Saints bretons à découvrir

Orgue et bombarde : aux origines d’un couple disparate

Amzer-lenn / Temps de lecture : 31 min

L’article suivant, de Jef Philippe, a été publié dans les numéros 227-228 (juillet-août et septembre-octobre 2011) de la revue Musique Bretonne, éditée par Dastum. Il a ensuite été repris sur le site Plenum Organum. Cet article est publié sur Ar Gedour avec l’aimable autorisation de Jef Philippe et de Plenum Organum.

“… nous respectons ceux qui sonnent avec leurs tripes et qui réussissent à nous émouvoir et à nous faire vibrer.”(1)
Georges Épinette

Apparemment, rien ne prédestinait ces deux instruments à jouer de concert, encore moins à se donner la réplique : le mariage de la moiss’batt et de l’orvet… Un énorme instrument, des centaines de tuyaux accompagnant un modeste “hautbois rustique” de 30 cm, percé de 7 trous… Un champion de la musique savante, requérant les deux mains et les deux pieds de l’organiste, s’acoquinant avec un petit voyou musical, un “ibil” certes doté d’un solide tempérament mais parfois infidèle à la gamme… tempérée, d’autant plus que la tempérance est rarement le signe distinctif de celui qui s’escrime à y souffler… Ouf !

Les malins vous diront que certains tuyaux d’orgue ont la taille d’un Bic, que le majestueux instrument-orchestre comporte des jeux de violoncelle, de clairon, de trompette, de flûte, de hautbois, de clarinette, de… bombarde… eh ! oui ! Mais ce dernier timbre rappelle plutôt la bombarde-instrument d’artillerie que celle qui résonne impétueusement dans nos festoù-noz. Pas étonnant que certains sonneurs, un soir de concours, se soient prétendus capables de jouer le canon de Pachelbel sur les orgues de Staline. La musique a de ces raccourcis !

“La présence de ce […] timbre [de bombarde] devait conduire les musiciens à chercher des comparaisons avec la bombarde populaire conservée par les sonneurs bretons. Le nombre et la qualité de ces derniers n’ayant cessé de croître […] pouvaient même permettre au simple hautbois de Cornouaille et du Vannetais de monter en quelque tribune et de se placer à côté du bel ordonnancement des tuyaux du « pape des instruments »”(2)

Du reste, on admettra que l’orgue a plutôt tendance à mener sa carrière en solitaire, à l’exception notoire de son amour pour les chœurs dont il assure le continuo. Peu de compositeurs ont écrit pour orgue et instrument. Cela vient peut-être du fait que l’orgue est surtout perçu comme instrument d’église, après en avoir expulsé tous les autres. Il est polyvalent, peut aller du pianissimo au fortissimo selon les besoins  liturgiques. Quant à la bombarde, elle était naguère considérée comme nocive pour la santé des âmes, à égalité avec son pulpeux compère le biniou. En fait, la plupart des morceaux que l’on entend interpréter de nos jours par des instruments accompagnés à l’orgue sont des transpositions d’œuvres diverses, voire de pièces vocales ou orchestrales.
Malgré tout, quelques compositeurs pour orgue ont confié des lignes mélodiques à un instrument soliste. Ainsi l’italien Giovanni Viviani (1638-1692) composa deux sonates pour orgue et trompette. Retenons, pour l’anecdote, Nicolaus Bruhns : “On rapporte que Bruhns jouait du violon à sa tribune de Husum tout en s’accompagnant lui-même sur le pédalier de l’orgue”.(3)

Il y eut également des concertos pour orgue et cordes (voir notamment Haendel, Corrette, Vivaldi). Enfin, Schumann composa Trois Romances pour hautbois et piano, ce qui sort un peu de notre propos mais en apparence seulement…

Quelques remarques encore. En 1966, le trompettiste Maurice André entama avec l’organiste Marie-Claire Alain une collaboration qui allait faire florès ; mais il avait déjà enregistré plusieurs disques avec Pierre Cochereau au début des années 1960 sinon avant. En 1967, année où Jean-Claude Jégat commence à se faire accompagner par l’orgue, le clarinettiste Jean-Christian Michel popularise le couple clarinette et orgue. La formule orgue-bombarde ne fut donc pas un phénomène isolé.

 

La saga des origines

Orgue et trompette, soit : ce sont là gens d’église et de cour. Mais que diable vient faire là-dedans la bombarde ? Pour parodier Louis-Ferdinand Céline, “ça a débuté comme ça…”(4)
J’ai eu la chance d’interroger Polig Monjarret à ce sujet, quelques temps avant sa disparition. Autant lui laisser la parole. La lettre est datée du 3 novembre 2002 :

C’est vers mars ou avril 1941 que Jef Le Penven a accompagné Dorig à l’orgue. A ma connaissance c’était la première fois que cela se faisait. Si mes souvenirs sont bons cela s’est passé à Rennes, en l’Église Saint-Sauveur. Il est aussi possible qu’ils aient auparavant expérimenté l’affaire dans les locaux de Radio-Rennes.

Jef possédait un orgue électrique, avec pédalier et plusieurs jeux. Je ne saurais affirmer qu’ils se sont entraînés sur cet engin avant d’aller à l’église St Sauveur. Cela n’est pas impossible, encore que Dorig lisait à vue, il n’avait nul besoin de répétition, il suffisait de lui mettre la partition sous les yeux.

Par la suite cela fut renouvelé souvent, exclusivement à la bombarde. Il y eut cependant un trio, Jef à l’orgue, Dorig à la bombarde, moi au grand biniou. C’était à l’occasion du baptême du fils de Dorig, Dorig Jean-Loup, à l’église de Ploërmel, en 1946 il me semble (5). Le matin même Jef avait composé un air en contrepoint qu’il intitula “TON-BALE-BADEZIANT” – cet air a été publié dans Sonit’ta Sonerion, édité par B.A.S. en 1947(6). Les bourdons de la cornemuse et le pédalier de l’orgue pouvant se trouver en dissonance, Jef exigea que soient obturés les trois bourdons de mon biniou. Anecdote au passage : Jef écrivit en La la partition de Dorig (avec trois dièses à la clé), la mienne en La bémol avec trois bémols à la clé (7). Dorig n’a en effet jamais su lire une partition avec des bémols (8). 

Nous jouâmes l’air sans répétition préalable, le lisant à vue (9). J’ai gardé un souvenir cuisant de cette épreuve ; à chacun sa partition en quelque sorte ! Quand Dorig sonnait la première partie je jouais la seconde, et Jef brodait sur les deux thèmes. Le résultat ne fut pourtant
pas si mauvais que ça !
L’année suivante Jef m’imposa un autre pensum, jouer le Bro-Goz avec la centaine de musiciens de la Musique de la Flotte. C’était à la salle municipale de Guingamp. Là c’était pire, je ne m’entendais pas ! Mes bourdons me cornaient aux oreilles, et la puissance des cuivres, qui ne jouaient pas le chant, me donnait l’impression de faire n’importe quoi. J’avais heureusement pris pour repère un joueur de basson, dont je suivis le mouvement des doigts de bout en bout.

Par la suite il y eut d’autres “bombarde et orgue”, mais cela ne s’est vraiment développé qu’avec Yann L’Helgouac’h et Bernard Pichard.” […] En 1970, Polig est revenu sur la partition qui fut jouée à Ploërmel, dans un article d’Ar Soner consacré à la notion musicale de contrepoint : « Déjà, dès 1942, avant donc le lancement de la B.A.S., Jef Le Penven m’a dit avoir entendu plusieurs paires de sonneurs jouer en contrepoint ; la plupart d’entre eux en Basse-Cornouaille.

Lui-même, s’inspirant de cet usage, et aussi surtout parce qu’il était un compositeur de classe, écrivit des pièces en contrepoint pour couple de sonneurs, du contrepoint simple bien sûr puisque nous utilisons tous le biniou braz, mais aussi le contrepoint double, et même triple, comme ce “Bale Badeziant” composé une heure avant le baptême du fils aîné de Dorig, à Ploërmel, et sonné dans l’église au biniou, à la bombarde et à l’orgue. T’en souviens-tu, Dorig ? ».(10)

Comme la chance est avec nous, il se trouve que le fils de Dorig, familièrement appelé du même prénom que son père, mais dont l’acte de baptême indique comme prénom officiel Jean-Louis, est en possession de cette fameuse partition. Je le remercie de m’en avoir communiqué la copie (pour la télécharger, cliquez ici). Essayons de voir plus clair dans ce qui est un brouillon rédigé à la hâte, mais qui n’en demeure pas moins la première partition destinée à ce type de musique. Il manque hélas la partie d’orgue, que Jef Le Penven a dû improviser.

 

Années 1950 : Yann L’Helgouac’h…

Qu’est devenu ce couple orgue-bombarde par la suite ?

Le regretté Martial Pézennec m’a indiqué que lors des déplacements de la Kevrenn de Rennes il avait eu l’occasion d’interpréter des airs accompagné par Le Penven ou d’autres, mais sans me donner plus ample précision. C’est à Christian (“Titi”) Hudin, l’un des fondateurs de la Kevrenn de Rennes en 1952-1953, que je dois les informations qui suivent.
Au début des années 50, les sonneurs rennais ont beaucoup joué avec des organistes occasionnels, tel le pianiste de jazz Serge Goisnard, notamment à l’occasion de mariages. Lors d’une messe de minuit il y eut même le bagad entier qui se fit accompagner à l’orgue.

Cependant, c’est Yann L’Helgouac’h qui donna à ce duo ses lettres de noblesse. L’Helgouac’h, excellent sonneur et technicien de la bombarde – il a publié une méthode d’apprentissage de cet instrument(11) – il était par ailleurs un musicien confirmé. Altiste, il fut premier prix de conservatoire ; il renonça à une carrière de musicien professionnel pour embrasser celle d’archéologue. Chef du pupitre bombarde de la Kevrenn de Rennes, il a composé plusieurs partitions parfois à destination d’ensembles de trois ou six instruments. Au hasard des déplacements, il lui arriva de se faire accompagner par des organistes auxquels il remettait une partition, leur laissant la liberté de gérer l’accompagnement selon les règles habituelles de l’harmonie. Donc, les organistes jouaient un peu le même rôle que le biniou dans le couple, sans se livrer à de savantes variations. Cependant, il n’a pas enregistré ses prestations, en tout cas pas sur
disque (12).

