs – ce qui est indéniable -, elle est à base de sentiment de supériorité des colons, et de mépris des indigènes. Il est génial, à cette époque, d’ être un nationaliste français, il est criminel d’être un nationaliste breton.
    L’un des auteurs du présent rapport, avait, dans sa jeunesse, été endoctriné avec tant de répulsion et de dégoût contre ceux qu’on nommait « nationalistes » en Bretagne, qu’il disait : « Qu’on m’en montre seulement un : je le fusillerai ». Il est aujourd’hui mieux que Furet, mieux qu’Ozouf, et bien d’autres, qui ont fait leur mea culpa : il est fier d’avoir vu clair à temps dans le jeu obscène du pays colonial. Sur sa carte de visite, il a écrit « M. D., nationaliste breton ». Le fait est qu’aujourd’hui encore, taxer les Bretons de nationalistes est une injure. Cela mérite le mépris lorsque cela vient d’un quelconque Mélenchon, qui admire « l’œuvre civilisatrice » de la Chine au Tibet (voir ses propos lamentables sur Internet).

    3 – La LANGUE ET LA CULTURE FONT L’OBJET D’UN ASSASSINAT ORGANISÉ
    La langue bretonne, infiniment subtile et beaucoup plus ancienne que le français, est non seulement dévalorisée d’une manière outrancière, mais insultée. Ce n’est pas une langue : c’est un jargon, un idiome, un patois, un dialecte corrompu, un baragouin, un charabia, un instrument de dommage et d’erreur. Ceux qui l’utilisent ne parlent pas, ils « patoisent », ils « baragouinent », ils « déblatèrent », ils « parlent vicieusement ». Cet idiome est un reste des cavernes de Cro-magnon, une séquelle de la préhistoire, un « dernier reste de la féodalité », un langage de sorciers, une « relique barbare et arriérée d’un autre âge ». Il obscurcit et engourdit la pensée, prolonge l’enfance de la raison et la vieillesse des préjugés, empêche de raisonner, de comprendre, d’assimiler les idées nouvelles, en particulier les « idéaux » révolutionnaires, la démocratie, la République. C’est, dit Hugo, « une tombe pour la pensée ». Il est d’ailleurs, à l’oreille, hideux, inélégant, grossier, guttural, imprononçable, et ne peut l’ être qu’au prix de grimaces, et de contorsions du visage et du corps. Cette « grande vaincue de l’histoire » (sic), selon les « sçavants » français qui n’en comprennent pas le premier mot, décrète qu’elle n’a produit aucune poésie, aucune littérature, aucune œuvre littéraire de valeur. Il serait impossible que cela soit, puisqu’il n’y a pas de grammaire bretonne (!). Les prêtres, qui continuent à l’utiliser pour prêcher (c’est la seule langue parlée et comprise dans les diocèses de l’Ouest), sont particulièrement visés. Ils se servent de ce jargon infâme pour maintenir les Bretons dans leurs « superstitions religieuses », pour les asservir, pour faire entrer dans leurs pauvres cranes de demeurés des idées perverses, pour « les fanatiser », pour « chasser des têtes bretonnes les idées de liberté ». etc. Ils deviennent des « sorciers »,
    des « ratichons », des « calotins bretons ensoutanés ». Ces insultes se prolongent jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
    Dans l’administration, la langue est formellement interdite. La France met en place un système médiéval de persécutions, digne de l’Inquisition, et de sanctions à l’encontre de tous ceux qui entendent perpétuer la culture qui, jusqu’alors, avait été, pour les lettrés, un sujet de fierté. Des escouades d’instituteurs français sont envoyés dans les écoles bretonnes, avec des directives précises réitérées par les préfets et les sous-préfets : « assassiner la langue bretonne », « éradiquer totalement l’idiome local », (de nombreux textes et directives ministérielles accablants, ont été publiés, cette politique étant initiée, surveillée, amplifiée depuis Paris) ; « la corrompre, afin qu’on ne le comprenne plus » (sic !) interdire, manu militari au besoin, de parler breton (des gendarmes rendent parfois visites aux parents dans les fermes, pour les intimider), infliger des punitions aussi vexantes que possibles aux enfants, sinon aux parents, qu’on culpabilise chaque fois que cela est possible. Les prêtres, curés et religieux, qui prêchent dans la langue nationale, la seule qui soit comprise, sont privés de leur salaire (la séparation de l’église et de l’ Etat n’intervient qu’en 1905). Dans les écoles, les enfants sont terrorisés. On les montre du doigt, on rit d’eux lorsqu’ils confondent un terme français avec un terme breton ; on les entraine à se moquer des autres ; on les isole au piquet, on leur donne des coups de règle sur les doits, des gifles, voire coups de pied ; on les punit lorsqu’on les surprend à parler breton dans la cour ; on accroche à leur cou un objet infamant tel qu’un sabot, une corne de vache, ou tout autre objet ridicule. Dans certaines écoles, fait criminel pour ceux qui s’en sont rendus coupables, on accroche au cou de ces malheureux l’ardoise d’infamie : « Breton = cochon ». (Cette dernière pratique a marqué les esprits, d’une manière définitive, les Bretons ne l’oublieront pas, et ne la pardonneront jamais). Une autre ignominie est inventée : la culture de la délation ; l’enfant surpris à parler le breton, conserve le « symbole » infamant au cou, jusqu’au moment ou il aura réussi à dénoncer à l’instituteur un autre délinquant. Certains n’osent plus rentrer chez eux, attendent la nuit, et contournent le village. Les parents sont tellement conditionnés, qu’ils infligent de nouvelles punitions à l’enfant, après le coucher du soleil.
     Le ministère Combes invente le concept « d’usage abusif du breton », pour empêcher qu’il soit utilisé dans les églises. Le pire, sans doute, dans ce pays traditionnellement très religieux : priver les enfants de confirmation, et même de communion, s’ils ne connaissent pas suffisamment le Français. La langue du colonisateur, dénommée « langue nationale » dans un pays qui en en possède une, bien avant les français, autorise les plus zélés à traiter le breton de « langue étrangère » (!).
    Des journalistes, des hommes politiques connus, que l’on avait cru sains d’esprits, préconisent des mesures extr mes : « Il faut frapper les curés » ; « tapons dessus, de toute la rigueur des lois, de tous les poings des gendarmes » (La Lanterne) ; « il faut prendre des mesures énergiques, sans hésiter » ; « il faut utiliser des commissaires de police courageux, des préfets, des magistrats, des fonctionnaires républicains pour
    entreprendre la colonisation de la Bretagne » (!!!!); « il faut faire totalement disparaître la langue bretonne » (de Monzie, ministre, 1925) ; « la seule réponse, est d’emprisonner tous ceux qui formulent les revendications linguistiques bretonnes » (Albert Dalimier, ministre du travail, 1932).
    Détail horrible : la « Déclaration Universelle des droits de l’Homme », pendant qu’on procède à un véritable lavage des cerveaux, est enseignée dans les écoles. Les enfants bretons y croient. Ils sont tellement infériorisés, tellement convaincus d’appartenir à une race de sous-débiles, qu’ils regardent la lumière française comme étant leur seule planche de salut.

    Les résultats de cette politique sont spectaculaires. En 1850, à l’exception des villes, toute la moitié ouest de la Bretagne est encore bretonnante. En 1850, 160 communes du Finistère sur 160 parlent le breton. On dénombre à l’époque 1,6 million de locuteurs. En 1940, la langue de communication, dans les campagnes bretonnes, chez les marins, chez les artisans, les commerçants des villages et des petites villes, est le breton. En 2000, ce chiffre est presque tombé à zéro.
    En 2008, les efforts de la France ont abouti à un résultat étonnant : il reste 200 000 locuteurs bretons, tous âgés. Pour entretenir l’illusion, et perpétuer l’hypocrisie, la France a « autorisé » la création de quelques classes bilingues, mais freine de toutes ses forces en s’opposant férocement à toute progression de la langue nationale. Après un simulacre de débat au Parlement, elle a fait semblant d’autoriser les langues régionales, ce qui est fermement démenti sur le terrain. La politique de la France est l’éradication totale du breton.

    4 – L’HOMME BRETON EST RÉDUIT AU RANG D’UN ANIMAL
    Ce qui se produit ici est insupportable. Les pires adjectifs, les pires formules sont utilisés pour décrire l’homme breton, y compris par ceux que l’on dénomme aujourd’hui les « grands écrivains » : Victor Hugo ; Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Posper Mérimée, mile Zola et d’autres, trainent ce peuple de ploucs et de bouseux dans la boue.
    Les Bretons sont une race inférieure. Ils sont, par nature, paresseux, sales et puants ; dans les villages, les enfants jouent dans la fange avec les cochons ; une mère n’y reconnait pas ses petits : il n’y a pas de différence entre eux ; certains Français se demandent s’ils sont des êtres humains ; d’autres consentent à les situer quelque part entre les animaux et les hommes ; le paysan breton, dit Hugo, « vénère d’abord sa charrue, sa grand-mère ensuite ; il aime ses poux » (citation littérale).
    L’intellect du Breton est celui des animaux ; il devient le prototype de l’arriéré mental, de l’idiot congénital. Il a un âge mental infantile, cela est dû à la dégénérescence de cette race. « On se demande, précise encore Hugo, si cet aveugle peut accepter la clarté ».
    Les hommes qui profèrent ces horreurs – inscrites d’une manière indélébile dans la conscience des Bretons –, incultes, ignorent que ce pays, qui a ensemencé toute l’Europe au moyen âge par sa mythologie et sa spiritualité, tant religieuse que profane a toujours produit des hommes de lettres, des poètes, des juristes, de grands écrivains. Parmi ceux que la France s’est appropriée, comme faisant parti des leurs écrivains, alors qu’ils ne sont pas Français, qui ont conquis une audience internationale : le théologien Abélard, l’un des plus grands de son temps, Chateaubriand, Victor Hugo (breton par sa mère), Renan, Lamennais, et tant d’autres.

