Saints bretons à découvrir

Sainte Gwenvrewi de Holywell, Abbesse de Denbighshire

gwenvrewi.jpgL’un de nos deux hagiographes, ici GF Hacherez, vous propose aujourd’hui d’en savoir plus sur une lointaine cousine galloise d’avant la réforme anglicane. Il s’agit ici d’unprénom breton ancien puisqu’il a été le prénom de la dernière reine de Bretagne, épouse de Salaun aux environs de l’an 865.

Santez Gwenvred (breton), Sainte Winefred ( plus couramment)

 

Étymologie : du celtique Gwenn=blanc et Bred=pensée

 

Un prénom œcuménique : Winefride (Romain, anglican), Winifred (orthodoxe suisse, allemand, belge), Wenefrida (Eglise de suède), Guenièvre ou Winifrid (catholique celtique U.K.), Winnifred (Presbytérien Écossais, non sainte), Guenuret (Ortho. Breton) et une vingtaine d’autres…

 

Fête : 24 ou 26 juin (latin), 3 Novembre ( Orthodoxe et celtique)

Patronne des vierges – Thaumaturge des maladies de peau

 

Sa légende : Une dizaine en fonction des Églises – En synthèse :

Winefred, née à Flintshire, était la fille de Trevith (ou Tyfid), conseiller du roi des gallois. Elle fut élevée dans la croyance de Dieu et de Jésus dont elle désirait, toute jeune, devenir son épouse. Son éducation fut confiée à Saint Beuno, prêtre de la paroisse toute proche. Naturellement elle grandit, non seulement en piété, mais aussi en beauté.Le prince Caradog d’Hawarden en tomba éperdument amoureux. Profitant de l’absence de ses parents, le jeune homme entra chez elle et lui fit des avances. Devinant ses desseins et au prétexte de mieux se vêtir, elle s’éclipsa de chez elle en sautant par la fenêtre pour regagner l’église où se trouvaient ses parents. Au bout d’un certain moment, Caradog se sentant berné, fouilla la maison et découvrit la fugue. Sautant à cheval, il la poursuivit et la rattrapa près de l’église. Dans sa course effrénée, il sortit son épée et la décapita d’un coup. Au bruit du galop, les parents et Saint Beuno sortirent de l’édifice pour constater le désastre. Le saint bannit l’assassin en fuite et le sol s’ouvrit devant lui l’engloutissant. Un autre hagiographe veut que son frère nommé Owain tua le prince. Le saint homme rapprocha la tête et le corps et pria Dieu. Winefred reprit vie. De l’endroit où sa tête était tombée, une fontaine jaillit. A la mort de son saint protecteur, elle prit le voile dans un couvent voisin fondé par son père. A son tour elle fonda le sien ou succéda à Tenoi, l’abbesse, dans le monastère double à Gwytherin en Denbighshire. Elle mourut le 24 juin 660. En 1138, son corps a été transféré de son abbaye à Shrewsbury (bénédictins).

 

Son culte : Le puits de sainte winefred à Holywell (Treffynnon), a toujours été un lieu de pèlerinage depuis le 8° Siècle et perdure encore aujourd’hui. Le nombre considérable des prothèses, béquilles, cannes laissées par les pèlerins, attestent de l’efficacité de ses eaux thermales. La période médiévale lui attribut des guérisons de la lèpre et des maladies de peau. Plusieurs mirages ont été attestés tant sur son tombeau que dans l’eau du puits. Son culte a traversé la grande Réforme sans trop de dégâts. Seules ses reliques, à l’exception de son doigt, disparurent. La crypte abrite trois bassins pour les pèlerins au fond desquels de la mousse rouge rappelle le sang de la sainte. On y trouve le rocher sur lequel St Beuno enseignait sa pupille spirituelle. Son église actuelle est anglicane et consacrée à St Jacques. Les jésuites ont relancé son pèlerinage au 18 °siècle lorsque le Pape rendit son doigt à l’Angleterre. Pèlerinage orthodoxe tous les mois d’Octobre.

 

Sa vérité historique : Sa première biographie a été écrite par le moine Elerius, Winefred a vécu vraisemblablement au 7 ° siècle, à l’époque de saint Eanswith de Kent. De famille noble, elle était apparentée à la famille royale des Powysian. Saint Beuno, non légendaire, devait être son oncle maternel et Tenoi à laquelle elle succéda à l’abbaye une autre tante, selon la tradition monacale de l’époque.

 

Sources :

– Moniteur bibliographique de la Compagnie de Jésus – 1888 – Life of St Winefride par P. Swift

– Caractéristiques des saints dans l’art populaire par le Père Ch. Cahier T1 P 426 – 1867

– Biographie universelle (Nécrologie) de M. Weiss Tome 6 P461 – Paris 1841

– La jeune Princesse Vobalamma p 63 à 72 – Limoges – 1868

– Victoire ou souffrance et résignation par le RP Laurent de l’Oratoire p 110 à 116 – Limoges – 1851

– Le mouvement religieux en Angleterre – Le catholicisme par le RP Ragey Paris – 1900

– Biographie universelle ancienne et moderne T 44 Michaud – Leipzig 1843

– Puits de Winifred GO BRITANNIA ! Wales : Sacred Places – Winifred’s Well, …

– Holywell-Chvy par Roy Fry et Tristan Hulse Manchester 1999

– L’ordre du cœur du berger Celtic œcuménique sacramentell Saint Gwenvrewi

 

Recherches : Hacherez GF – Sociologue des religions (C.N. R.I.R.)

 

1ère diffusion le 29/11/2012 

À propos du rédacteur GF Hacherez

Hagiographe reconnu, il met à la disposition d'Ar Gedour ses nombreux travaux sur les vies de saints, méconnues du grand public

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