En ce 26 juillet, dès les premières heures de la journée, le sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray s’est éveillé au rythme des Laudes, avant d’accueillir une messe en breton qui a marqué le début des célébrations du Grand Pardon 2025. L’office, que vous pouvez retrouver en replay ci-dessous, s’est déroulé dans une basilique pleine.
Cette année, cette liturgie avait une saveur toute particulière : sur invitation de Mgr Centène et de la Commission diocésaine pour la Pastorale en langue bretonne, la messe était présidée par Mgr Laurent Dognin, évêque de Quimper & Léon, en présence de Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc & Tréguier. Autour d’eux, une assemblée de prêtres et de diacres venus des cinq diocèses de Bretagne a témoigné, par sa simple présence, de l’importance de ce moment. L’homélie a été prononcée en breton par Philippe Guillou, diacre du Diocèse de Quimper & Léon. La messe était animée par Roger Abalain, coordinateur des messes mensuelles en breton à Sainte Anne d’Auray, avec la participation d’Emmanuel Pottier à l’orgue, de André Le Meut à la bombarde et d’Anne Auffret à la harpe et au chant. Des enfants du Camp diocésain en breton – dirigé par le Père Matthieu Vannier – a épaulé le service d’accueil… e brezhoneg, evel just.
Un geste pastoral fort
La participation des deux évêques à une messe en breton n’est pas un simple détail et a été qualifié d’historique par plusieurs observateurs. Alors que nous fêtons sainte Anne qui s’est adressée en breton à Yvon Nicolazic, c’est en effet un signe fort, qui exprime le souci de l’Église de rejoindre chacun dans sa culture et dans sa langue. Dans un monde où les repères culturels et spirituels se fragilisent, leur présence rappelle que l’annonce de l’Évangile s’enracine toujours dans un terreau humain : ici, celui de la Bretagne et de sa langue, le breton.
Pour beaucoup, entendre l’Évangile et les prières dans leur langue maternelle n’est pas qu’une question d’identité : c’est un chemin de cœur à cœur avec Dieu. La langue porte la mémoire, les émotions et la foi des générations précédentes.
Les messes en breton, ou encore les célébrations bilingues et trilingues, sont ainsi des lieux privilégiés où se rejoignent foi et culture. Elles montrent que la liturgie n’est pas figée et qu’elle se laisse habiter et colorer par les traditions locales tout en restant universelle.
Encourager les initiatives locales
En s’associant activement à cette célébration, les évêques encouragent ainsi toutes les initiatives pastorales qui valorisent la langue et la culture bretonnes : les cantiques traditionnels repris par les chorales paroissiales, les groupes de catéchèse qui osent quelques mots en breton, ou encore les pèlerinages, pardons et rassemblements qui intègrent chants et prières dans plusieurs langues, notamment le « cocktail » français-latin-breton.
Ces efforts répondent à une intuition profonde : l’Évangile devient d’autant plus parlant qu’il se laisse exprimer dans la diversité des langues et des sensibilités. Nous renvoyons au différentes orientations diocésaines des trois évêques de Bretagne Occidentale sur ce sujet.
Un Grand Pardon qui rassemble
L’atmosphère de cette célébration a été marquée par la joie et la ferveur : fidèles, prêtres, diacres et évêques, tous rassemblés autour de sainte Anne, ont partagé un moment où l’unité de l’Église se conjugue avec la richesse d’une identité bretonne bien vivante.
Ainsi s’est ouverte la journée du Grand Pardon, avant d’enchaîner sur la messe pontificale où la langue bretonne était également présente, messe présidée par le Cardinal Robert Sarah, envoyé par le Pape pour présider cet événement, devant une foule de près de 25 000 personnes ! Nous y reviendrons dans un prochain article.
Photos : Pascal Malleron (avec l’aimable autorisation du photographe)
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne

















Mat-tre !
Demar deoc’h 😉 Laouen vefen gouzout pegement ha tud a zo deuet d’an oferenn breton ? Trugarez ! Bonjour pouvez-vous me dire approximativement le nombre de personne presente selon vous ? Merci
Demat deoc’h Maina. Il y avait environ 800 personnes à la messe en breton. Pour autant, toutes n’étaient pas brittophones.