    5 – L’HISTOIRE DE LA BRETAGNE EST TOTALEMENT SUPPRIMÉE, SCOTOMISÉE
    Les animaux n’ont pas d’histoire, les sauvages non plus. Selon ces messieurs de Paris – et les programmes scolaires qu’ils imposent –, la Bretagne n’a jamais existé, elle n’a jamais eu de souverains indépendants. De tout temps, elle fut, dit-on, une « région » française.
    La seule chose qui filtre dans l’enseignement des lycées et collèges – il est difficile de croire ce que nous écrivons ici – tient en quelques phrases : « les Bretons eurent autrefois une Duchesse, dénommée Anne de Bretagne ; elle portait des sabots de bois (d’où la célèbre chanson, un “tube” en France : Anne, Duchesse en sabots) ; elle épousa le roi de France, dont elle tomba amoureuse (!), Charles VIII ; en conséquence, elle apporta en dot la Bretagne à la France ».
    Aucun autre élément n’est fourni, pendant toutes leurs études, aux élèves des lycées et collèges. Les Bretons ignorent donc, par la volonté délibérée de l’ Etat colonisateur, qui ils sont, qui furent leurs ancêtres, ce que sont leurs racines, encore
    moins qu’ils eurent un passé national prestigieux, sûrement pas que la Bretagne est devenue française par invasion, par violation du droit, et par destruction. Les signataires du présent rapport sont tous dans cette situation. Ils n’ont appris leur passé qu’une fois sortis de l’école, parce qu’un jour, le hasard a mis entre leurs mains l’une des rares histoires publiées sur la Bretagne, diffusée d’une manière confidentielle dans de rares librairies. Les grands héros de l’histoire bretonne sont « gommés », rayés des cadres. Nominoé, le roi Salomon, Anne de Bretagne ? Pierre Landais, le Richelieu breton ? Comment les Bretons connaîtraient-ils ces personnages auxquels l’occupant ne reconnaît aucune existence ? La Bretagne était française de tous temps ; province crottée, elle a été élevée à la civilisation parce que la France a daigné la ramasser dans le ruisseau : c’est à peu près tout ce que les Bretons savent de leur passé lorsqu’ils sortent du lycée.

    6 – LA NÉVROSE BRETONNE D’ACCULTURATION
    L’étude des névroses collectives a été induite, en particulier, par les sociologues et les historiens qui se sont penchés sur les dégâts mentaux induits par l’acculturation forcée des populations Amérindiennes par les Espagnols. Cette pathologie concerne un grand nombre de nations, jadis libres.
    Sous l’effet de la pression colossale qui est exercée par l’entourage, l’école, les livres, la radio, les instituteurs, les professeurs, les parents eux-mêmes, tant par le non dit que par ce qui est suggéré ou explicitement exprimé, l’enfant se met à détester tout ce qui lui rappelle l’infériorité de sa condition : ce patois hideux que parlent ses parents et son entourage, ces costumes de ploucs et ces coiffes d’un autre âge, ces mœurs résolument vulgaires, les tournures bretonnisantes qui infectent le beau langage français, qu’on lui présente comme étant le modèle universel. Il n’est rien, il le sait, il intériorise le modèle mauvais forgé de toutes pièces par le colonisateur. La névrose d’acculturation est à base de honte de soi.
    Le phénomène diffuse, et gagne tout l’entourage. Les grands-parents, qui ne parlent ni ne comprennent le français – dans les campagnes en tout cas –, sont mis à l’écart, on ne leur adresse pas la parole : ce sont des ploucs, on se gausse de leur maladresse et de leur timidité, on ne voudrait certes pas leur ressembler. Un fossé culturel se crée entre les générations : les jeunes, élevés dans la civilisation qu’on croit belle du colonisateur ; les vieux, qui paraissent pitoyables et arriérés. Cela peut aller très loin : on a vu, dans les lycées et collèges, des enfants avoir honte de rencontrer au parloir leur propre mère, à cause de son accent rocailleux, de sa coiffe en dentelles, de son habitus de femme plouque, et prétexter l’étude ou le travail pour ne pas montrer ce spectacle à ses camarades.
    Au niveau individuel, les dégâts sont considérables. Les Bretons de ces générations sont à l’image de ce qu’ont été les Juifs pendant des millénaires, les colonisés, les esclaves : timides, honteux d’eux-mêmes, des êtres convaincus de leur infériorité native. Au niveau de la nation, c’est pire : celle-ci, jadis conquérante et glorieuse, est désormais honteuse d’elle-même. Elle va jusqu’à collaborer – en toute bonne foi – avec l’occupant pour « désincruster » ce qui reste des mœurs dont elle a été convaincue qu’elles sont préhistoriques. La créativité s’étiole au niveau collectif, la nation ne produit plus rien : la « ploukistanisation » devient effective ; les natifs, guère en situation de comprendre ni d’analyser ce qui leur arrive, comme les esclaves élevés dans une situation qu’on leur a appris à accepter, accompagnent ou précèdent le mouvement sans le critiquer. Honte suprême : il en est même qui acceptent de faire partie de ce qu’on dénomme le « gouvernement » du pays colonial.

    7 – L’AMPUTATION DU TERRITOIRE NATIONAL
    La France a été, au sens le plus vulgaire du terme, un pays hyper-nationaliste. Elle a exalté son ego national d’une manière honteuse. Elle a transporté ses armées dans les cinq continents, envahi des peuples nombreux, conquis un empire colonial de dix millions de kilomètres carrés, soit vingt fois sa propre superficie. Comme Attila, elle a foulé le sol des vieilles nations périphériques : l’herbe n’a plus guère poussé sur ces territoires ruinés, pendant longtemps. Elle a eu pour prétention d’apporter « la » civilisation – la sienne, bien sûr –, au monde, et de se considérer comme le critère de l’Univers.
    En 1941, estimant n’en avoir pas assez fait, le régime de Vichy décide, reprenant une vieille idée dont il n’est pas l’inventeur, à la faveur d’un « redécoupage » administratif du « territoire », de créer une région artificielle, incluant la Loire Atlantique, qui est ainsi détachée du territoire historique national des Bretons.
    Les noyades de Carrier, les colonnes infernales de Tureau, les crimes de Westermann n’ont donc pas suffi . La France, poursuivant par un processus interne sa colonisation, a cru pouvoir détacher de la Bretagne historique son joyau, pour l’intégrer dans une région fantoche, dénommée « Pays de la Loire ». La cause de ce qui a été présenté comme un « redécoupage » du territoire français : alors que la France a pactisé et collaboré avec l’ennemi pendant plusieurs années, alors que son chef s’est rendu à Montoire pour serrer la main de Hitler, a réalisé tout d’un coup, centaines de Bretons s’étant tournés vers les Allemands, dans l’espoir illusoire de retrouver leur liberté – a puni toute la Bretagne, ayant découvert que, malgré les siècles écoulés, malgré les persécutions et les crimes accomplis dans ce pays, les Bretons n’étaient pas devenus des Français.
    Aujourd’hui, le mot « collaborateur » a totalement changé de sens.
    La Loire, donc, continue à être la baignoire nationale de la sottise française, le fleuve révolutionnaire des inepties de sa philosophie archaïque et anachronique. Les Bretons, comme l’a écrit l’écrivain Herbert Pagani, sont les Juifs de la France. La Loire- Atlantique est pour les Bretons, au sens le plus fort, le Tibet de la France.
    Mais la guérison est au bout du chemin : c’est de renouer avec ses racines, apprendre son histoire et l’enseigner partout, dénoncer les mensonges, critiquer et prendre ses distances avec ce qui s’est passé, et repartir dans une autre direction. La Bretagne est entrée dans cette phase. Elle entend rendre service au monde entier, car le message qu’elle véhicule, est celui de la Dignité des êtres humains et des nations, et du respect qui leur est dû.

    LOUIS MELENNEC, docteur en droit et en médecine, DEA d’histoire (Paris-Sorbonne), DES de droit public, de droit privé, de sciences criminelles, Ex-consultant près le Médiateur de la République.

    Le livre bleu de la Bretagne a été téléchargé plus de 400 000 fois dans le monde, en particulier grâce à la Russie et à la Pravda. AUCUN média français n’y a fait la moindre allusion. Tous les médias « bretons » continuent à se taire : ils fonctionnent presque tous avec les subventions qu’on leur distribue, volées dans les poches des contribuables, pour MENTIR : ils font partie de nos héros. Parmi ces héros qui ont refusé de publier ou même seulement de diffuser le Livre Bleu : Bretagne Réunie, l’UDB, Coop Breizh, l’ABP et bien d’autres …  TV libertés, grâce à Martial Bild, a consacré une émission à ce livre ! Prise de remords, elle l’a supprimée. Mais elle a été copiée par des dizaines de jeunes Bretons, et on la trouve donc sur internet.
    Les injures anti-bretonnes :
    https://www.google.com/search?sxsrf=ACYBGNTdOEIBWGG35N3TXr241iM40cc-lw:1568370057478&q=mélennec+injures+bretonnes&tbm=isch&source=univ&sxsrf=ACYBGNTdO
    Le Livre Bleu présenté à Bruxelles en 2009, et distribué à tous les congressistes :  :https://www.youtube.com/watch?v=g6fBhF4D3GE

  4. LA LANGUE BRETONNE, L’IDIOME DE LA HONTE .

    LA FRANCE DES NON-DROITS DE L’HOMME : LE PAYS DES IGNOMINIES LINGUISTIQUES.

