Saints bretons à découvrir

BRINDILLES CHAMPETRES (3) : nos belles églises

Nous poursuivons, grâce à l’œuvre pleine de poésie de l’abbé Joseph Le Cornet, que nous vous avons précédemment présenté, la récolte des « brindilles champêtres » qu’il a engrangé pour nous, pour notre édification. Après la beauté de la campagne, voici celle de nos églises.

Admiratif de nos églises et de nos chapelles, des plus fastueuses aux plus humbles, il nous invite à y voir bien davantage que des murs de pierres, à y voir « un coin du Ciel sur la terre » :

“L’architecture religieuse veut chanter Dieu avec des poèmes de pierres, si bien que nos églises sont un monde de merveilles, où l’on rencontre de délicieux essais d’art local. Une belle église, c’est un livre de pierres, dont les feuillets sont chargés d’idées et d’énigmes saintes. L’histoire d’un long passé est flottant sous leurs voûtes. Des siècles de souvenirs nous y attendent.

Quand nous entrons dans une église, on en sort toujours meilleur qu’on y est entré, tant soit peu qu’on y stationne respectueusement. En effet, c’est le privilège de nos églises de nous mettre en relation avec Dieu. En conséquence, leur grande raison d’être est de nous édifier, de nous éclairer et de toucher nos cœurs. Elles nous dégagent des vulgarités par leur beauté et leur attrait mystérieux. La contemplation des belles choses invite aux sentiments élevés, aussi combien elles sont touchantes nos églises de campagnes, dont les clochers complètent si heureusement le paysage et le spiritualise.

Un reliquaire d’âmes

La plus petite église de village est un vrai musée, ou plutôt un « reliquaire d’âmes ». Un des charmes les plus émouvants de nos vieilles églises, ce sont les antiques statues qui les décorent. Les sculpteurs faisaient passer dans leurs œuvres les nobles sentiments de leurs âmes profondément chrétiennes ; d’où leur air de piété et de majesté qui attire et console. Mais toutes restent inachevées, parce qu’elles appartiennent à la terre ; il n’empêche qu’un de leur charme, c’est le parfum d’un passé traditionnel et chrétien. Nous trouvons dans nos églises la vraie pensée chrétienne de tous les siècles qui nous ont précédés : la vie chrétienne veut mettre de la beauté dans nos âmes, n’oublions pas que leur raison d’être est de nous élever du temple matériel au temple spirituel, dont l’Office de la Dédicace nous donne un avant-goût”.

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Beau texte, écrit avec des mots simples, qui est en vérité d’une grande actualité quand on songe aux profanations, aux actes criminels, aux mépris, aux abandons et désertions dont aujourd’hui nos sanctuaires sont l’objet. Cette haine et ce dédain ne font que confirmer leur grandeur, leur nécessité d’exister dans nos sociétés qui ont signifié leur congé à Dieu, à la beauté et au sacré. Nos églises dérangent dans des paysages que l’on entend uniformiser et désacraliser pour ne pas attenter à d’autres croyances, à d’autres cultures, aux sacro-saintes valeurs d’une laïcité qui se sacralise elle-même. Les révolutionnaires de 1793 ont voulu éradiquer de nos paysages églises, chapelles, monastères et calvaires, ils y sont presque parvenus, et nous pouvons toujours en voir les stigmates. Aujourd’hui, leurs héritiers entendent poursuivre leur œuvre satanique inachevée en rasant bien des églises laissées à l’abandon, en les désacralisant pour des usages profanes et sacrilèges, ou en les affectant à d’autres cultes.

L’abbé Le Cornet s’inscrit dans la lignée de bien d’autres prêtres, de bien d’autres chrétiens qui ont eu le souci du devenir de nos sanctuaires. Tous nous ont demandé de les aimer, mais pas seulement pour leurs belles pierres chargées d’histoire, mais pour la charge spirituelle qu’elles dégagent afin de nous élever vers Dieu.




À propos du rédacteur Youenn Caouissin

Auteur de nombreux articles dans la presse bretonne, il dresse pour Ar Gedour les portraits de hauts personnages de l'histoire religieuse bretonne, ou encore des articles sur l'aspect culturel et spirituel breton.

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