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INCULTURATION OU ACCULTURATION DE L’EGLISE EN BRETAGNE ?

Amzer-lenn / Temps de lecture : 12 min

eglise-de-pleybenLa revue La Nef a publié dans son numéro 329 un excellent dossier : « Eglise et inculturation » (1). Les articles des divers intervenants sont parfaits. Les Bretons, du moins ceux qui ont eu ou ont encore conscience de leur identité bretonne et de leur culture, qui considèrent que Foi et culture sont intimement liées, savent combien l’Eglise est en Bretagne, depuis les années 1950, et tout particulièrement depuis le Concile Vatican II, une Eglise bien souvent étrangère à l’âme et à la culture bretonne ; une Eglise qui s’est construite  « à côté de l’homme breton, quand ce n’est pas contre l’homme breton ».

L’Eglise a été la dernière institution qui défendait la culture, la langue bretonne, ses merveilleux cantiques, ses traditions intimement liées à la foi (Pardons), ses églises, ses chapelles, ses calvaires, quand dans le même temps la France républicaine, jacobine et maçonnique leur faisait la guerre, sommant les Bretons de renoncer à se dire Breton et à abandonner leur langue. Dans la première moitié du 20e siècle, le clergé était  authentiquement breton, de langue et de culture : prêtres, moines et évêques savaient parfaitement que Foi, langue et culture étaient inséparables, et qu’en attaquant l’une, on attaquait les deux autres. La Troisième République – laïciste et antichrétienne – le savait aussi. C’est pour cela qu’elle mena de front les  combats contre la foi, la langue et la culture bretonnes. C’est bien la raison qui mènera Combes, alors ministre de l’intérieur à interdire le breton à l’école et à l’église.

Dans le cadre de cet article, nous ne pouvons citer les très nombreuses  grandes figures bretonnes de l’Eglise qui défendirent l’identité des Bretons. Hélas, sauf en quelques rares lieux, l’Eglise a abandonné définitivement le terrain de la culture bretonne, ce que reconnaîtra Monseigneur Gourvès, évêque de Vannes dans sa lettre pastorale de septembre 2005 : « Nos églises diocésaines durent s’adapter à cette nouvelle réalité (la francisation). Alors, on cessa donc (à partir des années 50)  de catéchiser, de prêcher, de prier et de chanter en breton, même là où la nécessité ne s’imposait pas ». Malheureusement, ses collègues ne cosigneront pas cette lettre, et elle restera … lettre morte. Par contre, son successeur, Monseigneur Centène signera la «Charte pour la langue bretonne» et publiera une lettre pastorale « projet missionnaire breton« , mais sans que cela  ne change grand-chose à l’indifférence du clergé et des équipes liturgiques.

Le rejet de la langue bretonne

Malgré les différentes demandes des évêques, l’Eglise en Bretagne a abandonné ce qu’elle avait jusque-là toujours défendu, au moment même où, plus que jamais, elle aurait dû défendre ce trésor culturel et spirituel. Elle a abandonné au moment même où toute une  jeunesse prenait conscience de son identité bretonne, notamment par la musique (via des chanteurs comme Alan Stivell, pour ne citer que lui). A ce reproche, ce clergé progressiste répond que : «l’Eglise n’a pas vocation à être un musée, un institut culturel, linguistique qui défend des traditions, des cultures si vénérables soient-elles, que sa   vocation  est d’annoncer la Parole du Christ dans un langage compréhensible aux hommes d’aujourd’hui ». Tout le contraire de l’inculturation, et c’est donc faire peu de cas de l’enseignement de l’Eglise sur le respect dû aux cultures des pays, dès lors que celles-ci sont compatibles avec la foi chrétienne. L’Eglise, dans les siècles passés a su, sans être exempte d’erreurs, s’intégrer à ces cultures et promouvoir un clergé indigène. En Bretagne, cela donnera un christianisme très enraciné, original même. Le clergé conciliaire le rejettera au motif que la foi était trop « imprégnée de traditions, de superstitions païennes », et qu’il convenait donc de « nettoyer cette foi infantile »