    Les faits relatés ici ne sont pas totalement inconnus. Mais le drame qui en est résulté pour la Bretagne et pour les Bretons mérite qu’on y revienne ; et qu’on y insiste, lourdement encore.

    La politique linguistique de la France a été criminelle. Elle a détruit totalement la langue bretonne en un siècle et demi, de 1789 à 1960. Les propos tenus par certains députés sur les langues dites régionales méritent le fouet. Comment la France, auto-proclamée patrie des droits de l’homme a-t-elle dressé les enfants Bretons pour essayer d’en faire de bons petits français ? Comment les Français ont-ils pu tomber si bas ?

    Lorsqu’ils arrivent à l’école, les enfants ne parlent pas le français, langue étrangère pour eux, et qui le restera encore longtemps. Ils ont été élevés par leur mère, parfois par leur grand-mère. Leur vieil idiome vient de l’antiquité, il était parlé avant le Christ. Ils n’articulent guère que quelques phrases, en breton ; tous, à la maison parlent la langue maternelle. Leurs propres parents, au mieux, ne connaissent que quelques mots de français, langue totalement étrangère pour eux.
    Le premier obstacle auquel ils se heurtent : la langue bretonne est interdite à l’école. Ils le savent. Leurs parent les ont informés. Ils ne savent pas lire. Mais on leur a dit qu’il est défendu, par des affiches, apposées un peu partout, de cracher par terre, et de parler breton. L’assimilation est claire : le breton est sale, comme la saleté de la terre boueuse. Ils ont déjà peur avant de poser leurs pas dans la cour de l’école. Cette peur va s’accroitre, car on va faire tout ce qu ‘il faut pour cela.
    Nos archives sont riches de preuves terribles. Beaucoup ont été publiées, de telle sorte que les tortionnaires ne peuvent les réfuter. (Voir les ouvrages cités ci-après, ceux de Bothorel, de Philippe Carrer, de Claude An Du, de Fanch Broudic, en particulier). Jean-Marc Ayrault, ex-premier ministre (socialiste), et Rolland, mairesse de Nantes, ont laissé défiler dans notre capitale historique, pour culpabiliser la population, des immigrés déguisés en esclaves. Ces pauvres bougres (je parle de Ayrault, et de Rolland, pas des immigrés), n’ayant pas été à l’école, ignoraient, au moment de la construction du mémorial pharaonique destiné à culpabiliser les Nantais, d’avoir participé à la traite des êtres humains, que l’esclavage est un phénomène lié à l’espèce humaine depuis toujours, et que ce sont les petits Bretons qui ont été transformés en esclaves par le pays autoproclamé des droits de l’homme.
    Les premiers temps, on fait preuve d’une certaine indulgence à l’égard des enfants nouveaux arrivés. Mais la relative compréhension des instituteurs change vite. Les maîtresses sont plus méthodiques que les hommes – comme en toutes choses -, c’est à dire plus sévères. Ils vont très vite éprouver la variété infinie de punitions que l’on a imaginées pour eux. A peine ont-ils appris les rudiments de la langue de l’étranger, que les punitions pleuvent : séjours répétés au piquet, coups de règle sur les doigts, gifles, coups de pied au derrière ou ailleurs, voire coups de poings.

    Il fallait une cruauté et une sottise inouïes pour user de tels procédés : ce sont des procédés éminemment français.

    La France met en place un système médiéval de persécutions, digne de l’Inquisition, et de sanctions à l’encontre de ceux qui veulent seulement perpétuer leur culture bretonne, qui, jusqu’alors, avait été, pour les lettrés, un sujet de fierté.
    Dès 1830, Des instituteurs français sont envoyés dans les écoles bretonnes, avec des directives précises réitérées par les préfets et les sous-préfets : « assassiner la langue bretonne », « éradiquer totalement l’idiome local », (de nombreux textes et directives ministérielles accablants, ont été publiés, cette politique étant initiée, surveillée, amplifiée depuis Paris) ; « la corrompre, afin qu’on ne le comprenne plus » (sic !) interdire, manu militari au besoin, de parler breton. Les prêtres, curés et religieux, qui prêchent dans la langue nationale, la seule qui soit comprise, sont privés de leur salaire (la séparation de l’église et de l’ Etat n’intervient qu’en 1905).

    Dans les écoles, les enfants sont terrorisés. On les montre du doigt, ce qui est très facile : avec la complicité de l’instituteur, qui donne le signal, on rit d’eux lorsqu’ils confondent un terme français avec un terme breton ; les petites victimes sont sensibles, mais les enfants sont parfois cruels ; on les entraine à se moquer des autres ; ceux qui savent un peu de français se vengent sur ceux qui ne savent pas : chacun son tour ! C’est abominable.

    Les punitions pleuvent sur les délinquants. On les isole au piquet, on leur donne des coups de règle sur les doits, des gifles, voire coups de pied ; on les punit lorsqu’on les surprend à parler breton dans la cour … Tous les instituteurs ne sont pas brutaux ! Les témoignages des enfants le soulignent : « il n’étaient pas méchants, ils avaient reçu des ordres ». Beaucoup des maîtres ont été intoxiqués par leur propre éducation, du temps qu’ils étaient à l’école. Lorsqu’ils prennent en charge de petits élèves, beaucoup n’ont pas d’autre but que d’éviter aux enfants les souffrances qui leur ont été infligées, et de leur procurer une langue qui leur permettra de trouver un travail plus facilement.

    Un lecteur du site OBS écrit ceci dans les commentaires, sous un texte imbécile qui se flatte de la mise à mort de la langue bretonne, telle qu’elle fut pratiquée par la troisième république :

    « Dans les années 20, mon grand-père, qui avait environ 6-7 ans, habitait dans un petit village près de Saint-Connan, un bourg du Centre-Bretagne, entre Corlay et Guingamp. A l’époque, à la rentrée des classes, on attachait les élèves qui ne savaient pas encore parler le français à un joug, utilisé pour atteler les bœufs et les chevaux de trait ; on les traînait ainsi sur la place principale du bourg, devant tous les villageois, pour bien montrer qui était le plus fort. Les gentils organisateurs de cette mascarade étaient les notables du village, dans mon cas, le maire et le curé. Ce jour-là, mon arrière-grand-père a traversé la place du village, a arrêté la procession, détaché son fils, et a dit : « Si ça c’est l’école de votre république française, alors elle n’est pas pour nous », et il est parti. Mon grand-père n’est plus retourné à l’école ».

    Les « révolutionnaires » de Paris, ont inventé le mythe du petit Bara, qui traîne encore dans les livres communistes. Ce jeune homme de 14 ans, charretier d’artillerie, est engagé par les bleus en 1792, près de Cholet. Il est tué par ceux qu’il se proposait d’assassiner. On ne sait rien de lui, si ce n’est qu’il est venu participer aux meurtres organisés par les bleus pour tuer les Vendéens et les Bretons, coupables de s’être révoltés contre la tyrannie parisienne. Mais les malades mentaux de Paris en font un héros : ce petit assassin en herbe meurt là où il voulait supprimer ceux qu’on on lui a désignés comme des ennemis de la « république ».

    Les Français, aidés de leurs complices Bretons, mettent au point une invention diabolique : le symbole. Ce peut-être un objet banal : un bouton, une cuillère, une fourchette … D’autres fois, on accroche à leur cou un objet infamant tel qu’un sabot – parfois non évidé, ce qui en fait un objet lourd -, une corne de vache, ou tout autre objet ridicule. Dans certaines écoles, fait criminel pour ceux qui s’en sont rendus coupables, on accroche au cou de ces malheureux l’ardoise d’infamie : « Breton = cochon ». (Cette dernière pratique a marqué les esprits, d’une manière définitive, les Bretons ne l’oublieront pas). Dans d’autres régions, le symbole est remplacé par ce qu’on dénomme le signal, dont la fonction est la même : épingler le coupable, qui s’en débarrassera en le remettant à un autre délinquant.
    Une ignominie est inventée : la culture de la délation ; l’enfant surpris à parler le breton, conserve le « symbole », jusqu’au moment ou il aura réussi à dénoncer à l’instituteur un autre délinquant. Les plus jeunes sont les plus maladroits dans ce jeu, les plus grands les plus habiles. Certains mentent pour mieux se libérer, en inventant des coupables imaginaires. D’autres n’osent pas rentrer chez eux, attendent la nuit, et contournent le village pour n’être pas vus. Les parents sont tellement conditionnés, qu’ils infligent de nouvelles punitions à l’enfant, après le coucher du soleil : il apporte la honte à ses parents et à sa famille, ils se vengent sur lui.
    Dans d’autres régions, le symbole est remplacé par ce qu’on désigne sous le nom de signal.
    Des cas dramatiques sont signalés. Dans un cas grave, un instituteur gifla un enfant pour avoir prononcé une phrase en breton, et le projeta sur le poêle en fonte ; atteint d’un traumatisme crânien, l’enfant est mort deux jours plus tard. Il est arrivé que les gendarmes, prévenus par les instituteurs, pour mieux intimider les coupables, rendent visite aux parents pour les informer que leur enfant rétif continue à parler la langue interdite, malgré les punitions qu’on lui inflige. Aussi effarant que cela paraisse, plusieurs témoignages de ces faits sont rapportés, notamment par le célèbre chroniqueur Morvan-Lebesque, dans son livre Comment peut-on être breton ?
    La détestation de la culture et de la langue bretonne.
    Peu à peu, l’enfant se met à détester tout ce qui lui rappelle l’infériorité de sa condition. Il n’accuse pas la France, seule responsable de son état, mais sa propre culture, son propre pays. Ses parents, comme tous les parents, sont de braves gens. Malgré l’affection qu’il leur porte, ses réactions peuvent être ambivalentes. Ils sont l’illustration même de ce qu’on lui apprend à détester à l’école. Les instituteurs du temps s’habillent en

