Saints bretons à découvrir

PAQUES : liturgie gastronomique

paques
Photo EC / Ar Gedour – DR

(rediffusion d’un article du 22/04/2014)

Au détour du net, nous avons trouvé un excellent article mettant en parallèle la gastronomie de Pâques et la liturgie du Triduum pascal. Ayant été dans l’hôtellerie-restauration avant de passer vers l’autel, je suis d’autant plus sensible à de tels textes qui ont certes leurs limites mais sont très intéressants. Ces lignes, que vous pouvez retrouvez icidisent par exemple : 

“Pâque est l’occasion d’une liturgie gastronomique comme les Français savent en être les thuriféraires, les apôtres et les missionnaires. Partout où des Français sont envoyés de par le monde, ils répandent la bonne parole gastronomique et la joie de la vraie cuisine. Pas n’importe quelle nappe, pas n’importe quel couvert, pas n’importe quel plat : tout est codifié, tout est consigné dans les missels culinaires que les familles se transmettent pieusement. La liturgie gastronomique fait écho à la liturgie céleste, la table se veut être une image du festin des noces de l’agneau. La liturgie sublime réside dans ce triduum pascal dont les participants goûtent chaque mot, chaque geste, chaque saveur. Hélas, la mode récente de transcrire toute la messe en langue vernaculaire fait perdre aux gastronomes des pans entiers de la saveur authentique du Saint-Sacrifice. Mettre du vernaculaire à tous les plats et dans toutes les sauces, c’est comme pasteuriser de façon systématique le lait de tous les fromages, répandre les mêmes levures chimiques dans les vins de toutes les régions. On perd saveur et savoir ; on ne gagne rien.” 

L’article ajoute :

“Dans cette liturgie sublime, chaque mot nous rattache à une antique tradition, celles de nos pères, rendus présents à travers les siècles. Dans un Exultet traduit, combien d’histoires perdues, combien de divin, combien de mystères oubliés ?

 

Exsultet iam Angelica mysteria : et pro tanti Regis victoria tuba insonet salutaris. Gaudeat et tellus tantis irradiata fulgoribus.

 

Cette liturgie faussement modernisée a des parallèles troublants avec la nouvelle cuisine : de grandes assiettes blanches vides, un brimborion de sauce ici, un émietté d’herbe là, trois grains de poivre au milieu, et des ignares qui s’efforcent de trouver cela délicieux.

De magnifiques chasubles, des calices travaillés, des cierges qui brûlent, des encensoirs qui encensent, des chants latins qui sont chantés, et une assemblée qui prie. En goûtant le méchoui, on marche sur les traces de notre histoire et de nos ancêtres. En participant à cette liturgie céleste, on trace la voie des chrétiens de tous les temps et de toutes les époques. On comprend à quel point le christianisme est l’héritier direct du judaïsme, combien les orthodoxes ont raison de casser des œufs en criant « Christ est ressuscité ! », et l’on retrouve les goûts, les saveurs, les arômes des chrétiens d’Orient pour qui fêter Pâque est une victoire de plus contre la mort, et tout d’abord celle de l’oubli. Remettons de la couleur, de la parade, du silence, des prières, du sacré. Le silence d’une assemblée orante, comme le silence des convives quand le dessert commence à être dégusté. C’est le silence de la véritable intériorisation, de la profonde contemplation du mystère éternel de l’homme.” 

  

Poussons la réflexion et entendons-là aussi que “mettre la langue française à tous les plats et dans toutes les sauces, c’est comme pasteuriser le lait de tous les fromages.” Le lait breton n’est pas le même que celui du Limousin. La Bretagne a son lait et son terroir propres qui donnent leurs saveurs à nos “Trappe de Timadeuc”, “Curé Nantais” et autres “Gwell”. Il en est de même pour la liturgie. Les chants basques ou corses sont superbes, les cantiques bretons tout autant. Chaque terroir possède ainsi sa façon propre de louer Dieu, dans le respect des normes liturgiques données par l’Eglise. Nous gagnerions donc à reprendre conscience de nos saveurs et savoirs propres pour sublimer nos liturgies dominicales, nos solennités, nos pardons et nos pèlerinages en Bretagne. A ce sujet, nous vous invitons à lire notre article Prier sur de la beauté“. 

 EC

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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