Le diocèse de Quimper et Léon, jadis si catholique que l’on disait que le Finistère était un département théocratique, avec ses séminaires regorgeant de vocations de prêtres et de missionnaires, est devenu aujourd’hui un département spirituellement sinistré, un vrai champ de ruines spirituelles aux églises désertées, mais certains voient encore cette désertification comme une chance. Quand on se promène dans plusieurs diocèses bretons, on ne peut aussi que pleurer en trouvant nos églises portes closes. Les anciens qui ouvraient fidèlement chaque jour disparaissent peu à peu sans relève. Xavier Grall en son temps disait « qu’une église fermée, c’est un coeur qui se refuse ». Il témoigne lui-même dans l’Inconnu me dévore :

“J’aime arpenter les dalles des nefs bretonnes pour y remuer mes braises, écouter le silence, entendre le son grave de mes pas sur la terre consacrée. Je me dirige vers le porche et tente d’ouvrir la porte. Elle est fermée à clef. On a fermé la porte de la Maison-Dieu. Je ne comprends pas. On ne devrait jamais fermer la porte d’une église. Et même si les hommes légers n’y viennent jamais, encore faudrait-il la laisser ouverte afin qu’y rentrent le soleil, l’oiseau blessé, le chien perdu, le fugitif et l’âme errante…”

Or « fermer une église est un contresigne dans un village, un signe d’une démission, d’un abandon, signe d’une église morte, sans avenir. Ouverte, une église est signe, si humble soit-il, mais signe tout de même de la foi d’une communauté. Fleurie, habitée, elle attirera le respect. Que quelques personnes y viennent y prier, tout peut renaître » disait Jacques Lefevre.

La désertion des paroisses et l’abandon de la langue bretonne dans la liturgie ont été de pair. Le Concile autorisant l’usage des langues vernaculaires, le breton est devenu peu à peu persona non grata : par l’usage de la langue dite vernaculaire (le français), la langue bretonne et ses cantiques ont  été quasiment rejetés de la liturgie. Tout a été francisé. le beau et le sacré. Nombreux sont ceux qui sont partis, ne se reconnaissant plus dans une Eglise qui ne s’adressait plus à eux.

Curieusement, la langue bretonne a été rejetée dans le même tombereau de condamnés à mort que le latin et le chant grégorien, Et, curieusement encore, ce sont ceux qui sont contre le latin et le chant grégorien qui sont contre la langue bretonne et les cantiques bretons, et inversement. Et ces mêmes qui rejettent le breton à l’église (évoquons les équipes liturgiques déculturées) sont pour les langues, les chants, les traditions étrangères dans nos églises bretonnes, au nom de l’ouverture aux autres, du respect de l’autre, du multiculturalisme religieux, avec parfois  une exubérance qui n’a rien à voir avec la sensibilité traditionnelle bretonne. Le plus paradoxal, sans être une généralité, ce sont parfois des prêtres africains ou polonais qui se font défenseurs de la culture bretonne à l’église. Certains de ces prêtres venus suppléer avec dévouement notre manque de vocations, ne comprennent pas pourquoi les Bretons, ayant un tel trésor, le délaissent, l’ignorent ou le méprisent. Un constat simple : combien de paroisses mettent au moins un chant breton (service minimum) au répertoire chaque dimanche ?

