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Y a-t-il encore dans ma vie un puits au bord duquel je vais pouvoir rencontrer Jésus et être fidèle à mon baptême ?

Avec un peu de décalage, nous vous partageons l’homélie du Père Cado pour le 3ème dimanche de Carême, dont l’Evangile est celui de la Samaritaine, en souhaitant que, qui que nous soyons, nous puissions être touchés par ces mots. Vous pouvez retrouver les textes du jour via ce lien.

Cette histoire de la Samaritaine nous l’avons tellement entendue que nous avons l’impression de la connaître par cœur. Comment peut-elle encore nous étonner, nous bousculer dans notre quotidien ? . Comment cette histoire apparemment banal d’une femme qui comme toutes les autres femmes du pays a besoin d’eau et s’en va donc au puits du village rejoint-elle la vie d’aujourd’hui ?

Où sont nos lieux de rencontres aujourd’hui ? Où sont les lieux et les circonstances qui vont nous faire rencontrer les hommes de notre temps avec les soucis qu’ils portent au fond du cœur… Cette histoire  me fait penser à mon grand-père,  grand blessé de la 1ère guerre mondiale. Il avait été amputé d’un bras. Il passait donc son temps assis sur la margelle du puits. Il était sur une route à grand passage et abordait les passants. Il les connaissait… et la cave n’était pas très loin…

Jésus s’arrête à ce fameux puits … il fait chaud, il a marché longtemps. Il a soif. Soif d’eau mais aussi soif d’une vraie rencontre. Et à l’heure où le soleil frappe très fort, une femme qui voulait passer inaperçue s’approche. La voilà en face d’un homme,  elle qui en a eu 6, et celui avec qui elle vit n’est pas son mari… De plus voilà l’un en face de l’autre une samaritaine et un juif… le comble puisque l’histoire faisait qu’ils ne pouvaient pas s’entendre… Comment abattre ces murs de séparation ? Tel est le dilemme… tout commence par un long bavardage qui va déboucher   sur un bel itinéraire de foi… intéressant de voir que Jésus ne fait pas un enseignement mais il part de sa vie pour la ramener à l’essentiel… Les sermons de curé n’ont pas converti grand monde… mais l’accompagnement de personnes OUI en tenant compte de leur vie, en les respectant dans toutes les dimensions de leur vie… en ne les condamnant pas au prime abord…  Finalement c’est elle qui avait soif, soif de sens.

Chers amis, si l’homme cherche Dieu, cherche un sens,  Dieu est parti à sa rencontre depuis longtemps déjà. Jésus a fait le premier pas en demandant à boire. Tout ce que lui a dit Jésus par la suite a bien remué dans sa tête, tous les problèmes reviennent et surtout sa vie sentimentale. Ses problèmes ressemblent bien à ceux de nos contemporains, nous aussi nous avons nos préoccupations. En ces temps ou l’individu est roi et ou le repli sur soi se renforce, on n’est pas sans se poser de question sur notre avenir.. et l’angoisse peut nous saisir quand un peu pessimiste nous nous imaginons parfois le pire …

« ce qui compte aujourd’hui, c’est d’être bien dans ses baskets ! mais on ne se préoccupe pas toujours de savoir si l’autre en a » disait Mgr Defois.

Et puis n’y a-t-il pas au sein de nos communautés d’éternelles questions religieuses ? comment faut-il prier ? Et le retour à l’adoration qui fait peur à certains : n’est-on pas en train de revenir en arrière après avoir entr’ouvert portes et fenêtres ? Est-ce que telle action est liturgique ou non ? Doit-on absolument maintenir les 3 lectures ? Faut-il du renouveau charismatique ou faut-il favoriser l’engagement sur le terrain à la manière de l’action catholique ? …

Questions que nous nous posons moins parce que nos troupes se sont amenuisés…

Face à tout ça Jésus n’a qu’une réponse : il faut adorer Dieu en esprit et en vérité… peut-être l’avions-nous un peu oublié… Et n’étions-nous pas entrain d’adorer l’homme plutôt que Dieu ?

