C’est un choc pour les habitants de Trégastel et pour tous ceux qui sont attachés au patrimoine religieux breton. La chapelle Sainte-Anne, édifice emblématique du centre-bourg, a été gravement endommagée par un incendie qui s’est déclaré ce vendredi 12 juin en fin d’après-midi.
Alertés à 16 h 07, les sapeurs-pompiers sont rapidement intervenus pour combattre le sinistre. Trente-deux soldats du feu, venus de plusieurs centres du département, ont été mobilisés. Quatre lances, dont une déployée depuis une grande échelle, ont permis de maîtriser les flammes avant d’engager un important travail de dégarnissage afin de rechercher d’éventuels foyers résiduels.
La toiture de l’édifice est détruite à environ 75 % et s’est partiellement effondrée. Malgré l’ampleur du sinistre, la structure de la chapelle semblait encore tenir en fin de journée. Aucun blessé n’est à déplorer.
Les œuvres sauvées
Dans ce drame, une nouvelle apporte un certain soulagement. Les statues conservées dans la chapelle, dont trois œuvres classées au titre des Monuments historiques, ainsi que le matériel liturgique, ont pu être évacués à temps par les secours. Déposés provisoirement sur la pelouse entourant l’édifice, ces objets ont ensuite été pris en charge par les services techniques de la commune.
À 18 h 30, les pompiers étaient maîtres du feu mais poursuivaient leurs opérations afin d’éliminer tout risque de reprise. Une partie de la toiture encore en place devait être démontée pour permettre la recherche des derniers points chauds.
Un édifice fragilisé depuis plusieurs mois
La chapelle Sainte-Anne, dont la construction remonte à 1635, était fermée au public depuis le mois de mars. Des désordres avaient été constatés dans la charpente ainsi que des chutes de gravats au niveau du dôme situé près du clocher, dans la partie la plus ancienne de l’édifice.
Face aux risques présentés par l’état de la structure, les célébrations religieuses et les animations culturelles qui s’y déroulaient habituellement avaient été déplacées. Une collecte destinée à financer les travaux de restauration venait d’être lancée. Cette fermeture préventive a sans doute permis d’éviter un drame humain.
Une émotion profonde
Derrière le périmètre de sécurité, l’émotion était vive parmi les habitants. Pour beaucoup, la chapelle Sainte-Anne représente bien davantage qu’un simple bâtiment ancien. Témoignage de la foi des générations passées, elle occupe une place particulière dans la vie de la commune.
« C’est un bâtiment emblématique de la commune, le pendant de l’église du bourg », confiait un habitant particulièrement touché par l’événement. « Je me suis marié là. »
La maire de Trégastel, Annie Macé, a exprimé sa tristesse face à la catastrophe, tout en appelant à la prudence concernant l’origine du sinistre. Aucune hypothèse n’est privilégiée à ce stade. Une expertise ainsi qu’une enquête de gendarmerie devront déterminer les causes exactes de l’incendie.
Préserver le patrimoine religieux breton
Au-delà du cas de Trégastel, cet incendie rappelle la fragilité du patrimoine religieux breton. Souvent entretenues avec difficulté par les communes et les associations locales, les chapelles constituent pourtant l’un des héritages les plus précieux de la Bretagne.
La sauvegarde des œuvres classées permet aujourd’hui d’entretenir l’espoir d’une restauration future. Mais l’émotion suscitée par ce sinistre montre aussi combien ces édifices demeurent vivants dans la mémoire collective et continuent de faire partie de l’identité profonde de nos territoires.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne