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Le cantique “Tridal a ra” disponible en version breton – gallo

Certains de nos lecteurs seront étonnés de voir sur Ar Gedour une telle proposition. Notre but est de toucher et d’évangéliser certaines zones de population qui sont parfois loin de l’Eglise, mais sont attachés à la culture bretonne. Ce cantique existe déjà en breton, composé par Roger Abjean, comme nous l’avons déjà signalé sur Ar Gedour. Il n’existait pas en gallo, et par ailleurs les paroles ne sont pas forcément adaptées à certains moments de la liturgie, puisque ce chant est composé d’après le cantique de Moïse pour la Vigile pascale. A ce jour, nous avons gardé le refrain originel ainsi que l’un des couplets et en proposons trois autres.

La question du gallo est souvent posée, et même si pour nous la langue bretonne est primordiale, il n’en demeure pas moins que proposer un chant en breton / gallo permettra d’inclure ce répertoire bilingue aux pardons et messes du pays gallo.

Traditionnellement, il n’existe pas de cantiques ou de prières en gallo. Cependant, à l’occasion d’un événement et suite à premier essai en gaélique, gallois, espagnol, breton, français et anglais lors du Festival Interceltique de Lorient à l’instar du répertoire multilingue de Lourdes, nous proposons donc ici une version en gallo et breton du cantique connu “Tridal a ra”, dont vous pourrez trouver la partition et le fichier son sur le site Kan Iliz.

Cette version du chant sera notamment interprété en fin de messe d’un événement durant l’été. Plus d’infos bientôt sur Ar Gedour.

1.-Kana a rin, kana a rin bepred,
Rag an Aotrou e-neus va santelaet !
En eo va nerzh, En eo ivez va Zad,
En eo va han, kana a rin e c’hloar !

 

Diskan
Tridal a ra va c’halon e Doue !
Ha va ene ‘zo leun a joa !
Krouadurien ! Meulit e vadelezh !
Alleluia ! Alleluia!

 

2 – Je chanterë, je chanterë, chante qi n’chante
Raport qe le Signou m’a sanctifië
Ét li ma force, ét li etout mon pere !
Ét li mon chant, je chanterë son lôz !

 

3 – Kan a rin-me, gourc’hana diehan
rag an Aotrou a c’hwezh e Spered Glan,
En ra va nerzh, En eo en-wir va Zad
En biow va c’han : kan a rin-me dalc’hmad

 

4- A tai Signou, a tai notr lôz
Aes grâce pour ton amour escarabl
Vaici nos qheurs, i chantent l’espi
Qe je veqhissons en tai pour tenant

1.-Je chanterai, Je chanterai continuellement,
Car le Seigneur m’a sanctifié!
C’est lui ma force,c’est lui aussi mon père !
C’est lui mon chant, je chanterai sa gloire

 

Refrain
Mon coeur tressaille en Dieu !
Et mon âme rayonne de joie !
Vous les créatures ! louez sa bonté !
Alleluia ! Alleluia !

 

2- A toi Seigneur, à Toi notre louange
Nous rendons grâce à ton immense amour
Voici nos coeurs, ils chantent l’espérance
Que nous vivons avec Toi pour toujours

 

3-Je chanterai, Je chanterai continuellement,
Car le Seigneur m’a sanctifié!
C’est lui ma force,c’est lui aussi mon père !
C’est lui mon chant, je chanterai sa gloire

 

4- A toi Seigneur, à Toi notre louange
Nous rendons grâce à ton immense amour
Voici nos coeurs, ils chantent l’espérance
Que nous vivons avec Toi pour toujours

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Paroles : Roger Abjean

Traduction et adaptation couplet 3 :  Alan J. Raude pour Ar Gedour

Traduction et adaptation couplets 1 & 4:  Fabien Lecuyer pour Ar Gedour

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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4 Commentaires

  1. “Tridal a ra” est un cantique (paroles bretonnes de Roger Abjean) que l’on peut trouver dans le recueil “Kantikou Brezoneg a-viskoaz hag a-vreman” publié, en version bilingue, aux éditions Minihi Levenez (page 153, de l’édition de 2002). Orthographe de Brest.