    costume des bourgeois de la ville. (Voyez les photographies du temps). Aucune institutrice n’est autorisée à porter la coiffe ou le costume local, considérés comme vulgaires. Ses parents sont habillés en paysans, c’est à dire en ploucs. Leurs discours sont truffés de fautes, ou pire, sont une sorte de sabir, mélange de français et de breton : un charabia ; leur accent est hideux et rauque, du moins le croient-ils. Ils ont honte, la Bretagne est le pays de la honte. Psychologiquement, le jeune Breton en arrive à se mépriser, il intériorise le modèle mauvais forgé de toutes pièces par le colonisateur. Il n’a plus aucune estime pour lui même, ni pour son pays. 

    Le phénomène diffuse, et gagne tout l’entourage. Les grands parents, qui ne parlent ni ne comprennent le français – dans les campagnes en tous cas -, sont mis à l’écart, on ne communique pas avec eux, surtout pas à la table familiale : ce  sont des sous-ploucs, on se gausse de leur maladresse et de leur timidité, on ne voudrait certes pas leur ressembler, on a honte d’être leurs descendants. Il arrive que les grands parents brittophones et le personnel des fermes soient péremptoirement interdits de parler aux enfants, pour ne pas les contaminer par leur langage bestial. Un fossé culturel se crée entre les générations : les jeunes, élevés par force dans la civilisation du colonisateur, dont on les a convaincus qu’elle est admirable, et les personnes âgées, qui paraissent, pitoyables et arriérées ; et qui de surcroit ne parlent pas ce qu’on dénomme la « langue nationale ». Des dizaines de milliers de jeunes appartenant à cette génération où se produit la rupture – l’avant guerre et l’après guerre 1939-1940 – sont dans l’absolue incapacité de communiquer verbalement avec leurs grands parents, qui parlent exclusivement le breton, alors que les jeunes sont interdits de s’exprimer dans cette langue. (Je fus dans ce cas : mes grands parents maternels ne parlaient pas le français ; je n’ai donc pas idée de ce que peuvent être les relations entre les grands parents et leurs petits enfants). Pour les mêmes raisons, certains enfants conçoivent une honte de leurs parents, à cause de leurs costumes de paysans, de leurs sabots, de leur accent, de leur langage truffé de fautes. Celà peut aller très loin : on a vu, dans les lycées et collèges, des enfants refuser de rencontrer au parloir leur propre mère, à cause de son parler rocailleux, de sa coiffe, de son habitus de femme plouque, et prétexter l’étude ou le travail pour ne pas montrer ce triste spectacle à ses camarades. Peut-on imaginer l’horreur que cela représente ? Un adolescent ayant honte de sa mère, celle qui l’a engendré, parce qu’elle est bretonne ! Des centaines d’enfants ont harcelé leurs mères, dans les années cinquante, pour qu’elles abandonnent leurs coiffes et leurs costumes, parce qu’ils avaient honte de ces déguisements sortis des cavernes.

    Le ministère Combes, non seulement harcèle les provinces pour qu’on n’utilise que la langue « nationale », mais invente le concept « d’usage abusif du breton », pour empêcher qu’il soit utilisé dans les églises, lors des prêches, du catéchisme, des annonces de naissances, de mariages, de décès faites en chaire. Le pire, sans doute, dans ce pays traditionnellement très religieux : priver les enfants de confirmation, et même de communion, s’ils ne connaissent pas suffisamment le Français. La langue du colonisateur, dénommée « langue nationale » dans un pays qui en en possède une, bien avant les français, autorise les plus zélés à traiter le breton de « langue étrangère ». C’est de la sauvagerie à l’état pur, de la barbarie à l’état le plus misérable …
    Les survivants qui ont vécu ces faits atroces ont le cerveau couvert de cicatrices.

    LOUIS MELENNEC

    BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

    Les livres cités ci dessous sont à lire absolument :

    Broudic Fanch, L’interdiction du breton en 1902, éditions Coop-Brizh, Spézet.

    Bothorel Noël, Contribution à l’étude de l’inadaptation sociale du breton ; thèse pour le doctorat en médecine, Paris 1963. Article publié dans la revue Ar Vro, en 1964.

    Carrer Philippe, Ethnopsychiatrie en Bretagne, nouvelles études, Coop Breizh, 2007 ; réédition semi-poche Coop Breizh, 2011.

    Claude An Du, Histoire d’un interdit, Le breton à l’école. Hor Yezh, 2000.

    Morvan-Lebesque, Comment peut-on être Breton ? Paris 1970, Le Seuil.

    Nota Bene : les travaux de Louis Mélennec lui ont valu d’être interdit de publication dans TOUS les médias français et bretons – sans aucune exception -, depuis une vingtaine d’années, et de voir sa biographie supprimée de Wikipédiouse. La France des doigts de l’homme est une spécialiste de ces manières. Mais aujourd’hui, toute l’histoire de la Bretagne colonisée est connue. Partout.

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  5. LA POLITIQUE CRIMINELLE DE LA FRANCE : L’ASSASSINAT DE LA LANGUE BRETONNE ET DES LANGUES CHARNELLES DES POPULATIONS.

    Yann SOHIER LE MAGNIFIQUE, père de Mona Ozouf, qui a eu le bon exemple, mais ne l’a pas suivi.

    Ar Yezh ar vezh : la langue de la honte ; la politique criminelle de la France.

    A Jean-Luc Mélenchon, qui a qualifié le breton de langue de la collaboration, les écoles Diwan de secte.

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    Au moment où les linguistes et écrivains bretons , au début du vingtième siècle, mènent le combat pour tenter de sauver leur langue ancestrale, en réaction à la politique d’anéantissement, de l’extirpation des croyances religieuses et de l’identité bretonne, la masse du peuple subit son sort en silence : cela dure depuis 1789 ; elle n’a aucun moyen de faire autrement, ni les compétences pour protester, ni aucun moyen, même, d’être informée de ce qu’a été l’imposture des prétendus droits de l’homme inventés par la France. La fonction naturelle des masses est d’être trompée, ce à quoi elles se prêtent avec aisance en Bretagne, comme partout ailleurs.

    A force d’avoir été décervelée depuis 1789, et de n’avoir eu aucun accès à son histoire, ni à sa littérature, elle a admis, comme nombre de peuples acculturés (Hagège, L’homme de parole, Paris 1985) les Bretons de ce temps sont convaincus que leur langue, pourtant si belle et si subtile, symbole de leur plouquitude, est un idiome de ploucs. Ils aspirent même, par honte, à s’en débarrasser, car il est devenu, par la vertu de la France des droits de l’homme, la langue de la honte : ar yezh ar vezh.
    Mais les intellectuels – à quelques uns près -, ont compris : leur pays est une colonie, muselée et surveillée, interdite de s’exprimer, privée de sa langue et de sa culture. Ils ont créé en 1933, une revue dénommée Ar Falz – la faucille – symbole de la mort en Bretagne, souvent représentée par un squelette tenant dans sa main droite la faux avec laquelle on fauche les humains. Leur doctrine, laïque et progressiste, est révolutionnaire.

    Homme de gauche, Yann Sohier, sympathisant communiste notoire, mais farouche défenseur des droits humains, exprime l’opinion des instituteurs laïques, dans des termes particulièrement fermes, qui n’ont pas pris une ride, et qui sont tout autant pertinents en 2020 qu’en 1934. La revue Ar Falz est dirigée par Yann Sohier, un ami proche de Marcel Cachin, breton de Paimpol, et figure historique du parti communiste français, en même temps que breton convaincu, et partisan de l’enseignement de la langue à l’école. On ignore souvent qu’ il est l’auteur d’un projet de loi qui préfigure la loi Deixonne, qui beaucoup plus tard, en 1951, ouvrira timidement une petite porte à l’enseignement des langues dites « régionales » dans les écoles.

    Yann Sohier est un idéaliste. Né à Loudéac, en pays non bretonnant, il ne parle pas le breton, qu’il apprend laborieusement, et qu’il ne maitrisera jamais complètement. Il élève dans cette langue sa fille – la future Mona Ozouf – ce qui explique le parler distingué de cette femme bilingue, et qui démontre, comme l’enseignent désormais les linguistes, que le multilinguisme est un enrichissement, à tous égards, y compris dans la maîtrise de sa propre langue maternelle.

    En 1934, la revue publie cette pétition, virulente et féroce, mais marquée du sceau de la raison :

    « Formez un Front Unique de Combat :

    – Pour que la langue bretonne soit immédiatement enseignée dans toutes les écoles primaires de Basse-Bretagne.