Une uniformisation mal à propos

Certes, ici et là, en certaines paroisses, il y a des tentatives de prises de conscience et de renouveau, mais trop souvent cela ressemble à de la condescendance, à des os donnés à ronger aux nostalgiques, et surtout ces renouveaux dépendent du courage, de la volonté d’une, deux ou trois personnes oud’un prêtre. Que ces personnes qui souvent se sentent bien seules dans ce combat, viennent à quitter la paroisse, et tout le travail de renouveau breton est alors rejeté, soit par le nouveau pasteur nommé, soit par l’équipe liturgique. Les nouveaux paroissiens qui arrivent, bretons ou pas, lorsqu’ils s’investissent dans la vie de la paroisse amènent avec eux leur sensibilité religieuse, totalement étrangère à l’âme bretonne, dont ils n’ont que faire. Ils reproduisent en Bretagne leur vécu  des paroisses des banlieues parisiennes, de Paris, lilloises, marseillaises et autres. Et l’on se retrouve avec les mêmes offices partout. Une diversité laminée par une uniformité faisant fi de la richesse culturelle locale, chose déjà dénoncée par Xavier Grall, encore dans l’Inconnu me dévore.

Le hors-sol des communautés

Les communautés nouvelles sont à cet égard très emblématiques de cette déculturation, car leurs références culturelles sont uniquement bibliques. Les cultures locales ne semble pas les intéresser, or ce sont ces communautés qui font aujourd’hui la pluie et le beau temps dans les paroisses, imposant leurs répertoire sans place pour le reste. Quant aux communautés traditionnalistes – il y en a quelques-unes en Bretagne –  elles aiment bien les cantiques bretons  mais plutôt … en français ; et lorsqu’elles récupèrent quelques traditions et emblèmes bretons, elles s’empressent de les inclure dans une francité qui colle à l’image provinciale et folklorique qu’elles ont de la Bretagne.

Pourtant, chanter en breton, se donner l’effort d’apprendre les cantiques bretons, n’est pas plus difficile que d’apprendre et chanter en latin (grégorien), et il y a toujours les traductions. Le chant grégorien sur des paroles en français, ce n’est plus la même chose, et comme pour le breton, cela sonne faux.

Une acculturation problématique

C’est l’abbé Marcel Blanchard (aujourd’hui à la retraite), quand il fut recteur de Quistinic (Morbihan) qui  trouva le juste équilibre entre les trois langues, latin, breton et français, donnant suivant les circonstances leur place à chacune des langues. Chants grégoriens, cantiques bretons et français cohabitaient harmonieusement, dans une liturgie également équilibrée entre forme ordinaire et extraordinaire, avec au rendez-vous la beauté et le sacré au service de Dieu. On nous rebat les oreilles avec le dialogue, l’ouverture aux autres cultures, mais, toutes communautés confondues, toutes pratiquent la fermeture sur les cultures dites régionales. Elles y sont imperméables. Ces communautés pratiquant l’acculturation se comportent comme des corps étrangers dans la société. Or mettre en avant la seule foi pour ne considérer que comme détails folkloriques les cultures régionales tout en imposant une sensibilité personnelle, relève singulièrement d’un sclérose de l’esprit contraire à toute charité qui impose de respecter l’autre façonné par sa propre culture.

Trois citations résumeront cette déculturation de l’Eglise en Bretagne :

  • De l’abbé Perrot, qui justifiait toute son action bretonne sur le fait qu’il s’appuyait, comme il disait, sur les lumineuses Encycliques des papes  : « Si nous voulons une foi vivante dans nos églises, alors nos messes, nos fêtes religieuses, nos Pardons se doivent d’être empreintes de beauté : seule, la langue bretonne et ses splendides cantiques, unie au merveilleux chant grégorien éviteront qu’un jour leurs murs deviennent ceux de leurs tombeaux » (1935).
  • Du Frère Visant Seité, éminent linguiste breton : « L’Eglise dans son universalité, se veut respectueuse des cultures des peuples qu’elle a en charge. En Afrique, elle se veut africaine, en Asie asiatique, aux Amériques américaine, indienne. Alors, pourquoi, en Europe, elle ne veut plus être européenne, pourquoi elle se refuse à être en communion de culture avec ses divers peuples ? En Bretagne, ne devrait-elle pas être bretonne, en Alsace alsacienne, tout comme elle se devrait d’être corse, basque dans ces pays, et cela dans l’unité de la foi ? » (1969).
  • De l’écrivain et poète Charles Le Quintrec : « Leur mépris [le clergé progressiste] d’une identité chrétienne, catholique, enracinée dans la terre des ancêtres, dans la culture et les paysages est si grande, qu’ils s’entendent à mettre en place un désert spirituel qu’ils veulent irréversible. J’accuse ainsi toute la mouvance progressiste de l’Eglise, qu’elle soit de Bretagne ou d’ailleurs, qui depuis le Concile travaille à ce funeste dessein ! Mais j’accuse aussi la passivité méprisante des Bretons pour leur héritage culturel et spirituel » (1975).

