Saints bretons à découvrir

[HENNEBONT] Pierre-Yves Le Priol et la foi de ses pères à la basilique ce mercredi 24/07

Amzer-lenn / Temps de lecture : 5 min

La foi de mes peres le priolLa troisième saison des « Mercredis de la basilique », lancée la semaine dernière, se poursuit ce mercredi 24 juillet par une nouvelle conférence. Pierre-Yves Le Priol, journaliste à la retraite et ancien secrétaire général de la rédaction du quotidien La Croix, animera la soirée intitulée du nom de son dernier ouvrage dont nous vous avons plusieurs fois entretenu sur Ar Gedour : « La foi de mes pères, ce qui restera de la chrétienté bretonne ».

Après une conférence d’environ une heure, le public pourra poursuivre l’échange autour d’un verre de l’amitié. Qu’est devenue cette Bretagne où l’on se définissait sans complexes comme « catholiques et Bretons toujours ». Aujourd’hui, nombreux sont les Bretons qui se sont éloignés de la « foi des pères ». Est-ce une fin de chrétienté ou peut-on voir au-delà du déclin de certains aspects les braises d’un renouveau ?

Ainsi, des initiatives voient le jour, bousculant parfois des personnes de bonne volonté mais entraînées dans une routine consistant à maintenir ce qui reste mais rétives aux changements des habitudes. La foi et l’espérance, deux vertus qui s’effacent lentement alors que se déploie le lierre sur les pierres séculaires.

 

Le succès du Tro Breizh

Pierre-Yves Le Priol, natif de Baud et fils d’agriculteur, a pris son bâton de pèlerin à la mort de son père pour arpenter les lieux emblématiques de ce « bastion de la chrétienté » que fut la Bretagne jusqu’au début des années 60. Il a dressé un constat : « Aujourd’hui, la Bretagne s’aligne sur le standard français mais fait un peu mieux : 58 % des Bretons se disent catholiques contre 53 % des Français. Pour la pratique dominicale, elle est de 3 % en France et de 4 % en Bretagne. Si on regarde les chiffres, on peut être pessimiste mais d’autres choses vont naître : qui aurait parié sur le renouveau du Tro Breiz (1) et le succès de la Vallée des Saints (2) », indique l’auteur.

Pierre-Yves Le Priol est plus inquiet pour le secteur rural où les églises ferment, que pour les villes comme Vannes où des communautés de ferveur se maintiennent. Ar Gedour aime à rappeler les exemples des plou, ces lieux phares qui existaient bien avant le modèle paroissial aujourd’hui dépassé. Convaincu comme nos équipes que la présence chrétienne va se déployer autrement, Pierre-Yves Le Priol est partisan de mettre le paquet sur les pardons et les sanctuaires à défaut de pouvoir tenir le maillage paroissial. « C’est important de tenir des lieux de ferveur clefs ».

 

Dans notre critique de l’ouvrage, nous rappelions que, comme dans l’Inconnu me dévore de Xavier Grall, certains verront certainement au gré des chapitres ces heures de gloire d’une chrétienté passée, de ces magnifiques offices aujourd’hui délaissés, de ces dévotions populaires méprisées, démontrant que le temps passe comme une ombre et peut-être offre un avenir sombre. Les rencontres diverses qui émaillent les lignes pourront être comme la découverte de ces derniers Mohicans qui tentent de sauver ce qui peut encore l’être, criant dans le désert au peu d’écho.

Il était une foi, dit l’écrivain en titre d’un chapitre. Il sera une foi, pourrions-nous ajouter à la fin de notre lecture.

Car il y a une foi profonde et une espérance certaine dans ce recueil. La même foi et la même espérance animant les équipes d’Ar Gedour et de Kan Iliz, qui ont eu la surprise et la joie de se voir citées à la page 113 : “… petit frémissement de joie à la pensée que les nouvelles technologies arrivent à notre secours, que la relève en hommes est là et que ma génération ne sera pas la dernière à s’intéresser à tout cela”.  Cette foi, c’est celle que l’ami breton Le Priol nous livre sans pudeur, la foi de ses pères, celle de chacun de nos aïeux qui lentement tombe dans l’oubli autant que croît le lierre envahissant nos chapelles. Mais d’autres y verront bien plus et liront entre ces lignes. Par-delà les funérailles et l’infinie tristesse de la perte d’un être cher et d’une Bretagne chrétienne qui semble lentement disparaître avec nos aïeux, nous découvrons au fil des pages, de pardons en pardons, de rencontres en témoignages, des semences d’espérance, de ces grains placés en terre qui meurent pour porter du fruit.

Une conférence à découvrir donc ce mercredi 24 juillet à la basilique d’Hennebont.

(1) Tro Breiz : pèlerinage catholique basé sur un tour de Bretagne (Tro Breiz, en breton). L’association Les Chemins du Tro Breiz (fondée et dirigée par Philippe Abjean) propose de faire une étape d’une semaine par an.

(2) La vallée des Saints, à Carnoët (Côtes-d’Armor) regroupe une centaine de statues monumentales de saints bretons. Elle attire plus de 400 000 personnes par an. L’entrée est gratuite. L’initiateur du projet (en 2009) est Philippe Abjean.

Pratique
Les Mercredis de la basilique, tous les mercredis, à partir de 20 h 30, à la basilique Notre-Dame-de-Paradis jusqu’au 21 août. Participation libre.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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