
Ce samedi 19 septembre, les pèlerins de Feiz e Breizh ont pris la route depuis Plaudren, dans le Morbihan. Cette neuvième édition les conduira, au terme de deux jours de marche, jusqu’au sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray.
C’est parti pour la neuvième édition de Feiz e Breizh, le grand pèlerinage pour la Bretagne. Dès ce samedi matin, les pèlerins se sont retrouvés au lieu-dit Kermarec, à Plaudren, avant de prendre la route en direction de Sainte-Anne-d’Auray, avec pour thème « Jésus-Christ, roi des nations ».
L’accueil était prévu dès 7 heures, avant la messe d’envoi célébrée à 8 heures. Commence désormais une marche de deux jours à travers le Morbihan, rythmée par la prière et l’héritage spirituel et culturel breton.
« Feiz e Breizh », littéralement « Foi en Bretagne », rassemble ses pèlerins autour de trois piliers revendiqués par l’organisation : la mission, la tradition et le patrimoine. Répartis notamment en chapitres correspondant aux différents pays bretons, auxquels s’ajoute la diaspora, les marcheurs entendent ainsi témoigner de leur foi tout en faisant vivre les traditions religieuses de la Bretagne, la mémoire de ses saints et ses cantiques.
Cap sur Sainte-Anne-d’Auray
Après cette première journée de marche, les pèlerins feront étape à Bieuzy-Lanvaux, où est prévu le bivouac. Ils reprendront la route dimanche matin pour rejoindre le sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray, haut lieu spirituel de Bretagne.
L’arrivée constituera le point culminant de cette neuvième édition, avec une messe en rit tridentin prévue dimanche 20 septembre à 15 h 30 au sanctuaire. Le Bagad Feiz & Sevenadur sera présent encore cette année, en tête de cortège pour cette arrivée.
Année après année, Feiz e Breizh entend ainsi renouer avec la grande tradition bretonne des pèlerinages et des pardons : marcher, prier et transmettre une foi profondément liée à l’histoire et au patrimoine de la Bretagne.
Ce samedi matin, les premiers pas ont été accomplis. Feiz e Breizh 2026 est désormais en marche vers Sainte Anne. Le sanctuaire verra le même jour la célébration des 30 ans de la venue du Pape Jean Paul II.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne

Bonjour,
Rit tridentin prévu à Ste Anne d’Auray le 20-9-2026 !!!!
Rit des schismatiques !!!!
Une honte !!!!
Et Ar Gedour leur fait de la pub, donc les soutenant !!!
Comment l’évêque de Vannes peut-il laisser faire cela ? serait-il un suppôt des schismatiques ?
Insupportable !!!
Le rite tridentin peut certes être utilisé par des communautés en rupture ou en situation canonique irrégulière, mais cela ne rend pas la liturgie elle-même « schismatique ». La célébration selon le missel de 1962 appartient à la tradition liturgique de l’Église catholique et son usage demeure, aujourd’hui encore, encadré par l’autorité de l’Église.
En l’occurrence, rien ne permet de qualifier les organisateurs de Feiz e Breizh de « schismatiques ». Le pèlerinage s’inscrit dans une réalité ecclésiale bien présente en Bretagne.
Quant à Ar Gedour, nous relayons tout au long de l’année de très nombreux événements célébrés selon la liturgie issue de la réforme de Paul VI. Nous couvrons également d’autres pèlerinages, comme le Tro Breiz, sans que cela signifie que nous adhérons ou non à toutes les sensibilités particulières de chacun de leurs participants ou organisateurs.
Feiz e Breizh existe, rassemble des pèlerins et fait partie du paysage catholique breton. Au nom de quoi devrions-nous faire comme si cette réalité n’existait pas ? Parce que sa sensibilité liturgique diffère de celle d’autres catholiques ?
Informer sur une réalité ecclésiale ne signifie pas prendre parti pour une sensibilité contre une autre. Notre rôle est aussi de rendre compte de la diversité de ce qui se vit en Bretagne, dès lors que cela relève légitimement de la vie de l’Église.
in La Croix 21-8-2026 :
« À la suite du décret de schisme et d’excommunication publié par le Saint-Siège, je ne peux pas autoriser la célébration de la messe ni celle des autres sacrements, ni même les prières publiques de la Fraternité Saint-Pie X à [‘intérieur du sanctuaire. » C’est en ces termes très juridiques que Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, a annoncé dans un communiqué publié le 13 août, le sort réservé aux manifestations publiques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) au sein du sanctuaire marial pyrénéen.