    Il est donc surprenant que le titre de l’article d’Ar Gedour titre donne à penser que le cantique serait – enfin? – disponible en breton, comme s’il s’agissait d’une nouveauté. En breton Vannetais, peut-être.

    Voici d’ailleurs, à titre de comparaison, les couplets 2 et 3 du texte du recueil, qui sont vraiment très différents de ceux publiés ci-dessus. Les bretonnants pourront ainsi apprécier.

    Brezelour braz eo ive an Aotrou,
    Kaloneg eo, “an Aotrou” e Ano;
    Stlapet e-neus an enebour er mor,
    Diskennet int e donder ar stradou.

    Ho torn dehou a zo brudet e nerz,
    Ho torn e-neus flastret an enebour;
    Ha c’hwi, Aotrou, a reno war ar béd,
    C’hwi a reno bepred h ada viken.

    Brav n’eo ket’ ta?, Wonderful isn’t? Magnifique, n’est-il pas 🙂 ?

    • Le titre de cet article est “enfin disponible en breton et en gallo”. Que je sache il n’existait pas en breton ET en gallo. C’est uniquement ce que cela veux dire. Inutile d’aller chercher à nous faire dire ce que nous ne disons pas.
      D’ailleurs, le texte de l’article invite à aller découvrir la version multilingue où est aussi indiquée la version originelle, qui est basée sur le cantique de Moïse. Comme nous l’avons déjà dit sur Ar Gedour quand nous avons publié la version multilingue et comme nous le disons encore sur le site KAN ILIZ.

      D’ailleurs, soit dit en passant, le Tridal, est devenu un traditionnel breton mais n’en est pas un. L’air est d’origine russe puis est passé dans le répertoire des chorales du Pays de Galles avant d’arriver en Bretagne. Roger Abjean a adapté à la musique les paroles du cantique de Moïse (Exode 15). Tridal-a-ra est normalement chanté lors de la Vigile Pascale. Il a aussi été adapté totalement en français sous le titre “mon coeur exulte”.

      Mais puisque cela ne semble pas assez clair encore, nous avons rajouté une petite phrase qui je l’espère vous contentera.

      Enfin, pour en revenir au texte, nous souhaitions avoir des paroles qui puissent être adaptées à des moments particuliers de la liturgie, ce qui n’est pas possible avec les paroles précédentes. Par ailleurs, l’idée même de répéter plusieurs fois le même couplet en diverses versions est le principe même du chant multilingue que l’on trouve à Lourdes ou dans certaines communautés du Renouveau.

      Par cette proposition, nous ne nous approprions pas le travail de Roger Abjean. Nous répondons à une demande précise.
      Merci de nous soutenir, et non de nous prêter des intentions que nous n’avons pas !!!

      Trugarez deoc’h 😉

  2. Il est vrai que la syntaxe et le vocabulaire du couplet « révisé » du Tridal a ra sont pour le moins étranges. En tout cas, ils ne correspondent guère au style à la fois classique et populaire des cantiques bretons. En cela, la version originelle de l’abbé Abjean, quoique prenant certaines libertés (absence de rimes) est plus dans la tradition.
    On peut en outre se poser la question du bien-fondé de cette variante d’un cantique bien connu et quasiment entré dans la mémoire collective.

    Concernant la traduction en gallo, cela paraît quelque peu décalé, voire factice. En effet, la gallo, au même titre que les autres langues d’oïl est une langue essentiellement orale. Traditionnellement, il n’a jamais existé de cantiques, de prières, de prédications, d’ouvrages de dévotion, de pièces de théâtre, de poêmes, de romans comme e breton, pour la bonne et simple raison que les gallo est toujours resté une langue de communication familiale et professionnelle, langue dédiée à l’agriculture, au commerce local (foires et marchés) et à la petite industrie locale : carrières, forges, poteries, chantiers de construction… La littérature orale gallèse se résume aux contes, histoires drôles, devinettes, comptines, proverbes…
    Même le riche répertoire gallo de chants à danser et à écouter est d’expression française, mais émaillé de locutions et de vocabulaires issus du gallo. En fait, les Hauts-Bretons ont toujours compris le français et l’ont depuis longtemps utilisé, tout en l’adaptant allègrement à leur sauce.
    Cette situation découle de l’histoire : dès le XIIIème siècle, les langues d’oïl furent peu à peu supplantées par le français qui s’est imposé pendant des siècles comme langue de culture et de communication dans l’Europe entière, suite à l’hégémonie capétienne. Les autres langues d’oïl furent peu à peu reléguées au rang de simples parlers locaux, même si on en trouve de nombreuses traces dans les textes médiévaux (dont du gallo).
    Il en va autrement dans d’autres pays d’Europe :
    En Italie, le dialecte toscan, même s’il est la référence littéraire et la base de l’Italien standard, a toujours laissé la place à beaucoup de la langues et dialectes qui ont leur littérature propre. Cela tient encore à l’histoire et à l’unification tardive de l’Italie.
    En Espagne, malgré la prééminence du castillan, le catalan, le galicien et l’aragonais ont depuis longtempms leur propre littérature, même si l’aragonnais a presque disparu du fait de l’union des deux royaumes et de la prééminence de celui de Castille.
    En Grande-Bretagne, le scot, langue anglo-écossaise des Lowlands (sud de l’ecosse) connut son apogée au début du XIXème siècle avec le poête Robert Burns. Elle était la langue officielle du royaume d’Ecosse jusqu’en 1603.
    Dans la partie sud de la France, l’occitan et sa variante provençale ont une riche littérature et eut ses heures de gloire des troubadours jusqu’à Frédéric Mistral.
    A l’inverse, les locuteurs des parlers directement issus du français comme le français québéquois, le créole ou le français cadien de Louisianne utilisent comme langue littéraire le français plus ou moins standard ou classique.

    Il faut se rendre à l’évidence : le gallo, langue respoectable au même titre que ses cousins, l’angevin, le poitevin, le normand ou le berrichon n’a pas la même portée que le breton, tout simplement pour les raisons historiques sus-nommées. Il semble qu’il existe une sorte de complexe d’infériorité de certains gallos qui se considèrent peut-être comme des Bretons de seconde zone parce qu’ils n’ont pas la chance de parler breton. Certains forcent même le trait jusqu’à vouloir hisser de manière artificielle le gallo au rang d’alter-ego du breton.
    Entendons-nous bien, c’est une bonne chose que le gallo soit préservé, qu’il ait une orthographe normalisée qui puisse faire ressortir ses richesses linguistiques, il est bon qu’il y ait l’émergence d’une littérature originale gallaise (la B.D est un excellent support : à quand un troisième Tintin en gallo ?) Il est bon de poursuivre les collectages et leurs publications ;
    Il est bon que le vocabulaire s’étoffe, que la langue continue à vivre, mais pour ma part, il s’agit d’un non-sens de vouloir créer de manière artificielle et parachutée des cantiques, des prières en gallo, question de registre de langage, le gallo est peut-être trop léger, c’est pourquoi il n’a jamais été utilisé pour cet usage. De même, ce n’est pas le même niveau de langage qu’on utilise en breton pour la religion que pour tous les jours.
    Pour avoir vécu quelques temps en pays gallo, j’ai appris à apprécier le bon esprit qui y règne, ce côté à la fois tranquille, bon enfant et rigolard. C’est pourquoi ce serait à mon ses faire insulte à ces bonnes gens attachées à leur « patois » (dans leur bouche, cela n’a rien de péjoratif mais est plutôt affectueux) que de leur imposer des usages de la langue qui soient aux antipodes de la tradition.

    • Je suis d’accord pour qu’il faille tenir compte de la tradition. Cependant une langue doit-elle rester dans le formol ?
      Il n’y a jamais eu de cantiques en gallo. Faut-Il donc s’interdire d’en inventer ou d’en adapter pour les siècles des siècles ?

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