Si nous voulons nous nourrir spirituellement, il faut commencer par adorer Dieu : c’est de lui que tout part, c’est de lui que vient la seule et vraie nourriture pour tout notre être… Une chose est sûre : Dieu ne veut pas enfermer l’homme dans des structures étroites et il peut être rencontré partout et une véritable rencontre avec le Seigneur fait dépasser tous les quiproquos et les malentendus… elle nous met dans la clarté du ciel. Les structures de l’église et les hommes qui en sont les responsables ont besoin de recevoir cette lumière qui vient du ciel… Si je deviens propriétaire de mon engagement, de ma responsabilité paroissiale je risque d’être  en porte à faux avec Dieu… je ne suis que serviteur et je dois accomplir mes taches à l’exemple de Jésus qui se met à laver les pieds de ses disciples…

Quel texte finalement !!! il me dit  que toute personne peut faire une belle rencontre avec Dieu quels que soient ses problèmes  et même les écarts qu’il a pu prendre avec l’Eglise… il suffit d’être vrai, il suffit d’avoir soif de Dieu, de sens…

Avez-vous remarqué comment  la samaritaine tente de résister ? Avoir de l’eau vive ? mais sa cruche quotidienne lui suffit ! Est-ce que nous-mêmes, nous ne nous en tenons pas au strict minimum vis-à-vis de la foi ? Vous avez remarqué qu’elle a été au-delà.. ; parce qu’elle n’a pas gardé pour elle-même ce qu’elle a découvert.. ; elle a été le crier ensuite sur tous les toits ; Nos évêques bretons se sont réunis comme ils le font régulièrement et ont réfléchi à cette question : comment faire de nos communautés des lieux de mission ? Comment développer ce ferment missionnaire dans toutes nos communautés….

La samaritaine c’est vous, c’est moi : encombrée de question et de problèmes, elle l’était comme nous pouvons l’être aussi… mais soudain la voila retournée par celui qui l’accueille telle qu’elle est, la fait exister ; transformée elle laisse là sa cruche et court partager sa découverte.. ; c’est elle maintenant qui conduit les villageois à Jésus. Voila que l’eau qui a jailli de son cœur peut désormais en abreuver d’autres. J’AI RENCONTRE LE MESSIE, dira-elle.  elle, la femme légère qu’on désignait du doigt, elle dont on n’attendait plus rien la voilà porteuse d’une bonne nouvelle ; LA VOILA MISSIONNAIRE ;… comme la samaritaine nous voilà chaque Dimanche invités à retourner dans le monde à notre vie ordinaire,  dans nos familles, nos quartiers sur nos lieux de travail, auprès de ces puits modernes, là où les hommes sont en quête de sens pour y porter un peu d’eau vive, de raison de vivre.

En ce temps de carême laissons-nous interroger :

De quoi ai-je soif ? Suis-je attentif aux soifs des autres ? Suis-je animé par une véritable recherche de Dieu ?      Suis-je prêt à croire que quelqu’un puisse encore m’étonner, me transformer, puis-je encore me laisser saisir par Dieu, me questionner par lui .

Y a-t-il encore dans ma vie un puits au bord duquel je vais pouvoir rencontrer Jésus et être fidèle à mon baptême ?

À propos du rédacteur Père Jean-Paul Cado

Originaire de Kernascléden, il a été ordonné prêtre en 1976. Il servira successivement les paroisses du Faouët, de Guémené, Quéven, Gourin, Grand-Champ, Guer et Pontivy dont il était archiprêtre. Il est désormais au service du doyenné du Faouët. Attaché à la culture bretonne et à l'expression de la foi en langue bretonne, il met à la disposition des lecteurs d'Ar Gedour certaines de ses homélies.

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