Fin de citation
Ceci est l’exemple à suivre.
L’évêque qui n’applique pas le décret du Dicastère est fautif.
Point barre.
Vous citez précisément un texte qui concerne la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX).
C’est justement là que se trouve le problème dans votre raisonnement : Feiz e Breizh n’est pas un pèlerinage de la Fraternité Saint-Pie-X.
Le décret du Dicastère pour la Doctrine de la foi du 2 juillet 2026 et sa note explicative visent explicitement les ministres appartenant à la FSSPX ainsi que les fidèles qui adhèrent formellement à cette Fraternité. Le texte ne dit nulle part que toute célébration selon le missel de 1962 serait désormais schismatique. Or les prêtres qui assurent la messe et l’accompagnement spirituel de Feiz e Breizh sont notamment des prêtres diocésains ainsi que des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre, de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre et de l’Institut du Bon Pasteur. Et ces instituts ne sont pas la FSSPX.
La Fraternité Saint-Pierre est une société de vie apostolique de droit pontifical. Le pape François lui a d’ailleurs confirmé par décret, en 2022, la faculté d’utiliser les livres liturgiques de 1962. L’Institut du Christ-Roi et l’Institut du Bon Pasteur sont également des sociétés de vie apostolique de droit pontifical, reconnues par le Saint-Siège.
La décision de Mgr Micas à Lourdes est donc parfaitement pertinente pour savoir comment est traitée aujourd’hui la FSSPX. Elle ne permet absolument pas d’en déduire que les prêtres diocésains, la FSSP, l’Institut du Christ-Roi ou l’Institut du Bon Pasteur seraient devenus schismatiques parce qu’ils célèbrent la liturgie traditionnelle.
Vous appliquez donc à Feiz e Breizh un décret qui concerne une autre institution.
Si vous estimez qu’une disposition canonique particulière concernant l’usage du missel de 1962 n’aurait pas été respectée à Sainte-Anne-d’Auray, c’est une autre question : il faut alors produire le texte concerné et examiner les autorisations données. Mais on ne peut pas remplacer cette démonstration par l’affirmation « rite tridentin = schismatique », car ce n’est précisément pas ce que dit le décret que vous invoquez.
Enfin, rappelons que le diocèse de Vannes annonce lui-même officiellement le pèlerinage Feiz e Breizh des 19 et 20 septembre 2026 sur son site. Ar Gedour ne va donc pas faire semblant qu’une réalité ecclésiale bretonne qui existe, rassemble des fidèles et est publiquement annoncée par le diocèse de Vannes n’existe pas simplement parce que sa sensibilité liturgique déplaît à certains.
Informer n’est pas excommunier les uns pour satisfaire les autres.
Le rite tridentin n’a été qu’une manière habituelle de célébrer l’eucharistie pendant 400 ans. Ce n’est donc pas une tradition au regard des plus de 1000 ans précédant cette réforme faite en réaction à Luther et Calvin.
François a écrit Traditionis Custodes restreignant le droit à célébrer selon ce rite.
Léon XIV dans sa catéchèse du 26 août 2026 « défend la messe de Vatican II » (La Croix).
J’estime, pour ma part, que célébrer selon le rite tridentin est schismatique quel que soit le degré d’adhésion (publique ou privée) à FSSPX .
Vous écrivez désormais : « J’estime, pour ma part, que célébrer selon le rite tridentin est schismatique ».
Nous arrivons donc au cœur du désaccord : il s’agit de votre appréciation personnelle. Vous êtes évidemment libre de considérer que la liturgie réformée après Vatican II doit être privilégiée, ou même de souhaiter la disparition de l’usage du missel de 1962. Mais cela ne permet pas de qualifier canoniquement de « schismatiques » tous ceux qui le célèbrent.
Le droit de l’Église donne au schisme une définition précise : le refus de soumission au Souverain Pontife ou le refus de communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis (canon 751).
Or Traditionis custodes, que vous invoquez, ne déclare pas le missel de 1962 schismatique. Au contraire, tout en en restreignant fortement l’usage, le texte prévoit explicitement les conditions dans lesquelles sa célébration peut être autorisée. Son article 2 dispose que l’évêque diocésain est compétent pour en autoriser l’usage conformément aux directives du Siège apostolique.
On voit difficilement comment l’Église pourrait simultanément prévoir juridiquement l’autorisation d’une célébration et déclarer que le seul fait de la célébrer constitue un acte de schisme.
Concernant l’histoire liturgique, dire que cette liturgie n’aurait que 400 ans et ne pourrait donc être qualifiée de traditionnelle est également très réducteur.
Le missel promulgué par saint Pie V en 1570 n’a pas inventé une messe nouvelle. L’actuelle Présentation générale du Missel romain, c’est-à-dire le texte accompagnant précisément le missel issu de Vatican II, rappelle que le missel de 1570 différait très peu de celui imprimé en 1474, lequel reprenait lui-même le missel utilisé à l’époque du pape Innocent III. Paul VI écrivait lui-même en 1969 que l’organisation générale de cette liturgie remontait, pour l’essentiel, à saint Grégoire le Grand.
La réforme de Trente a donc codifié et révisé une tradition liturgique romaine beaucoup plus ancienne ; elle ne l’a pas créée en 1570 en réaction à Luther et Calvin.
Quant à Léon XIV, j’ai relu sa catéchèse du 26 août 2026, et pas seulement le titre de La Croix. Le pape y défend effectivement avec force la réforme liturgique de Vatican II, qu’il inscrit dans « la tradition vivante de l’Église ». Il rappelle également que la liturgie s’est développée et transformée au cours des siècles et appelle au respect des normes liturgiques.
Mais il ne dit à aucun moment dans cette catéchèse que célébrer selon le missel de 1962 constitue un schisme.
On peut donc parfaitement retenir ensemble ces trois faits :
– la réforme liturgique de Vatican II est la norme actuelle de l’Église romaine ;
– l’usage du missel de 1962 est aujourd’hui fortement restreint et réglementé ;
– cet usage n’est pas, pour autant, déclaré schismatique par l’Église.
C’est précisément pour cette raison qu’il faut distinguer la situation de la Fraternité Saint-Pie-X, concernée par les décisions que vous citiez précédemment, de celle de prêtres diocésains ou de communautés reconnues par Rome qui célèbrent selon le missel de 1962.
Vous pouvez personnellement désapprouver leur choix liturgique. Mais votre désapprobation ne suffit pas à transformer ces prêtres et ces fidèles en schismatiques.
Je ne suis pas sûr que vous feriez la différence entre une messe célébrée selon le missel de 1962 et une messe selon le missel de 1969 (dite messe Paul VI) célébré en latin ad orientem.
A l’origine, la messe « restaurée de Paul VI était prévue pour être célébrée en latin avec chant grégorien. La constitution concilaire sacrosanctum concilium insiste bien sur le fait que les fidèles doivent savoir chanter le kyriale en grégorien. Il est inutile et stérile de vouloir systématiquement opposer les deux formes d’un unique rit romain comme l’avait si bien écrit Benoît XVI dans son motu proprio Summorum pontificum qui avait largement octroyé la célébration du vetus ordo à tous les prêtres de l’Eglise Catholique. Le pape François a certes restreint cette liberté pour des raisons qui lui appartiennent pâr son motu proprio Traditionis custodes, soumettant cette faculté à beaucoup de règles contraignantes. Les fidèles et les prêtres s’adaptent parfois dans la douleurs à ces règles édictées sur des rapports falsifiés quant à la fidélité aux enseignements du saint Père.
Vous citez allègrement le quotidien « La Croix » qui n’a plus rien de catholique depuis des décennies en mélangeant allègrement les évêques, prêtres et fidèles de Fraternité saintt Pie X avec les évêques, prêtres et fidèles des communautés Eccleia Dei en communion avec le souverain Pontife qui veulent vivre leur foi catholique avec ce beau trésor qu’est la liturgie vetus ordo.
Renseignez-vous avant de balancer des anathèmes sur des milliers de fidèles qui po=rtent l’Eglise par leurs prières. On ne peut pas dire que la version dégénérée post 68 qui parle d »‘esprit du Concile » sans l’avoir jamais lu soit un exemple dans la transmssion de la foi catholique.
Il faut en finir avec cet amalgame aussi grave qu’infondé : « messe traditionnelle = schisme ».
Vous écrivez vous-même : « J’estime, pour ma part, que célébrer selon le rite tridentin est schismatique ». Voilà le problème : c’est votre opinion, pas l’enseignement de l’Église. Le canon 751 définit le schisme comme le refus de soumission au Pontife romain ou de communion avec les fidèles qui lui sont soumis. Où l’Église enseigne-t-elle que célébrer le Missel de 1962 constitue, en soi, un schisme ? Nulle part.