    – Pour que la langue bretonne soit immédiatement admise comme deuxième langue au baccalauréat au même titre que les langues étrangères et coloniales…
    – Pour que l’École en Bretagne soit vraiment l’école bretonne du Peuple Breton et non celle de l’assimilation et pour que vos enfants soient instruits dans leur langue maternelle…
    La langue bretonne est la langue d’un million et demi de Bretons. C’est une langue riche devenue aujourd’hui une langue de culture moderne. C’est par elle, et par elle seule, qu’est possible l’éducation logique et rationnelle de nos enfants, l’émancipation culturelle du peuple breton…
    Le droit d’un peuple à instruire ses enfants dans la langue maternelle est un droit imprescriptible et sacré. –Aucun peuple, aucun gouvernement n’a le droit d’imposer sa langue à un autre peuple même vaincu. L’assimilation linguistique ne peut être qu’un crime et n’est qu’une des formes les plus dangereuses de l’impérialisme.
    À l’heure où tant de peuples hier opprimés, Finnois, Catalan, Flamand, Tchèque, Irlandais etc., ont obtenu pour leur langue le « droit à la vie », où l’U. R. S. S. a libéré toutes ses minorités nationales (plus de 60), où le gouvernement français admet dans l’enseignement secondaire des langues étrangères comme l’Arménien ou le Persan, Coloniales comme le Malgache ou l’Annamite,
    L’ostracisme dont est victime la langue bretonne, la politique séculaire d’assimilation linguistique poursuivie inlassablement contre notre langue celtique par le pouvoir central est une injustice, une insulte, un défi au peuple BRETON….

    Cité par Maria (Soaz), Yann Sohier et Ar Falz (1904-1935), Morlaix, Ar Falz, 1990, p. 58.

    Né en 1901, Sohier meurt en 1935, bien avant que Hitler envahisse et détruise toute l’Europe. Sa fin prématurée est une perte pour la Bretagne. L’accuser de nazisme, à cause de ses relations privilégiées avec ceux qui, comme lui, aiment leur pays et défendent son patrimoine (Debeauvais, Olier Mordrel, Youenn Drezen, l’abbé Perrot) est une stupidité. Sa fille, Mona Ozouf, qualifiée d’historienne, n’a pas suivi les enseignements de son père, ce qu’elle aurait dû faire, pour l’honneur de son pays. Ses regrets, exprimés dans son livre « Composition française », sont tardifs : ils ne servent plus à rien : la langue est agonisante ; mais nous exprimons notre reconnaissance à son père. J’ai suggéré à Mona Ozouf, décorée de l’Hermine, d’ôter ce collier de son cou, et d’aller au cimetière le déposer sur la tombe de ses parents.

    BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.

    Ar Gedour : La langue de la honte, Ar Yezh ar vezh.

    Georges Cadiou, Sohier, Jean dit Yann (1901-1935) , dans EMSAV : Dictionnaire critique, historique et biographique : Le mouvement breton de A à Z du xixe siècle à nos jours, Spézet, Coop Breizh,

    Hagège Claude, Halte à la mort des langues, Paris 2005, Odile Jacob.

    Mélennec Louis, Jean-Luc Mélenchon, l’imbécile heureux, l’idiot inutile ; lettre publiée sur la toile, diffusée dans plusieurs pays (sauf en France et en Bretagne, les merdias étant vendus et achetés).

    Mona Ozouf, Composition française : Retour sur une enfance bretonne, Paris, Gallimard.

    Morvan Françoise, Le monde comme si, Paris, 2002.

    Sébastien Carney, Breiz Atao ! : Mordrel, Delaporte, Lainé, Fouéré : une mystique nationale (1901-1948), Rennes, Presses universitaires de Rennes

    Sohier Yann, Pourquoi et comment nous voulons l’enseignement du breton.

    Erwan Chartier, La construction de l’interceltisme en Bretagne, des origines à nos jours : mise en perspective historique et idéologique, Rennes, thèse de l’université Rennes 2, , 722 (lire en ligne [archive]).

    Alain Déniel, Le Mouvement breton (1919-1945), Paris, Maspero, , 451 (ISBN 978-2-7071-0826-5, lire en ligne [archive]).

    Michel Nicolas, Histoire de la revendication bretonne : Des origines aux années 1980, Spézet, Coop Breizh, , 397 (ISBN 978-2-84346-312-9).

  6. Titre: LA MISE A MORT DE LA LANGUE BRETONNE. TEXTE PUBLIE EN 2016 au Canada, en Kabylie, en Suisse, en Russie. Mais non pas par les “médias” de la Kollaboration en Bretagne (motif : ils sont “subventionnés”).
    Pays: France
    Bonne nouvelle : après toutes ces années de travail, le monde entier sait aujourd’hui ce que furent les crimes commis en Bretagne. Et pas seulement en Bretagne !

    LA MISE A MORT DE LA LANGUE BRETONNE par le pays des doigts de l’homme.

    ” Chaque année, je rendais visite à ma vieille mère, en pays Bigouden. Sa langue maternelle était le breton, qu’elle parlait avec jubilation, car c’était la langue de la joie et de l’humour.

    Tous les ans, j’entendais cette langue vénérable. Car les voisines de ma mère étaient bretonnes.

    Puis, elles sont mortes, les unes après les autres.

    Puis, une certaine année, rendu en vacances dans mon village natal, j’ai été saisi d’angoisse. Je me suis demandé pourquoi. J’ai bientôt compris la raison : la langue, assassinée par le pays colonial, n’était plus parlée par personne.

    Sous l’effet de la persécution mentale, ma mère m’avait élevé en français : on lui avait fait honte de sa langue, elle n’osait même plus la parler devant ses enfants! Mes grands parents étaient exclusivement bretonnants, je n’ai jamais pu communiquer avec eux.

    Savez vous ce qu’est un enfant qui ne peut parler ni à sa grand-mère, ni à son grand-père, ni aux plus anciens de sa famille ?

    C’est comme une tombe dans laquelle on l’enferme, à peine né. Ce fut un choc terrible : tout était changé; c’est comme si les oiseaux avaient disparu des arbres, et ne chantaient plus. Quoique l’on fasse, Ils ne chanteront plus ces mélodies si suaves, qui ont bercé et enchanté notre enfance, même si on ne les comprenait pas bien.

    On ne peut imaginer ce que fut cette prise de conscience pour moi. Tout un pan de notre civilisation était à jamais englouti dans les abysses. En écrivant cela, si les hommes étaient autorisés à pleurer, de grosses larmes, des vraies, couleraient sur mes joues. Honte au pays criminel !
    Quel bilan pour le pays des Droits de l’homme !!! Je ne pardonnerai jamais ce crime à la France. Mais il y en eut bien d’autres. ” (Extrait des mémoires de Louis Mélennec)

    Je dis : LA FRANCE, pas les Français, car ils subissent, eux aussi, les mêmes débiles mentaux que nous : voyez ce qu’ils sont en train de faire à leur malheureux pays : une destruction systématique, devant un peuple passif, et. des “politiques” muets, appointés mensuellement par une somme puisée dans nos poches sans fonds.
    Le prétendu enseignement de la langue bretonne en Bretagne est une ruse : notre idiome national est virtuellement mort, on le sait à Paris. C’est au moment où cette mort annoncée, n’était plus loin, déclenchée en 1789 par la Hune et Hindivisible, au nom des Droits de l’Homme, qu’on a “rétabli” un enseignement désormais sans danger pour la “république”, dont le but est l’éradication totale de notre langue. Echéance proche : 5000 locuteurs disparaissent chaque année …… remplacés par quelques centaines de néo-locuteurs bilingues. Savez-vous calculer ?
    Jean Dutourd, membre de l’Académie française – voyez le genre ! -, lorsqu’on fit semblant, pour berner les Bretons, de créer un CAPES de langue bretonne, a commenté :

    – Un Capes de breton ? POURQUOI PAS UN CAPES DE MENDICITE ?

    On pense immédiatement à cette phrase célèbre de Clémenceau :

    – Donnez-moi quarante trous du cul : je vous fais immédiatement une académie française !

    Le peuple breton est le plus naïf de la terre : les Normands nous définissent ainsi : ” il croient tout ce qu’on leur raconte “.

    Du côté de VANNES, j’ai entendu dire :
    “ESCLAVES NOUS SOMMES, ET FIERS DE L’ÊTRE !!! ”
    Savez-vous qu’au 18ème siècle, les Vannetais étaient réputés, en Europe, pour parler le mieux la langue celtique ?
    Par bonheur, nous avons M. Le Drian ! Un vrai héros ! Sans oublier M.M. MOLAC ET LEFUR, qui, chacun, ont prononcé UNE PHRASE en BRETON à la tribune de l’assemblée nationale des Français ! Ne pleurez pas : les reconquêtes commencent toujours par de petits débuts !
    Et la belle Johanna me lit en semi-direct ! (Elle n’a pas voulu me donner son adresse Mail : mais nous avons moult amis communs, qui transmettent !)

    LOUIS MELENNEC

    https://www.youtube.com/watch?v=VQF14ncSqo0

  7. LOUIS MELENNEC. ARTICLE DE NICOLAS TRAVERS SUR LA LANGUE BRETONNE (chewbii.com).
    Excellent article de synthèse, très éclairant et honnête. Je suis né en pays bretonnant. Tous les adultes parlaient le breton dans mon enfance. Seuls les vieux ou très vieux étaient unilingues.
    Il est exact que les néo-bretonnants ne parlent pas comme ceux que j’ai entendus dans mon enfance, même si le vocabulaire courant est souvent le même.
    Le néo-breton était un moindre mal pour sauver la langue.
    Mais la France, outre le fait qu’elle n’a JAMAIS inventé les droits de l’homme, ni rien apporté dans ce domaine, est un pays linguicide : son but avoué, avec la complicité des prétendus “élus”, “subventionnés” par de gros salaires, est la mise à mort des vieilles langues nationales, le breton en premier lieu. Le breton sera mort avant peu, il n’est qu’en survie.
    Les “mondialistes” sont complices de cette mise à mort de notre patrimoine linguistique.
    La langue a été assassinée par la France; il est FAUX de dire que ce sont les parents qui sont coupables de ce crime : les parents ont été tellement humiliés par la France, du temps qu’ils étaient jeunes, qu’ils ont voulu éviter à leurs enfants les souffrances qui leur avaient été infligées à l’école, et qui ont engendré tant de troubles psychologiques et mentaux. (Carrer, Bothorel, Etienne, Mélennec …..)
    La position de SOHIER était équilbrée : un enseignement bilingue généralisé à toute la Bretagne. La position communiste de Broudic ne tient pas la route.
    Les Bretons ont leur part de responsabilité : ils aiment leur esclavage. Il circule un dicton : “ESCLAVES ET FIERS DE L’ÊTRE !”

    LOUIS MELENNEC

  8. DROITS DE L’HOMME EN FRANCE, la glorieuse inventrice des droits humains en 1789 !!!!

    LE BOUCLAGE PAR LA FRANCE DES THESES DE DOCTORAT ET DU DROIT DE LIBRE EXPRESSION

    Lettre du Professeur P. membre de l’Institut, au docteur MELENNEC.

    Cher docteur Mélennec,

    Vous mettez le doigt sur une véritable régression du système universitaire français.

    Autrefois, il était très facile de réunir un jury de thèse, pourvu qu’on puisse avoir l’accord d’au moins trois professeurs d’université qui acceptent d’en être caution.

    Désormais, c’est quasiment impossible. Le contenu des thèses est contrôlé par des “écoles doctorales” qui décident de tout, et qui ont la haute main sur les sujets de thèse, et l’inscription des candidats.

    Cette soviétisation du troisième cycle des universités est désastreuse, c’est une abomination, puisqu’elle va jusqu’à soumettre l’inscription en thèse à l’existence d’une bourse doctorale, pour interdire l’existence de candidats “indépendants”. Bien entendu, les professeurs d’histoire et de matières relevant des sciences humaines et/ou de littérature verrouillent complètement le système en interdisant la soutenance de toute thèse jugée par eux “politiquement incorrecte”.

    C’est pour ces raisons que des personnalités telles que René Girard – et tant d’autres -, n’ont pu s’épanouir qu’à l’étranger.

    De ce fait, il ne faut pas s’étonner que vous ayez été ostracisé par le système, et que vous soyez totalement rejeté par les chantres de l’histoire officielle.

    J’ai longuement lutté contre ces dérives, allant jusqu’à inscrire mes étudiants dans des universités allemandes, pour qu’ils n’aient pas de problème de soutenance.

    Bref, je ne puis rien pour vous. C’est un peu comme si on cherchait à présenter une thèse critiquant le parti communiste à l’époque stalinienne !

    Mon circuit personnel est exemplaire. Je suis entré (supprimé par Louis Mélennec ….. pour qu’on ne puisse identifier cet honnête homme!).

    Je demeure professeur émérite ….. je n’arrive toujours pas à comprendre comment j’ai fait pour survivre au système.

    Très cordialement.

    Un jour, tous ces gens dégusterons la soupe de nos prisons.

    N.

    Addendum, par Louis Mélennec :

    On ne dit que deux thèses d’ « hystoyre » ont été soutenues à Brest :

    – « La culture des poireaux à Quimper-Corentin, de 1350 à 1352 ».

    – « Les rapports psychologiques du paysan breton avec ses chevaux de trait, dans le pays de Léon, au dix-neuvième siècle » (!!!!)

    Si vous voyez passer ces ouvrages immortels, qui vont changer la face du monde, commandez-moi DEUX exemplaires !

    La France n’est pas seule en cause : en Bretagne, mes censeurs les plus c… sont des Bretons !

    Et dire qu’il y a – par ailleurs – tant de gens qui ont encore une morale dans ce pays, et qui refusent d’aller à la soupe ! Savez-vous que les Bretons obtiennent les meilleurs résultats aux examens encore sous la coupe de l’hexagone ???

  9. LA SHOAH BRETONNE DE 1675

    COMMENT LES BRETONS SONT DEVENUS FRANCAIS.

    CINQ SIECLES D’HORREURS EN BRETAGNE 1487 – 2020.

    Source : Histoire et Identité

    Porte parole : Louis Melennec

    Publié le 17 février 2009, actualisé en janvier 2021.

    La révolte du papier timbré

    Les massacres perpétrés en Bretagne par les armées françaises sont des souvenirs qui véhiculent l’épouvante. Le chapitre qui suit ne concerne pas que les Bretons, gardez vous de le croire, et de l’écarter : il concerne l’humanité entière ; je le dédie particulièrement aux Juifs, aux Arméniens, aux Berbères, aux Amérindiens. Mais je n’oublie pas tous les peuples qui ont subi les mêmes souffrances que les Bretons.

    Il est opportun de rappeler les faits dramatiques qui se sont déroulés en Bretagne en 1675, connus sous le nom de révolte du papier timbré. Ceci n’est rien d’autre qu’un des épisodes sanglants des relations britto-françaises durant les cinq siècles écoulés. Il y en a bien d’autres. Le pire : tout ce qui s’est déroulé en Bretagne à partir de 1789, la prétendue révolution des droits de l’homme.

    De mon temps (je suis né en 1941), on enseignait à l’école que les relations britto-françaises étaient un roman d’amour, que la France avait apporté à l’Europe la LIBERTE, que la langue française était le plus bel outil linguistique jamais inventé par l’espèce humaine, que cette langue avait vocation à être parlée dans le monde entier, et que notre belle France – accrochez vous, lecteurs , avait inventé …. les droits de l’homme !!!!! Et, bien sûr, que les rois étaient TOUS des tyrans détestés ! On était bien obligés de croire ces âneries, aucune contradiction n’étant admise. Les temps ont changé : depuis la crise du Covid, et la gestion délirante de cette crise par un appareil d’État incapable et incompétent, on est bien obligé de voir ce que l’on voit.

    J’ai tant et si bien fait – avec d’autres auteurs, bien entendu -, que la France a aujourd’hui trouvé sa vraie place, de violatrice des droits de l’homme : elle est devenue le pays DES DOIGTS DE L’HOMME, depuis qu’un auteur audacieux, nommé Michel d’Onfray, a fait mine, devant la caméra et les français stupéfaits, d’enfoncer un à un ses cinq doigts dans le trou du biniou de qui ? A vous de retrouver le film Youtube, s’il n’a pas été supprimé, film intitulé : Lettre à Manu sur le doigté et son fondement.

    Marie de Rabutin – Chantal, née en 1626, contemporaine de Louis XIII, de Louis XIV et d’Anne d’Autriche, plus connue sous le nom de son mari, le breton Henri de Sévigné, tué au cours d’un duel, venait souvent faire des séjours champêtres dans son château des Rochers, près de Rennes , et, écrit-elle, « y faire les foins » (!) Elle y fréquentait le beau monde, et, comme on dit, se trouvait aux premières loges pour assister au spectacle.

    Elle se trouve dans sa résidence bretonne, en 1675, lorsqu’éclate la révolte dite « du papier timbré », provoquée par les exactions fiscales de la monarchie française, alors incarnée par le roi Louis XIV, qui a déclaré la guerre à la Hollande, et déjà dépensé des sommes monstrueuses aux dépens des contribuables de son royaume, mais aussi de la Bretagne, province étrangère. (Voir dans Google : Bretagne province étrangère).

    J’ai publié en 2009 ce premier article sur les faits atroces infligés par les armées françaises à la Bretagne, en 1675, et choisi, pour empêcher toute contestation de la part des falsificateurs, et combattre l’ignorance dans laquelle sont tenus les Bretons de leur histoire nationale, de me borner à des citations, principalement de la marquise de Sévigné, et du duc de Chaulnes, le gouverneur-gauleiter français imposé à la Bretagne, pour relater les horreurs commises sur nos populations innocentes, sur les ordres de Louis XIV, pour les punir de s’être insurgés contre les impôts illégaux infligés à deux années de distance, alors que le pays, contraint et forcé, a “racheté” ces impôts, par le versement au trésor royal, la somme énorme de deux millions de livres.

    Ces citations, indiscutables, valent mieux qu’une relation littéraire, fût-elle d’une honnêteté rigoureuse.

    J’ai écrit maintes fois que nous n’avons – en aucun cas – besoin de la France pour enseigner notre histoire : interdite à partir de la révolution dite « des droits de l’homme », elle serait, de toutes les manières, falsifiée et frelatée. Aussi l’avons nous-mêmes prise en charge, grâce à l’éclosion d’Internet, et de multiples chroniqueurs, qui n’acceptent plus qu’on leur mente.

    @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

    — “Cette province est traitée comme le pays ennemi…, on ne peut exprimer quels ravages les troupes font dans leurs routes, le bataillon de la Reine, pour aller de Rennes à Saint-Brieuc, a pillé à quatre lieues de sa marche tout ce qui s’est rencontré de maisons entre ces deux villes…”. (Duc de Chaulnes, gouverneur imposé à la Bretagne en 1670, in La Borderie, t. 5, p. 531).

