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Chronique du Père Job an Irien : Kontadenn da c’hortoz Nedeleg / Conte pour attendre Noël

Amzer-lenn / Temps de lecture : 5 min

Les chroniques publiées du Père Job an Irien sont initialement publiées sur le site du diocèse de Quimper & Léon, et reprises avec son autorisation sur Ar Gedour.

Pennad e brezhonegArticle en français

«Lavar din piou out-te, Jezuz a C’halile !» An diskan-se a bourmen em fenn mintin ha noz abaoe m’eo kroget amzer an Azvent. Eur skeudenn a ya da heul, hini eur pôtrig a bemp pe c’hwec’h vloaz o c’hoari fleüt e-touez e zeñved. Brao eo an amzer hag al levenez a gan e mêziou Nazared. Ar pôtrig a zeu hag a ya araog pe da heul e vandennig deñved, pemp dañvad ha daou oan, ar re-mañ o fringal tro-dro d’o mamm. O vond emaint bremañ warlerc’h ar pôtrig beteg traoñ ar park, ’lec’h ma ‘z-eus eur poull-dour. Ar mesaer bihan a c’halv an deñved dre o ano, pep hini d’e dro, hag e tiwall mad ar re vihan. P’o-deus oll evet awalc’h e c’hoari fleüt en-dro, hag e yeont gantañ da beuri eun tammig pelloc’h.

        O huñvreal emaon pe get ? E-touez toniou all ‘m-eus klevet ton «Pe trouz war an douar» eur wech pe ziou, ha bremañ «War ar menez ar bastored…» hag ive eun ton dañs Nedeleg. N’eo ket posubl ! Dihun mad on koulskoude. Ar c’hoarier fleüt eo sur-mad, med ne gredan ket mond da zireñka anezañ, nag e zeñved kennebeud. Azezet on war ar peuri, o selaou hag o soñjal. Penaoz eo deuet an toniou-se beteg amañ ? Hanter voredet on gand an dommder, hag e soñjan e kraou Nedeleg, pa gred din kleved, iskiz awalc’h, ton koz «Piou lavaro pebez glahar ?» Strobinellet on pe betra ? Vel glaharet e c’hoari ar fleüt an ton-se goustadig diou pe deir gwech diouz reñk, hag e ro peoc’h epad eur pennad hir. Pa zon en-dro eo vel levenez eur mintin pa zispak bannou an heol. An ton bremañ eo hini «Bezit laouen evid atao rouanez bro an neñvou…», anjeluz Pask ha, dioustu warlerc’h, eun ton kembread «Tridal a ra va c’halon e Doue…»

        Dao eo din gouzoud ha kompren. Penaoz e c’hell ar pôtrig-se anaoud an toniou-se, hag a zo toniou pedenn va bro ? Penaoz int deuet beteg amañ er Galile ?  Aet on da gaoud ar pôtrig da c’houlenn digantañ. Ha gand e zaoulagad sklêr e-neus sellet don en va ene, gand eur zell karantezuz meurbed, hag e-neus lavaret din : «Va mamm, Mari, a gan an toniou-se ha mil all c’hoaz bemdez, o vond hag o tond en eur ober he labour. Gouzoud a ran anezo peogwir int kanou va buez din-me hag he buez dezi ive. Ha bremañ e vezint kanou da vuez dit-te ive.» En eun taol on en em gavet en-dro er gêr e Breiz-Izel, va C’halile din-me ! Bevet am-boa va Nedeleg !

« Dis-moi qui es-tu toi, Jésus de Galilée !» Ce refrain se promène dans ma tête matin et soir depuis le début de l’Avent. Une image l’accompagne, celle d’un petit garçon de cinq ou six ans qui joue de la flûte parmi ses moutons. Il fait beau et la joie chante dans les campagnes de Nazareth. Le petit gars va et vient devant ou derrière son petit troupeau de moutons, cinq moutons et deux agneaux, ceux-ci gambadant autour de leur mère. Ils suivent maintenant le petit gars jusqu’au bas du champ où se trouve un point d’eau. Le petit berger appelle les moutons par leur nom, chacun à son tour, et il garde bien les petits. Quand ils ont tous assez bu, il joue de nouveau de la flûte et ils le suivent pour brouter un peu plus loin.

        Je rêve ou pas ? Parmi d’autres mélodies j’ai entendu l’air de «Pe trouz war an douar» (Quel bruit sur la terre) une fois ou deux, et maintenant «War ar menez ar bastored…» (Sur la montagne les pâtres) et puis un air de danse de Noël. Ce n’est pas possible ! Je suis bien réveillé pourtant. C’est sûrement le joueur de flûte, mais je n’ose pas aller le déranger, ni ses moutons. Je suis assis sur l’herbe, j’écoute et je réfléchis. Comment ces airs sont-ils venus jusqu’ici ? A-demi assoupi par la chaleur, je pense à la crèche de Noël, quand je crois entendre, c’est bien étrange, cet air ancien «Piou lavaro pebez glahar ?» (Qui dira quelle peine ?). Je suis ensorcelé ou quoi ? Comme en souffrance, la flûte joue cet air doucement deux ou trois fois de rang, puis se tait un long moment. Quand elle joue de nouveau, c’est comme la joie d’un matin quand se déploient les rayons du soleil. La mélodie maintenant est celle de «Bezit laouen evid atao Rouanez an neñvou…» (Réjouissez-vous pour toujours Reine du ciel) l’angélus de Pâques, et tout de suite après, un air gallois «Tridal a ra va c’halon e Doue…» (Mon cœur exulte en Dieu…).

        Il faut que je sache et que je comprenne. Comment ce petit garçon peut-il connaître ces airs, qui sont les airs de la prière de mon pays ? Comment sont-ils parvenus ici en Galilée ? Je suis allé trouver le petit gars et lui ai demandé. Et de ses yeux clairs, il a regardé profondément en mon âme d’un regard plein d’amour, et il m’a dit : «Ma mère, Marie, chante ces mélodies et mille autres chaque jour en allant et venant en faisant son travail. Je les sais car ce sont les chants de ma vie et de la sienne. Et maintenant ils seront les chants de ta vie à toi aussi.» D’un seul coup, je me suis retrouvé à la maison, en Basse-Bretagne, ma Galilée à moi ! J’avais vécu mon Noël !

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