Il y aurait beaucoup à dire sur ce défaut d’inculturation de l’Eglise en Bretagne, et pourquoi les Bretons sont devenus si indifférents à leur propre culture, du moins dans sa dimension religieuse. Beaucoup de Bretons attachés à leur culture et à leur langue ne se reconnaissent plus dans cette Eglise de Bretagne désincarnée. Une fois de plus, l’Eglise a raté un épisode : elle avait perdu la classe ouvrière, puis le monde paysan, puis le monde universitaire, la voilà qui perd ceux qui sont attachés à leur identité. L’Eglise ne se doute pas combien de croyants attachés à leur culture bretonne l’ont quittée sur la pointe des pieds, blessés au cœur et à l’âme par ce mépris.

Le problème du défaut d’inculturation du clergé et des candidats à l’animation liturgique vient d’une absence totale de formation et de culture dans ce domaine. Les cultures régionales sont tenues pour de l’aimable folklore, alors qu’elles sont un formidable outil d’évangélisation. Il y a là un déficit intellectuel désespérant. Comme nous l’avons dit plus haut, rappelons que cette indifférence à la culture et à la langue bretonne à l’église, touche toutes les sensibilités religieuses, qui s’accordent à n’y voir qu’un aimable folklore donnant en certaines circonstances une couleur locale. L’inculturation va bien au-delà d’un vernis, vernis qui s’écaille peu à peu…

 

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À propos du rédacteur Yvon Abgrall

Publiant régulièrement des articles dans la presse bretonne, il propose pour Ar Gedour des articles documentés sur le thème "Feiz & Breizh" (foi et Bretagne), d'un intérêt culturel mais aussi ancrés dans les préoccupations actuelles.

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17 Commentaires

  1. « Pa ‘z aio kuit ar brezhoneg eus a Vreizh
    Ez aio kuit ive, da heul, ar feizh »

    « Quand le breton partira de Bretagne
    S’en ira aussi, à la suite, la foi »
    Entendu de la bouche d’une voisine…

    Vous avez choisi une église snobe et hors-sol ?…. Restez-y !!!

    • Pardon, je m’inscris en faux. Je n’ai pour ma part rien choisi du tout, sauf peut-être de rester catholique envers et contre tout.
      Ce n’est pas moi qui est changé, ni même l’immense majorité des fidèles, bien au contraire. Nous sommes face à une dérive cléricale de grande ampleur : et cette hérésie qui a pris d’assaut toute l’Église Catholique au milieu du XXème siècle se nomme le modernisme.
      Ces gens ne sont pas catholiques. Ce sont des destructeurs : Leurs œuvres témoignent contre eux. Je n’ai pas l’intention d’assumer leurs délires, mais je prie pour leur conversion avant que la mort ne les emporte tous.