    — “On ne laisse pas de pendre ces pauvres bas-bretons… Dès qu’ils voient les soldats, ils se jettent à genoux, et disent “mea culpa”, c’est le seul mot de français qu’ils sachent”. (Madame de Sévigné, 24 septembre 1675, in La Borderie, t. 5, p. 518).

    — “Les arbres commencent à se pencher sur les grands chemins du poids qu’on leur donne”. (Duc de Chaulnes, 21 août 1675, in La Borderie, t. 5, p. 518).

    — “Ils n’entendent pas seulement la langue française…il sera impossible que l’innocent ne pâtisse pas pour le coupable”. (Lettre de l’évêque de Saint-Malo, 1675, in La Borderie, t. 5, p. 520).

    — “On en a pendu et roué une quantité en ce pays de Cornouailles, particulièrement à Quimper-Corentin”, (in La Borderie, t. 5, p. 521).

    — “Il y a dix ou douze mille hommes de guerre, qui vivent comme s’ils étaient encore au delà du du Rhin” (dans le Palatinat, où les horreurs commises par les troupes françaises atteignirent le sommet de l’ignominie). (Madame de Sévigné, in La Borderie, t. 5, p. 531).

    — “Ils s’amusent à voler ; ils mirent l’autre jour un petit enfant à la broche. Toutes ces troupes de Bretagne ne font que tuer et voler”. (Madame de Sévigné, décembre 1675, in La Borderie, t. 5, p. 531).

    — “Ils ont, logés chez eux, jeté leurs hôtes et leurs hôtesses par les fenêtres, battus et excédés, violé des femmes en présence de leurs maris, liés des enfants tout nus sur des broches pour vouloir les rôtir; (ils ont) exigé de grandes sommes de leurs hôtes, et commis tant de crimes qu’ils égalent à Rennes la destruction de Jérusalem” (Journal d’un bourgeois de Rennes au XVIIe siècle, in La Borderie, t. 5, p. 532).

    — “On a pris soixante bourgeois, on commence demain à [les] pendre. Cette province est un bel exemple pour les autres, et surtout de respecter les gouverneurs et les gouvernantes” (= entendez : les occupants étrangers). (Madame de Sévigné, octobre 1675, in La Borderie, t. 5, p. 523).

    Enfin, cette conclusion horrible :

    — “À force d’avoir pendu, on n’en pendit plus” (! ! ! !). (Madame de Sévigné, in La Borderie, t. 5, p. 525).

    Bien pire : la marquise étant française, en dépit de son mariage avec un breton, ajustez vos lunettes, car vous aurez peine à croire ceci, qui pourtant est véridique :

    — “La penderie (sic !), me paraît maintenant [être] un rafraîchissement : j’ai une tout autre idée de la justice depuis que je suis en ce pays : les galériens me paraissent une société d’honnêtes gens qui se sont retirés du monde pour mener une vie douce……. En huit jours seulement, nous avons entretenu [= administré] la justice”. (24 novembre 1675, in La Borderie, t. 5, p. 525).

    Et d’ajouter :

    — “On dit qu’il a 500 ou 600 bonnets bleus en Basse-Bretagne, qui auraient bien besoin d’être pendus pour leur apprendre à parler”.

    — “Les bons pâtiront pour les méchants. Mais je trouve tout fort bon, pourvu que les quatre mille hommes de guerre qui sont à Rennes ne m’empêchent point de me promener dans mes bois, qui sont d’une hauteur et d’une beauté merveilleuses” . (Madame de Sévigné, octobre 1675, in La Borderie, t. 5, p. 526).

    La marquise est citoyenne d’honneur en Bretagne : on la croit bretonne; son nom a été donné à une marque de chocolats. On lui doit, cependant, cette phrase prémonitoire, écrite à sa fille le 23 octobre 1675 : “Vous pouvez compter qu’il n’y a plus de Bretagne”, in J. Cornette, t. 1, p. 624.

    La Bretagne survécut, de survie artificielle, encore 114 ans, jusqu’à la merveilleuse révolution des droits de l’homme, celle de 1789. Les massacres de 1675 n’avaient été qu’un hors d’ouvre : en 1789, la Bretagne FUT MISE A MORT. Cette année-là, en effet, la France inventa les doigts de l’homme; et en 1793-1794, elle se rendit coupable de l’un des massacres les plus cruels de l’histoire de l’humanité, qui la situe au même niveau que les nazis, Staline, Mao-Tse-Dong, Pol Pot, et les massacres des Arméniens.

    Les Bretons du bas peuple eurent une meilleure appréciation que la marquise de la situation ; beaucoup payèrent leur audace de leur vie. C’est peu de dire que les hommes envoyés là par le roi de France n’étaient pas aimés, ce qui n’était pas nouveau. Le Gauleiter français, le duc de Chaulnes, fut traité de “gros cochon, de gros gueux”. Ce qui était la vérité : l’évêque de Saint-Malo l’avait accusé d’avoir perçu un pot de vin considérable, de 700 000 livres, soit près de la moitié des impôts de la Bretagne ! On jeta dans le carrosse de sa femme un chat crevé, ainsi que “des pierres dans sa maison et dans son jardin”. Et le célèbre père Maunoir, en Bretagne par l’ordre des Jésuites, encouragea les révoltés à se rendre, ce qui était la certitude de leur pendaison. Beati pauperes spiritu !

    La marquise, amie du couple de Chaulnes, à ce titre bien informée, confirme :

    — “M. de Chaulnes, gouverneur de la province au nom du roi, n’oublie pas toutes les injures qu’on lui a dites, dont le plus douce et la plus familière était : “gros cochon”; sans compter les pierres dans sa maison et dans son jardin. C’est cela qu’on va punir”.

    Abominable.

    Une autre atrocité fut commise sans tarder. Les soulèvements contre les impôts levés illégalement par Versailles, ayant débuté dans la partie haute de la ville de Rennes, on ordonna que les habitants en fussent chassés – soit quatre mille personnes environ –, qu’ils fussent jetés à la rue, et que, pour prix de leur rébellion, “à peine d’être déclarés rebelles aux ordres du roi et poursuivis comme tels, les maisons de la rue Haute soient entièrement détruites” (in La Borderie, ci-après, page 132).

    La marquise, benoîtement, commente la scène :

    — “On a chassé et banni toute une grande rue, et défendu de recueillir [les habitants] sur peine de la vie. De sorte qu’on voit tous ces misérables, femmes accouchées, vieillards, enfants, errer en pleurs au sortir de cette ville, sans savoir ou aller, sans savoir de nourriture ni de quoi se coucher”. (Madame de Sévigné, lettre du 30 octobre 1675 à madame de Grignan).

    La vengeance personnelle du gouverneur français.

    La Borderie commente :

    — “Ce grand déploiement de puissance publique ne servait, avant tout, qu’à recouvrir les entreprises d’une misérable vengeance personnelle… sur ce point, le doute n’est guère possible…. Le premier mobile du duc de Chaulnes fut le désir de se venger de ses propres injures …. Madame la gouvernante, sa femme, qui avait eu dans l’injure une large part, en voulut une aussi grande dans le plaisir de la vengeance”. (La Borderie, id. p.129). Elle arriva à Rennes entourée d’une garde impressionnante : “avec une garde pareille, elle était bien à l’abri des chats pourris”. (Id. p. 129).

    Ah ! Qu’en ce temps-là la France, éprise de justice, savait se faire entendre !

    A partir de cette année-là, la Bretagne fut couchée sur le sol, et ne se releva plus.

    Ainsi comprenez vous qu’à partir de 1675, la France soit devenue la mère douce et aimante des Bretons. Et les sentiments qu’ils éprouvent à l’égard de cette sorte de mère sont à la mesure de l’affection dont elle les a entourés et choyés au cours de leur histoire commune depuis cinq siècles.

    C’est à quelques kilomètres de mon village natal, dans la Chapelle de Tréminou, près de Pont-l’Abbé, que fut votée par nos malheureux compatriotes, la même année, dans ce qui fut dénommé le “Code paysan”, l’abolition des classes nobles et roturières. C’étaient des doux, des timides. Ils ne proposèrent pas d’installer des “guillotines” à tous les carrefours, comme on le fit en 1789, punir les récalcitrants, mais que, “Pour affermir la paix et la concorde entre lesdits gentilshommes et nobles habitants desdites paroisses, il se fera des mariages entre eux, à condition que les filles de noble extraction choisiront leurs maris de condition commune, qu’elles anobliront leur postérité, qui

    partagera également entre elles les biens de leur succession”, (article 5). Quelle différence avec les mœurs abominables des « révolutionnaires » de Paris, sur lesquels la France a construit sa religion nationale, à partir de 1789 !

    Ces gens furent pendus. Les clochers furent abattus. Les cloches furent descendues sur le sol. Les églises de Pont-l’Abbé, de Lambourg, de Plovan, de Languivoa, conservent encore les traces de ces mutilations. (Voir les images publiées par Internet).

    Dans la responsabilité de ces atrocités de 1675, le gouvernement de la France avait commis trois fautes très graves au moins :

    – L’Édit dit « de réunion » de 1532, décision unilatérale, totalement contraire au droit international du temps, annexant par la force et la corruption la Bretagne contre son gré à son ennemi millénaire, interdisait toute levée nouvelle d’impôts en Bretagne, province “réputée étrangère”. A titre exceptionnel, un impôt pouvait être accordé par le Pays, à la condition exclusive qu’il fût voté par les États de Bretagne, “et par eux octroyés”, (in Bonvallet, p. 98 ). Or, par voie d’édits, en 1672, le pouvoir royal imposa de nouvelles taxes, en particulier sur les actes judiciaires et notariaux – qui devaient désormais être rédigés sur papier timbré –, sur les tabacs, sur les objets en étain, sans solliciter le consentement des États”, in B. Pocquet, Histoire de Bretagne, t. 5, p. 466 et 467.