 

Etienne Rivoallan

…Étienne Rivoallan, Loïc Le Griguer…

En 1957, année de la reprise des fêtes guingampaises de la Saint Loup, le célèbre Étienne Rivoallan (de Bourbriac) a interprété des airs (notamment An Durzhunell) accompagné à l’orgue par Jacques Le Solleu. “Mlle Mazéas, de Guingamp, qui nous a entendus, voulait demander à Jef Le Penven de composer un air que nous aurions interprété, mais tout est tombé à l’eau.” (13) Daniel Philippe se souvient de les avoir aussi entendus jouer le cantique Enor ha gloar (ou, si l’on préfère l’original, le Bale Arzur du Barzaz Breiz) d’après une partition de Jef Le Penven. Il en connaît l’air et aussi la variation, qui se trouve en contrepoint de la mélodie comme dans Bale badeziant. (14)

Impossible d’évoquer Guingamp sans prendre l’avis de Loïc Le Griguer, prêtre, chef de chœur réputé, organiste accompli dont on se souvient qu’il a beaucoup accompagné le chanteuse Anne Auffret ainsi que les talabarderien Bernard Pichard et Daniel Le Féon. Il se souvient que dans les années 1956-57 il avait proposé à un enfant, Joël Rivoal, alors âgé de moins de 10 ans, de jouer la marche de Cadoudal à l’église de Plouézec, accompagné à l’orgue polyphone. L’essai ayant été concluant, le jeune garçon se vit confier (il avait alors 12-13 ans) l’interprétation à la bombarde de la partie de trompette (un peu simplifiée) que comportait une œuvre de Delalande, Lauda Jerusalem. Celle-ci fut donc interprétée par un chœur avec orgue et bombarde. Loïc précise que l’enfant apprenait sa partie “à la serinette” (15), c’est-à-dire par cœur(16).

 

…Émile Allain…

À la même époque, le nantais Émile Allain (né en 1926) expérimenta de son côté de curieuses formules, qui certes étonneraient moins de nos jours. D’abord, en 1956, lors de la messe des premières Floralies de Nantes, il interpréta, accompagné par l’organiste fameux Félix Moreau, l’air de Pardon Kelùen, appelé à une brillante carrière. Cet air figure au n° 141 de Sonit ‘ta sonerion, recueil d’airs bretons publié par Jef Le Penven. Émile, que je tiens à remercier pour son témoignage et à féliciter pour sa mémoire, dut faire ses preuves avant de faire résonner sa bombarde dans la cathédrale de Nantes. En effet, le chef de chœur était le célèbre chanoine Joseph Besnier qui ne plaisantait pas en matière de qualité musicale ; notre talabarder dut se rendre chez lui pour montrer son savoir-faire. L’épreuve fut concluante ! Il lui fut demandé par la suite de jouer à l’église Saint-Martin de Brest, mais un problème de mésentente avec l’organiste local lui a laissé un mauvais souvenir. Émile Allain, qui avait appris à lire les notes dans son enfance en prenant des cours de violon, vint souvent jouer au studio de Radio-Nantes, interprétant des airs bretons avec accompagnement de piano, voire de contrebasse. Un jour, le contrebassiste, militant syndical, refusa d’accompagner un musicien non syndiqué. Émile lui montra alors… sa carte d’adhérent à B.A.S. et l’ombrageux syndicaliste accepta de jouer ! Outre les airs bretons, leur répertoire comprenait des negro-spirituals comme Nobody knows ou du folk américain comme My old Kentucky home : bel
exemple d’ouverture de la musique bretonne, bien avant que l’on parle de world music !(17)

 

Années 1960 : de L’Helgouac’h à Jégat

L’élan des années 1950 s’intensifie. Le rôle dynamique de Yann L’Helgouac’h apparaît encore dans les souvenirs de Jorj Belz : “Al lid am eus komzet deoc’h anezhañ ar mintin-mañ a oe bet e iliz Keranna, d’er 7 a veurzh 1963 eit enoriñ eskob Gwened bet beleget 50 vloaz kent. Doc’h an orglezoù e oe Jef ar Penven, doc’h ar bombard Jean L’Helgouac’h ha doc’h ar binioù -bras Jean-Claude Bernier. Enrollet oe bet overenn ha gosperoù hag embannet ar prantadoù gwellañ anezhe get Barclay.(18)”

Traduction : “La cérémonie dont je t’ai parlé ce matin19 eut lieu à l’église de Sainte Anne, le 7 mars 1963, pour honorer l’évêque de Vannes qui fut ordonné 50 ans plus tôt. À l’orgue il y avait Jef le Penven, à la bombarde Jean L’Helgouac’h et à la cornemuse Jean-Claude Bernier. La messe et les vêpres furent enregistrées et les meilleurs passages furent édités par Barclay.”

C’est sans doute le premier enregistrement édité d’un orgue avec les instruments bretons, encore faut-il préciser qu’effectivement “il y a vaguement un morceau bombarde et orgue, en réalité orgue + chorale + bombarde + cornemuse sur 1 mm à 1mm 30, juste pour le final du disque”(20) .