  2. Vous soulignez à juste titre les contradictions des « progressistes », je rajouterais que ce sont les mêmes qui trouvent formidable l’inculturation en Amazonie, au Congo ou chez les Papous, y compris quand cette inculturation frise le syncrétisme, mais qui chez nous rejettent la moindre tradition locale. Remplacer la lecture d’Isaïe par celle de Confucius, danser devant l’autel ou vénérer la Pachamama, aucun problème ! par contre faire une procession et chanter « Itron santez Anna », pas question !!!
    Concernant les chants, bien que la « participation » soit un leitmotiv, je constate que les chants modernes style charismatique sont parfois difficilement chantables par la foule (et souvent affreux musicalement), que seul l’animateur chante vraiment, les autres tentent de chantonner ; par contre j’ai pu vérifier récemment à un enterrement, avec une assemblée majoritairement peu pratiquante, que beaucoup chantaient le Kyrie et le Sanctus de la messe des morts (comme quoi le grégorien n’est pas si difficile) et que l’assemblée chantaient à plein poumon « Sainte Anne ô bonne mère » (on est en pays gallo) pendant la bénédiction.

    • Très vrai ce que vous dites Mikael, je l’ai constaté au Guatemala ainsi qu’au Suriname

    • C’est vrai. Rien n’égale les cantiques de chez nous, et rien ne dépasse le grégorien en puissance. La preuve, si presque personne ne chante plus en temps ordinaire, presque tout le monde chante encore le Crédo en latin, ou reprendra sans difficulté un cantique breton !
      Tout le monde le sait, ces chants étaient parfaitement transmissibles. C’est là un secret de Polichinelle, mais avant qu’un  »moderniste » ne s’en rende compte…

      • Réponse à M. ABGRALL : Votre article pousse l’analyse de la situation assez loin il est vrai. Mais rien ne vous empêchait d’aborder plus explicitement la question des fauteurs de troubles. Pour ne jamais répondre à cette question vous taper sans cesse sur l’Église. C’est trop facile.
        Notre Église est d’abord une institution divine, et à ce titre j’affirme qu’elle ne peut être devenue le contraire de ce qu’elle a toujours été. C’est absolument impossible.
        Le constat affligeant que vous dressez, n’est donc pas le sien, mais celui d’une idéologie particulièrement dévastatrice qui a pris d’assaut toute l’institution. N’en déplaise à certains, ces soi-disant  »progressistes » comme vous dites, ne sont pas et ne seront jamais catholiques (à moins d’une grâce du Bon Dieu). Les « progressistes » sont d’abord des modernistes, et le modernisme est une hérésie condamnée part l’Église (Pascendi Dominici gregis). Tous leurs actes sont nuls et non avenus. Toutes ces folies que vous dénoncez fort justement (désacralisation de la liturgie, débretonnisation dans l’Église, déracinement forcé, abandon culturelle, destruction des transmissions, etc…), et tous les maux et toutes les calamités qui s’en suivent viennent du malin. Dans cette terrible histoire, l’Église, la vraie, est absolument hors de cause, puisqu’elle est la première victime de ceux-là même qui s’y maintiennent dans le seul but de la détruire de l’intérieur.
        Le malade et la maladie qui l’affecte, ce n’est pas une seule et même chose mon bon monsieur. Merci.

  3. J’ai assisté il y a quelque temps à une messe dans un gros bourg qui attire à cette époque beaucoup de monde venant de la campagne. Devant cette assemblée de bretonnants, il y avait un « animateur » avec un instrument gling-gling, qui essayait de faire chanter un chant nouveau que personne ne connaissait. Personne ne chantait! Pas un seul chant breton que l’assemblée aurait chanté ! Je suis sorti de cette messe en colère, je dis bien en colère. Ca lui a fait une petite gloire , sans doute, avec son gling-gling, mais pendant ce temps tout le monde déserte des églises déjà vides. J’en ferai bientôt partie.

    • Je renchéris au commentaire de Mikael quand il évoque à juste titre la facilité avec laquelle nos assemblées reprennent sans aucune difficulté des refrains et cantiques traditionnels.

      C’est qu’il serait peut-être temps de s’apercevoir en haut lieu que ces chants qui se chantent si bien partout , sont de véritables  »chefs-d’œuvre ». En fait ce sont souvent les gens du cru ou les personnes extérieures à la Bretagne (et parfois même à la foi chrétienne) qui s’en aperçoivent le mieux ! Étrange n’est ce pas.
      Comment expliquez-vous ce phénomène ?

      • Par l’ignorance crasse ou l’inculture de nos  »élites », bien sur. Pas besoin de vos 60 ans de recul pour s’en apercevoir ! Il suffit juste d’avoir l’oreille bien formée.

        Et pourquoi rien n’a changé en mieux depuis tout ce temps s’il vous plaît ? Peut-être parce que nous sommes tous des décadents au dernier degrés.

    • Les chants dont vous parlez ici, ne sont pas seulement des chefs-d’œuvre pour des raisons techniques, mais aussi et surtout des chefs-d’œuvre parce qu’ils expriment le sacré à la perfection. Comment ceux-là même qui ont tout détruit pourraient-ils les apprécier ? Aussi cessez donc de réclamer l’impossible cher monsieur : Un moderniste et un cantique breton sont aussi étranger l’un à l’autre, que la foi catholique ne l’est à un apostat hérétique.
      Quand ils professeront la vraie religion dans leurs paroisses, alors ils en viendront naturellement à se réapproprier les chants sacrés que ce site promeut à juste titre. En attendant faites comme tout le monde, bouchez-vous les oreilles !

    • Panoramix

      Réponse à Mikael : Cessez de rêver de grâce. Même si votre critique est exacte, comprenez bien que si rien ne change aujourd’hui, alors rien ne changera jamais. Quant aux sois-disant chants nouveaux, appelez les comme vous voulez :  »nouveau »,  »moderne »,  »jeune »,  »innovant » ou  »charismatique », etc… Ces  »chants » ne valent rien, ni d’un point de vue théologique, ni d’un point de vue musical : ils sont stériles.
      Ces « chansonnettes » n’expriment ni la foi ni les vérités catholiques. Plus des 3/4 des fidèles les détestent, et ne les ont supportés jusqu’ici que parce qu’il n’était pas possible de faire autrement : Voila tout.
      Nous, nous voulons des sacrements valides, des messes vraiment catholiques et la toute la liturgie qui va avec. Faîtes le savoir à qui de droit. Que Dieu vous bénisse !

    • Réponse à Mr JILER : Gardez Courage cher ami ! La situation est certes inquiétante, mais ce n’est pas une raison suffisante pour abandonner l’Église quand la tempête fait rage. Au contraire, que chacun d’entre nous prenne ses responsabilités.
      Quand aux modernistes dans l’Église, sachez bien qu’ils n’en ont plus pour longtemps (leur nombre et leur influence décroît sans cesse). D’où leur acharnement frénétique à tout foutre en l’air.
      Mais leur temps est compté.
      Il faut parfois que trois ou quatre générations se passent avant que l’Église
      ne parvienne à digérer une hérésie, avant de la chier pour de bon.
      Mais ni l’erreur ni les ténèbres ne peuvent l’emporter définitivement.
      C’est une promesse du Bon Dieu. Soyez-en convaincu.

  4. Achever l’inculturation du peuple breton permettra son acculturation totale, mais en fait, c’est déjà fait.

    • Oui, mais son acculturation à quoi ? La société de consommation n’est certainement pas une culture, encore moins une civilisation, mais bien une régression totale dans tous les domaines de la vie de l’homme. Ravalés au rang de gastéropodes sans cervelle, ne vous attendez pas à ce que nos contemporains s’activent dès maintenant à restaurer la chrétienté. Ils n’en ont pas la force, ils n’en soupçonnent même pas l’existence !
      Pour le reste il existe bien un héritage spirituel breton à défendre, et sainte Patchamama n’en fait pas partie. N’en déplaise à certain.

  5. Re wir eo…
    Deskit brezhoneg tudoù !

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