Traditionis custodes en restreint l’usage : il ne le déclare pas schismatique. Réglementer une liturgie n’est pas condamner comme schismatiques ceux qui la célèbrent.
Quant à la FSSPX, cessez donc de tout mélanger. Le problème canonique qui la concerne est lié à la rupture d’obéissance et aux consécrations épiscopales accomplies sans mandat pontifical ; ce n’est pas le Missel de saint Pie V qui a été déclaré schismatique. Assimiler la messe traditionnelle à la FSSPX est donc juridiquement et ecclésiologiquement abusif.
Et prétendre que cette messe serait une création de 1570 est historiquement tout aussi fragile : le Missel romain lui-même reconnaît la continuité avec des formes liturgiques bien antérieures, et Paul VI rappelait en 1969 l’ancienneté de cette tradition.
Cette liturgie a nourri pendant des siècles la prière, la foi, les vocations, les missions et la culture chrétienne de l’Église latine. On peut aujourd’hui en réglementer l’usage ; on ne peut pas, par une simple opinion personnelle, réécrire son histoire et la déclarer « schismatique ».
Soyons donc très clairs : la messe traditionnelle n’est pas le schisme. Le schisme est la rupture avec l’autorité et la communion de l’Église.
Accuser de « schismatiques » des catholiques sans démontrer qu’ils refusent le pape ou la communion ecclésiale est une accusation extrêmement grave et, en l’état, une pure invective dépourvue de fondement canonique.
Quant à Ar Gedour, rendre compte d’un pèlerinage catholique n’équivaut évidemment pas à cautionner toutes les opinions de ses participants.
Avant de distribuer des anathèmes, il serait donc souhaitable de respecter le droit de l’Église, son histoire et surtout le sens des mots.
La FSSPX est bien schismatique car elle reconnaît le pape mais remet en cause son autorité, refuse la communion pleine et entière. Mais ce n’est pas pour leur usage d’un missel traditionnel.
Ceux qui « refusent le pape », les sédévacantistes, eux, sont hérétiques car ils considèrent que ce n’est pas l’Esprit Saint qui préside le conclave, or il n’y a pas pire péché que celui contre l’Esprit.
Dire que la FSSPX est « schismatique » est juridiquement simplificateur. Jean-Paul II a qualifié de schismatique l’acte précis des consécrations épiscopales de 1988, et non déclaré que toute la FSSPX cessait d’être catholique. Ce n’est pas la même chose ! Benoît XVI a ensuite levé l’excommunication des quatre évêques et rappelé qu’ils reconnaissaient le pape et son autorité, malgré leurs réserves doctrinales. Surtout, François a encore accordé aux prêtres de la FSSPX la faculté de confesser validement et licitement, puis a prévu des dispositions concernant les mariages de leurs fidèles. Le Saint-Siège considère certes toujours leur situation canonique comme imparfaite et la pleine communion institutionnelle comme non encore rétablie. Mais cela ne permet pas de les assimiler aux sédévacantistes, qui, eux, contestent que le pape soit réellement pape. Bref : situation canonique imparfaite et désaccords doctrinaux, oui ; « secte schismatique qui refuse le pape », certainement pas.. Il faut distinguer soigneusement un acte qualifié de schismatique, une situation canonique irrégulière et le rejet du pape lui-même. Cessez tous de raconter n’importe quoi !
Le véritable danger n’est pas la Tradition.
Il faut aujourd’hui avoir le courage de remettre les choses dans leur ordre. À force de présenter les catholiques attachés à la liturgie traditionnelle comme un problème pour l’Église, certains en viennent à inverser les responsabilités :: ceux qui défendent la Tradition deviennent des suspects, tandis que les doctrines qui soumettent la foi à l’esprit du temps sont parfois présentées comme un progrès nécessaire !!!!!
Or saint Pie X, dans Pascendi Dominici gregis (1907), dénonçait précisément le modernisme comme un système doctrinal profondément incompatible avec la foi catholique. Il allait jusqu’à le qualifier de « synthèse de toutes les hérésies ». Le modernisme tend aà soumettre le dogme, la foi et la vie de l’Église à l’évolution des consciences et à toutes les transformations de la pensée moderne.