    – Pour s’affranchir de cette authentique extorsion de fonds, dont le pouvoir royal était familier, les États “rachetèrent” les impôts illégaux par le versement à la France d’une somme si énorme – une “rançon”, écrit B. Pocquet, (id., t. 5, p. 468), de 2 millions 600.000 livres (p. 467) – qu’il fallut…. contracter un emprunt pour la payer ! Le gouverneur, ce corrompu français, de Chaulnes, reçut pour sa part un “pot de vin” de 120.000 livres !

    – En 1673, alors que toute la Bretagne se croit débarrassée de ces taxes illégales, et avoir de surcroît payé pour cela, Colbert rétablit les édits, sans même consulter les États (in B. Pocquet, Id., t. 5, p. 481).

    La vérité, est que le gouvernement de Versailles, outre les dépenses effarantes de la Cour, avait, d’une manière injustifiée, déclenché une guerre contre la Hollande, dans laquelle il s’était embourbé, et n’en finissait plus de lever de nouveaux impôts pour faire face aux dépenses de cette guerre.

    Avec une bonne armée à ses ordres, le tyran transforme sans aucun scrupule ses propres crimes en crimes d’autrui. C’est cela qui s’est passé en Bretagne : sous prétexte de désobéissance, des milliers de Bretons furent massacrés dans des conditions atroces. Ces faits laissent des traces profondes, y compris aujourd’hui, en 2021; ils ne seront jamais oubliés. Il ne s’agissait, en réalité, que d’une révolte contre le tyran ; cette révolte était justifiée tant par les pères de l’église, depuis Saint Augustin, que par les grands juristes de tous les temps.

    Ces crimes contre l’humanité sont imprescriptibles.

    Jusqu’au vingtième siècle, à l’époque où leur ouvrages furent publiés, plusieurs historiens bretons – dont La Borderie et B. Pocquet, aveuglés par leurs préjugés nobiliaires n’ont pas hésité à approuver la répression inhumaine de la populace, dont le soulèvement était entièrement imputable aux criminels de Versailles. Voici, entre autres, cette perle secrétée par Barthélémy Pocquet :

    “La révolte des paysans bretons méritait une répression énergique… cette insurrection à main armée ne pouvait rester impunie… cela n’a plus, du reste, qu’un intérêt rétrospectif de philosophie politique.” (!) B. Pocquet, Id., tome 5, p. 517.

    Heureux Barthélémy Pocquet ! Si vous souhaitez lire quelques autres âneries de la même veine, voyez le mémoire de Louis Melennec sur « Le Rattachement de la Bretagne à la France », mémoire de DEA, page 45.

    L’évêque de Saint-Malo, qui vivait un train de nabab dans ses palais de ville et de campagne, approuva aussi la répression, dans des termes sévères.

    Bretons, allez vous cesser enfin de geindre, vous que des âmes charitables ont élevés à la lumière de la Civilisation ? ? ? ? Vous que l’illustre Hagège traite de sauvages, qui avez eu le bonheur d’être ramassés dans le ruisseau dans la boue duquel vous croupissiez, par la plus auguste des « républiques » ? Bien sûr, on vous a “cogné” dessus; mais ne dit-on pas que “qui aime bien châtie bien” ? La vérité est que la France a démontré qu’elle a toujours aimé les Bretons d’amour tendre. Elle ne doit pas s’étonner de la réciprocité dont elle jouit de par chez nous.

    Herbert Pagani, Juif et fier de l’être a écrit : « Les Bretons sont les Juifs de la France ».

    Louis Melennec

    Notes et bibliographie sommaire.

    Photographies : http://louis-melennec.fr/2016/03/18/1675-la-shoah-de-la-revolte-des-bonnets-rouge-la-mission-civilisatrice-de-la-france-en-bretagne/

    Barbiche Bernard, Roland Mousnier. 14 mai 1610. L’assassinat d’Henri IV. Paris, librairie Gallimard, 1964. (Trente journées qui ont fait la France, 13.)
    Bercé Yves-Marie : Révoltes et révolutions dans l’Europe moderne (16e-18e siècles), 1980 (Coll. «L’Historien »), PUF.

    Barthélémy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé. Histoire de Bretagne. Les vol. 4, 5, 6 de l’ouvrage commencé par Arthur de La Borderie. Mayenne, réimpression 1998.

    J. Cornette : Joël Cornette. L’Histoire de la Bretagne et des Bretons. Seuil, 2005. 2 vol. (monsieur Cornette a beaucoup fait de progrès ces dernières années).

    Croix Alain, L’âge d’or de la Bretagne, Rennes 1993, pages 525 et suivantes, éditions Ouest-France.

    El Kentz David, Le massacre objet d’histoire, Paris 2005.

    Kerhervé Jean. 20/11/2015, lettre-réponse à M. JEAN KERHERVE, professeur honoraire d’histoire du moyen âge.

    La Borderie Arthur de la ….La révolte du papier timbré en Bretagne, Saint-Brieuc 1884.

    Mélennec Louis, Le rattachement de la Bretagne à la France. U.F.R d’Histoire, Mémoire de DEA, soutenu en Sorbonne en septembre 2001; 130 pages.

    Monnier Jean-Jacques, Toute l’histoire de la Bretagne, 1996, éditions Skol Vreizh, pages 333 et suivantes. Ouvrage honnête et précis, recommandé.

    Durtelle de Saint-Sauveur Edmond, Rennes 1935, pages 91 et suivantes.

    Turchetti Mario, Tyrannie et tyrannicide de l’Antiquité à nos jours, Paris 2001, PUF.

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    Louis Melennec est docteur en droit et en médecine, diplômé d’études approfondies d’histoire, diplômé d’études supérieures de droit public, de droit privé, de droit pénal, ancien chargé de cours des facultés de droit et de médecine, ex-consultant prés le médiateur de la République française, ancien élève de la Sorbonne et de l’École des Chartes de Paris. Sa biographie a été supprimée de Wikipédiouse par un collège d’ « experts » d’un niveau d’ignorance jamais atteint ! Mais il est régulièrement publié dans plusieurs pays étrangers.

    ADDENDUM : LETTRE DU PROFESSEUR P., membre de l’Institut, AU DOCTEUR LOUIS MELENNEC.

    DROITS DE L’HOMME EN FRANCE, la glorieuse inventrice des droits humains en 1789 !!!! Lettre du Professeur P. membre de l’Institut, au docteur MELENNEC.

    Cher docteur Mélennec,

    Vous mettez le doigt sur une véritable régression du système universitaire français.
    Autrefois, il était très facile de réunir un jury de thèse, pourvu qu’on puisse avoir l’accord d’au moins trois professeurs d’université qui acceptent d’en être caution. Désormais, c’est quasiment impossible. Le contenu des thèses est contrôlé par des “écoles doctorales” qui décident de tout, et qui ont la haute main sur les sujets de thèse, et l’inscription des candidats.
    Cette soviétisation du troisième cycle des universités est désastreuse, c’est une abomination, puisqu’elle va jusqu’à soumettre l’inscription en thèse à l’existence d’une bourse doctorale, pour interdire l’existence de candidats “indépendants”. Bien entendu, les professeurs d’histoire et de matières relevant des sciences humaines et/ou de littérature verrouillent complètement le système en interdisant la soutenance de toute thèse jugée par eux “politiquement incorrecte”.
    C’est pour ces raisons que des personnalités telles que René Girard – et tant d’autres -, n’ont pu s’épanouir qu’à l’étranger.
    De ce fait, il ne faut pas s’étonner que vous ayez été ostracisé par le système, et que vous soyez totalement rejeté par les chantres de l’histoire officielle.
    J’ai longuement lutté contre ces dérives, allant jusqu’à inscrire mes étudiants dans des universités allemandes, pour qu’ils n’aient pas de problème de soutenance.
    Bref, je ne puis rien pour vous. C’est un peu comme si on cherchait à présenter une thèse critiquant le parti communiste à l’époque stalinienne !
    Mon circuit personnel est exemplaire. Je suis entré (supprimé par Louis Mélennec ….. pour qu’on ne puisse identifier cet honnête homme!).
    Je demeure professeur émérite ….. je n’arrive toujours pas à comprendre comment j’ai fait pour survivre au système. Très cordialement.
    Un jour, tous ces gens dégusterons la soupe de nos prisons.

    N.

    Addendum, par Louis Mélennec :
    On ne dit que deux thèses d’ « hystoyre » ont été soutenues à Brest :
    – « La culture des poireaux à Quimper-Corentin, de 1350 à 1352 ».
    – « Les rapports psychologiques du paysan breton avec ses chevaux de trait, dans le pays de Léon, au dix-neuvième siècle » (!!!!)
    Si vous voyez passer ces ouvrages immortels, qui vont changer la face du monde, commandez-moi DEUX exemplaires !
    La France n’est pas seule en cause : en Bretagne, mes censeurs les plus c… sont des Bretons !
    Et dire qu’il y a – par ailleurs – tant de gens qui ont encore une morale dans ce pays, et qui refusent d’aller à la soupe ! Savez-vous que les Bretons obtiennent les meilleurs résultats aux examens encore sous la coupe de l’hexagone ???

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