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[TRIBUNE LIBRE] Le théâtre de Lorient adepte de christianophobie ?

Amzer-lenn / Temps de lecture : 5 min

Cette tribune libre est proposée par l’un de nos lecteurs. Les propos tenus par les auteurs des tribunes libres dans nos colonnes leur appartiennent et n’engagent en rien notre rédaction.

Ce mois-ci était joué au théâtre de Lorient la pièce « les armoires normandes », à laquelle des lycéens étaient conviés.

Qu’est- ce que cette pièce ?

Le théâtre de Lorient le présente ainsi :

« Tout commence avec un Christ – sanguinolent cela va de soi – qui a le vertige sur sa croix et prend la pose comme dans les tableaux de grands maîtres. Tout s’achève sur un sirtaki de deux grandes bêtes à poil long au beau milieu d’une dune de sable. Les Chiens de Navarre sont de retour et s’attaquent cette fois-ci à l’amour. Comme d’habitude, tout s’enchaîne sans continuité narrative et avec l’esprit fellinien. Un célibataire qui voudrait être heureux, des couples interviewés façon télé réalité, une rencontre, un mariage… Les Chiens rient de l’amour et de ses compromissions dans un spectacle qui varie les dispositifs scéniques. Inventifs, transgressifs, corrosifs, Les Chiens ont procédé comme d’habitude par improvisations au plateau pour créer un spectacle hilarant – c’est sûr – qui nous laisse aussi démunis qu’attendris face à nos faiblesses. »

Vu comme cela, cela parait être artistique …..Mais sur scène, qu’y a-t-il derrière ces jolies phrases, se voulant intellectuelles ?

La pièce débute par une scène où l’on voit Jésus Christ, ensanglanté, sur sa croix, expliquer qu’attendre 2000 ans comme cela, c’est chiant. « Ça fait deux mille ans que ça dure, c’est pas toujours marrant je vous le dis, et tout ce sang, ça colle ! » explique l’acteur.

La suite est un enchaînement de scènes vulgaires, sur le thème de l’amour et des relations de couples adultes, c’est à dire à mille lieux des préoccupations de lycéens de 16 à 18 ans. Voici comment Le Point décrit la troupe « Les Chiens de Navarre » :

 Que les lecteurs excusent ce vocabulaire, qui traduit bien pourtant la réalité de cette pièce : « Sur les tendances à la mode, les faussetés de comportement, les trucs qui tournent rond avec des roues carrées. Ils causent de tout, aucun respect pour rien, dégueulent et pètent en scène, se touchent le zizi, se roulent dans la boue, s’en prennent aux spectateurs.».

Alors, voilà une petite mise au point :

Sous prétexte «  d’art », peut-on tout se permettre sur scène ? C’est bien de la religion catholique que l’on se moque, et du message d’amour du Christ !

Les artistes et organisateurs oseraient-ils manquer ainsi de respect à la religion musulmane ? Je ne crois pas, car ils auraient peur d’être accusés d’islamophobie.

Oseraient-ils manquer ainsi de respect à la religion Juive ? Je ne crois pas, car ils auraient peur d’être accusés d’antisémitisme.

Mais alors, la christianophobie, elle, est tolérable ? Il ne faut pas tout prendre au premier degré, dit-on….

Il n’empêche que le Christ a donné sa vie pour son message d’amour. Un amour total, inconditionnel, puisqu’il a dit : «  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme ».

Il a dit aussi : « aimes ton prochain comme toi-même ».

Et enfin, il a dit : « aimes même ton ennemi ».

En se moquant de l’amour, ces pseudos-artistes se moquent de ce message d’amour ! Ne l’approuveraient donc-t-ils pas ? Si l’on n’aime pas, on est indifférent, ou encore haineux. Veulent-ils être indifférents ou haineux envers une catégorie de population ?

En se moquant du Christ en croix, ils se moquent de la souffrance du Christ et de sa mort. Sans partager la religion catholique, ils rient de la torture qui a été pratiquée sur cet Homme. Approuveraient-ils donc la torture qui lui a été infligée ?

En se moquant du Christ en croix, les organisateurs et artistes se  rendent-ils compte qu’ils se moquent de la souffrance et de la mort de tous les Chrétiens torturés pour leur foi ? Autrefois, mais plus encore aujourd’hui car en ce moment même ,en Syrie, en Irak, dans d’autres pays encore, des Chrétiens, adultes et enfants sont emprisonnés, torturés, mutilés, lapidés, décapités, et même crucifiés, à l’image du Christ en Croix.

Se moquer du Christ en Croix, c’est se moquer de toutes ces personnes souffrantes. Soit les organisateurs et artistes ne se rendent pas compte de la portée de leurs moqueries, soient ils s’en rendent compte et alors, je me pose cette question :

Les organisateurs et artistes approuveraient-ils la torture, la mutilation, la décapitation, la crucifixion de toutes ses personnes ?

En effet, si on peut ne pas approuver ou partager des messages religieux, politiques, idéologiques, cela n’autorise pas à se moquer de la souffrance et de la mort d’une personne, quelle qu’elle soit, le Christ compris. Lorsque l’on se moque de la souffrance et de la mort d’une personne, ou d’une catégorie de population, on s’en rend complice !

Alors, si le théâtre de Lorient vient enfin à s’en rendre compte, des excuses envers les personnes blessées  par sa programmation seraient les bienvenues.

De même, nous aimerions entendre les responsables ecclésiastiques sur ce sujet car qui ne dit mot consent : le silence de certains clercs est pour moi un silence coupable.

An Erminig

Derrière le nom de plume An Erminig se trouve un lecteur assidu d’Ar Gedour, qui a souhaité proposer une tribune libre à Ar Gedour. La rédaction la publie en l’état.

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2 Commentaires

  1. Bonsoir je ne suis pas étonnée :depuis déjà un bon moment un certain nombre d’artistes ont quitté le monde du beau, pour n’exprimer que le chaos et le vide qu’ ils portent en eux. Cette provocation constante vis à vis de toutes les valeurs humanistes que les hommes ont mis des siècles à bâtir et de la foi chrétienne est le témoignage d’une époque en perte de repères mais on sent des frémissements ici et là… restons fermes mais optimistes. Et surtout n’ allons pas sur leur terrain… gardons notre civilité.

  2. dominique de Lafforest

    cela n’a rien à voir avec de l’art. Les soi-disant artistes profitent éhontément du snobisme qui sévit en matière d’art depuis longtemps. Voir « le roi nu »…

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