Saints bretons à découvrir

Au sujet des 7 saints du Vieux-Marché

Nous vous avons récemment proposé d’en savoir plus sur Saint Mérec, en ayant une approche différente d’autres chercheurs dans nos propres recherches. Revenant aux sources du christianisme celtique, nous vous invitons aujourd’hui à découvrir quelle est l’origine des 7 saints honorés au Vieux-Marché en Plouaret, fruit d’une réelle inculturation de la part des moines évangélisateurs.

Lorsque les moines celtes, dès le 5ème siècle, créaient un coenobium pour y mener en commun les pratiques spirituelles, ils élevaient une clôture (clodwal) enserrant une lann “enclos sacré”. Dans cet espace sanctifiant on retrouve encore des croix d’oraison, propres à chacun des membres de la communauté.

1280px-Les_Sept-Saints_La_fontaineLa chapelle des Seiz Sant, au Vieux-Marché  en Plouaret (22), est à 110 km, soit 50 lieues celtiques,  de celle des Seih Sant à Erdeven (56). Prenant pour base la ligne les réunissant, construisons un triangle équilatéral : son sommet se trouve en Landujan (35) au lieu-dit … Les Sept Croix..

On constate ainsi qu’au mitan du territoire breton, trois communautés de moines celtes avaient tracé un “triangle de bénédiction” :  7X3, Triple Force,  énoncée dans le nom d’ Hermès Trismégiste et dans le nom de Tréal (*Tre-gal-), perdurant par l’oraison permanente.

Là est l’antique tradition des Sept Saints protecteurs de la Bretagne..

Cela aussi est écrit : dans Plouaret nous avons  gwared “protection”, notion fondamentale dans l’identité bretonne.                                                   *

Années, siècles, invasions, sont passés, et avec eux l’ oubli de la fonction des Sept Veilleurs. A Erdeven, on  convoque des créateurs de familles monastiques, dits “fondateurs d’évêchés” et on leur assigne cette résidence. A  Plouaret un recteur aleisi puise dans la Legenda Aurea de Jacques de Voragine et met en vers le conte éphésien des Sept Frères Dormeurs … Amusette anodine si, au 14ème siècle de l’Hégire, quelques amateurs de senteurs d’Orient, arpentant le Qitab, ne se fussent assoupis dans la Caverne des Sept Dormants (Sourate 18) et, inspirés d’Iblis, n’eussent importé au Vieux-Marché un culte substituant  la léthargie à la veille protectrice. Le pèlerinage dit islamo-chrétien, qui prend ancrage dans ce conte et non dans la réalité ancestrale de ce lieu sacré du christianisme celtique, n’a donc plus rien à voir avec ses origines.

A Landujan, terroir de Tudien (*Toutog’nos, “Fils de son peuple”), seul le nom du lieu  témoigne encore pour l’avenir du passé.

Crédit Photo : Source des 7 saints, par Moreau.henri — Travail personnel, CC BY-SA 3.0

Note : tous les articles de ce blog sont la propriété exclusive d’Ar Gedour et/ou de leurs auteurs, et ne peuvent être utilisés sans autorisation de notre part ou de celle des auteurs. 

À propos du rédacteur Alan Joseph Raude

Linguiste, historien et hagiographe, il a notamment publié des ouvrages sur l'origine géographique des Bretons armoricains et sur l'histoire linguistique de la Bretagne.

Articles du même auteur

croix celtique

NOTRE AMI CADVAEL

Cadvael est le nom complet de notre Saint Cadoc, surnommé “Le Sage”. C’est aussi le …

saint patern

15 avril : Saint Patern, évêque de Vannes

De source sûre, nous savons qu’un évêque Paternus siégeait à Vannes dans les années 460, …

2 Commentaires

  1. Jean-Michel LE BOURDONNEC

    A Alan Joseph Raude,
    Bonjour, je n’ai rien compris a vos informations, ni à votre démonstration tonitruante sur laquelle vous vous basez. Sinon que vous faites partie des démonstrateurs absolus du Tro Breiz qui a en définitive vraiment laissé très peu de traces.
    Croyez moi Louis Massignon n’a rien inventé, j’ai repris ses traces, il n’a rien fait à la légère, son travail était titanesque. Il a su croiser ses informations et s’entourer de beaucoup d’informateurs.
    Il est trop facile de critiquer sans avoir vérifier.
    Mes salutations

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *