Saints bretons à découvrir

Gand ar vez !

Photo Ouest-France
Amzer-lenn / Temps de lecture : 4 min

AVEC LA HONTE !

Trouvé sur le site suivant, ce texte de Job an Irien (octobre 2013) :

“Gand ar vez, memestra !” pe c’hoaz “Peus ket a vez ?” Nag on-eus klevet komzou a seurt-se en or bugaleaj ! Desket e veze deom kaoud mez, hag ar ger-se ’neus intret on doare da veza, beteg kaillara kalz mareou euz or buez. Mez da vond d’ar skol-loja, e penn-kenta ar bloavez skol, gand ar c’harr hag eur golhed-pell, pa veze matalasennou gand ar re all… mez da veza gwisket paourroc’h ha da vale gand boutou-koad… mez da veza diwar ar mêz… mez da veva en eun ti gand eul leur-zi e pri… hag a-wechou mez da gozeal brezoneg…Ne lavaran ket ne oa ket tachennou ’lec’h m’en em bakem, ar c’hlas da skwer ma labourem mad, med dre vraz e oa diêz awalc’h da vugale diwar ar mêz beza gand kêriz. Maget om bet beteg re gand ar vez !

Maga ar fiziañs pe maga ar vez, aze eo ema an dalc’h peurliesa. Gwelet on-eus an droug greet gand ar vez en or buez deom-ni, hag on-eus klasket sevel or penn. Lod euz ar re ’n-em zante taget a zo deuet da veza taguz d’o zro, hag e kendalc’h da veza gwir dre ar bed a-bez evid poblou ’zo, gwasket ma ’z-int, pe ma soñj dezo beza, gand poblou all. Kenveva ne vez ket anad atao, dreist-oll pa vezer keñveriet heb fin gand ar re all. Lod o-deus klasket beza ar re wella war eun dachenn bennag ha lakeet o oll nerz da dizoud ar plas kenta. Eun doare eo bet dezo d’en em zizober euz ar vez.

Rag ne c’heller ket beva gand ar vez, ne c’heller ket mond war-raog. Beza anavezet dre or perziou mad a vir ouzom da jom peget ouz  kement tra a rafe mez deom. Hag aze e c’hoari kalz sellou ar re all, peogwir emaom en eur bed e-neus poan o tigemer an disheñvelderiou. Rei fiziañs a vezo atao frouezusoc’h eged ober mez, peogwir e roio tu d’an den da veza en e zav !

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Avec la honte !

“Avec la honte, tout de même !” ou encore “T’as pas honte ?” Que nous avons entendu de telles paroles au temps de notre enfance ! On nous apprenait à avoir honte, et ce mot a imprégné notre façon d’être, jusqu’à maculer bien des moments de notre vie. Aller en charrette à l’école, en pension, au début de l’année scolaire, avec une couette de balle, alors que les autres avaient des matelas… Honte d’être plus pauvrement vêtu et de marcher avec des sabots… Honte d’être de la campagne… Honte de vivre dans une maison au sol en terre battue… Et parfois honte de parler breton… Je ne dis pas qu’il n’y avait pas de terrains où nous nous récupérions, la classe par exemple, si nous travaillions bien, mais dans l’ensemble c’était plutôt difficile pour des enfants de la campagne d’être avec des citadins. Nous avons été trop nourris de honte !

Nourrir la confiance ou nourrir la honte, là est souvent la question. Nous avons vu le mal qu’a fait la honte dans notre vie, et nous avons voulu relever la tête. Certains de ceux qui se sentaient agressés sont devenus agressifs à leur tour, et ceci continue à exister de par le monde pour certains peuples qui se sentent opprimés, à tort ou à raison, par d’autres peuples. Vivre ensemble n’est pas toujours évident, surtout lorsque l’on est sans fin comparé aux autres. D’autres ont cherché à être les meilleurs sur un terrain quelconque, et ont mis toute leur énergie à être les premiers. Ce fut leur façon de se défaire de la honte.

Car on ne peut pas vivre avec la honte, on ne peut pas aller de l’avant. Être connus par nos belles qualités nous empêche de rester collés à ce qui nous ferait honte. Dans ce domaine, le regard des autres est important, puisque nous sommes dans un monde qui a du mal à accepter les différences. Donner confiance sera toujours plus fructueux que de faire honte, car cela donnera à la personne la possibilité d’être debout !

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