Bernard Pichard, qui enregistra plus tardivement un premier disque avec l’organiste Michel Cocheril en 1974, peut être considéré comme l’héritier de Yann L’Helgouac’h. Il nous livre à présent son témoignage :

“J’ai personnellement entendu l’association bombarde et orgue pour la première fois à l’occasion des messes de minuit en breton qui étaient célébrées chaque année pour Noël à l’institution St Martin à Rennes. La bombarde était jouée par Jean L’Helgouac’h et l’orgue était tenu par le père Calvar. Je pense que c’était dans les années 64/65/66. Je ne sais pas depuis quand cette messe de minuit existait à Rennes. Par la suite j’ai joué moi-même dans ces messes de Noël, parfois avec chorale et orgue (chorale créée et dirigée par J. L’Helgouac’h) parfois en duo bombarde et orgue.

Les années suivantes nous avons eu l’occasion avec Yannick Oulc’hen de jouer des morceaux de bombarde et orgue pour le mariage de sonneurs de la Kevrenn de Rennes. 

La première fois que j’ai eu l’occasion d’entendre personnellement la formule en concert et d’y participer c’est à l’occasion de la Fête des Pommiers à Fouesnant, je pense que c’est en 67 ou 68. Nous venions de créer le trio de bombarde de Rennes (J. L’Helgouac’h, Yannick Oulc’hen et moi) ; c’était notre premier concert en dehors des soirées musicales qu’organisait alors « An Here» dans les salons de l’hôtel de France à Rennes durant l’hiver. Nous avions rassemblé [des airs] de musique bretonne en concert avec Jakez Pincet comme moteur pour la musique de cornemuse et le trio de bombardes de Rennes pour la bombarde ; le président était Iffig Le Berre.

Depuis, « An Here » est devenu une autre aventure consacrée exclusivement à la cornemuse. Le trio avait donc été invité à Fouesnant pour un premier concert public en dehors de Rennes, dans une chapelle. C’est à l’occasion de ce concert que nous avions proposé en plus du programme en trio de bombarde quelques morceaux bombarde et harmonium (il n’y avait pas d’orgue dans cette chapelle) avec au clavier madame L’Helgouac’h, épouse de Jean, qui était alors professeur de piano au conservatoire de Rennes.

La formule nous plaisait bien et quand nous nous sommes orientés avec quelques sonneurs de la Kevrenn de Rennes vers des concerts en église nous avons créé « Anao Nevez » : Jean Luc Le Moign, Bernard Le Moign, Pierre Foliard et Bernard Le Gal au biniou, Yannick Oulc’hen, Jakez Oulc’hen, Yvon Goarant et moi à la bombarde, Michel Cocheril à l’orgue. Nous avons donné de nombreux concerts dans les années 1972 à 1976 et enregistré un disque.

Par la suite j’ai poursuivi seul avec différents organistes car l’organisation était beaucoup plus simple. La plupart du temps je jouais avec Michel Cocheril. Assez souvent aussi avec Loïc Le Griguer de Guingamp dans des programmes avec Anne Auffret, chanteuse. Parfois c’était avec Michel Ghesquière de Saint Brieuc, plus rarement avec Antoinette Keraudren de Brest. C’est à cette époque que j’ai enregistré un 33 tours : « Noblesse de la bombarde (21)» avec M. Cocheril et Loïc Le Griguer. J’ai aussi eu l’occasion d’enregistrer un morceau avec Derek Bell à l’orgue pour un disque des Chieftains « Celtic wedding ». J’ai donné ces concerts jusqu’en 1997 date de mon départ en Polynésie.”(22)

Pour être complets, précisons que le duo Bernard Pichard – Michel Cocheril a obtenu le premier prix du premier concours Bombarde et Orgue organisé par les Tombées de la Nuit à Rennes en 1993.

 

L’épopée Jégat – Yhuel

Il faut ensuite attendre la deuxième moitié des années 1960 pour que le grand public découvre la puissance et l’harmonie d’une bombarde accompagnée à l’orgue. Ce sera le travail d’un vicaire mélomane et de son paroissien, Jean-Claude Jégat, talabarder de grand talent. L’abbé Marcel Blanchard, person Kistinid (recteur de Quistinic), nous en retrace l’historique :

Pennad e brezhonegArticle en français

« […] Evit pezh a sell sonerezh ar vombard gant ograoù, setu pezh a c’hellan lavarout. Pa ‘z on bet anvet da gure e Pondi er bloavez 1966, ha karget da ober war-dro ar Gerlenn Pondi, diouzhtu am eus graet anaoudegezh eveljust gant Jean-Claude Jégat, ha bamet on bet gant e zoare arzel da seniñ gant ar vombard. A-hend all n’em boa morse klevet ur vombard o seniñ a-gevred gant un ograoù. Ha setu deuet dioustu em fenn ar soñj da lakaat ur vombard a sone ken brav ha ken mistr da c’hoari evel unan eus binvioù an ograoù. Gouzout a rit moarvat ez eus e-touez binvioù an ograoù – les jeux de l’orgue – unan anvet ‘bombarde’. Kentañ striv bet kinniget ganin da Jégat a zo bet enrollañ, gant va c’hozh benveg din-me, div pe teir linenn-gan eus kantikoù Gwened eilet gant un ograouer eus parrez Pondi a oa dedennet ivez gant ar sonerezh-se. Goude-se, e 1969, e oa deuet da Bondi, war va goulenn, un teknikour akuit e ouien e laboure evit abadennoù brezhonek Charlez Ar Gall ; enrollet en deus cheuc’h un dek bennak a gantikoù sonet gant Jégat ha eilet war ograoù bras an iliz-parrez gant un ograouer all […].