C’est donc une curieuse inversion que de faire des défenseurs de la messe traditionnelle les principaux ennemis de l’Église. L’attachement à cette liturgie ne constitue pas en lui-même une opposition à l’Église. Jean-Paul II reconnaissait en 1988 les « aspirations légitimes » des fidèles attachés à l’ ancienne tradition liturgique, et Benoît XVI affirmait en 2007 que le Missel de 1962 n’avait jamais été juridiquement abrogé et qu’il appartenait dailleurs à l’unique rite romain.Le véritable débat devrait donc porter sur la foi et la doctrine, et non sur la simple étiquette de « traditionaliste « . La question essentielle est de savoir si la Révélation reçue peut être soumise aux changements de l’esprit du siècle, ou si elle doit être fidèlement conservée et transmise.
Il faut donc cesser de chercher automatiquement les ennemis de l’Église du côté de ceux qui défendent la Tradition. Le combat contre le modernisme, tel que saint Pie X l’avait défini, demeure une question doctrinale bien plus fondamentale et nécessaire que la querelle visant ceux qui veulent simplement conserver l’héritage liturgique reçu de leurs pères.
Traiter de « schismatiques » la messe traditionnelle, ses prêtres et ses fidèles relève surtout d’un abus de langage. Le droit canonique est pourtant clair : le schisme est le refus de soumission au Pontife romain ou de communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis (can. 751). Aimer la liturgie traditionnelle n’est donc ni une hérésie ni un schisme.
Quant aux mots « hérétique » et « schismatique », qu’on commence par les employer dans leur sens précis. Ce ne sont pas des insultes que l’on distribue à ceux dont on désapprouve les choix liturgiques.
Et si l’on veut vraiment examiner les dérives liturgiques, qu’on ait au moins l’honnêteté de regarder touttes les célébrations. Certaines pratiques apparues après la crise liturgique des années 1960 ont parfois tellement banalisé le sacré et déformé l’expression de la foi qu’elles méritent, elles aussi, un examen théologique et canonique sérieux, qu’on attent toujours dailleurs !
Avant de traiter les traditionalistes de schismatiques, il faudrait donc commencer par connaître la définition du schisme et cesser de confondre fidélité à une tradition liturgique et rupture avec l’Église.
Le commentaire de Robert est franchement déplacé. Assimiler, même à demi-mot, la messe traditionnelle à un « schisme » est une accusation aussi grave que malvenue, surtout à l’heure où l’Église devrait se serrer les coudes et fortifier ses fidèles plutôt que d’ajouter de nouvelles divisions.
Il faut cesser de diffuser des contre-vérité : la messe traditionnelle ne peut pas être une messe « schismatique ». De plus, peut-on savoir si Robert exercerait la même sévérité à l’égard des hérésies et des doctrines réellement contraires à la foi, et qui attaquentt notre église de toute part ? Seraient elles toutes dénoncées avec autant de vigueur ? J’en doute. Dans une Église déjà éprouvée, qualifier ainsi des catholiques attachés à une liturgie qui a nourri des générations de fidèles n’est pas anodin. Les mots ont un sens : le schisme est une rupture de communion, pas l’usage d’un missel ! Un peu de rigueur canonique et, surtout, un peu moins d’invectives seraient certainement plus conformes à la charité chrétienne.
Robert, une question toute simple si vous permettez, puisque vous aimez mettre les pieds dans le plat : Est-il vraiment catholique de traiter ainsi des fidèles de « schismatique » et de lancer de telles accusations à l’emporte-pièce ?
« Schismatique » n’est pas un gros mot que l’on distribue à ceux dont on n’aime pas la liturgie. Il y a tout de même quelques notions de catéchisme et de droit canonique à connaître avant de dégainer ce genre de qualificatif !……. La charité chrétienne n’interdit pas l’humour ; elle recommande surtout de ne pas confondre indignation personnelle et vérité catholique.
Bref, Robert : un peu moins de points d’exclamation, un peu plus de catéchisme… et tout le monde s’en portera mieux. 😉
Ce qui est embêtant n’est pas tant le rit qui fait partie de l’histoire de l’Eglise, rit et important de connaitre, mais les idéologies qui s’y accrochent et marchent avec. Schisme non, refus de la communion ecclésiale en partie.