Ne oa ket bet kanet ar c’hantikoù, met sonet kepken. P’eo bet klevet an dra-se gant selaouerion-boaz abadennoù Charlez Ar Gall, lizhiri e-leiz a zo degouezhet gantañ hag e wreg, Janig Ar Gall, o c’houlenn pelec’h prenañ ar bladenn nevez-se. Ne oa pladenn ebet eveljust. Divizet hon eus neuze lakaat ober ur mil skouerenn bennak a bladennoù mentvihan, 33 tro ; gwerzhet int bet d’an daou lamm.
Goude-se, e bloavez 1971, ez omp aet hon tri, Jean-Claude, me hag an teknikour-son, da dal Louis Ihuel a oa ograouer e iliz-parrez Gwennrann. Eno eo bet enrollet ar bladenn vras Bombarde et orgue en Bretagne : Musique sacrée, berzh kaer he deus graet ar bladenn-se. […]

N’em eus ket bet ezhomm da vroudañ kalz Jean-Claude war hent ar sonerezh, ken donezonet ma oa, hag o c’hortoz abaoue ken pell bezañ hentet war an tu-se. Pa ‘z on degouezhet e Pondi e 1966, e oan dija dedennet a-bell zo gant sonerezh ar c’hantikoù breizhek a gaven bravsouezhus hep kompren petra oa kaoz d’o braventez ; d’ar c’houlz-se e klasken hepken perzhioù ar skeul-son (la modalité) ; nevez zo ez on bet dedennet gant al liestalmadur (polyrythmie). Ret eo din lavarout ne anaveze Jean-Claude kanenn breizhek ebet met unan, hini pardon Pondi, a zo anezhi Kanenn er labourer douar (23). Dizoloet em eus dezhañ ouzhpenn 50 kantik all eus Bro-Wened. Ha diouzhtu e komprene soutilderioù ar sonerezh breizhek. Ur blijadur e oa evidon mont da vale gantañ e diabarzh ar sonerezh-se.
[…] A-hend all n’am boa klevet hini ebet araok Jean-Claude oc’h ober gant ar vombard eilet gant an ograoù.”(24) […] »

En ce qui concerne la musique de la bombarde avec l’orgue, voici ce que je peux dire. Quand j’ai été nommé vicaire à Pontivy en 1966, avec la responsabilité de la Kerlenn Pondi, j’ai immédiatement fait la connaissance de Jean-Claude Jégat, et je fus émerveillé par sa manière artistique de jouer de la bombarde. Je n’avais par ailleurs jamais entendu une bombarde sonner avec un orgue. Et voilà que d’emblée j’ai l’idée de mettre une bombarde qui sonnait avec tant de beauté et de finesse à jouer comme un des jeux de l’orgue. Vous savez sans doute que parmi les jeux de l’orgue il y en a un que l’on appelle “bombarde”. Le premier essai que je proposai à Jégat fut d’enregistrer, à l’aide de mon vieux magnétophone, deux ou trois portées de cantiques vannetais, accompagné par un organiste de la paroisse
de Pontivy qui était également intéressé par cette musique (25). Par la suite, en 1969, à ma demande, est venu à Pontivy un technicien compétent dont je savais qu’il travaillait pour les émissions en breton de Charlez Ar Gall ; il a enregistré parfaitement une dizaine de cantiques sonnés par Jégat et accompagnés au grand orgue de l’église paroissiale par un autre organiste […]. Les cantiques ne furent pas chantés mais joués seulement. Quand cela fut entendu par les auditeurs des émissions de Charlez Ar Gall, celui-ci et sa femme Janig Ar Gall (26) reçurent des quantités de lettres demandant où acheter ce nouveau disque.

Évidemment, il n’y avait pas de disque. Nous avons alors décidé de faire presser environ un millier d’exemplaires de petit format, 33 tours (27) ; ils furent vendus très vite.
Après cela, en l’an 1971, nous nous sommes rendus tous les trois, Jean-Claude, moi et le technicien du son, auprès de Louis Yhuel qui était organiste de l’église paroissiale de Guérande. C’est là que fut enregistré le grand disque Bombarde et orgue en Bretagne : Musique sacrée, ce disque a eu un beau succès. […]

Je n’ai pas eu besoin de stimuler beaucoup Jean-Claude sur le chemin de la musique, tant il était doué, et étant donné qu’il attendait depuis si longtemps d’être conduit dans cette direction. Lorsque je suis arrivé à Pontivy en 1966, j’étais déjà attiré depuis longtemps par la musique des cantiques bretons que je trouvais étonnamment beaux sans comprendre quelle était la cause de leur beauté ; à cette époque je cherchais seulement les qualités de la modalité (ar skeul-son) ; récemment je me suis intéressé à la polyrythmie (liestalmadur). Je dois dire que Jean-Claude ne connaissait qu’un seul cantique breton, celui
du pardon de Pontivy, qui est Le cantique du paysan (Kannenn er labourér douar). Je lui ai révélé plus de
50 autres cantiques du Pays de Vannes. Et d’emblée il comprenait les subtilités de la musique bretonne.
C’était pour moi un plaisir d’aller me promener avec lui au-dedans de cette musique.