Réponse au dernier commentaire : Pour éviter que la messe traditionnelle puisse être progressivement associée à des courants idéologiques particuliers, ne serait-il pas préférable d’en permettre sans délai la libre célébration dans l’ensemble de l’Église universelle, afin qu’elle puisse être vécue et célébrée sereinement par tous les fidèles qui le souhaitent ? dans l’état actuel des choses c’est la seule solution sérieuse qu’il conviendrait d’envisager et dans les meilleurs délais.
À T. Moal et aux autres commentateurs qui parlent de « refus de communion ecclésiale », il faudrait peut-être commencer par une chose élémentaire : ne pas confondre désaccord, situation canonique particulière et schisme.
La messe traditionnelle n’est pas une idéologie. Elle n’est pas davantage la propriété de la FSSPX. Elle appartient à l’histoire liturgique de l’Église latine et a été célébrée pendant des siècles par des générations de catholiques. Que son usage soit aujourd’hui soumis à des règles précises est une chose ; prétendre que ceux qui y sont attachés seraient pour cette seule raison en rupture avec l’Église en est une autre.
Et cessons également les amalgames. Un prêtre diocésain célébrant selon les dispositions qui lui sont accordées, un prêtre de la Fraternité Saint-Pierre, de l’Institut du Christ-Roi ou de l’Institut du Bon Pasteur, un fidèle attaché à la liturgie traditionnelle et un membre de la FSSPX ne sont pas juridiquement une seule et même réalité.
Quant à la FSSPX, sa situation est certes particulière et fait l’objet de désaccords sérieux avec les autorités romaines. Mais même là, il faut parler avec précision. On ne peut pas transformer chaque difficulté canonique ou doctrinale en une condamnation globale de tous les prêtres et de tous les fidèles qui fréquentent cette Fraternité. La réalité est plus complexe que les slogans.
Il faut surtout cesser cette étrange logique qui consiste à faire de la messe traditionnelle le problème principal dès qu’un pèlerinage rassemble des catholiques attachés à cette liturgie. Ces fidèles prient. Ils vont à la messe. Ils se confessent. Ils baptisent leurs enfants. Ils font des pèlerinages. Ils transmettent le catéchisme. Ils donnent du temps et de l’argent à l’Église. Certains suscitent des vocations, entretiennent des chapelles, organisent des processions et font vivre des traditions chrétiennes qui disparaîtraient autrement. Tout cela ne mérite pas d’être balayé d’un revers de main sous l’étiquette « traditionalistes ».
Et si l’on veut parler de fidélité à l’Église, alors soyons cohérents : respectons l’autorité du pape et des évêques, mais ne transformons pas non plus chaque catholique qui exprime une préférence liturgique ou un désaccord en ennemi de l’Église. La véritable communion ecclésiale ne se mesure pas à la capacité à répéter les mêmes formules que son voisin. Elle se vit dans la foi, les sacrements, la prière, la charité et le rapport concret à l’Église et à son autorité.
Enfin, concernant Feiz e Breizh : pourquoi faudrait-il voir un problème là où il y a des catholiques qui marchent deux jours vers Sainte-Anne-d’Auray, prient, chantent, portent leur foi et transmettent un patrimoine religieux breton ?Marcher vers un sanctuaire, réciter son chapelet, chanter du grégorien, assister à la messe et transmettre la foi à ses enfants ne constitue pas une menace pour l’Église. Nous devrions plutôt nous réjouir que des familles et des jeunes prennent encore le chemin d’un sanctuaire. La messe traditionnelle n’a pas besoin d’être opposée à la messe de Paul VI pour être défendue. Et les catholiques attachés à la Tradition n’ont pas besoin d’être traités de schismatiques pour que d’autres catholiques se sentent rassurés dans leurs propres choix.
Il serait temps de sortir de cette guerre permanente des étiquettes. L’Église n’a pas besoin que ses enfants passent leur temps à se dénoncer mutuellement. Elle a besoin de fidèles qui prient, de prêtres qui sanctifient, de familles qui transmettent et de catholiques qui annoncent Jésus-Christ. Et ceux qui, de bonne foi, travaillent à cela — qu’ils soient diocésains, attachés à la forme traditionnelle du rite romain, membres de la FSSP, de l’Institut du Christ-Roi, de l’Institut du Bon Pasteur ou même attachés à la FSSPX — méritent au minimum que l’on parle d’eux avec justice, précision et charité chrétienne.
Car défendre l’Église ne devrait jamais signifier passer son temps à soupçonner une partie de ses fidèles.