[…] Par ailleurs je n’avais entendu personne avant Jean-Claude utiliser la bombarde accompagnée à l’orgue. […]”

Le site web de la ville de Pontivy (pontivy.fr) accorde une brève notice à plusieurs des célébrités locales, au nombre desquelles J-C Jégat (1941-1981). On y lit qu’en “1969, il donne son premier concert bombarde et orgue à la basilique Notre-Dame de la Joie.(28)”

Je dois à Jorj Belz et à Gilles Kermarc la communication du disque de Jégat – Yhuel évoqué par Marcel Blanchard, et c’est l’abbé Blanchard qui m’a précisé à nouveau ceci : le tout premier disque entièrement dédié au couple orgue et bombarde est bien un 45 tours sorti en 1971, avec pour titre au recto : Bombarde et orgue en Bretagne, et au verso : Kanaouennoù Breizh – Cantiques populaires de Bro Gwened. Ce  isque, enregistré après plusieurs années de pratique, fut édité par la Kerlenn Pondi. Il a bénéficié d’une petite publicité dans le n° 196 (Here- Octobre 1971) d’Ar Soner. Rendons hommage à deux organistes (toujours actifs en dépit de leur âge avancé) qui furent mêlés à cette aventure pontivyenne.

Le frère Jean Prévoteau, aujourd’hui à Ploërmel, fut le premier accompagnateur de Jean-Claude Jégat. Il
témoigne : “Cela a commencé très simplement : l’abbé Blanchard […] avait remarqué le talent de JeanClaude, et m’avait dit : “la bombarde devrait très bien se marier avec l’orgue : si on faisait un essai.” On s’est donné rendez-vous une ou deux fois à l’église le dimanche après-midi : Jean-Claude jouait surtout des cantiques bretons, spécialement celui de Notre-Dame de la Joie29 de Pontivy, et j’accompagnais de mon mieux à l’orgue […]. Les premiers essais furent concluants, et l’organiste de Guérande, Yhuel, a continué et rendu célèbre “Orgue et Bombarde”30… Le frère Jean alternait à la tribune, selon leurs disponibilités respective, avec sa compatriote Mademoiselle Françoise Auffret-Le Maux, qui vient de fêter ses 65 ans de pratique organistique à Pontivy à l’automne 2010 (31)…

Après les brillants débuts du couple Jégat – Yhuel, la formule orgue-bombarde va séduire de plus en plus de sonneurs, d’autant plus que cette musique provoquait une grande émotion chez les auditeurs, un peu comme si notre musique populaire faisait son entrée chez les grands à l’époque où se démocratisaient les pratiques musicales. La discographie (sans doute incomplète) nous apprend qu’en 1971 l’organiste Michel Cocheril, de Morlaix, avec Claude Merer à la bombarde, enregistrait, un morceau au Premier festival de musique de l’abbaye de Relecq (32). Sauf erreur, ils furent les premiers à enregistrer à la même époque que Jégat-Yhuel. Ils produisirent plusieurs disques par la suite, s’adjoignant parfois le bassoniste Fernand Cobillon. De son côté, le talabarder cornouaillais Pierre le Beuz, quatre fois champion de Bretagne avec son compère Hervé le Meur, se souvient d’avoir enregistré deux disques, un 45 tours et un 33 t. en 1973. Sur le premier il fut accompagé par Yves Herlédan, qui jouait de l’harmonium et ne savait pas se servir du pédalier d’un orgue. Pour le second, dont la pochette fut magnifiquement dessinée par Moarch Eveno, il eut pour organiste René Daoudal, parfaitement formé quant à lui. Ceci nous rappelle que l’harmonium trouve de nos jours un regain d’intérêt justifié par ses possibilités sonores et musicales. Il n’est pas rare que l’on rencontre le couple bombarde-harmonium, y compris sur Internet…

Comme les sonneurs sont friands d’anecdotes, qu’il me soit permis d’évoquer un “moment musical” qui reste dans mes souvenirs comme un épisode peu banal. Vers la fin des années 1960, sans doute à l’occasion d’une fête du Bleun Brug, lors d’une messe bretonne en l’église de Carhaix j’entendis Per Guillou, talabarder fameux et ombrageux, interpréter un cantique accompagné à l’orgue (par une organiste, mais laquelle… ?). Per, les yeux au ciel, était aux anges, complètement transporté par ce moment exceptionnel. Seulement la perce de ses bombardes était fort peu soucieuse de gamme tempérée, d’où quelques dissonnances dont il n’avait cure, mais qui n’échappèrent pas aux oreilles musicales présentes.

 

Et… la cornemuse ?

Un aspect annexe de la question n’a pas été abordé ici : le couple orgue-cornemuse, ou encore orgue-biniou. Ceci mériterait une étude à part. Dans le texte de présentation du 45 tours de Pierre le Beuz et Yves Herlédan, Bernard de Parades écrit : “… en la cornemuse armoricaine, nous retrouvons l’une des
premières recherches de l’homme pour produire le son par le truchement d’une soufflerie, recherches qui conduisirent d’étapes en étapes, jusqu’aux grandes orgues des cathédrales.” (33)

Nous avons vu plus haut que Jef le Penven avait fait taire les bourdons de Polig lors de leur prestation de Ploërmel en 1945. En effet les bourdons risquaient de perturber le jeu de pédalier de l’organiste, à moins d’avoir le temps d’écrire une partition adéquate. J’ai cependant entendu jouer une cornemuse avec orgue à la messe des obsèques de Youenn Gwernig, en 2007 à Douarnenez. Il semble que Polig ait fait un essai avec l’organiste quimpérois Gérard Pondaven. En tout cas c’est ce qui ressort d’un article savoureux d’Yves Calvary dans le Progrès de Cornouaille (1955). “Signalons une tentative originale et qui fera beaucoup de bruit. On a entrepris de marier l’orgue et le biniou [cornemuse] ! Or, il résulte des premiers essais, conduits par Polig Monjarret et Gérard Pondaven, que les deux instruments présentent une consonance inattendue. Aussi, pouvonsnous espérer que le biniou, relégué jusqu’à présent à un rôle mineur : celui de scander la marche ou de rythmer la danse, connaîtra dans un prochain avenir les honneurs de la liturgie. Les intransigeants ne manqueront pas de bouder. Mais, à tout prendre, les cuivres qui se déchaînent parfois à l’instant de la consécration ont-ils plus de noblesse que nos pacifiques binious ? pour moi, le “Général qui passe” n’évoque rien de religieux, mais seulement des souvenirs de caserne et des trognes d’adjudants !
N’oublions pas en outre que les joueurs de cornemuses ont toujours illustré les Nativités de nos vieux vitraux et les adorations de nos anciens retables… Aussi, d’aucuns ont-ils déjà pris les devants et je sais une troupe scoute qui, la nuit de Noël, a fait retentir devant la Crèche les airs de nos Pastorales.
Les Bergers de Poullaouen ne le comprenaient pas autrement : leur fameux passe-pied, dont chacun admire la vigueur et la souplesse acrobatique, qu’était-il donc à l’origine ?… Rien d’autre qu’un hommage au Mabig Jezuz.(34)”
Gilles Kermarc me signale encore l’enregistrement réalisé le 14 août 197035 à Plouguerneau, d’un morceau intitulé Variations sur un thème écossais pour cornemuse et orgue (avec à la cornemuse Jean Bodénès, à l’orgue François Roudaut). À l’audition, c’est très agréable (36). En revanche sur le web on peut entendre d’autres essais qui illustrent bien les problèmes posés par les bourdons… On trouve de tout sur le web, d’ailleurs, par exemple des cornemuses bourguignonnes ou flamandes, ou encore un Uillan Pipe avec accompagnement d’orgue. C’est tout un domaine que je n’ai pu explorer.

 

Épilogue

Nous voilà au terme de ce périple sur les traces des pionniers du couple orgue-bombarde. Il y eut, et heureusement il y a encore de nombreux musiciens bretons à marcher sur leurs pas, voire à s’affronter dans des concours. D’autres que moi pourront en établir la discographie. Si cet article pèche par erreur ou
insuffisance, il serait bon d’adresser un mot à Musique Bretonne qui transmettra. Il serait heureux que des compositeurs s’attachent à créer quelques partitions à destination de musiciens (parfois jeunes) qui en cherchent en vain et qui souhaiteraient en interpréter notamment dans des mariages. On trouve cependant quelques références sur le web.

Dans le n° 156 d’Al Liamm, un article signé P.A.B. consacre à notre sujet un des rares commentaires musicaux que l’on peut trouver en breton. Laissons-lui le mot de la fin : ” Setu c’hoazh un doare o tiskouez liesdremmoù Breizh oc’h adc’henel ha nerzh-krouiñ he mibien oc’h adkavout o bro. […] Ur bobl oc’h adkavout he sonerezh a vo gouest da adkavout hec’h ene. (37)” “Voilà encore une manifestation des diverses faces de la Bretagne renaissante et de l’énergie créatrice de ses enfants retrouvant leur pays. […] Un peuple retrouvant sa musique sera capable de retrouver son âme. “

Qu’il me soit permis de remercier les personnes qui m’ont aidé au fil de mes recherches : Émile Allain, Mlle Françoise Auffret-Le Meaux, Jorj Belz, l’abbé Marcel Blanchard, Christian Hudin, Tudual Huon, Jorj Kadoudal, Gilles Kermarc (qui m’a apporté une aide précieuse et bien des documents peu courants), Bernard Lasbleiz, l’abbé Loïc Le Griguer, Jacques le Solleu, Dorig-Jean-Louis le Voyer, Goulc’hen Malrieu, Kristian Morvan, Polig Monjarret (†), Martial Pézennec (†), Daniel Philippe, Bernard Pichard, le frère Jean Prévoreau, M. le Curé de Ploërmel. Merci pour leur mémoire, pour leur disponibilité, pour leur amour de la musique bretonne. Pour leur sens de l’humour aussi… J’ai bien conscience qu’en interrogeant divers sonneurs et organistes bretons on trouverait d’autres témoignages que ceux qui m’ont permis d’écrire ces quelques pages. Toutes mes excuses aussi à tant d’amis qui font de très belles créations et interprétations avec orgue et bombarde, et que je n’ai pas mentionnés ici, mais les prestations récentes sortent du cadre de cet article.

1-  GEORGES ÉPINETTE in Musique Bretonne n° 9 (Octobre 1980), p. 20.
2-  BERNARD DE PARADES, Bombarde et orgue, pochette du 45 t. Mouëz-Breiz 15.143 G. U. (1973) : Pierre le Beuz(bombarde), Yves Herlédan, (orgue).
3- Article Nicolaus Bruhns in Guide de la musique d’orgue, sous la direction de Gilles Cantagrel, Fayard,1991, 940 pages, p. 204, article signé M(ichel).R(oubinet).
4 – LOUIS-FERDINAND CÉLINE, incipit du Voyage au bout de la nuit.
5 – en fait, le 10 avril 1945, d’après son certificat de baptême.
6 – Polig s’est-il trompé ? je ne trouve nulle trace d’édition de cette partition. Qui peut m’éclairer ?
7 – En fait, la partie biniou, écrite en Si b, n’a que 2 bémols à la clé ; voir la partition plus loin.
8 – Dorig avait appris à déchiffrer au sein de Kenvreuriez ar Viniaouerien à Paris, sur des partitions écrites “à la mode écossaise”, soit en La et non en Si b. (Précision apportée par Émile Allain). Dorig a fourni sa part de réflexion à ce sujet dans l’article qu’il publia dans le n° 171 d’Ar Soner (C’hwevrer-Février 1969) pp 8-11 : Écrire en LA ou en SI bémol ?
9 – Voir le fac simile, fig. 1.
10 – POLIG MONJARRET, Point contre point, article de la revue Ar Soner, n° 180, 22ème année, Janvier-Genver 1970.
11 – YANN L’HELGOUACH, Méthode de bombarde, B.A.S., 1955.
12 – Notes d’après une conversation téléphonique avec Christian Hudin, le 14 décembre 2010.
13 – Courriel de Jacques le Solleu, le 7 janvier 2011, et témoignage de Jorj Kadoudal et de Daniel Philippe.
14 – Partition retrouvée grâce à Loïc Le Griguer, telle qu’elle introduit des arrangements pour chœur à 4 voix et orgue d’Arthur Goasdoue.
15 – La serinette était un minuscule orgue de salon, destiné à apprendre le chant aux serins. Son nom est devenu synonyme de musique apprise d’oreille. Donc les sonneurs jouent “à la serinette” !
16 – Témoignage de Loïc le Griguer recueilli le 17 décembre 2010.
17 – Conversation téléphonique avec Émile Allain le 12 décembre 2010.
18 – Courriel de Jorj Belz, le 22 décembre 2010.
19 – L’exécution de l’œuvre de Jef le Penven : Le Grand pardon de Ste Anne d’Auray, messe et cantate pour chœur, orgue, bombarde et biniou, œuvre composée en 1961. Enregistrement à la Basilique Sainte Anne d’Auray, éd. Barclay,
Licence Arion, 1963, sous le titre Grand Pardon à St Anne, avec Chorale Ker-Anna, Jef Le Penven (orgues), bombarde Jean L’Helgouach, biniou (lire cornemuse) Jean-Claude Bernier.
20 – Information de Kristian Morvan.
21 – Disque 33 tours, éd. Bodadeg Ar Sonerion BAS 305, 1977.
22 – Courriel de Bernard Pichard, le 20 décembre 2010.
23 -Voir plus loin la note 29
24 -Lettre de l’abbé Marcel Blanchard, du 18 janvier 2006.
25 -Le frère Jean Prévoteau ; voir plus loin la note 30.
26 -On écrit le plus souvent Chanig Ar Gall.
27 -Il s’agit en fait d’un 45 tours, soit 17 cm, intitulé Kanaouennoù Breizh, Cantiques populaires de Bro-Gwened. Bombarde : Jean-Claude Jégat, soliste de Kerlen-Pondi ; orgue : Louis Yhuel, organiste de la Collégiale de Guérande. Production MF, 6, Bd Auguste Blanqui, Paris 13e .
28 – pontivy.fr, rubrique “personnalités pontivyennes”.
29 – Ce cantique a pour titre en breton Gwerzenn (ou Kanenn) el labourer-douar (Le chant du paysan).
30 – Frère Jean Prévoteau, lettre du 27 septembre 2006.
31 – D’après une conversation téléphonique avec Françoise Auffret-Le-Maux le 22 novembre 2010.
32 – Premier festival de musique de l’abbaye de Relecq, 33 t – 30 cm, Chorale St Matthieu, CSM n° 39, 1977.
33 -BERNARD DE PARADES, Bombarde et orgue, pochette du disque Mouëz-Breiz 15.143 G. U. (1973).
34 -YVES CALVARY, Les disques bretons, in Le Progrès de Cornouaille, 22 janvier 1955.
35 -soit avant le 1er disque Jégat-Yhuel. Il s’agit du disque Mouez Breiz 30359.
36 -On peut l’écouter sur le site web http://soniou-roudouallec.blogit.fr/
37 – P.A.B. (Per ar Bihan), Sonadeg evit bombard hag orglez, Al Liamm n° 156, 1973, p. 66.

 

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